« Sois belle et t’es toi ! » de Jérémy BOUQUIN

Editions Lajouanie 208 pages 20/05/2016

Sam. Samuel. Samantha.

Jérémy Bouquin nous fait souvent découvrir des personnages forts, profonds. Ici il s’amuse et va plus loin. Trois personnages pour une seule et même enveloppe en pleine mutation. Samuel devient Samantha et Sam est sa chrysalide. Vous l’aurez compris, notre personnage principal est un transgenre.

Assez peu présente en littérature, c’est l’excellentissime « enfermé(e) » de Jacques Saussey, qui m’avait amené à connaître et découvrir la transidentité. La littérature noire, miroir de la société se prête parfaitement à développer des récits autours de ces personnes nées dans le mauvais corps.

Et quand un caméléon de la plume, talentueux comme Jérémy s’empare du sujet, il prend prétexte d’une potentielle escroquerie à l’assurance pour nous confronter à ce sujet et à nos légitimes interrogations car dans ce roman comme dans la vie, les personnes différentes sont souvent rejetées.

Revenons à Sam. Il/elle est un ancien flic, reconverti en expert en assurance, l’un des meilleurs de sa catégorie, mais que son employeur cherche à faire disparaitre de la vue de tous. Sam quitte donc Paname pour la Corrèze le temps d’une enquête.

Une nouvelle fois, Jérémy Bouquin nous offre un roman relativement court mais riche en personnage, à l’intrigue bien ficelée et au rythme effréné, souligné par des phrases courtes.

Et comme souvent chez Lajouanie, le texte est mis en valeur dans un écrin à la couverture magnifique.  

« Survivre » de Vincent HAUUY

Hugo Thriller 424 pages 19/03/2020

2035, c’est quasiment demain…. Nous venons sans en être encore sortie de traverser une pandémie. Nos mentalités ne changent pas vraiment et malgré ces quelques semaines de répit, la planète continue de souffrir de notre façon de vivre… Alors dans 15 ans qu’en sera-t-il ???

Vincent Hauuy imagine pour nous prévenir, nous faire réfléchir… ce qui pourrait nous attendre. Car dans ce thriller d’anticipation et derrière l’intrigue, il y a un cri d’alerte… La crise climatique…

Dans « survivre », elle a déjà fait des victimes, dont la femme et la fille de Florian Starck qui vit maintenant seul, isolé en autarcie, jusqu’à ce qu’il soit contacté pour participer à un « Koh Lanta » futuriste, un concours de survivaliste. Il y sera coach.

Dans cette histoire un peu longue à pénétrer, une fois le décor mis en place et les différents protagonistes découverts, nous finissons par ne plus arriver à lâcher ce roman.

De la SF, du thriller, un très bon auteur, vous ne pourrez qu’apprécier cette lecture.

« Ne lisez jamais la dernière page! » de Denis ALBOT

Même pas peur édition 204 pages 15/03/2020

Quand un auteur qui est également éditeur (profitez-en pour découvrir « Même pas peur ») écrit un nouveau roman, c’est un libraire qu’il choisit comme personnage principal. Un jeune homme que l’on imagine bien à la tête d’une maison de la presse et ce, malgré sa timidité maladive ciblée principalement vers les femmes car David souffre de caligynéphobie.

De son comptoir, il voit chaque jour passer pour aller récupérer sa voiture, une jolie jeune femme qu’il n’ose aborder que dans ses rêves. Quand elle cesse se rituel quotidien et que sa voiture ne bouge plus de place, il se décide à enquêter et à en apprendre plus sur elle. Cette quête que nous suivrons attentivement nous fera vivre de nombreuses aventures à la rencontre de plusieurs personnages et nous fera même traverser l’Atlantique.

Ce roman au titre amusant, je vous laisse découvrir pourquoi, se lit très facilement tant le style de l’auteur est sans prise de tête. De plus Denis Albot possède le don de saupoudrer son récit de ce qu’il faut d’énigme, de tension, d’humour et même d’amour afin de nous donner sans cesse l’envie de lire la page suivante et d’atteindre enfin cette dernière page. Tout au long de la lecture, on ressent le plaisir qu’il a eu à écrire ce roman, et le respect et l’amitié qu’il a pour les lecteurs avec lesquels il aime s’amuser. Ce livre sera un formidable compagnon au bord de la piscine où sur la plage, foncez donc chez votre libraire préféré.e que vous ne regarderez plus de la même manière une fois ce livre lu.

Ou acheter le directement sur la boutique en ligne :

https://www.meme-pas-peur-edition.com/product-page/ne-lisez-jamais-la-derni%C3%A8re-page

« Brahotès l’Être de la vie » de Romane Fagot

Editions Amalthée 285 pages 11/01/2007

Ce roman de Fantasy-Young Adult et non pas fantastique comme indiqué sur la couverture me laisse un sentiment plus que mitigé et surtout une grande frustration. Je précise tout de même que c’est le premier et seul ouvrage de l’auteur édité en 2007. En effet, je rappelle que pour moi un retour de lecture plus négatif n’a pas vocation à détruire une œuvre ou un auteur mais n’est que l’expression de mon ressenti à l’instant où je le lis. Libre à chacun de lire les ouvrages et de s’en faire une opinion personnelle.

Pour ce récit, je trouve que Romane Fagot a fait preuve de beaucoup d’imagination et a su créer un environnement adapté à l’histoire, et à la portée des lecteurs même peu habitués à ce genre littéraire. De plus, le roman est facile à lire et les presque 300 pages défilent très vite. Malheureusement cette légèreté, nous la retrouvons dans les dialogues et surtout ceux de Brahotès ce jeune Huttin héros de l’histoire, trop modernes et familiers à mon goût ainsi que dans des scènes trop courtes alors qu’intéressantes.

Brahothès donc que tout le monde pensait mort car enfermé depuis six années sans nourriture se retrouve libéré et s’ouvre à lui un destin incroyable car il serait le rempart contre le « jour du chaos ». A travers les aventures qui l’amèneront jusqu’à ce fameux jour, nous verront toute une galerie de créatures, peuples magiques et bien évidemment une princesse….

Voilà, vous l’aurez compris, ce roman ne vous réservera pas de grandes surprises, il a même des côtés un peu trop bisounours pour moi, mais il est plutôt simple à lire et pas désagréable. Et si vous résidez en Picardie, vous lirez local. Pour info ce roman est disponible à la médiathèque de Roisel.

« Un truand peut en cacher un autre » de Samuel SUTRA

Editions Flamant Noir 240 pages 10/072020

Je découvre en même temps ce personnage de « Tonton » et la plume de Samuel SUTRA avec ce septième opus de la série. Néanmoins comme ce dernier raconte les origines de ce personnage loufoque, nous ne sommes pas perdus.

Ce que je retiendrai surtout de cette lecture, c’est plus la forme que le fond. En effet, même si cette histoire de casse du siècle pourtant avec sa touche d’originalité, est plutôt bien construite, tout l’intérêt se trouve dans le style de SUTRA. Ce romancier est un digne héritier des Dard, Audiard et Lautner. Il joue avec les mots, les dialogues et certaines situations sont désopilants.

Nous nous retrouvons plongés en mai 1981, juste avant l’élection présidentielle. Tonton un truand à fort potentiel tente de monter le casse parfait avec une équipe qui sera principalement composée de bras cassés. C’est un « Ocean Eleven » burlesque.

Même si « Un truand peut en cacher un autre » n’est pas un chef d’œuvre littéraire et je ne pense pas que ce soit sa vocation, il m’a vraiment donné envie de lire d’autres récits de Samuel SUTRA. Et pour un peu de légèreté, la série des « Tonton » me paraît tout à fait adéquate.

« Regarder le noir » Collectif sous la direction d’Yvan Fauth

Belfond 288 pages 11/06/2020

Barbara Abel, Amélie Antoine, R.J. Ellory, Julie Ewa, Claire Favan, Karine Giebel, Johana Gustawsson, René Manzor, Fred Mars, Olivier Norek, Fabrice Papillon, Gaëlle Perrin-Guillet. Douze auteurs de la noire réunis par Yvan Fauth pour un nouvel exercice après le très réussi recueil de nouvelles « Regarder le noir » cette fois sur ce sens qui nous permet de nous émerveiller des beautés qui nous entourent, la vue.

Admirer, épier, contempler, lorgner, mater, observer, reluquer, … voilà ce que l’on peut faire avec nos yeux, quand malheureusement d’autres en sont privés totalement ou partiellement. Ces douze auteurs précédemment cités eux en tout cas n’ont pas manqué d’inspiration pour nous imaginer des histoires aussi dingues les unes que les autres, parfois même en se lâchant complétement afin de nous régaler avec ce genre littéraire trop peu développé chez nous, alors qu’elles sont les dignes héritières des contes qui ont bercé notre enfance et, pour beaucoup d’entre nous, j’en suis persuadé, donné le goût de la lecture.

Il n’y avait je pense qu’Yvan, pour réussir à convaincre et donner envie à ces talentueux auteurs de sortir de leur zone de confort et se risquer à imaginer ces courts récits dans lesquels il faut très rapidement happer le lecteur. Oui la nouvelle n’est pas un sous genre littéraire, c’est un exercice difficile sur lequel beaucoup se cassent les dents. Ici pour chacun d’entre eux, c’est plutôt une réussite.

Alors, si vous avez envie de partir à la rencontre d’un ado pas comme les autres, d’aller visiter un club obscur aux mœurs étranges, d’embarquer sur un navire dans un monde dévaster, de partir en filature, de découvrir une jeune médium, de jouer avec vos émotions, foncez chez votre libraire acquérir cet ouvrage qui m’a permis en plus de découvrir la touchante écriture de Julie Ewa.

Petit clin d’œil à Fred, as-tu, comme pour ta trilogie groenlandaise été étudier sur le terrain 😉 ?

Bravo et tous ces contributeurs et big up à Yvan.

« Les chroniques de l’univers T1 : La thrombose du cygne » de Richard MARAZANO et Ingo RÖMLING

DARGAUD 56 pages 10/07/2020

Une BD de science-fiction « young adult » à paraître prochainement chez Dargaud. Un premier tome qui pose le décor et nous présente les personnages, de jeunes étudiants d’une académie dans un vaisseau spatial à la dérive. Des décors sombres dans lesquels la couleur verte est très présente comme la première de couverture nous laisse entrevoir.

Soyons clairs tout de suite, si la SF vous rebute, n’achetez pas cette BD. En revanche si vous êtes plutôt fans du genre, vous vous ferez plaisir même si elle est assez loin de rivaliser avec les meilleures de cette catégorie, mais, ce n’est que le premier tome. Et malgré quelques faiblesses, une fois terminée, elle nous laisse un sentiment de frustration, qui donne très envie de lire le tome 2.

« Les chroniques de l’univers » une nouvelle saga space opéra qui pourrait bien nous surprendre.   

« Les refuges » de Jérôme LOUBRY

Editions Calman Lévy 395 pages 04/09/2019

Une belle grosse claque, voilà ce que l’on se prend à la lecture de ce thriller de Jérôme Loubry. Je dirais même une succession de bonnes claques du milieu du récit jusqu’aux dernières pages.

La difficulté d’en faire un retour est de ne pas dévoiler des éléments qui gâcheraient de ce fait votre plaisir de lecture. Car, ce roman, vous devez le lire. L’auteur maîtrise avec brio son intrigue et vous surprend sans cesse. Le plan de l’histoire est digne d’un roman de Franck Thilliez.

Nous ferons connaissance avec Sandrine, une journaliste qui suite au décès de sa grand-mère est contactée par un notaire de province afin de prendre connaissance de son héritage. Elle doit donc se rendre sur l’île privée où résidait sa mamie et sur laquelle elle rencontrera d’étranges personnages.

Attention, si vous voulez garder la magie de vous laisser surprendre ne lisez pas les lignes suivantes.

Ce roman est donc un thriller psychologique, publié chez Calman Lévy noir. Pourtant à la lecture des premiers chapitres, j’ai eu l’impression de m’embarquer dans un livre fantastique qui aurait pu être signé par King. Ce sentiment, je l’ai eu jusqu’à environ la moitié du récit. Il y sera question du Roi des Aulnes, créature maléfique du folklore allemand popularisé par Goethe à travers un célèbre poème.

Puis tout à coup, nous sommes complétement perdus, suite à la découverte de Sandrine errant sur une plage couverte de sang et complètement ailleurs. C’est là qu’apparaîtront les personnages qui nous accompagneront jusqu’à la fin, pour découvrir ce qui est arrivé à Sandrine, un inspecteur et une psychiatre. Car oui, refuge est un terme utilisé en psychiatrie. Cette rupture brutale dans le récit, est le seul moment que j’ai moins apprécié car il laisse pour quelques chapitres, une sensation de flottement, on ne sait plus trop où l’on va et, presque on pourrait décrocher. Mais un conseil, continuez la lecture….

« La menace Andromède » de Daniel H. WILSON

Editions L’Archipel 368 pages 18/06/2020

Grand fan de Michael CRICHTON, je ne suivais plus tellement son actualité pour cause de décès survenu trop tôt de cet immense auteur maître du techno-thriller. J’ai donc cru halluciner le jour où je suis tombé sur ses nom et prénom sur la couverture d’un roman qui m’était inconnu. J’ai tout de suite pensé à une publication à titre posthume comme ce fut le cas pour Pirates. Mais non, en beaucoup plus petit sur cette même couverture le nom de Daniel H. Wilson n’est pas celui d’un traducteur mais bien celui d’un auteur rendant hommage à Crichton en créant une « suite » à la variété Andromède. Et c’est un peu le seul reproche que je fais à ce livre, j’aurais préféré le nom de l’auteur et en plus petit « d’après l’œuvre de Michael Crichton ». Bon ok peut-être moins vendeur.

Pour le reste, Wilson n’a pas à rougir de son travail et je suis persuadé que Crichton aurait validé sans problème ce récit qui certes bien plus moderne sur la forme que sur le fond, reprend tous les ingrédients qui ont fait le succès de l’auteur originel.

C’est donc un vrai et réussi techno-thriller qui par le côté techno ne comblera que les fans du genre (oui si vous n’avez pas d’affinités avec ce genre de roman, vous arrêterez au bout de quelques pages). Que vous ayez lu ou pas « La variété Andromède », vous entrerez sans difficultés dans cette recherche d’une forme énigmatique en plein milieu de la forêt brésilienne. Et pour notre grand plaisir, le côté thriller nous permet d’enchaîner les chapitres en occultant le langage un peu technique qui nous rend parfois la lecture un peu difficile. Oui c’est un roman à lire à tête reposée sauf si vous bénéficiez des capacités intellectuelles d’un Albert Einstein.  

Commencez votre blog avec WordPress.com.

Retour en haut ↑