« Trouble passager » David Coulon

Un plongeon dans les abysses de ce qu’il y a de plus mauvais chez l’Homme, cette capacité à faire des horreurs à autrui. Seulement dans la vie tout n’est pas noir ou blanc, zéro ou un, bourreau ou victime.

Trouble passager, ce titre m’a beaucoup fait penser au « passager noir » de Dexter Morgan, mais ici, c’est avant tout celui de Rémi Hutchinson, un écrivain à la recherche d’un succès qui ne vient pas et dont la fille a disparu voilà plusieurs années. Comme souvent quand un drame arrive, il entraîne avec lui les personnes qui sont autour et son couple en sera victime collatérale même s’ils restent ensemble.

Rémi est donc un homme comme les autres à première vue et quand une jeune fille viendra lui faire dédicacer son roman, c’est dans le piège de la séduction qu’elle le fera tomber. Oui, la victime est Rémi… Mais attention, chez David Coulon tout n’est pas aussi simple. Il aime jouer avec votre empathie…

« Sans Queue Ni Tête » Nick GARDEL

Un livre sauvé de justesse du naufrage d’une maison d’édition que je ne citerai pas. Et c’est par l’autoédition qu’il a pu voir le jour. Et heureusement. Car c’est un vrai plaisir de lecture. Attention, un livre qu ne plaira pas à tout le monde. Il ne faut pas être trop sensible et aimer l’humour noir. Mais si comme moi vous êtes adeptes des jeux comme « Blanc Manger Coco », vous serez conquis.

En effet, ce qui fait la différence dans ce thriller, c’est l’humour et la façon de jouer avec les mots de l’auteur, les dialogues que l’on prend plaisir à lire en plus d’une double enquête bien menée.

Vous comprendrez vite que le titre du livre lui sied comme un gant tant le cadavre découvert révèlera bien des surprises… Et de là, pour les deux officiers de polices, les deux Jean, qui vous le verrez, sont des gens bons à ne pas prendre pour des jambons, se lanceront dans une enquête à surprises.

Derrière l’humour, Nick Gardel s’attaque à des sujets difficiles et sensibles, la quête d’identité, la place de la différence dans la société, dans la police…

C’est le premier Nick Gardel que je lis, et Sans Queue Ni Tête me donne envie de découvrir l’univers de cet auteur.

Autoédité, commandez-le auprès de lui via les réseaux sociaux ou sur son site :       http://nickgardel.e-monsite.com/boutique/romans/sans-queue-ni-tete.html

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« Double JE » Odile VILLOIS

Un roman policier très sympa à lire où l’horreur des crimes en série et leur mise en scène sont adoucis par la douceur du texte d’Odile et les doses d’humour comme tous ces noms de villes et surtout les noms des personnages… J’adore par exemple Mme HORTOGRAF, la prof de français ou le Dr HANTRAILLES, le médecin légiste. Mais ne se laissons pas méprendre par cette légèreté apparente, derrière se cache une enquête très bien menée avec son lot de surprises, un sérieux de l’auteure dans les détails comme les comptes rendus d’autopsie, l’arme du crime, …

Odile a su également dans ce roman nous tenir en haleine dans la recherche du tueur et dans ce jeu du chat et de la souris avec l’équipe d’enquêteur…

Si vous cherchez un roman policier agréable à lire, sans prise de tête et bien construit, foncez vers elle pour vous offrir Double « JE ». En plus pour avoir eu la chance de la rencontrer autour d’un repas il y a quelques mois, je peux vous dire que c’est une auteure vraiment sympa avec une grande bonté d’âme, et dans son texte, cela se ressent.

Pour vous offrir ce roman policier, suivez ce lien : https://www.edilivre.com/double-je-odile-villois.html/ ou contacter directement Odile sur les réseaux sociaux.

« Flics »Eric Dupuis

C’est la deuxième fois en très peu de temps qu’à l’occasion d’une réédition dans une version remaniée je découvre la première aventure de personnages rencontrés dans des récits plus récents. Ici, je fais donc connaissance avec le Major Stanek Zibanski que j’ai découvert reconverti en détective privé dans « Des larmes d’or et de sang ».

« Flics » est la réédition du premier volume de la série « Les uniformes bleus ».

Comme le nouveau comme l’ancien titre le laisse assez facilement deviner, il s’agit d’un polar. Et écrit par un flic, le récit, même si l’intrigue peut nous surprendre, car il s’agit quand même de la disparition d’un équipage BAC au complet, soit 3 personnes, en pleine patrouille, est hyper réaliste et, nous sommes plongés au cœur de cette enquête aux multiples rebondissements.

Ce qui différencie ce roman des nombreux polars que je lis, est que l’enquête est confiée à un Major, un flic de terrain et non comme souvent à un Capitaine, Commandant ou Commissaire.

Et quel flic que ce Stanek, un mec bien, professionnel, intègre, humain avec ses qualités et défauts mais surtout ses problèmes. Car oui, un flic est avant tout un homme ou une femme comme les autres et donc traîne aussi des soucis familiaux, financiers… Et le Major Zibanski, les soucis, il les collectionne, jusqu’à parfois être sur le fil, au bord de la rupture à jongler avec ses principes.

En plus de son expérience, véritable source d’inspiration pour ses histoires, Eric Dupuis à un vrai talent de romancier. Ses récits sont agréables à lire et il prend un malin plaisir à nous distraire avec des intrigues parallèles, puis qui se croisent, qui se résolvent puis reviennent sur le tapis et au travers desquelles nous nous rendons compte que le Bien et le Mal sont deux notions que l’on ne peut aisément résumer « gentils / méchants » et « flics / voyous ». A plusieurs reprises, je me suis dit : « et à sa place qu’aurais-je fait ? » car il est facile de basculer du mauvais côté de la loi.

Ce polar rend également un bel hommage à ces hommes et femmes portant l’uniforme, exerçants ce métier les mettant au contact permanent de ce qu’il y a de plus moche dans la société et les faisant basculer parfois dans de graves dépressions allant trop souvent jusqu’au suicide.

« Congés Mortels » Didier FOSSEY

J’ai adoré cette « enquête oubliée du Commandant Le Guenn ». Livre dont j’ai démarré la lecture en pleine nuit pour la finir dans l’après-midi. Didier Fossey sait vous faire oublier le temps qui passe. D’ailleurs, le temps il joue avec puisqu’il vous fait faire des aller-retours entre 2006 et les années 1936-1945, un peu comme dans certains polars historiques quand une histoire passée résonne dans une intrigue présente.

Ce polar reprend tous les codes du genre, mais sa mécanique tellement maîtrisée, la plume de l’auteur ainsi que l’histoire et les personnages font que ce roman se distingue de beaucoup d’autres.

Nous ferons connaissance tout d’abord avec Paul Perrin, « le Bredin », un immonde personnage qui échappera à la justice grâce à la seconde guerre mondiale. Puis, l’intrigue présente démarrera avec la découverte dans la Nièvre, de deux corps décapités dont celui de Mathieu Joris, fils d’un magnat de la presse.  L’adjudant-chef Dumortier sera chargé de l’affaire, bientôt rejoint par le parisien Commandant Le Guenn. C’est alors que ce si tranquille département se transforme en usine à cadavres…

C’était pour moi la première aventure avec Boris Le Guenn, ce flic parisien humain et simple. Une belle découverte qui me donne envie de lire les premiers romans de Didier Fossey.

Mention spécial au très attachant Fernand, l’ancien du village, pour qui, à l’instar de Boris, nous serons vite pris d’affection.

« Les Furtifs »Alain DAMASIO

Quel exercice difficile de réaliser un retour de lecture sur une œuvre de cet immense auteur contemporain qu’est Alain Damasio car, ce n’est pas uniquement un roman de SF, c’est tout autant une critique politique de notre société, un roman philosophique à la prose poétique, une œuvre musicale puisqu’est ajoutée à ce roman le lien pour la bande son réalisée avec le guitariste Yan Péchin.

Pour ceux qui ne connaissent pas encore le travail de Damasio, sachez que si pour vous la lecture est un moyen de détente, une parenthèse reposante dans votre vie quotidienne, ouvrir l’un de ses livres vous décevra. En effet, le lire est un exercice difficile tant, il joue avec les mots, il passe d’un personnage à l’autre en changeant complétement sa façon d’écrire et, par la richesse de l’univers qu’il nous soumet. Attention également à ceux qui utilisent une liseuse ou tablette, une police spéciale est utilisée pour désigner certains personnages ainsi que dans certains dialogues. Néanmoins, s’embarquer dans l’Univers de Damasio est une expérience que l’on ne regrette pas.

Alain Damasio nous projette dans ce roman dans un futur proche, une vingtaine d’années seulement. Nous sommes toujours en France, mais une France dans laquelle, les riches industriels ont racheté nos Cités, par exemple, Paris est devenue Paris-LVMH un peu comme aujourd’hui sont rebaptisés nos stades, salles de concerts, championnats sportifs… Dans ce futur nous sommes hyper connectés et de ce fait « sous surveillance » permanente, il y a là un véritable écho avec la situation actuelle, les drones achetés par la Police et la fameuse application Stop Covid. Et, puisque le tout puissant capitalisme est partout, l’accès à certains secteurs des villes, des parcs etc sont réservés aux populations les plus aisées. Vous l’aurez compris, la devise de la République « Liberté, Egalité, Fraternité » est un lointain souvenir. Remarquez, en 2020, nous nous en sommes déjà pas mal éloignés…

« Les Furtifs » n’est pas un essai ou un pamphlet contre notre société, le talent de Damasio, lui permet de jeter ce regard critique sur les dérives qui existent mais en les intégrants parfaitement dans un roman thriller-SF. La base de ce récit est la disparition de Thiska, la fille de Lorca et Sahar Varèse. Est-elle disparue, décédée ? Comment a-t-elle pu se volatilisée ? Et si les témoins de ce drame étaient « les furtifs » légende urbaine parlant d’êtres vivants parmi nous dans les angles morts de nos vies sous surveillance ??

Lorca partira à leur recherche, au sein d’une unité spéciale de l’armée au sein de laquelle il fera de nombreuses rencontres et découvertes.

Comme c’était le cas avec « La Horde du Contrevent » écrit il y a quinze ans, et alors que le récit est formidable, la manière d’écrire de Damasio fait que certains passages sont un peu longs à lire et cassent un peu le rythme. D’autres sont difficiles comme le furent pour moi ceux des dialogues de Toni Tout-fou au langage particulier. Néanmoins, arrivé à la fin de ce voyage, en aucun cas on ne peut regretter les efforts faits pour y arriver.    

« La Piste Aux Étoiles » de Nicolas Lebel

Ce roman de Nicolas Lebel fait partie de la collection l’Embaumeur, dans laquelle différents auteurs nous narrent les aventures de Luc Mandoline, ancien militaire reconverti en tant que thanatopracteur, formidable métier, car il permet aux proches d’un défunt de commencer leur deuil.

Dans le cas de Mandoline, ses activités l’emmènent surtout à vivre des évènements souvent étranges, toujours mouvementées et ce pour notre plus grand plaisir.

Cette fois et, afin de sortir d’une mauvaise passe son ami le capitaine Franck Sauvage, il va s’envoler pour la Turquie afin de participer à la création d’un cirque. Quel rapport, me direz-vous, entre la thanatopraxie et l’univers du cirque ? Aucun à première vue. Sauf si vous connaissez la plastination ou imprégnation polymérique, une technique qui permet de conserver les corps en leur donnant les positions que l’on veut en remplacer les humeurs par du silicone. Car oui, un artiste a ce projet en tête…

J’aime beaucoup cette collection dont la paternité revient à Sébastien Mousse (Stanislas Petrosky), dont chaque roman est pour moi une petite récréation littéraire. Une récréation, je pense partagée avec les auteurs qui se prêtent au jeu en faisant une petite infidélité à leurs personnages habituels. Mais attention, qui dit récréation n’est pas forcément synonyme de manque de sérieux. C’est une nouvelle fois le cas avec ce roman. Nicolas nous en apprend beaucoup sur cette technique de conservation des corps et j’y est aussi retrouvé son humanité dans la « traite » humaine concernant par exemple les réfugiés.

« Des larmes d’or et de sang » d’Eric Dupuis

Premier roman que je lis d’Éric Dupuis malgré tout le bien que j’entends de son travail. Mais c’est chose faite. J’aurais donc commencé avec son septième polar qui marque un changement radical dans sa vie d’auteur et personnelle puisqu’il change de région dans ce roman et devrait ou a déménagé il y a peu pour le sud. Il publie également chez Cairn Editions maison également du sud.

Éric et un ancien flic car nouvellement retraité et, comme chez d’autres auteurs ayant portés l’uniforme, cette double casquette « policier-romancier » apporte beaucoup de crédibilité à leurs récits. Ce qui m’a également beaucoup marqué, c’est une impression (à vérifier lors d’une prochaine rencontre) que l’auteur met beaucoup de lui-même dans son histoire.

Chez Cairn, la collection se nomme « Du Noir au Sud », et j’ai rarement autant trouvé que le nom d’une collection colle aussi bien à un roman en faisant parti car en plus de trouver ces âmes noires avec pour seule motivation l’argent dans cette belle région des Pyrénées-Orientales, le roman fait le grand écart entre le Nord et le Sud de la France. Du Noir au Sud, du Nord au Sud.

Des larmes d’or et de sang (couleurs représentants plutôt bien ces régions : les P-O et le bassin minier), fait se rencontrer la Gendarmerie et la Police Nationale, 3 ou 4 (?) enquêteurs, en effet l’un d’eux n’est pas seul dans sa tête dont les enquêtes respectives dévoileront des liens entre-elles.

La mécanique du roman est très bien maîtrisée par l’auteur alors que les intrigues et rebondissements sont très nombreux. Ce livre nous permet également de découvrir cette jolie région (où j’ai eu la chance de passer un séjour en juillet 2018) et d’en apprendre un peu plus sur les traditions et la gastronomie locale.

Pour résumer, un polar très bien écrit, agréable à lire nous donnant sans cesse envie d’avaler le chapitre suivant et mêlant noirceur des malfrats avec le comique de cette équipe d’enquêteurs hors normes.

« Le Complot Des Philosophes » de Philippe Raxhon

Deuxième roman que je lis de Philippe Raxhon alors que c’est le premier qu’il a écrit, il précède l’excellent « La solution Thalassa » pour lequel j’ai déjà rédigé un retour de lecture (https://imaginoire.fr/2020/02/10/la-solution-thalassa-de-philippe-raxhon/ ). Le Complot des Philosophes est en fait la deuxième vie de « La Source S » autoédité par l’auteur. Cette fois, il est publié chez City Editions qui édite aussi Jean Luc Aubarbier dont j’apprécie également beaucoup le travail. Les deux romans peuvent se lire indépendamment l’un de l’autre.

Nous retrouvons donc ou découvrons au choix François Lapierre, historien, professeur à la prestigieuse Sorbonne et la jolie et non moins brillante Laura Zante, historienne italienne. C’est cette dernière qui contacte Le professeur Lapierre, après avoir fait la découverte dans ses archives familiales d’une lettre qu’aurait écrit Sénèque avant de mourir. De Paris où il se rencontre nous suivront nos deux protagonistes en Italie, en Belgique, en Irlande,… au cœur d’une intrigue de plus en plus complexe et face à un danger de plus en plus grand tant le secret qu’elle cache aurait des conséquences pouvant faire vaciller notre monde « Judéo-chrétien ».

J’aime beaucoup ce mélange d’Histoire et de thriller puisque ce type de roman a l’avantage de lier deux thèmes que j’affectionne particulièrement. Philippe Raxhon état professeur d’université, le travail historique est très bien travaillé et accessible à tous. De plus, sa plume et certainement ses goûts littéraires puisqu’il fait même par exemple un cli d’œil à Franck Thilliez, nous permettent d’avoir sous les yeux un thriller où le rythme et l’intrigue nous tiennent en haleine du débit à la fin. Et pour ne rien gâcher, Philippe nous partage aussi de jolis moments de plaisirs gastronomiques en nous fournissant des adresses à découvrir.

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