Harry Cover – T2 – Les mangeurs d’Anglais par Pierre Veys et Cristobal Esdras

DELCOURT 48 pages 31/10/2007

Je vais commencer par un aveu, je n’ai jamais lu les Harry Potter de J.K. Rowling, le premier opus est sorti alors que je lisais des choses complètement différentes et ensuite j’ai juste vu les films (il n’y a pas si longtemps). C’est donc sans être un grand fan de la saga que j’ai lu cette parodie.

Cette parodie qui ne m’a pas entièrement convaincu, m’a fait passer une petite demi-heure légère avec parfois un semblant de sourire. Mais en ces périodes pesantes c’est déjà cela de pris.

Pour les fans de la saga, vous reconnaîtrez les personnages qui se cachent derrière les alias de Harry Cover, Pron, Hormone, Dumbledemeur, Monsieur Buzard, Professeur Roguenroll, Hagrip, Boldemorve, qui évoluent autour de l’école de magie et d’espionnage de Poudrozieu, auxquels s’ajoutent, Hitler, Göring et Goebbels. Harry Cover, n’est pas juste une parodie de l’histoire de Harry Potter, elle reprend les personnages dans une intrigue très différente de la saga. Ici ils voyageront dans le passé pour lutter contre Boldemorve qui veut s’emparer du trésor nazi.

Cet album au scénario original et aux illustrations plutôt réussies s’adresse de préférence aux ados car parfois le langage utilisé est un peu vulgaire. Ce n’est clairement pas un ouvrage qui fera partie de ma collection. Néanmoins, si à l’occasion il vous tombe dans les mains, il vous fera passer quelques dizaines de minutes amusantes.

Le magasin des suicides d’après le roman de Jean Teulé par Olivier Ka et Domitille Collardey

DELCOURT 64 pages 05/09/2012

La maison Tuvache, vous connaissez ? Peut-être si vous avez déjà lu l’excellent roman de Jean Teulé. Pour ceux qui ne connaissent pas encore, les Tuvache sont une famille de commerçant, qui génération après génération commercialisent tout ce qu’il faut pour réussir son suicide. Voilà l’ambiance.

Sauf que nait le petit Alan, par accident ses parents ayant testé un préservatif poreux, un enfant souriant, oui oui, un représentant du bonheur dans ce sinistre magasin. Alan, tout en grandissant, amènera, joie et amour au sein de ce noir tableau.

J’ai pas mal apprécié cette adaptation graphique du roman de Jean Teulé, car elle réussit principalement à retranscrire l’ambiance de l’œuvre originale. Nous retrouvons la joie de vivre d’Alan dont le personnage est coloré de teintes vives, en contraste total avec les traits sombres du reste des dessins.

Vous aimez l’humour noir, le second degré ? Vous allez aimer « Le magasin des suicides ».

Une adaptation cinématographique de Patrice Leconte est parue en 2012.  

Cap Canaille – Prix du Quai des Orfèvres 2021

Éditions Fayard 408 pages 04/11/2020

Lire un polar ayant reçu le prix du Quai des Orfèvres est un peu comme assister à une enquête en regardant par un œilleton ou de manière plus moderne, par l’objectif d’une caméra go-pro fixée sur la poitrine. Le roman de Christophe Gavat, lauréat de cette année, ne fera pas défaut à la règle.

Henri Saint-Donat est commandant de police, un ancien du « 36 », qui a profité du déménagement des services de la PJ parisienne vers ses nouveaux locaux pour changer d’air. Direction la cité phocéenne.

Arrivé depuis peu, il est confronté à une spécialité locale. Non, pas l’apéritif anisé, synonyme de soleil et chant des cigales, un « barbecue ». Mais pas celui que l’on partage entre amis où, sous cloche, grillent merguez et chipos. Plutôt celui des règlements de compte quand un individu et enfermé dans le coffre d’un véhicule auquel on met le feu.

Le commandant aura la surprise de connaître la victime, une personne que jamais il n’aurait imaginé se retrouver dans cette situation. Le voilà engagé dans une enquête où le passé se rappellera au présent et Paris ne sera jamais aussi proche de Marseille.

Christophe Gavat, nous offre ici un polar brut, comme on les aime. Une enquête, voir même plusieurs enquêtes mais n’en dévoilons pas trop que l’on suivra un peu comme un docu-fiction éducatif, puisque, de nombreuses notes nous traduisent le langage de ces femmes et hommes en bleus un jour adulés par la société avant d’être dès le lendemain détestés. La littérature policière, joue un rôle important pour rappeler que ces femmes et ces hommes ne sont pas qu’un uniforme mais avant tout des êtres humains sacrifiant bien souvent leur vie personnelle à leur métier.

Ces flics, l’auteur nous les fait aimer. On s’attache à leurs histoires, leurs passés compliqués, responsables des fêlures qui les hantent. Pour certain, un secret, un drame familial, pour d’autre, une hérédité pas toujours évidente à porter pour se faire sa place. Mais cette empathie, nous pouvons aussi la ressentir pour ceux qui sont de l’autre côté de la loi, on peut être criminel mais avoir un sens du respect, de la vie et une vie personnelle comme les autres.

J’ai vraiment aimé ce roman même si ce n’est pas un coup de cœur total. En effet, certains éléments sont un peu cousus de fils blancs. Sans vouloir dévoiler l’histoire, nous voyons vite arriver la romance entre deux personnages et la manière dont les enquêteurs sont amenés à résoudre certains mystères sont un peu gros à mon goût. En revanche, le décor marseillais permet vraiment de voyager et rêver de soleil. De plus, l’activité bénévole d’Henri, m’a beaucoup touchée et apporte une sensibilité à ce roman qui touchera nombre de lecteurs.

Pour découvrir les sublimes paysages de Cap Canaille :

Pour se mettre un peu dans la peau de Lucie Clert :

Pour ceux qui comme moi, par un déplorable niveau d’anglais, avez du mal à comprendre intégralement le texte, voici une très réussie adaptation française :

S’enfuir – Récit d’un otage par Guy Delisle

DARGAUD 432 pages 16/09/2016

15 années, un peu plus de 400 pages, c’est ce qu’il aura fallu à Guy Delisle pour nous raconter les 111 jours durant lesquels Christophe André a été retenu, otage, la plupart du temps attaché à un radiateur, au Caucase en 1997, où il réalisait sa première mission humanitaire pour Médecins Sans Frontières.

Le résultat est un album où les nuances de bleus et de gris nous montrent comment les quelques mois de la vie de Christophe furent ternes, silencieux, longs… Il ne se passe pas grand-chose dans sa vie, rythmée par les repas que l’on lui apporte, souvent composés de bouillon. On, ses ravisseurs, dont il ne comprend pas la langue et qu’il surnommera Thénardier, le grand, le jeune.

Pas plus surpris d’avoir été kidnappé dans ses régions dangereuses, qui nécessitent justement assistance d’ONG, il pense qu’il sera libéré en quelques jours et s’inquiète plus de risquer de faire perdre une grosse somme d’argent nécessaire à aider les gens pour payer sa rançon.

S’enfuir, c’est l’histoire d’un homme qui se retrouve confronté à la solitude, qui a peur non pas de mourir mais plutôt de causer ennuis et peines à son entourage. L’histoire d’un homme qui garde espoir en l’avenir et qui ne souhaite pas jouer au héros inutilement. L’histoire d’un homme qui garde la tête froide face au danger.

Guy Delisle, se fait la voix de Christophe André, pour nous mettre devant les yeux, ces longues journées, où coupé du monde, rien ne se passer pour Christophe. Et il réussit le tour de force de ne pas en faire un album ennuyeux.

Enfin, en ces temps où nous sommes nous tous, privés de liberté par une crise sanitaire mondiale, la lecture de S’enfuir, permet de relativiser les choses. Nous sommes cloitrés dans des logements en général plutôt confortables, en tout cas plus que d’être menotté sur une paillasse et ce, afin d’éviter de se retrouver ou d’envoyer nos proches sur un lit d’hôpital, entravés par un tas de tuyaux nous reliant à des machines sans lesquelles nous serions morts.

C’est dans la boîte par Frédéric Ernotte

Avant Propos 256 pages 14/06/2012 et cette très belle édition collector Séma Éditions de septembre 2020

Petit OVNI dans le monde du polar actuel, ce roman est sacrément bien fichu. C’est le premier roman que je lis de Frédéric Ernotte et ce ne sera pas le dernier. C’est dans la boîte est un roman qui pourrait être un recueil de nouvelles, un astucieux concept.

Mais cette boîte, c’est quoi ? Tout d’abord un site internet, un forum où des enquêteurs professionnels échangent entre eux. Imaginez, des conversations entre Merhlicht, Servaz, Bolitar, Sharko, Magne, Marcas et d’autres. Kiffant, pour nous fans de polars. Et cette boîte, sombre internet, où les âmes torturées sont légions, organise un jeu, une ronde des boîtes. Quelques heureux élus, des inspecteurs et inspectrices, se retrouveront dans un chalet isolé où chacun aura amené une boîte avec des objets insolites rappelant une affaire conclue ou non.

Frédéric est le véritable meneur de jeu, de cette partie où chacun aura un rôle à jouer. Il nous tient en haleine dans un huis-clos où à chaque boîte ouverte, nous découvrons une nouvelle preuve des atrocités dont sont capables certains esprits malades composant l’humanité.

C’est dans la boîte, une lecture très agréable d’un talentueux auteur, qui nous conte des horreurs avec ce petit plus du plat pays.  

Carbone et Silicium par Mathieu Bablet

ANKAMA 272 pages 28/08/2020

Le Silicium, Si, dans le tableau périodique des éléments chimiques est, après l’oxygène, l’élément le plus abondant dans la croûte terrestre.

Le Carbone, C, est le quatrième élément le plus abondant dans l’univers. Il est à la base d’une multitude de composés organiques.

Dans le magnifique ouvrage tant sur la forme que le fond, de Mathieu Bablet, ils sont deux entités créées dans la Silicone Valley par la société Tomorrow Foundation sous la direction du Professeur Noriko, deux intelligences artificielles, deux émotions artificielles… Leur rôle sera de créer du lien social, d’apporter assistance et présence auprès d’une population de plus en plus vieillissante, abandonnée par les plus jeunes.

Prévues, selon les lois du capitalisme, à une durée de vie courte, régit par une obsolescence programmée, ils doivent s’éteindre au bout de quinze ans. Seulement ces entités douées d’une remarquable intelligence et capable de traiter des quantité d’informations en quelques nanosecondes, ne le verront pas de cet œil.

Je n’ai pas assez de superlatifs pour vous décrire la qualité du travail de Mathieu Bablet. Cet album est postfacé par Alain Damasio, c’est pour moi la meilleure preuve de sa magnificence. Si un jour, je rédige une chronique ne serait-ce que dix fois moins bonne que cette analyse de l’œuvre par ce génie qu’est Damasio, je serais le plus heureux des blogueurs.

Carbone & Silicium est à la fois, une œuvre futuriste et actuelle, philosophique et initiatique, engagée, sombre et lumineuse. Elle nous marque et mérite sa place au Panthéon des œuvres SF à côté des romans de Barjavel, Azimov, Damasio… C’est le cycle des robots d’aujourd’hui. Mathieu, nous peint un tableau avec des illustrations qui nous paraissent parfois inachevées, qui créent un flou mais qui correspondent à ce futur qui n’est qu’une proposition du futur qui nous attend. Un monde ravagé par la surpopulation, qui se vengera de la manière dont nous traitons la planète et où les technologies que nous développons prendront une place de plus en plus importante, reléguant l’espèce humaine à un second plan. Ça, c’est pour le côté sombre.

Pour le côté lumineux de cette œuvre, qui vient éclairer les ténèbres, vers lesquelles nous fonçons tête baissée, il y a ces histoires d’amours, un amour filial entre Noriko et ses créations, surtout carbone, un amour platonique entre les deux entités qui traversera le temps.

Quelles places souhaitons-nous laisser à l’artificiel ? Quels futurs souhaitons-nous pour nos enfants ? Voilà le genre de questions qui vous trotteront dans la tête après la lecture de ce chef d’œuvre.

Requiem pour un diamant par Cécile Cabanac

Fleuve éditions 468 pages 17/09/2020

Un polar au féminin, écrit par une femme talentueuse qui nous propose des personnages exceptionnels comme on les aime et que ce soit du côté de la police, des victimes ou des truands, la parité est largement respectée.

Cécile Cabanac signe avec Requiem pour un diamant, un polar de toute beauté en utilisant tous les codes du genre qui permettent de transformer une intrigue relativement classique au départ en un enchevêtrement d’évènements et rebondissements qui nous tiendra en haleine.

De plus grâce à l’auteure, nous faisons connaissance avec ce monde des diamantaires dont elle nous révèle la face cachée.

Je remercie Fleuve éditions et Netgalley pour cette lecture.   

Jason Brice -T1, 2 et 3 – par Milan Jovanovic et Alcante

Éditions Dupuis Tome 1 56 pages 20/08/2008
Éditions Dupuis Tome 2 56 pages 29/10/2009
Éditions Dupuis Tome 3 56 pages 26/08/2010

Bienvenue dans le Londres des années 1920, Jason Brice est un détective privé au mystérieux passé que nous découvrirons au fur et à mesure du récit thriller/fantastique dans cette série de trois albums illustrés. Un scénario signé Alcante et des dessins de Milan Jovanovic.

Une série de romans prédisent de tragiques événements à venir. Brice mènera l’enquête sur l’auteur disparu, quête à travers laquelle, les morts abondent, les secrets passés remontent à la surface, le tout dans une ambiance où le rationnel n’apporte pas toutes les réponses.

Cet ensemble de trois album composant l’histoire : Ce qui est écrit, Ce qui se cache et Ce qui est révélé, se dévore avec beaucoup de plaisir même si ce n’est pas le chef d’œuvre du siècle. Le voyage dans le temps fut un bon moment de lecture.

Les Espionnes du Salève – T2 – Bletchley Park par Mark Zellweger

Éditions Eaux Troubles 306 pages 26/10/2018

Je ne suis pas vraiment fan d’espionnage mais j’aime beaucoup l’histoire. Le souvenir d’une très bonne lecture du roman de Ken Follett « Le réseau Corneille » m’a fait m’intéresser à la série de Mark Zellweger Les espionnes du Salève.

Après un premier tome, L’envers du miroir qui, foisonnant d’informations, de personnages nous en mettait nécessairement plein la tête et rendait de fait, la lecture un peu fastueuse, Mark nous offre avec ce second tome, Bletchley Park, un roman qui se dévore comme un thriller.

J’ai en plus d’avoir vraiment apprécié cette lecture, retrouvé ce qui m’avait beaucoup plus au premier opus, ce travail documentaire soigné, et ces femmes dont les actions sont malheureusement trop peu connues.

Merci Mark, de nous rendre accessible l’Histoire en nous permettant en plus de passer un agréable moment. Merci d’être le porte-parole de ces femmes.

Merci à Netgalley et aux éditions eaux troubles pour ce roman.

La confidente par Renée Knight

Fleuve éditions 400 pages 27/08/2020

Renée Knight revient avec un thriller psychologique écrit à la première personne, avec lequel, elle confirme son talent. Dans ce type de thriller, les personnages sont les ingrédients les plus importants et l’auteure nous a gâtés à la fois avec les deux principaux mais aussi avec certains secondaires.

Christine est la secrétaire de Mina, PDG d’une chaîne de magasin, qui succède à son père. C’est une femme dévouée, voulant réussir et faire réussir sa patronne qui l’obsède. Seulement Mina exercera sur Christine une influence dévastatrice.

Le seul défaut que je trouve à ce roman est son rythme plutôt lent et surtout au départ. La mise en place de l’intrigue, nécessaire prend beaucoup de temps et je l’avoue, j’ai failli décrocher. Seule, ma volonté de faire des retours sur l’ensemble de mes lectures m’a poussé à continuer et au final, je ne suis pas déçu de cette lecture.

Merci à Netgalley et Fleuve éditions.

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