Les Thermes du Paradis par Akli Tadjer

Éditions JC Lattès – 314 pages – 26 février 2014

Akli Tadjer, nous plonge dans une histoire où l’émotion, la tendresse, la mort, le deuil se mêlent avec réussite à l’amour et à l’humour.

Adèle Reverdy, tout juste trentenaire, est orpheline de père et de mère depuis une dizaine d’années quand, dans un terrible carambolage, ses parents ont perdu la vie, lui laissant comme héritage, les rênes d’une entreprise de pompe funèbre. Plutôt épanouie professionnellement, sa vie amoureuse est un vrai désastre. Il faut dire qu’en plus de côtoyer la mort au quotidien, Adèle, qui se trouve moche et partage son appartement avec son amie Leïla, thanatopractrice, font régulièrement fuir les hommes qui les approchent, apeurés d’être contaminés par la grande faucheuse. Même si elles s’en amusent beaucoup, en jouent parfois, l’une comme l’autre, rêvent toujours du grand amour.

Le soir de ses trente ans, fêtés à l’initiative de sa sœur ainée, Rose, qui espère la faire craquer pour l’un de leurs anciens camarades de lycée invités à cette soirée, c’est sûr Léo, un beau trentenaire, à l’allure athlétique, au corps sculpté par des années de pratique du trapèze, que son attention se porte. Seulement Léo, depuis un terrible accident qui l’a plongé dans le coma, a perdu la vue. L’oncle d’Adèle, la qualifiera pour l’occasion de « surdouée des emmerdes de la famille ».

Je sors assez peu de ma zone de confort littéraire tournant autour des littératures de genre que sont les polars, romans noirs ou de l’imaginaire mais, je le fais à chaque fois avec beaucoup de plaisir pour lire les romans d’Akli Tadjer. C’est une nouvelle fois le cas avec Les Thermes du Paradis. Peu d’auteurs réussissent avec autant de talent à mixer des émotions totalement opposées qui permettent de faire jaillir la lumière des océans de noirceur. Ses personnages se retrouvent souvent à faire face à des situations compliquées face auxquelles, ils se retrouvent à douter, à se décourager, à oser, à se dépasser. Jamais lâches, jamais « super-héros », ils sont humains avec leurs qualités et défauts.

Le milieu professionnel du funéraire nous est bien souvent inconnu. Quand, malheureusement, nous y sommes confrontés, c’est dans les moments les plus tristes de nos vies, ceux de la perte de proches. Dans ces moments-là, ne nous voyons que les silhouettes sombres de ces femmes et ces hommes, œuvrant discrètement au bon déroulement du dernier au revoir et nous montrant le chemin qui nous aidera à traverser notre deuil. À travers les personnages d’Adèle, de Leïla, d’Abdelmoumen, de Kevin ou d’Arthur, Akli Tadjer, nous rappelle, que ces professionnels de la mort, sont des femmes et des hommes comme les autres.

C’est avec un profond respect et une reconnaissance éternelle pour ce qu’elle a fait pour mon frère et moi, en s’occupant de notre maman, que je dédie cette chronique à Aurélie Claeyssen.

Colère Jaune par Jérémy Bouquin

Editions In8 – 216 pages – 22 Avril 2021

La crise, la contestation des Gilets Jaunes, c’était il n’y a même pas trois ans, mais cela nous parait une éternité tant la crise sanitaire qui l’a suivi, étouffé, a complétement perturbé nos repères chronologiques. Jérémy Bouquin, nous replonge avec Colère Jaune, en plein cœur de cette révolte populaire, sociale, cet appel à l’aide de ceux qui souffrent, qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts.

Ce roman, noir, social n’est pas un essai, une étude sur cette crise qui couve toujours, qui n’attend qu’une étincelle pour exploser de nouveau. C’est une fiction, réaliste, s’attachant à dresser un portrait sincère, empathique, à donner un visage, un prénom à ceux qui se cachent (en tout cas une partie d’eux) derrière ces deux mots : gilets jaunes. Ces hommes et femmes que le dernier président socialiste, qualifiait de « sans dents ». Ces travailleurs pauvres. Ces retraités oubliés. Ces étudiants à l’avenir incertain.

Nous rencontrons donc Sandrine, quarantenaire, maman seule, handicapée, un fils au lycée, précaire. Comme inscrit au marqueur sur son gilet de sécurité symbole de la contestation. Une femme voutée sous les coups du père de son fils, usée par une vie de labeur, une femme seule dans cette région de France qui ressemble à tant d’autres, ces villes de province où seules prospèrent les zones commerciales. Mais, une femme attachante, courageuse, souffrant pour donner le meilleur à son fils. Et une femme fière, travailleuse, se refusant à être vivre au crochet de la société.

Dès les premières occupations de rond-ponts, Sandrine, trouvera une famille, des oreilles attentives et compréhensives de ses problèmes, une forme de solidarité dans le froid et l’humidité de cette fin d’année 2018. Son fils Ghislain, y trouvera lui, des grands frères, des pères de substitution, apprendra à mener une grève, à se battre pour son avenir.

Jérémy Bouquin, nous livre ces portraits dans un roman rythmé, comme il en a l’habitude avec des phrases et chapitres courts et un récit où les dialogues sont très présents. Avec sa justesse, il décrit ses hommes et femmes, sans filtres, il écrit avec leurs mots à eux. Justesse que l’on retrouve également dans la neutralité du ton utilisé et du choix des personnages à l’image de notre société, ce n’est pas les bons contre les mauvais.

Gilet Jaune ou pas, ce texte, permet à tous de prendre du recul sur ce mouvement et surtout, il nous rappelle, que des Sandrine, il y en a malheureusement encore beaucoup trop autour de nous et peut être même encore plus après la crise sanitaire. Ces Sandrine, ne se battent pas pour avoir plus de pouvoir d’achat, elles se battent pour vivre dans la dignité.

Longtemps, le jaune n’a pas eu la cote : couleur de la robe de Judas, du cocu, de l’étoile jaune… Pourtant, aujourd’hui, il est devenu la couleur de prédilection des personnages de dessins animés. Avec le mouvement des gilets jaunes, le jaune commence-t-il à devenir contestataire, au même titre que le rouge ?

La page du roman sur le site de l’éditeur : https://www.editionsin8.com/catalogue/livre/918-colere-jaune

Fatal baby par Nicolas Jaillet

La manufacture de livres – 304 pages – 03 Juin 2021

Un thriller plus lumineux que noir, une suite qui n’en est pas vraiment une, un roman inclassable comme l’était Mauvaise graine, dans lequel nous avions découvert Julie, mais sans lui ressembler. Nicolas Jaillet arrive de nouveau à nous surprendre.

Après avoir vécu une expérience de grossesse unique en son genre, Julie, cette institutrice trentenaire, ne pouvait pas avoir un enfant « normal ». Léa est donc née, dotée à son tour de super-pouvoirs. Seulement, à l’image de tout ce que doit apprendre à maîtriser un nouveau-né, ces particularités seront difficiles à contrôler et Julie, courageuse maman pleine de ressources devra faire preuve de son super-pouvoir de maman pour l’aider au mieux et la protéger de poursuivants de cette organisation militaro-pharmaceutique qui après en avoir après Julie en veulent maintenant au Fatal baby.

Nicolas Jaillet nous emmène dans une cavale sur les traces de Julie et sa fille à travers le globe, dans un thriller haletant, léger sur la forme, mais avec une grosse dose d’émotions, saupoudrée d’une touche de fantastique. Mais, la magie de la vie, le lien indescriptible qui unit une mère et son enfant, la magie de la maternité ne sont-ils pas eux aussi fantastiques ?

Même si ce roman, Fatal baby peut se lire sans, au préalable, avoir lu Mauvaise graine, après sa lecture, vous vous jetterez sur ce dernier.

Dans la société hyper patriarcale, dans laquelle nous vivons aujourd’hui et qui est malheureusement traversée par de nombreux scandales dénoncés comme MeToo, Balance ton porc, etc, Nicolas Jaillet à travers ce personnage de Julie, nous démontre qu’heureusement, il y a aussi des « hommes blancs de cinquante ans », comme aime les désigner les médias, qui, sans avoir besoin de se revendiquer féministes, nous prouvent leur profond respect et l’admiration qu’ils ont pour les femmes.

Merci aux éditions La manufacture de livre pour ce service presse.

Vidéo relative à Mauvaise graine néanmoins, Nicolas Jaillet parle de Julie

Pour le site de l’éditeur, c’est par là : https://www.lamanufacturedelivres.com/livres/fiche/204/jaillet-nicolas-fatal-baby

Tarmac Blues par Gérard Carré

Jigal Éditions – 368 pages – 20 Février 2021

Souvent, nous sommes amenés à nous poser la question de ce qui différencie dans la littérature de genre, le polar, le thriller, le roman noir. Gérard Carré, avec Tarmac Blues a résolu le problème, son roman est tout cela à la fois.

Six actes, un nombre énorme de courts chapitres basés sur un personnage différent à chaque fois, donnent à ce roman qui démarre, avec l’enlèvement de la femme enceinte du commissaire Delevigne, patron de la BAND, sur les chapeaux de roues, un rythme effréné.

L’intrigue brillamment construite quant à elle, nous réserve du début à la fin des surprises et nous incite sans cesse à lire la page suivante. Gérard Carré n’est pas scénariste pour rien et il prend plaisir à vous transformer en spectateur d’un récit hyper visuel, cinématographique.

En plus de la forme maîtrisée à la perfection, le roman de Gérard Carré est profond, les personnages principaux ou secondaires sont remarquables de qualités et de défauts. Ils sont humains. Les thèmes abordés, nombreux, variés, comme le trafic de drogue, le terrorisme, la corruption, les quartiers et banlieues, l’ascenseur social ou son absence, la pédophilie, le génocide au Rwanda… permettent aux lecteurs de se retrouver face à un récit riche qui touchera le plus grand nombre.

4 ème de couverture :

Léonard Delevigne est le tout jeune patron de la BAND, branche spéciale de la brigade des Stups de Paris en charge de la lutte contre le narco-djihadisme.

Milovan Milosevic, commandant dans la même unité, est le « presque » frère de Léonard que ses parents ont adopté lorsqu’ils étaient adolescents. À l’inverse de Léonard, Milo est un homme d’action, pulsionnel et intuitif, pour qui la fin justifie souvent les moyens.

Salomé Delevigne, une brillante avocate d’origine juive hongroise, a rencontré ces deux hommes de sa vie le même jour, une vingtaine d’années auparavant. Elle les a aimés l’un et l’autre, incapable de choisir entre le cérébral et l’aventurier, jusqu’à ce que Milo s’engage dans les casques bleus de l’ONU pour laisser le champ libre à ce « presque frère » envers qui il se sent redevable.

Jüri Ostnik, alias Viking, est le parrain d’un important cartel, incarcéré à Fleury pour détention et trafic de drogue. Afin de faire pression sur son mari, Viking donne l’ordre à ses hommes d’enlever Salomé qui est enceinte et prête à accoucher de jumeaux…

Un grand merci à Jimmy Gallier et aux éditions Jigal pour ce roman/

Pour en savoir un peu plus sur ce drame horrible.

Foncez chez votre libraire indépendant ou commandez-le sur le site de l’éditeur : http://polar.jigal.com/?page=liens&p=256

Tout droit par Philippe Paternolli

Éditions du Caïman – 220 pages – 07 Avril 2021

Un roman court, un rythme effréné, une sensation de vivre dans un monde où les ficelles sont tirées en coulisses… Ce roman de Philippe Paternolli, le sixième avec Vincent Erno, du Cube, un cabinet noir des services secrets vous aspirera sur les traces d’un tueur pas comme les autres.

Deux accidents sur un Grand Prix de F1, un puissant patron dévoré par des tigres, eux aussi, froidement assassinés, une série de meurtres, un trio d’enquêteurs, l’auteur nous entraîne dans un polar extrêmement ciselé, reprenant les codes du genre. Accompagnée d’un langage cru, de sujets sensibles, cette lecture se dévore avec avidité.

L’ajout de nombreuses notes, une trentaine, nous permet de lire ce récit sans avoir lu les précédents. Seulement, attendez-vous à avoir envie de les lire.

Pour un voyage unique, en immersion dans la tête d’un tueur, filez Tout droit lire le nouveau Paternolli.

Un grand merci à Jean-Louis Nogaro des Éditions du Caïman pour ce roman m’ayant fait découvrir Philippe Paternolli.

Découvrez le premier chapitre lu par « Sab en live »

Échecs et meurtres par Jacques Lavergne

Editions Cairn – 328 pages – 8 avril 2021

Jacques Lavergne, que je découvre avec ce roman, nous entraîne dans une double enquête médicale » dans ce paradis naturel qu’est la Camargue.

Ce polar régional publié dans la collection Du noir au sud de chez Cairn, permet à la fois aux lecteurs locaux de découvrir des lieux qu’ils connaissent et pour les lecteurs d’ailleurs, il nous donne envie de voir ou revoir cette très belle région, heureusement plus paisible que dans ce roman.

Avocat de profession, l’auteur, nous offre un polar réaliste, qui ne fonce pas à cent à l’heure et dont les procédures sont suffisamment détaillées pour que nous ayons l’impression d’être au cœur de l’enquête, sans être trop pesantes sur le rythme de cette double enquête. Il nous offre, en plus, une galerie de personnages tous, très intéressants y compris les personnages secondaires. En fil rouge du récit, les rencontres d’échecs, nous donnent vraiment l’impression que dans ces séries de meurtres, chaque protagoniste n’est qu’un pion que l’on utilise avant le prochain coup. Ce roman, très plaisant à lire plaira aux amateurs de polars et, est dans la veine des romans lauréats du prix du Quai des Orfèvres.

Un très grand merci aux éditions Cairn et à Johanna Michler pour l’envoi de ce roman. Félicitations à Jacques Lavergne pour son talent.

Pour continuer de voyager une fois ce roman terminé…

Dent de dinosaure par Michael Crichton

Éditions de l’Archipel – 303 pages – 3 juin 2021

Treize ans après la disparition du très talentueux auteur, scénariste Michael Crichton, parait un roman inédit en français (publié il y a tout juste quatre ans en VO), Dent de dinosaure. Mais attention, dinosaures et Crichton, ne signifient pas pour autant une version différente de Jurassic Park.

En effet, l’auteur nous emmène cette fois dans la seconde moitié du XIXe siècle au pays de l’oncle Sam, à la chasse aux fossiles en compagnie de Edward Drinker Cope et Othniel Charles Marsh deux célèbres paléontologues, découvreurs de nombreux spécimen, mais surtout connus pour être les protagonistes de la « guerre des os ».

Dans ce roman d’aventure, où se mêlent science et histoire, la fiction n’est pas en reste avec Johnson, ce jeune étudiant qui sur un pari, partira avec Marsh dans l’Ouest américain, dangereux et hostile.

Ce roman est un vrai plaisir de lecture, divertissant et enrichissant. Je remercie les éditions de l’Archipel et NetGalley pour ce service presse.

Pour en apprendre un peu plus sur cette folle compétition aux fossiles

Le croque-mitaine par Jérémy Bouquin

Oskar – 193 pages – 15 octobre 2014

Connaissez-vous le croque-mitaine ? Certainement, tant il y en existe de version à travers les âges et à travers les cultures. Leur point commun, les croque-mitaines servent à faire peur aux enfants souvent, pour permettre de leur interdire quelque chose. Jérémy Bouquin, dans ce roman accessible à de jeunes lecteurs, nous en propose un presque comme les autres.

Avec Jérémy Bouquin, on se s’ennuie jamais, ses romans plutôt courts, se dévorent à un rythme accéléré et dès les premières pages, on sait où l’on va. Ici, nous sommes avec la victime d’un kidnapping dans le coffre d’une voiture. Une jeune victime, qui nous dira à la seconde page : J’ai treize ans et demi… et je ne veux pas mourir ! Sans rien dévoiler de l’intrigue, le croque-mitaine en est le responsable. La suite arrivera bien plus tard, puisque le narrateur, Siffleur nous racontera les quinze jours précédents cet enlèvement.

Dans un futur proche, de jeunes enfants, vivent dans un internat où ils sont regroupés en catégories d’âge et étant affublés de matricules, s’appellent par des prénoms, il y a donc Siffleur, U75 et ses camarades dont Caboche, Costaud, Beau Gosse… Encadrés par des référents, ils vivent dans un monde coupé du réel, une bulle carcérale, mais où ils sont heureux, nourris, logés, instruits et s’amusent. Siffleur prend un malin plaisir à captiver les plus jeunes avec des histoires d’enfant qu’il revisite à la sauce croque-mitaine. Seulement, quand Caboche, lui dit l’entendre, ce monstre imaginaire, la vie à l’internat, ne sera plus tout à fait la même…

Qui est le croque-mitaine ? Est-ce vraiment le kidnappeur ? Un croque-mitaine peut-il en cacher un autre ? Et si, comme les monstres imaginaires, Le croque-mitaine de Jérémy Bouquin, n’avait pas un message à nous passer, nous mettant en garde des dangers, de certains chemins que nous empruntons ?

Le croque-mitaine en musique par Magoyond. Découvrez leur univers sur https://www.magoyond.com/

Qu’à jamais j’oublie par Valentin Musso

Éditions Seuil – 320 pages – 6 mai 2021

Dès ses premiers romans, Valentin Musso, s’est fait un prénom à côté des cinq lettres formant le patronyme rendu célèbre par son grand frère Guillaume. Ce roman, Qu’à jamais j’oublie, publié aux éditions Seuil, démontre une nouvelle fois, ses talents de grand écrivain. L’auteur reprend pourtant ici des ingrédients déjà utilisés pour d’autres de ses romans, la famille, toujours très présente, des faits historiques peu connus et très documentés et des secrets du passé qui refont surface.

Les secrets, revenons y. Tel le triangle des Bermudes, celui formé par Paris, Lausanne et Antibes a aspiré les souvenirs d’une famille, celle du talentueux et mondialement connu photographe, Joseph Kircher décédé voilà de nombreuses années. Seulement, en 2018, plus que le livre hommage réalisé par son fils Théo, c’est un fait divers incroyable qui refera parler de lui. En effet, Nina sa veuve, dans un déchainement de violence a poignardé sans raison apparente un vieil homme dans un bungalow d’un hôtel du sud de la France. Enfermée dans un mutisme total depuis le drame, Théo essaiera de comprendre ce qu’il s’est passé afin de venir en aide à sa mère. Dans cette quête d’un passé inconnu, nous découvrirons entre autre, Maud la sœur de Joseph, Camille, le frère dont il est éloigné, Marianne, une jeune femme, héritière également d’un trouble passé.

Une histoire bouleversante, véritablement bien écrite. Un récit qui ne nous laisse aucun répit tant les secrets dévoilés viennent sans cesse bousculer ce que l’on tenait pour acquis. Et surtout, un immense hommage à ces 60 000 victimes d’internements administratifs que la confédération helvétique, a prononcé jusqu’en 1981.

Pour en apprendre un peu plus sur ces terribles internements…

La République des faibles par Gwenaël Bulteau

La Manufacture de livres – 04/02/2021 – 368 pages

Laissez-vous embarquer dans un voyage que vous n’oublierez pas de si tôt !

Le premier janvier, nous souhaitons leur fête aux Clair, les brillants, les glorieux. Seulement, en 1898, dans une France qui, sous la IIIᵉ République, n’arrive pas encore à poser de manière pérenne ses principes fondamentaux que sont la démocratie, les libertés, la laïcité, les droits sociaux, la justice pour tous, c’est l’obscurité qui va s’abattre sur la ville de Lyon avec, l’atroce découverte par un chiffonnier du corps d’un enfant sans tête.

Le commissaire Jules Soubielle sera chargé de l’enquête dans un climat de tension extrême à l’approche d’élections législatives où le socialisme naissant fait face au nationalisme et surtout l’antisémitisme exacerbé par l’affaire Dreyfus.

Le commissaire devra jongler entre ses ennuis personnels, ses équipes déchirées entre problème d’alcool et idéaux politiques, une misère sociale présente à tous les coins de rue, les secrets cachés de familles comme les Génor et les sévices subis par certains enfants.

Gwenaël Bulteau signe avec La République des faibles un magistral premier roman, récompensé par le prix Landerneau. Professeur des écoles, on ressent dans son texte l’affection et l’engagement auprès des enfants et son combat contre l’injustice sociale. Polar, roman noir, roman social, roman historique, un récit multi-facettes et une prose poétique font de ce roman un petit bijou de l’édition contemporaine.

Un grand merci aux éditions La manufacture de livres et à l’auteur pour ce magnifique roman.

Pour découvrir le Lyon de l’époque

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