« Le testament de l’Alchimiste » de Jacques VANDROUX

Autoédition 427 pages 20/03/2020

Je découvre avec cette nouvelle enquête de la capitaine de PJ grenobloise Nadia Barka l’univers de Jacques Vandroux. Le testament de l’alchimiste est un thriller ésotérique mêlant donc enquête, suspense, histoire et croyance. En effet, Nadia Barka, en arrêt de travail et encore handicapée physiquement se retrouve héritière d’une lettre révélant l’emplacement d’un tableau encore inconnu car caché de ce grand artiste que fut Botticelli. L’affaire Sandro comme elle l’appellera ne se révélera pas aussi simple car baignée du mystère de l’alchimie.

Sans faire partie à mes yeux des meilleurs du genre, ce récit fait le boulot. Nous y retrouvons tous les éléments composant habituellement ce type de thrillers. Je trouve juste que le récit de Jacques Vandroux manque un peu de rythme, parfois la volonté de l’auteur de nous détailler certaines scènes cassent un peu le rythme. Malgré cela, l’intrigue nous donne envie de continuer la lecture. Ce défaut de rythme serait je pense corrigé si ce roman n’était pas auto-édité.

« Le royaume de Naguerre – L’Élixir du bourreau » d’Isabelle Fabula

Editions Fleurus 196 pages 05/06/2020

Des meurtres, un royaume, des chevaliers, un capitaine de la garde, un chef de la police… L’ensemble des ingrédients d’un bon thriller historique… Sauf que celui-ci est accessible aux plus jeunes d’entre nous… En effet, il a été écrit pour de jeunes lecteurs dès 10 ans mais à presque 40, j’ai plutôt trouvé cette lecture agréable et bien construite. Une petite récréation de temps à autre nous fait du bien.

Richard 12 ans, suite au décès de son père devient comte et sa mère Clotilde sœur du roi Frédéric décide donc accompagnée de son fils de le rejoindre au château de Crénelais où nous feront connaissance avec les cousins du comte Alaric, Eudéric, Benjamine et Gaudric.

Peu après leur arrivée une servante est retrouvée morte apparemment empoisonnée. Le roi charge donc le capitaine de sa garde personnelle et ami Enguerrand de mener cette enquête. Ce sera sans compter sur le concours de Gaudric et son fidèle ami Sylvain.

Un roman très bien écrit et facile à lire pour petits et grands lecteurs. Et surtout je l’espère un récit qui donnera le goût de la lecture à de nombreux jeunes trop souvent le nez devant un écran.

« Winter is coming, une brève histoire politique de la fantasy » de William Blanc

Editions Libertalia 144 pages 02/05/2019

Un essai très bien fait sur les parallèles entre nos sociétés et l’imaginaire de grands auteurs, poètes tels que Tennyson, J.R.R. Tolkien, G.R.R. Martin, William Morris, Ursula Le Guin, Robert E.Howard, Hayao Miyasaki….

Cette brève histoire, condensée et agréable à lire s’adresse à un plus grand nombre de lecteurs que les ouvrages cités en référence qui seront plus réservés à de très grands passionnés, étudiants…

La fantasy depuis la fin du XIXème siècle a souvent servi aux auteurs pour dénoncer les dérives du monde moderne, des nouvelles technologies, de notre rapport à l’environnement. Cet essai nous permet de nous y retrouver un peu et de parfaire nos connaissances historiques.

Fan de fantasy ? Achetez et dévorez ce livre où il sera aussi question de comics, d’Astérix, des schtroumfs, de Led Zeppelin..

Pour finir, cette citation de G.R.R. Martin que je trouve sublime : « Ils peuvent garder leur paradis. Quand je mourrai, je préfère aller en Terre du Milieu ».  

« La chaîne » d’Adrian McKinty

Mazarine/Fayard 400 pages 11/03/2020

« Le seul moyen de récupérer votre enfant, c’est d’en kidnapper un autre… » C’est ces quelques mots inscrits sous le titre de ce roman qui m’ont donné envie de lire ce récit. Et quelle claque !!!

Un plongeon dans le noir profond, ce mal qui ronge l’âme humaine et qui s’en prenant à des enfants nous bouleverse encore plus. Et à cela, s’ajoute la dualité, victime/bourreau. Car oui cette chaîne quand elle s’enroule autour de vous, elle vous emprisonne mais pas seulement, elle s’empare de votre âme et vous transforme en bourreau sans même vous laisser le temps de réfléchir.

Adrian McKinty nous offre ici un thriller psychologique qui nous questionne, nous interroge sur nous-même. Que ferions-nous dans la même situation que Rachel, qui est une maman célibataire comme beaucoup d’autres, courageuse, se battant pour sa fille et contre la maladie. Sa fille, sa raison de vivre qu’un appel téléphonique lui annonce enlevée, enfermée. On lui demande une rançon mais pas que… Pour la libérer, elle va devoir à son tour devenir une ravisseuse d’enfant et faire vivre le même enfer à d’autres parents.

Dans ce roman, c’est le dépassement de soi que l’on retrouve en toile de fond et il ne s’agit pas juste ici de se sacrifier par amour, c’est trop simple. Une fois le sacrifice fait, nous ne sommes plus là… Ici il va falloir vivre avec … Et notre conscience n’est pas toujours sympa avec nous.

Le seul reproche que je ferais à l’auteur, est qu’avant de nous dévoiler la source de cette chaîne, nous donne beaucoup d’indices qui nous permettent de les découvrir un peu trop vite. Mais ici plus que les coupables, c’est le mécanisme qui est important. Et après sa lecture, vous ne regarderez plus de la même manière ces chaînes idiotes de messages à partager sur les réseaux sociaux.

« Sois belle et t’es toi ! » de Jérémy BOUQUIN

Editions Lajouanie 208 pages 20/05/2016

Sam. Samuel. Samantha.

Jérémy Bouquin nous fait souvent découvrir des personnages forts, profonds. Ici il s’amuse et va plus loin. Trois personnages pour une seule et même enveloppe en pleine mutation. Samuel devient Samantha et Sam est sa chrysalide. Vous l’aurez compris, notre personnage principal est un transgenre.

Assez peu présente en littérature, c’est l’excellentissime « enfermé(e) » de Jacques Saussey, qui m’avait amené à connaître et découvrir la transidentité. La littérature noire, miroir de la société se prête parfaitement à développer des récits autours de ces personnes nées dans le mauvais corps.

Et quand un caméléon de la plume, talentueux comme Jérémy s’empare du sujet, il prend prétexte d’une potentielle escroquerie à l’assurance pour nous confronter à ce sujet et à nos légitimes interrogations car dans ce roman comme dans la vie, les personnes différentes sont souvent rejetées.

Revenons à Sam. Il/elle est un ancien flic, reconverti en expert en assurance, l’un des meilleurs de sa catégorie, mais que son employeur cherche à faire disparaitre de la vue de tous. Sam quitte donc Paname pour la Corrèze le temps d’une enquête.

Une nouvelle fois, Jérémy Bouquin nous offre un roman relativement court mais riche en personnage, à l’intrigue bien ficelée et au rythme effréné, souligné par des phrases courtes.

Et comme souvent chez Lajouanie, le texte est mis en valeur dans un écrin à la couverture magnifique.  

« Survivre » de Vincent HAUUY

Hugo Thriller 424 pages 19/03/2020

2035, c’est quasiment demain…. Nous venons sans en être encore sortie de traverser une pandémie. Nos mentalités ne changent pas vraiment et malgré ces quelques semaines de répit, la planète continue de souffrir de notre façon de vivre… Alors dans 15 ans qu’en sera-t-il ???

Vincent Hauuy imagine pour nous prévenir, nous faire réfléchir… ce qui pourrait nous attendre. Car dans ce thriller d’anticipation et derrière l’intrigue, il y a un cri d’alerte… La crise climatique…

Dans « survivre », elle a déjà fait des victimes, dont la femme et la fille de Florian Starck qui vit maintenant seul, isolé en autarcie, jusqu’à ce qu’il soit contacté pour participer à un « Koh Lanta » futuriste, un concours de survivaliste. Il y sera coach.

Dans cette histoire un peu longue à pénétrer, une fois le décor mis en place et les différents protagonistes découverts, nous finissons par ne plus arriver à lâcher ce roman.

De la SF, du thriller, un très bon auteur, vous ne pourrez qu’apprécier cette lecture.

« Ne lisez jamais la dernière page! » de Denis ALBOT

Même pas peur édition 204 pages 15/03/2020

Quand un auteur qui est également éditeur (profitez-en pour découvrir « Même pas peur ») écrit un nouveau roman, c’est un libraire qu’il choisit comme personnage principal. Un jeune homme que l’on imagine bien à la tête d’une maison de la presse et ce, malgré sa timidité maladive ciblée principalement vers les femmes car David souffre de caligynéphobie.

De son comptoir, il voit chaque jour passer pour aller récupérer sa voiture, une jolie jeune femme qu’il n’ose aborder que dans ses rêves. Quand elle cesse se rituel quotidien et que sa voiture ne bouge plus de place, il se décide à enquêter et à en apprendre plus sur elle. Cette quête que nous suivrons attentivement nous fera vivre de nombreuses aventures à la rencontre de plusieurs personnages et nous fera même traverser l’Atlantique.

Ce roman au titre amusant, je vous laisse découvrir pourquoi, se lit très facilement tant le style de l’auteur est sans prise de tête. De plus Denis Albot possède le don de saupoudrer son récit de ce qu’il faut d’énigme, de tension, d’humour et même d’amour afin de nous donner sans cesse l’envie de lire la page suivante et d’atteindre enfin cette dernière page. Tout au long de la lecture, on ressent le plaisir qu’il a eu à écrire ce roman, et le respect et l’amitié qu’il a pour les lecteurs avec lesquels il aime s’amuser. Ce livre sera un formidable compagnon au bord de la piscine où sur la plage, foncez donc chez votre libraire préféré.e que vous ne regarderez plus de la même manière une fois ce livre lu.

Ou acheter le directement sur la boutique en ligne :

https://www.meme-pas-peur-edition.com/product-page/ne-lisez-jamais-la-derni%C3%A8re-page

« Brahotès l’Être de la vie » de Romane Fagot

Editions Amalthée 285 pages 11/01/2007

Ce roman de Fantasy-Young Adult et non pas fantastique comme indiqué sur la couverture me laisse un sentiment plus que mitigé et surtout une grande frustration. Je précise tout de même que c’est le premier et seul ouvrage de l’auteur édité en 2007. En effet, je rappelle que pour moi un retour de lecture plus négatif n’a pas vocation à détruire une œuvre ou un auteur mais n’est que l’expression de mon ressenti à l’instant où je le lis. Libre à chacun de lire les ouvrages et de s’en faire une opinion personnelle.

Pour ce récit, je trouve que Romane Fagot a fait preuve de beaucoup d’imagination et a su créer un environnement adapté à l’histoire, et à la portée des lecteurs même peu habitués à ce genre littéraire. De plus, le roman est facile à lire et les presque 300 pages défilent très vite. Malheureusement cette légèreté, nous la retrouvons dans les dialogues et surtout ceux de Brahotès ce jeune Huttin héros de l’histoire, trop modernes et familiers à mon goût ainsi que dans des scènes trop courtes alors qu’intéressantes.

Brahothès donc que tout le monde pensait mort car enfermé depuis six années sans nourriture se retrouve libéré et s’ouvre à lui un destin incroyable car il serait le rempart contre le « jour du chaos ». A travers les aventures qui l’amèneront jusqu’à ce fameux jour, nous verront toute une galerie de créatures, peuples magiques et bien évidemment une princesse….

Voilà, vous l’aurez compris, ce roman ne vous réservera pas de grandes surprises, il a même des côtés un peu trop bisounours pour moi, mais il est plutôt simple à lire et pas désagréable. Et si vous résidez en Picardie, vous lirez local. Pour info ce roman est disponible à la médiathèque de Roisel.

« Un truand peut en cacher un autre » de Samuel SUTRA

Editions Flamant Noir 240 pages 10/072020

Je découvre en même temps ce personnage de « Tonton » et la plume de Samuel SUTRA avec ce septième opus de la série. Néanmoins comme ce dernier raconte les origines de ce personnage loufoque, nous ne sommes pas perdus.

Ce que je retiendrai surtout de cette lecture, c’est plus la forme que le fond. En effet, même si cette histoire de casse du siècle pourtant avec sa touche d’originalité, est plutôt bien construite, tout l’intérêt se trouve dans le style de SUTRA. Ce romancier est un digne héritier des Dard, Audiard et Lautner. Il joue avec les mots, les dialogues et certaines situations sont désopilants.

Nous nous retrouvons plongés en mai 1981, juste avant l’élection présidentielle. Tonton un truand à fort potentiel tente de monter le casse parfait avec une équipe qui sera principalement composée de bras cassés. C’est un « Ocean Eleven » burlesque.

Même si « Un truand peut en cacher un autre » n’est pas un chef d’œuvre littéraire et je ne pense pas que ce soit sa vocation, il m’a vraiment donné envie de lire d’autres récits de Samuel SUTRA. Et pour un peu de légèreté, la série des « Tonton » me paraît tout à fait adéquate.

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