La conférence par Mahi Gand

Dargaud – 128 pages – 21 janvier 2022 – 9782205089776

Un roman graphique magnifiquement illustré d’après une nouvelle de Franz Kafka. L’histoire d’un singe devenu Homme.

Mahi Grand nous propose son adaptation d’une nouvelle de Franz Kafka Rapport pour une académie qui n’est pas sans rappeler La Métamorphose. Sauf qu’ici, l’histoire nous est contée par un narrateur qui a quitté sa condition simiesque pour devenir un humain. Une théorie de l’évolution en accélérée.

Cette théorie de l’évolution, de tout temps a été objet de débats surtout depuis qu’elle est devenue Darwinienne et même de nos jours encore elle crée des polémiques et certains s’en tiennent encore à des théories plus religieuses que scientifiques.

Dans cette œuvre, à travers le discours devant l’Académie des sciences de ce personnage devenu humain, il n’est point question de science ou de religion, mais plutôt de philosophie, l’auteur interroge sur la condition de l’Homme car, le singe pour survivre dans notre monde s’est adapté et a imité l’Homme.

Cette adaptation graphique apporte un regard neuf et avec ses graphismes aux sublimes couleurs, renforce l’univers kafkaïen. Les pages s’admirent et invitent à la contemplation, ce qui nous laisse le temps de réfléchir à cette humanité souvent bestiale.

La Conférence est un joyau graphique dont la lecture nous déconcerte et nous démontre une nouvelle fois qu’une œuvre écrite il y a plus d’un siècle peut poser des questions très actuelles.

Un grand bravo à Mahi Gran pour cet album graphique qui fascine et interroge. Merci aux éditions Dargaud et à Netgalley France pour cette découverte.

Une adaptation théâtrale

Le site des éditions Dargaud : https://www.dargaud.com/bd/la-conference-bda5395340

Villebasse par Anna de Sandre

La Manufacture de Livres – 224 pages – 19 août 2021 – 9782358877800

Une ville sombre aux habitants sans avenir, contée par une plume poétique aussi lumineuse que cette Lune bleue, fantastique, mystérieuse, accrochée dans le ciel de Villebasse.

Anna de Sandre, nous entraîne avec son premier roman, dans une lecture déroutante, mais captivante. En à peine plus de deux cents pages et trente-sept chapitres, elle nous dépeint une ville et une vingtaine de ses habitants. Cette ville, personnage principal du roman, engoncée dans une vallée dont seule dépasse cette fameuse Lune bleue, ressemble à tant de villes que nous connaissons, dévastée par la fermeture d’usines, oubliée des projets d’envergure au profit d’autres. Ces villes où seuls errent des habitants qui ne font que survivre, parfois rejoints par des personnes qui arrivent là par hasard. Ces communes souvent rurales que l’on connaît tous, du Nord au Sud, de la Bretagne au Grand-Est.

Cette ville, Villebasse, c’est Le Chien qui nous la fera découvrir. Arrivé lui aussi par hasard, il est dénué de maîtres et va de maison en maison, traversant quartiers et rues. Le seul point central où se retrouve régulièrement de nombreux personnages est Le ventre de l’ogresse, un bar. Les personnages multiples sont tous différents, mais ont en commun une absence de joie dans leur vie, tantôt en proie à des névroses familiales, tantôt victime de la crise économique. Anna de Sandre, à travers ce voyage onirique et poétique dépeint celle qui est souvent qualifiée de France périphérique. Cette France oubliée des politiques entre chaque élection et qui ne fait parlait d’elle en général qu’avec des drames intéressants les médias.

Cette lecture est relativement perturbante tant les premiers chapitres nous perdent dans ces rues froides, enneigées où il nous est impossible de trouver un fil conducteur. C’est d’ailleurs à cette occasion que la magie de la prose de l’autrice opère le plus et nous incite à aller plus loin, pour rapidement nous emballer totalement. N’ouvrez pas ce livre si vous n’avez pas un vrai temps de lecture devant vous.

Je remercie La Manufacture de Livre, Marie-Anne Lacoma et Pierre Fourniaud pour m’avoir permis de découvrir ce roman que je relirai certainement, chose rare, tant il possède de mystères à explorer.

Cette formidable équipe de la Manuf’ en parle bien mieux que moi (à partir de 4’11)

Le site de La Manufacture de Livre : https://www.lamanufacturedelivres.com/livres/fiche/207/de-sandre-anna-villebasse

Brutalisme par David Le Golvan

Éditions sans crispation – 216 pages – 2 octobre 2021 – 9791095024064

Une immersion au centre de l’esprit d’un homme, éprit de doutes, de questionnements, de folie. Une œuvre brutale nous offrant un voyage littéraire perturbant.

Le brutalisme, mouvement architectural à vocation sociale, prônant une forme d’égalité mêlée à une simplicité, un état brut, sans ornements sied à ce roman de David Le Golvan tant sur le fond que sur la forme. En effet, le personnage principal et narrateur de cette histoire est un architecte, Rodolphe, travaillant à la rénovation d’un quartier populaire, difficile, sensible comme il est politiquement correct de les qualifier et, sous la plume de l’auteur, le récit se veut direct, concis, sans trop d’effets de style.

Rodolphe donc, est le cadre supérieur typique de notre société. Il est marié, papa, installé, patron-associé. Il a l’impression d’œuvrer au bien-être commun en rénovant des quartiers défavorisés, en considérant, les besoins des habitants, en valorisant le vivre ensemble. Seulement lors de l’inauguration de son dernier projet, l’Ammonite, des locataires remontés, débarque et le prennent à partie devant le gotha local présent.

C’est alors que comme un boxeur K.O., groggy, l’architecte nous donne l’impression que son esprit s’envole, la scène devient floue, le temps s’arrête. Petit-à-petit, nous, lecteurs, sommes transformés en spectateurs de l’activité cérébrale de Rodolphe qui remet en question son existence.

Alors que la lecture des premières pages nous paraît presque ennuyeuses, nous sommes frappés brutalement par ce basculement dans le cœur du récit, ce quasi-monologue du narrateur et dès ce moment, il devient difficile de reposer le livre. Accentué par les paragraphes et chapitres courts, le rythme de lecture s’accélère et nous avalons ainsi les pages jusqu’à la dernière.

Les thématiques abordées à travers le cheminement de Rodolphe, trouvent, au moins en partie, échos chez tous les lecteurs, nous ne ressortons pas indemnes de ce récit.

Un grand merci aux éditions sans crispation pour ce roman.

Le site de l’éditeur : https://sanscrispation-editions.fr/produit/brutalisme-david-le-golvan/

Ladies with guns – T1 par Olivier Bocquet et Anlor

DARGAUD – 64 pages – 14 janvier 2022 – 9782205087338

Un western avec des flingues, du sang, de l’alcool et tout ce qui compose ce genre. Mais surtout porté par une équipée féminine qui nous rappelle Beatrix Kiddo dans Kill Bill.

Le décor du western est bien présent dans cet album qui commence par une attaque de coyotes sur une jeune fille enfermée dans une cage d’acier et qui sera sauvée par une femme armée d’une carabine et qui devra bientôt affronter une indienne qui la tient en joue avec son arc. En quelques planches, nous sommes tout de suite dans l’ambiance violente dont fut teintée la colonisation américaine.

Seulement ici, pas de John Wayne, même si les hommes sont bien présents. D’ailleurs ils n’ont pas toujours le bon rôle même si cela, par leurs comportements, ils l’ont bien cherché.

Dans ce premier tome de ce qui pourrait être le commencement d’une nouvelle série, la mise en place du décor n’occulte en rien l’action. Les scènes parfois très violentes sont surtout rythmées et les dessins servent parfaitement un excellent scénario. Mais tout cela ne serait rien sans ces femmes que rien ne prédisposait à se rencontrer et qui fasse aux évènements se montreront bien plus fraternelles que des hommes.

Ladies with guns est un vrai bon moment de lecture pour lequel je remercie les éditions Dargaud et NetGalley. Quant à Olivier Bocquet et Anlor, je ne souhaite que découvrir de nouveau le fruit de leur travail collectif.

Le site de l’éditeur : https://www.dargaud.com/bd/ladies-guns/ladies-guns-tome-1-bda5370410

La bande-annonce :

Le ministère secret T2 par Joann Sfar et Mathieu Sapin

DUPUIS – 56 pages – 26/11/2021 – EAN 9791034745869

Un second tome des aventures de nos ex-présidents toujours aussi drôles, caricaturaux et parés à l’action. Trembler en France, une mission sismique…

Sfar et Sapin reviennent avec le cabinet secret des anciens présidents, nous dévoilant un peu plus le fonctionnement de ce « Ministère secret » et révélant au passage de grands mystères comme la longévité de Balladur ou les vraies raisons du succès de certaines chansons populaires. Pour le reste, nous retrouvons ce que nous avons apprécié dans le premier opus, des gadgets, des personnalités connues, un scénario drôle et bien construit et surtout, ce burlesque qui se fait parfois dépasser par la réalité.

Les auteurs réussissent avec brio la transformation du premier essai, car l’effet de surprise passé du premier tome, nous aurions pu trouver un album un peu moins bien alors qu’au contraire, s’installe en second plan un scénario que l’on image s’étaler sur plusieurs numéros avec une envie grandissante de les découvrir.

« Trembler en France » comme « Héros de la République » ne sont pas des chefs-d’œuvre du 9ᵉ art mais, cette série « Ministère Secret » petit à petit, va se faire une place parmi les bandes dessinées à lire pour se divertir. Étant très proche de l’actualité, la seule inconnue sera de savoir si elle ne perdra pas trop vite son intérêt.

Merci aux éditions Dupuis et à NetGalley pour cet album.

Le site de l’éditeur : https://www.dupuis.com/le-ministere-secret/bd/le-ministere-secret-tome-2-trembler-en-france/87017

Le choc de Carnac par Sophie Marvaud

Éditions 10/18 – 312 pages – 07 janvier 2021 – EAN 9782264077660

Sophie Mourvaud nous entraîne en territoire breton, dans la région de Carnac où un crime vient d’être commis mais, il y a près de 7000 ans…

Carnac, station balnéaire connue entre autres pour ses nombreux alignements de menhirs sert de superbe décor à ce roman de Sophie Mourvaud. Seulement cette dernière, plutôt que de nous conter une enquête policière actuelle, décide de remonter le temps et de nous offrir un paléocrime pour le plus grand bonheur des fans de polars et d’Histoire.

4700 avant notre ère, un marchand décède sur une route forestière dans le territoire de Carnac, où vivent principalement trois peuples qui ne s’accordent pas beaucoup. Il y a les Cultivateurs dans les terres, les pêcheurs en bordure de mer et dans la forêt les séparant, les nomades. Si la tension est déjà palpable entre eux, ce crime risque de mettre le feu aux poudres et déclencher un violent conflit. Trois femmes vont s’y opposer, mais trouveront-elles les raisons de la mort de Le Géant ?

Avec un récit très bien documenté sans être trop indigeste, l’autrice nous promène avec bonheur dans cette belle région du Morbihan à une époque de véritable révolution culturelle qui n’est pas sans rappeler les rencontres entre civilisations suite à l’immigration actuelle.

L’enquête est bien construite, intelligente, sans artifices technologiques. Les personnages eux, sont très modernes dans leurs raisonnements, proches de nous psychologiquement. Le rythme et les rebondissements apportent un côté addictif à cette lecture très instructive. L’autrice a su doser parfaitement ces éléments pour nous plonger dans cette période trop peu présente en littérature qui m’a rappelé la saga Les enfants de la Terre de Jean M. Auel.

Un grand merci aux éditions 10/18 et Netgalley et bravo à Sophie Marvaud pour cette balade préhistorique.

Le site de l’éditeur : https://www.lisez.com/livre-de-poche/le-choc-de-carnac/9782264077660

Un petit C’est pas sorcier pour prolonger le plaisir :

Les mots fantômes par David Moitet

Didier Jeunesse – 224 pages – 22 septembre 2021- EAN 9782278100590

Avec « Les mots fantômes » David Moitet dont le talent n’est plus à prouver, signe un excellent roman. Mêlant thriller et fantastique, il nous amène aux frontières de ce que notre esprit peut, raisonnablement concevoir…

Eliott est un ado comme tant d’autres, jusqu’à ce jour où, de retour du parc dans lequel il a, à la demande de sa maman emmenée sa petite sœur, ils retrouvent leur mère allongée sur le sol de cuisine, sans vie. La violence prendra vite la place de la tristesse et le jeune homme, sera envoyé dans une institution pour son bien. Il y retrouvera une camarade de lycée, victime, elle d’hallucinations. C’est alors que naitra un duo inattendu qui n’aura pour seul but que d’éclaircir le mystère de ce décès, qualifié de suicide par la police.

À première vue, nous serions vite tentés de penser que ce livre utilise des thématiques déjà essorées. Seulement, comme savent le faire en cuisine les grands chefs, David Moitet, en utilisant des ingrédients déjà bien connus, nous offre une recette savoureuse. Ce roman est particulièrement bien construit et nous offre un plaisir de lecture qui ravira les lecteurs jeunes et moins jeunes à la recherche de suspense, d’action, le tout, saupoudré d’un peu d’humour.

En plus des principaux personnages que sont Eliott et Lilas, l’auteur s’amuse avec des personnages secondaires drôles ou flippants, qui se retrouvent dans des situations très visuelles, cinématographiques, dignes de scènes de films d’action.

De vifs remerciements aux éditions Didier Jeunesse ainsi qu’à NetGalley pour cette lecture. Et, un grand bravo à David Moitet pour nous régaler une fois de plus.

Le site de l’éditeur : https://didier-jeunesse.com/collections/romans-12-ans-et-plus/les-mots-fantomes-9782278100590

Et, pour se mettre dans l’ambiance…

Le ministère secret par Joann Sfar et Mathieu Sapin

Dupuis – 64 pages – 05 Mars 2021 – 9791034745821

Un étrange album, déjanté qui mélange fiction et personnages réels, dans une ambiance loufoque, mais qui nous fait sourire et parfois même bien rire.

Aux commandes de cet objet graphique non identifié, deux noms très connus du milieu du 9ᵉ art, Joann Sfar et Mathieu Sapin. Grâce à leurs talents réunis, ils nous offrent ni plus ni moins qu’une véritable récréation.

Nous amenant de surprises en surprises, Sfar et Sapin, nous proposent une palette de personnages inattendus, des personnalités politiques Hollande, Sarkozy, Poutine, Trump, des personnalités de la société civile, Cantona, Greta Thunberg, le dessinateur Sapin lui-même mis en scène, le tout en une aventure rocambolesque où nos anciens présidents se retrouvent dans une société secrète afin de défendre la France…

Tous les clichés et caricatures y passent pour notre plus grand plaisir, les super héros, les affaires, les références telles le scooter du président normal customisé dans une version Goldorakienne ou les algues taxifolia…

Dans le climat actuel et à l’approche des élections présidentielles où nous voyons passer en boucle des candidats sur nos écrans, se poser et se marrer devant les planches de Sfar et Sapin est un formidable moment de rigolade.

https://www.dupuis.com/le-ministere-secret/bd/le-ministere-secret-tome-1-heros-de-la-republique/87016

L’arpenteuse de rêves par Estelle Faye

Rageot – 352 pages – 13 octobre 2021

Estelle Faye, signe avec L’arpenteuse de rêves, un conte merveilleux où derrière une apparente lecture divertissante, se trouve un récit empreint de réalisme.

Le royaume de Claren pourrait s’apparenter à une montagne couronnée comme peut l’être la préfecture de l’Aisne, Laon. Une colline sur laquelle en place d’une cathédrale se niche un palais, celui de la mystérieuse Jeune Reine. Autour, en plus de l’habitat de riches bourgeois, se trouve une Académie, celle des Arpenteurs, qui ont le pouvoir de visiter les rêves.

Plus nous nous éloignons du sommet de cette colline, plus la pauvreté se dévoile. Sur ses soubassements, vit une population très pauvre, dans un environnement pollué et où certains, pour survivre, trichent, volent, font régner la terreur. Parmi ces brigands, les Silures avec à leur tête Marcus. C’est à leur côté, contraintes, que Cassandra et sa jeune sœur Lissem vécurent quelques années. Cassandra, comme les Arpenteurs, possède le don de se rendre dans les rêves. Don qu’elle doit utiliser à mauvais escient pour dévaliser les victimes endormies. Jusqu’au jour où Lissen est tuée et où Cassandra, s’enfuit, se cache et devient Myri.

Quelque temps plus tard et alors qu’au hasard de rencontres, Myri, s’est trouvée une nouvelle famille à qui, elle dissimule son don, des spectres apparaissent et un étrange mal s’étend. Quand le petit Miracle, ce bébé que cette drôle de famille a recueilli, à son tour est touché, Myri n’a d’autre possibilité que d’utiliser son pouvoir.

L’Arpenteuse de rêves, c’est de la fantasy, mais pas seulement. Certes, dans ce roman, il y a de la magie, des créatures fantastiques, un monde imaginaire mais, il y a aussi, des thématiques universelles et toujours, très actuelles telles que l’écologie, la place des femmes dans la société, les inégalités sociales, les luttes de pouvoir. Ce roman est une aventure que nous pourrions aisément qualifier d’aventure philosophique avec en conducteur cette question : « Qu’est-ce qui compte vraiment pour nous ? ».

Ce roman en plus, de ce récit intelligent et accessible aux jeunes lecteurs dès l’âge d’une douzaine d’années, bénéficie d’une magnifique couverture, illustrée par Paul Echegoyen et mise en valeur par des incrustations dorées. À l’approche de la fin d’année, une super idée cadeau.

Pour aller plus loin…

Le site de l’éditeur : https://www.rageot.fr/livre/larpenteuse-de-reves-9782700276565

Pour découvrir l’univers d’Estelle Faye : https://www.estellefaye.fr/butitsmyonlyline/

Katja par Marion Brunet

In8 éditions – 80 pages – 21 septembre 2021

Un court roman, une novella sombre, un récit profondément noir, mais tellement bouleversant, car du plus profond, brille une puissante humanité. Certainement mon coup de cœur de cette fin d’année.

En quelques dizaines de pages, Marion Brunet, nous embarque pour un récit qui marque nos vies de lecteurs d’une empreinte indélébile. On ne ressort pas indemne de cette lecture. Une novella qui n’est autre qu’un condensé de ce qu’est le meilleur de la littérature noire.

Berlin. Katja, trentenaire, vient de perdre sa mère. Seule subsistait l’enveloppe charnelle de cette dernière, déjà éteinte à l’intérieur. À vrai dire, Katja ne l’a jamais connu pleine de vie. Ce décès est pour la jeune femme, le déclic qui la fera partir sur les traces de son passé. Direction la Bretagne et une île coupée, à marrée haute, du reste du monde, sur laquelle un homme malade fait face à ses derniers instants de vie, rongée par une saleté de crabe. Elle se fera embaucher par ce dernier, pour l’assister et lui permettre de rester quelque temps de plus dans cette grande maison vide. Mais, avec Katja, s’installe également une tension, un climat très froid qui repose sur des non-dits que l’on découvrira au fur et à mesure.

Marion Brunet, fait preuve ici de tout son talent pour nous raconter une histoire, quasi en huis-clos. Un voyage de l’Allemagne de l’Est à l’extrême ouest de la France, sur les traces d’un passé, recomposé à la sauce Stasi. Ici, plus qu’à travers les dialogues, la puissance du récit s’écrit dans les silences qui rythment les confrontations entre Katja et le vieux journaliste. Les portraits des personnages chacun rongé par un mal, la maladie pour l’un, la colère pour l’autre, sont d’une rare intensité et nous offrent deux versions d’une même histoire. N’en faisons pas de mystères, chez l’un gagnera la maladie…

Un texte poignant, une nouvelle pépite de la collection Polaroid chez les éditions In8. Vous n’êtes pas lecteurs de nouvelles ? Katja, vous fera changer d’avis. Bravo Marion Brunet. Merci In8 de permettre à ce genre de textes, de rencontrer les lecteurs.

Le site de l’éditeur : https://www.editionsin8.com/catalogue/livre/927-katja

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