« Regarder le noir » Collectif sous la direction d’Yvan Fauth

Belfond 288 pages 11/06/2020

Barbara Abel, Amélie Antoine, R.J. Ellory, Julie Ewa, Claire Favan, Karine Giebel, Johana Gustawsson, René Manzor, Fred Mars, Olivier Norek, Fabrice Papillon, Gaëlle Perrin-Guillet. Douze auteurs de la noire réunis par Yvan Fauth pour un nouvel exercice après le très réussi recueil de nouvelles « Regarder le noir » cette fois sur ce sens qui nous permet de nous émerveiller des beautés qui nous entourent, la vue.

Admirer, épier, contempler, lorgner, mater, observer, reluquer, … voilà ce que l’on peut faire avec nos yeux, quand malheureusement d’autres en sont privés totalement ou partiellement. Ces douze auteurs précédemment cités eux en tout cas n’ont pas manqué d’inspiration pour nous imaginer des histoires aussi dingues les unes que les autres, parfois même en se lâchant complétement afin de nous régaler avec ce genre littéraire trop peu développé chez nous, alors qu’elles sont les dignes héritières des contes qui ont bercé notre enfance et, pour beaucoup d’entre nous, j’en suis persuadé, donné le goût de la lecture.

Il n’y avait je pense qu’Yvan, pour réussir à convaincre et donner envie à ces talentueux auteurs de sortir de leur zone de confort et se risquer à imaginer ces courts récits dans lesquels il faut très rapidement happer le lecteur. Oui la nouvelle n’est pas un sous genre littéraire, c’est un exercice difficile sur lequel beaucoup se cassent les dents. Ici pour chacun d’entre eux, c’est plutôt une réussite.

Alors, si vous avez envie de partir à la rencontre d’un ado pas comme les autres, d’aller visiter un club obscur aux mœurs étranges, d’embarquer sur un navire dans un monde dévaster, de partir en filature, de découvrir une jeune médium, de jouer avec vos émotions, foncez chez votre libraire acquérir cet ouvrage qui m’a permis en plus de découvrir la touchante écriture de Julie Ewa.

Petit clin d’œil à Fred, as-tu, comme pour ta trilogie groenlandaise été étudier sur le terrain 😉 ?

Bravo et tous ces contributeurs et big up à Yvan.

« Les chroniques de l’univers T1 : La thrombose du cygne » de Richard MARAZANO et Ingo RÖMLING

DARGAUD 56 pages 10/07/2020

Une BD de science-fiction « young adult » à paraître prochainement chez Dargaud. Un premier tome qui pose le décor et nous présente les personnages, de jeunes étudiants d’une académie dans un vaisseau spatial à la dérive. Des décors sombres dans lesquels la couleur verte est très présente comme la première de couverture nous laisse entrevoir.

Soyons clairs tout de suite, si la SF vous rebute, n’achetez pas cette BD. En revanche si vous êtes plutôt fans du genre, vous vous ferez plaisir même si elle est assez loin de rivaliser avec les meilleures de cette catégorie, mais, ce n’est que le premier tome. Et malgré quelques faiblesses, une fois terminée, elle nous laisse un sentiment de frustration, qui donne très envie de lire le tome 2.

« Les chroniques de l’univers » une nouvelle saga space opéra qui pourrait bien nous surprendre.   

« Les refuges » de Jérôme LOUBRY

Editions Calman Lévy 395 pages 04/09/2019

Une belle grosse claque, voilà ce que l’on se prend à la lecture de ce thriller de Jérôme Loubry. Je dirais même une succession de bonnes claques du milieu du récit jusqu’aux dernières pages.

La difficulté d’en faire un retour est de ne pas dévoiler des éléments qui gâcheraient de ce fait votre plaisir de lecture. Car, ce roman, vous devez le lire. L’auteur maîtrise avec brio son intrigue et vous surprend sans cesse. Le plan de l’histoire est digne d’un roman de Franck Thilliez.

Nous ferons connaissance avec Sandrine, une journaliste qui suite au décès de sa grand-mère est contactée par un notaire de province afin de prendre connaissance de son héritage. Elle doit donc se rendre sur l’île privée où résidait sa mamie et sur laquelle elle rencontrera d’étranges personnages.

Attention, si vous voulez garder la magie de vous laisser surprendre ne lisez pas les lignes suivantes.

Ce roman est donc un thriller psychologique, publié chez Calman Lévy noir. Pourtant à la lecture des premiers chapitres, j’ai eu l’impression de m’embarquer dans un livre fantastique qui aurait pu être signé par King. Ce sentiment, je l’ai eu jusqu’à environ la moitié du récit. Il y sera question du Roi des Aulnes, créature maléfique du folklore allemand popularisé par Goethe à travers un célèbre poème.

Puis tout à coup, nous sommes complétement perdus, suite à la découverte de Sandrine errant sur une plage couverte de sang et complètement ailleurs. C’est là qu’apparaîtront les personnages qui nous accompagneront jusqu’à la fin, pour découvrir ce qui est arrivé à Sandrine, un inspecteur et une psychiatre. Car oui, refuge est un terme utilisé en psychiatrie. Cette rupture brutale dans le récit, est le seul moment que j’ai moins apprécié car il laisse pour quelques chapitres, une sensation de flottement, on ne sait plus trop où l’on va et, presque on pourrait décrocher. Mais un conseil, continuez la lecture….

« La menace Andromède » de Daniel H. WILSON

Editions L’Archipel 368 pages 18/06/2020

Grand fan de Michael CRICHTON, je ne suivais plus tellement son actualité pour cause de décès survenu trop tôt de cet immense auteur maître du techno-thriller. J’ai donc cru halluciner le jour où je suis tombé sur ses nom et prénom sur la couverture d’un roman qui m’était inconnu. J’ai tout de suite pensé à une publication à titre posthume comme ce fut le cas pour Pirates. Mais non, en beaucoup plus petit sur cette même couverture le nom de Daniel H. Wilson n’est pas celui d’un traducteur mais bien celui d’un auteur rendant hommage à Crichton en créant une « suite » à la variété Andromède. Et c’est un peu le seul reproche que je fais à ce livre, j’aurais préféré le nom de l’auteur et en plus petit « d’après l’œuvre de Michael Crichton ». Bon ok peut-être moins vendeur.

Pour le reste, Wilson n’a pas à rougir de son travail et je suis persuadé que Crichton aurait validé sans problème ce récit qui certes bien plus moderne sur la forme que sur le fond, reprend tous les ingrédients qui ont fait le succès de l’auteur originel.

C’est donc un vrai et réussi techno-thriller qui par le côté techno ne comblera que les fans du genre (oui si vous n’avez pas d’affinités avec ce genre de roman, vous arrêterez au bout de quelques pages). Que vous ayez lu ou pas « La variété Andromède », vous entrerez sans difficultés dans cette recherche d’une forme énigmatique en plein milieu de la forêt brésilienne. Et pour notre grand plaisir, le côté thriller nous permet d’enchaîner les chapitres en occultant le langage un peu technique qui nous rend parfois la lecture un peu difficile. Oui c’est un roman à lire à tête reposée sauf si vous bénéficiez des capacités intellectuelles d’un Albert Einstein.  

« L’homme qui tua Chris Kyle » de Fabien NURY et BRÜNO

DARGAUD 164 pages 29/05/2020

Ne connaissant pas trop la culture et l’histoire des Etats-Unis, je ne connaissais nullement Chris Kyle avant le film « American Sniper » de Clint Eastwood dans lequel Bradley Cooper incarne ce héros des temps modernes. Dans ce film, la vie de Kyle avant l’armée et celle d’après sont survolées, les scénaristes ayant basé le sujet du film sur la période qui a fait de lui une légende.

Quand j’ai appris qu’une bande dessinée allait voir le jour, j’ai de suite pensé à une adaptation du film ce qui me décevait légèrement. Quand j’en ai plus su, et surtout quand le titre fut dévoilé, je me suis dit cool, je vais en connaitre un peu plus. Et c’est le cas.

En effet dans les nombreuses pages composants cette œuvre graphique, nous en apprenons beaucoup plus sur Kyle et assez peu finalement sur son assassin. Ce qui ne me déplait pas sachant que pour moi, les noms des meurtriers ne méritent pas de passer à la postérité.

Au fur et à mesure de ces pages donc, nous découvrons un américain, comme il doit y en avoir beaucoup et qui pourrait presque être un cliché de ce que l’on pense de ces citoyens supporter des Bush et Trump, républicains convaincus, défendant l’amendement les autorisant à porter des armes, roulant dans des véhicules hyper polluants… mais quelqu’un qui s’implique pour les anciens soldats, ses anciens frères d’armes.  

Le scénario que l’on imagine forcément un peu romancé est vraiment bon. Et j’ai adoré les graphismes et couleurs. L’épaisseur de cet ouvrage peut faire peur aux lecteurs de BD d’une cinquantaine de pages mais je peux vous assurer qu’une fois ouvert, il se dévore d’une traite.

Un grand bravo pour le travail réalisé qui m’a permis de m’intéresser à la vie et surtout la fin tragique d’un personnage avec lequel je partage peu de choses.

« Charlotte Impératrice » de Fabien Nury, Mathieu Bonhomme et Delphine Chédru

Dargaud 76 pages 12/06/2020

Amateur de bande-dessinées, j’en lis régulièrement entre deux romans noirs ou parfois en parallèle me créant ainsi des pauses imagées. Grâce à Netgalley, je peux suivre une partie de l’actualité et découvrir des nouveautés plus ou moins réussies.

Cet ouvrage est le tome 2 de la série Charlotte Impératrice BD « historique » avec une grande part fictive car basée sur des personnages historiques réels (en tout cas en partie), mais dont l’histoire et d’autres protagonistes sont issus de l’imagination du scénariste.

Ce deuxième tome (précisons que je n’ai pas lu le premier) se déroule donc au Mexique ou l’on vient de promulguer Maximilien d’Autiche Empereur. Son épouse Charlotte est donc l’Impératrice.

Ce tome d’un peu plus de 70 pages nous met tout de suite dans le bain : l’arrivée sur les terres mexicaines (peut-être le tome 1 étaiT plus long à démarrer). Nous faisons rapidement connaissance avec les personnages et l’environnement. Le personnage de Charlotte comme nous nous en doutons et le personnage central de cette histoire (l’Empereur peu présent est représenté par elle). On voit en elle une femme forte, ayant un désir de justice et voulant offrir de nombreux droits à une population colonisée. Les créateurs de cette BD ont certainement voulu rendre hommage à cette jeune femme ayant eu une vie bien particulière. Attention comme je le disais plus haut tous les faits ne sont pas réels (une note le précise en début d’ouvrage).

L’histoire donc tient la route et nous fait découvrir cette colonisation du Mexique qui m’était inconnue alors que France y a participé. C’est donc avec grand plaisir que j’ai creusé un peu le sujet pour ma culture personnelle.

Les graphismes en revanche m’ont un peu moins plu, je suis plus habitué à des graphismes soit classiques (comme chez Hergé) soit plus modernes (comme Pétrimaux), là j’ai plus vu des graphismes des années 80-90. Certains visages comme le cardinal m’ont déçu, surtout sur les gros plans. Charlotte est mieux réussie. Les couleurs également m’ont dérangé dans certaines cases, mais l’ayant lu sur Ipad, il se peut que le rendu papier soit meilleur.

C’est donc un bilan mitigé, néanmoins pour découvrir le Mexique, la lecture en vaut la peine.

« Rester groupés » de Sophie HENAFF

Souvent quand nous entamons un nouvel opus d’une série, nous nous attendons à retrouver l’ADN du précédent. Dans le cas de « Rester groupés » la suite de « Poulets grillés », cet ADN a muté.

J’avais bien aimé le premier tome et, pour retrouver un peu de légèreté, j’ai sorti celui-ci de ma PAL et ce récit m’a vraiment surpris. En effet, même si nous retrouvons la fameuse brigade des Innocents et ces membres déjantés, cette nouvelle histoire se révèle beaucoup plus grave, intime, noire pour la commissaire Capestan et c’est tout le roman qui sera teinté de cette noirceur.

Une série de meurtres dont l’origine remonte à une vingtaine d’année en arrière. Des aller-retours entre Lyon et la capitale. Des non-informations partagées entre nos héros et les services du fameux 36. Des rebondissements à répétition. Beaucoup d’ingrédients viennent composer cette nouvelle aventure qui transforment ce que je qualifiais de série d’humour policier en vrai polar même si des moments drôles subsistent pour notre plus grand plaisir.

En plus de l’enquête en toile de fond, de nouveaux personnages, une scène hallucinante avec des hooligans anglais et un fameux concours auquel participe Torrez créent de la profondeur et rendent encore plus vivante cette équipe.

« La bibliothèque » de Jack KOCH

LE VERGER EDITEUR SEPTEMBRE 2020

J’adore les illustrations et l’univers de Jack Koch. Quand ce dernier a lancé une campagne ulule pour financer son nouveau projet, il était évident que j’y participe. C’est donc aujourd’hui que j’ai eu la chance de recevoir ce recueil d’illustrations.

De la poésie, voilà comment je qualifierais cet ouvrage qui pourtant ne comporte aucunes paroles. De la magie d’un monde enchanté, enfantin, qui nous fais voyager à travers des couleurs et des environnements différents. Nous suivons un jeune garçon et une jeune fille que nous devinons curieux et amoureux des livres.

Si vous ne connaissez pas encore Jack Koch, naviguez sur sa page Facebook, vous aurez un joli aperçu de son univers et je suis sûr que vous craquerez pour ces jolis dessins.

« Sortie de secours » d’Yves Paccalet

Après le très bon essai « L’humanité disparaîtra, bon débarras ! », Yves Paccalet deux ans après signe « sortie de secours », dans lequel il donne des pistes pour changer le rapport de l’humain avec ce qui l’entoure. Même s’il pourrait être qualifié d’utopiste, il ne s’agit que de bon sens.

Dans ce nouvel essai, nous y retrouvons les ingrédients du précédent, un constat malheureux de l’état de notre environnement, des relations entre les Hommes, de leur rapport à l’argent. Ce tableau noir décrit est allégé par les traits d’humour de cet auteur qui est à la fois journaliste, philosophe, un amoureux du vivant. En plus de ce constat, il propose des choses qui sont simples mais indispensables pour que notre espèce puisse avoir un avenir.

Sans être d’accord avec toutes ces propositions, beaucoup d’entre elles devraient déjà exister. Nous sommes trop nombreux sur Terre, nous consommons trop et détruisons pour cela notre monde. Pour survivre, il nous faut vraiment changer notre mode de vie, consommer raisonnablement, partager les richesses, respecter la Nature et l’Homme.

Lisez, faites lire au maximum de monde ce genre de texte pour qu’enfin les consciences s’éveillent.

Et pour un geste pour la planète :

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