D’amour et de guerre par Akli Tadjer

Éditions les Escales

Akli Tadjer, nous entraîne avec « D’amour et de guerre » de la Kabylie au Nord de la France, dans un bouleversant récit, où se mêlent tendresse et dureté, humour et tragique, Histoire et fiction, Amour et guerre.
Octobre 1939, Adam, jeune kabyle, gardien de moutons, vit l’insouciance de ses vingt ans, vouant un amour immense à son amie d’enfance Zina, pour laquelle il bâtit un chez-eux, la clef. Tous deux ne rêvent que de se marier et vivre ensemble, une vie heureuse. Seulement, en Europe la guerre est déclarée. Comme plus de 130 000 Algériens, Adam devra intégrer l’armée française. Il sera envoyé sur le front, face aux Allemands, sur un continent qu’il ne connait pas l’Europe, dans un pays où son père est revenu estropié de la Der des ders, la France. Arraché à sa terre, son foyer, son amour, il écrira à cette dernière des lettres d’amour dans un cahier rouge qu’il gardera sur lui…
D’amour et de guerre, fait partie de ces rares romans qui, une fois refermé, résonne toujours en vous en nous apportant un petit quelque chose qui nous change. En effet, même si nous possédons un certain nombre de connaissances sur cette triste période, que régulièrement les honneurs sont rendus et à juste titre aux résistants, aux alliés, aux soldats qui ont débarqué en Normandie, nous ne savons pas grand-chose sur les bataillons armés d’Afrique et d’ailleurs sans qui, nous n’aurions certainement pas vaincu la tyrannie nazie. Des hommes que nous avons traité avec si peu d’humanité. Avec ses mots justes écrits de sa très belle plume, Akli Tadjer, leur rend un magnifique hommage.

Nouvelles fantasmagoriques par Isaac de Mont

Auto-édition – 67 pages – 28/03/2020

Quelle belle découverte que ce recueil de sept courts récits d’Isaac de Mont ! Le titre, pour commencer, est très évocateur de ce qui nous attend, un univers fantastique, irréel mais non moins troublant de parallèles avec nos réalités. Nos réalités, car, la force de ces textes, c’est de nous permettre à chacun d’avoir notre vision, de créer notre interprétation unique.

Même si les thèmes abordés sont différents, « revisiter l’Illiade, imaginer un futur chaotique, penser autrement au passé » pour reprendre les mots de l’auteur, pèse sur eux, une atmosphère particulière, que l’on retrouve comme fil conducteur au long du recueil.

Chaque nouvelle est assez courte et nous permet de constater l’habilité de l’auteur à travers chacune d’elles, avec un vocabulaire précis, choisi, formant des phrases rythmées, de nous offrir l’essentiel du récit, tel un poète qui avec quelques vers, nous procure beaucoup d’émotions.

Un grand merci et bravo à Isaac de Mont pour cette lecture plaisante et envoutante.

Le premier animé fantasmagorique

Une agate rouge sang par Frédérick Maurès

ELP éditeur – 228 pages – 28/11/2019

Je remercie avant tout beaucoup Frédérick Maurès, pour ce service presse. Une lecture qui ne correspond pas à mes lectures habituelles, un peu déroutante au début, le temps de se familiariser avec les différents personnages et les sauts temporels qui nous transportent de manière incessante entre 2017 et la fin des années 30 au début des années 50, mais qui est plutôt une bonne surprise tant l’écriture est fluide. De plus, le récit est bien construit et rend ce puzzle du passé des personnages, agréable à construire.  

Marie-Louise, une vielle dame quasi centenaire décède dans un petit village. Elle laisse en héritage et à sa grande surprise à Mathieu, un appartement parisien inoccupé depuis la seconde guerre mondiale. Cherchant à en reconstruire l’histoire, il en apprendra aussi sur sa propre histoire.

Une agate rouge sang, un roman joliment écrit qui ne vous laissera pas indifférent.

https://www.7switch.com/fr/ebook/9782924550519/une-agate-rouge-sang

Karmen par Guillerm March

Dupuis – 160 pages – 07/02/2020

On dit souvent que lire est synonyme d’évasion. Pour certains, le besoin d’évasion est tellement grand, qu’ils commettent parfois l’irréparable en s’ôtant la vie. Karmen, à travers le suicide de Catalina, nous permet, de nous évader, pendant le temps de sa lecture, vers un après, léger et grave, coloré et sombre, une mort croquée de manière douce, poétique et sensuelle.

L’histoire que nous conte Guillem March dans Karmen, est avant tout celle de Catalina, qui, nue dans sa salle de bain, après s’être taillé les veines, à demi consciente, voit débarquer une jeune femme dans un costume de squelette, qui danse et sans pudeur, utilise bruyamment ses toilettes. Cette dernière, Karmen, l’invitera à aller se promener dans la ville. Une promenade, qui lui fera prendre conscience de son geste et peut-être de son erreur…

Les premières planches de cet album, sont assez déroutantes, on se demande où l’on met les pieds, mais très vite, par la qualité des graphismes et la profondeur du récit, nous nous retrouvons embarqués dans cette histoire, un brin philosophique, oubliant ce qui nous entoure.  

https://www.dupuis.com/karmen/bd/karmen-karmen/81460

Ça n’arrivera pas par Nicolas Beuglet

XO éditions – 33 pages – 25/11/2020

Nicolas Beuglet et les éditions XO, nous propose avec cette nouvelle, une fiction, qui ne le restera malheureusement peut-être pas, un véritable pamphlet, couchant sur papier (ou plutôt nos écrans puisqu’elle est numérique) nos peurs et nos angoisses pour demain dans les suites que donnera le gouvernement à la gestion de la crise sanitaire, prétexte à gommer peu à peu le premier des trois mots composant la devise de la république française.

Nous sommes en 2022, Jean, un écrivain vit avec sa fille Maïa dans leur appartement, n’ayant pas souhaité qu’ils soient vaccinés, ils vivent en marge de la société avec très peu de contacts sociaux. Sortir de chez soi est une véritable épreuve, les rues sont truffées de caméra à reconnaissance faciale et les applications téléphoniques signalent à ceux que vous croisez que vous êtes une menace car non vaccinés….

À quelques jours du démarrage des premiers vaccins en Europe, et après un conseil des ministres où un projet de loi, propose de conditionner certains déplacements à la possession d’un passeport de vaccination, la nouvelle de Nicolas Beuglet s’éloigne de plus en plus de la science-fiction. Ça n’arrivera pas… ou pas.

Article de France TV Info relatant l’évocation de ce passeport santé lors du conseil des ministres du 21 décembre 2020 :

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/vaccin/covid-19-sept-questions-sur-le-projet-de-loi-qui-fait-craindre-a-l-opposition-la-mise-en-place-d-un-passeport-sanitaire_4229511.html
Si la fiction devenait réalité ?

Cette nouvelle est disponible gracieusement sur le site de la maison XO éditions. Voici le lien pour la télécharger :

Ça n’arrivera pas – nouvelle

Idéalis par Christopher Paolini

Bayard éditions – 848 pages – 14/10/2020

Je tiens dans un tout premier temps à remercier Babelio et les éditions Bayard qui à l’occasion d’une masse critique « privilégiée » m’ont permis de recevoir le nouveau roman de Christopher Paolini Idéalis – A la lueur d’une étoile inconnue, premier tome du cycle Fractalvers.J’ai tout d’abord été à la réception de cet ouvrage agréablement surpris par la qualité du livre, une très belle couverture avec des effets métallisés et le papier utilisé qui est très agréable au toucher. Cela peut paraître des détails, mais quand vous lisez un pavé de plus de 800 pages, c’est important. Malheureusement, derrière ce joli emballage, ne se trouve pas la bonne surprise que j’attendais d’un auteur de fantasy ayant basculé  vers la science-fiction. En effet, Christopher Paolini, nous propose un space-opera sans grande originalité, dans lequel, une héroïne, Kira, une exobiologiste, tombe par hasard sur de la poussière noire, un organisme extra-terrestre qui, ayant pénétré à travers son scaphandre, formera autour d’elle, un genre de combinaison, dont elle apprendra à maîtriser les effets. Je ne m’attarderais pas à résumer beaucoup plus ce récit, vous laissant le choix de le découvrir par vous-même. Concernant mon ressenti, j’ai l’impression que l’auteur a voulu écrire un roman fait pour vendre, rencontrer le plus large public, ce qui d’un sens est compréhensible, seulement, ici, cela tourne à la caricature et quel dommage tant, il a su nous montrer dans le passé son talent. Kira est le parfait exemple de cette exagération, c’est une jeune femme qui est une scientifique, nous pourrions nous attendre à quelqu’un de réfléchi, parlant avec un langage plutôt soutenu, néanmoins, nous avons là une grande ado, pour coller au lectorat visé, mais ce qui décrédibilise le personnage. 
Je terminerai malgré tout cette chronique sur une indulgence, considérant que c’est son premier de science-fiction, et espérant que le prochain opus, corrige ces erreurs.

Idéalis À la lueur d’une étoile inconnue

Traces de la grande guerre par collectif

Éditions de la Gouttière – 152 pages – 05/10/2018

Traces de la grande guerre est un recueil collectif de récits graphiques, de nouvelles illustrées. Au nombre de dix-huit, elles nous plongent dans différents aspects de la première guerre mondiale, avec comme fil conducteur, le travail et le devoir de mémoire. Ainsi, de nombreux auteurs et illustrateurs, à l’aide de formats courts, de quatre à huit planches, nous racontent, la vie dans les tranchées, nous content les destins d’hommes et de femmes, nous rappellent les dégâts, physiques, psychologiques et matériels, causés par ce monstrueux conflit mondial. Comme souvent dans les recueils, l’ensemble des textes et graphismes présents dans cet ouvrage, ne plaisent pas à tout le monde. Néanmoins, cette diversité, permet de toucher un grand nombre de lecteurs.
Le travail réalisé pour réunir dans un même projet autant d’auteurs et d’illustrateurs et remarquable par la qualité de leurs œuvres et leur internationalité. Leurs récits, se déroulant tantôt à notre époque, tantôt il y a un siècle, ont en commun de nous rappeler qu’oublier, c’est risquer de reproduire les horreurs passées. Il est difficile de résumer ou donner son avis sur l’ensemble des dix-huit histoires, parmi lesquelles, « Impénétrables empreintes », « A la mine comme à la mine ! », « Jeux de guerre » ou « Mémorial » dont les graphismes nous rappellent l’univers de Tolkien qui a connu les tranchées samariennes, et « L’Allemagne doit payer » justifient à elles seules, que « Traces de la grande guerre » rejoint votre bibliothèque.

La première des histoires de ce recueil, se situe près de l’Isonzo, dans le nord de l’Italie, que nous connaissons beaucoup moins que les batailles de la Marne ou la Somme, voici donc une vidéo de l’excellent Benjamin de Nota Bene qui en parle :

Kid Paddle – T16 – par Midam

Editions Dupuis – 48 pages – 06/11/2020

Kid Paddle, ce jeune garçon d’une dizaine d’années, fan de jeux-vidéo, reviens dans un 16ᵉ album Kid N’Roses.

Dès la première planche, nous retrouvons avec plaisir Kid et son meilleur ami Horace, qui essayent de gruger le guichetier du cinéma afin d’aller voir un film d’horreur interdit aux moins de dix-huit ans, « La Nonne ». Pour cela, ils auront la merveilleuse idée de se déguiser en nonne. Sauf, qu’Horace, monté sur les épaules de Kid, et faisant preuve d’une totale inculture religieuse, fera tomber à l’eau à leur plan, se retrouvant fort dépourvu devant un interlocuteur, l’appelant à tour de rôle « ma sœur » ou « ma mère ».

Il aura fallu attendre trois ans pour avoir un nouvel album de Kid Paddle, son créateur se partageant depuis un moment avec son spin-off Game over qui rencontre également un très grand succès. Néanmoins, c’est avec plaisir que nous retrouvons les sketches de Kid, plutôt réussis, même si, à l’image du premier, ils toucheront moins de jeunes lecteurs, qui aujourd’hui ont accès beaucoup plus facilement à un tas de films aussi gores et violents qu’ils le veulent. Les fans de game over seront enchantés de retrouver plusieurs sketchs du petit barbare.

Je remercie les éditions Dupuis et NetGalley pour ce service presse qui, m’a permis de passer un sympathique moment de lecture.

Vous ne connaissez pas Kid Paddle, voici une heure de sa version animée :

Lien vers la page des éditions Dupuis consacrée à Kid Paddle :

https://www.dupuis.com/seriebd/kid-paddle/57

Lame de corsaire par Nicolas Cluzeau

Éditions du 38 – 254 pages – juillet 2020 (première édition mars 2011)

Quel plaisir, quelle aventure, que cela fait du bien en ce moment, de larguer les amarres et partir à travers la Méditerranée sur une frégate au XVIIIᵉ siècle. Ce moment de lecture qui sent bon l’air salin, nous le devons à Nicolas Cluzeau et son excellent roman, un mélange entre polar historique et récit d’aventure.
Nous sommes donc, précisément en 1774, un navire de guerre, une frégate française, la Scylla s’apprête à partir du principal port d’Athènes avec une cargaison un peu spéciale, de l’or, des armes en quantité et deux mystérieuses passagères qui viennent rejoindre deux centaines de marins.
À peine la Scylla a-t-elle pris la mer, que les ennuis commencent, les premiers d’une longue série. La frégate est prise en chasse par deux navires de guerre anglais et un jeune matelot est retrouvé mort. Le capitaine Van Stabel chargera deux jeunes lieutenants de mener l’enquête à bord, ce qui déliera les langues, nous apprenant par exemple qu’à chaque fois que le navire français quitte un port, une femme est retrouvée morte, atrocement mutilée. Nicolas Cluzeau, avec ce récit au grand large, nous offre un huis clos dans lequel évoluent de nombreux personnages, qui nous font voyager et nous offrent de magnifiques combats navals, dignes du film Master and Commander. Ce mélange des genres entre polar, histoire et aventure fait que ce récit plaira au plus grand nombre. Je remercie les éditions du 38 pour ce service presse et félicite cet auteur que je ne connaissais pas, mais dont la plume me donne envie de découvrir ses autres romans.

Pour commander ce roman, foncez chez votre libraire ou voici le site des éditions du 38 :

https://www.editionsdu38.com/

Pour aller plus loin :

Ce magnifique navire, l’Hermione, reconstitution d’une frégate du XVIIIᵉ
Bataille navale du film de Peter Weir Master and commander : de l’autre côté du monde

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