Le fils du professeur par Luc Chomarat

La manufacture de livres – 285 pages – 19 août 2021

Avec beaucoup de talent, de magie, aidé d’une sublime plume, Luc Chomarat, nous raconte l’enfance, de la maternelle au passage à l’âge adulte à travers les années 60 et 70.

Roman autobiographique ? Fiction ? Certainement un peu des deux, une autofiction comme l’aurait qualifié Serge Dubrovsky. Luc Chomarat écrit à la première personne, le personnage principal est né comme l’auteur en Algérie française, à Tizi-Ouzou, seulement, dans ce roman, jamais l’écrivain, ne dévoile un nom ou un prénom qui lèverait le voile sur ce mystère. Néanmoins, ce roman, par son authenticité ne triche pas et chaque lecteur, se retrouve plus ou moins dans Le Fils du professeur, qu’il soit né dans ce début de seconde moitié du XXe siècle ou pas.

La lecture de ce récit nous offre une pause, une parenthèse magique et inattendue qui fait un bien fou. Ce retour en arrière, dans un monde où le téléphone n’est pas un prolongement de notre anatomie et où internet n’existe pas, nous permet de nous déconnecter. De plus, la sensation permanente d’être sur le fil très fin qui sépare la réalité de l’imaginaire nous engloutit, on lâche prise avec le réel et retombons en enfance, cette nostalgique période d’insouciance.

Ce roman, écrit avec une grande justesse, nous évite de tomber dans le piège du « c’était mieux avant ». Il ne véhicule pas de jugements sur un monde différent de celui dans lequel nous vivons et élevons nos enfants aujourd’hui, contrairement aux procès médiatiques d’une bienpensance actuelle permanente jetant l’opprobre sur les travers de notre Histoire.

Le Fils du professeur est un merveilleux cocktail de tendresse, de nostalgie, d’humour et d’amour face auquel, nous sommes spectateurs de la transformation d’un jeune enfant en adulte, nous renvoyant en écho, toutes les questions que nous nous posions également et auxquelles, même aujourd’hui, nous n’avons pas forcément trouvé les réponses.

« Je crois que tout le monde joue au flipper parce que c’est une assez jolie métaphore de l’existence : on ne récupère jamais sa mise de départ, et aussi habile qu’on soit, on est toujours perdant. Et pourtant, quand toutes les lumières s’allument, quand les compteurs tournent et que les parties claquent, il y a toujours quelqu’un pour tourner la tête et vous regarder comme si c’était incroyable, et à ce moment-là nous sommes persuadés d’être immortels. »

Un grand bravo à Luc Chomarat pour avoir réveillé chez moi des souvenirs enfouis et un grand merci à Pierre Fourniaud et à La manufacture de livres pour ce roman.

Pour plonger à l’époque du Fils du professeur… Pour eux l’an 2000 était l’avenir… Pour nous le passé…

Le site de l’éditeur : https://www.lamanufacturedelivres.com/livres/fiche/206/chomarat-luc-le-fils-du-professeur

Le site de l’auteur : http://www.luc-chomarat.com/

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