« Heureux qui comme Alyce – T1 A fait un beau voyage » de Jérémy BOUQUIN

Evidence Editions 19/06/2020 586 pages

Ce titre du premier roman SF de Jérémy Bouquin vous fera forcément penser au poème de Joachim Du Bellay. Et même si cinq siècles séparent ces deux récits, nous y retrouvons les thèmes de l’Exil et la comparaison du petit village angevin et Rome devient pour Alyce, son village normand proche de Havre et Lutèce (Le nouveau Paris) où fait rage la guerre des Trois.

Jérémy Bouquin nous propulse dans un futur proche à la Mad Max, dans un monde dévasté où la pénurie est présente partout. Etat du monde qui n’est que le fruit des atrocités que l’Homme fait vivre à la planète qui l’héberge.

Alyce est ses Loups se sont posés dans un petit village Havrais où ils tentent de survivre, en protégeant un peu contre leur grès les villageois. Jusqu’à ce que son père, dernier saigneur de guerre l’appel à ses côtés pour ses qualités de stratège militaire. Ce petit résumé est le point de chronologie central de ce récit autour duquel Jérémy Bouquin nous baladera avec une grande maîtrise dans le temps entre la vie avant le départ d’Alyce, la bataille de Lutèce et le « retour » d’Alyce.

Au-delà de l’univers à la fois fou mais crédible créé par Jérémy, ceux sont les personnages qui m’ont vraiment accroché à cette histoire, avec en tête cette battante Alyce qui ne renonce jamais. Pour les lecteurs d’« Une femme de ménage » et d’ « Une secrétaire » vous y retrouverez la force des Sandra et Emilie. 

Ce premier volet des aventures d’Alyce terminé, vous n’aurez qu’une envie : vous plongez dans la suite et découvrir si comme on le souhaite, Alyce triomphe et donne suffisamment d’espoir, pour que dans ce monde la vie vaut la peine d’être vécue..   

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« L’HUMANITE DISPARAITRA, bon débarras! » d’Yves PACCALET

Arthaud 2006 196 pages

Je trouve que ce livre, un essai a toute sa place au milieu de la littérature noire, tant il fait ressortir ce que l’humain a de plus noir en lui, son égoïsme, cette envie de pouvoir et de possession, en totale contradiction avec ses capacités d’imagination, de création dans des domaines aussi variés que la musique, la littérature, les arts graphiques, etc… Oui l’Homme est capable du meilleure et du pire et, souvent au détriment de ce qui l’entoure.

La lecture de ces quelques deux cents pages, à l’image du titre n’est pas tendre avec nous même, mais sommes-nous raisonnables et respectueux ??? Ne nous a-t-on pas déjà assez prévenu ???

Avant de lire ce livre, j’étais déjà pas mal convaincu que l’humanité telle qu’elle est aujourd’hui est vouée à disparaître et à relativement courte échéance. A mon grand regret, je pense de plus en plus qu’elle le mérite et je constate au quotidien beaucoup plus d’actes confirmant ce renforçant que d’actes me redonnant espoir.

Ce texte écrit avec des traits d’humour de ce grand monsieur qu’est Yves Paccalet, philosophe, journaliste, naturaliste, rendu célèbre pour avoir collaboré avec le Commandant Cousteau près d’une vingtaine d’années est à la fois provocateur et désespéré. Il n’est pas tendre, ressemble à un cri du cœur de celui qui malgré ses engagements est déçu que si peu de choses ont changées. Ecrit en 2006, il reste très actuel même si certaines « prédictions » ne se seront pas révélées exactes. C’est souvent le cas avec les hypothèses datées et chiffrées. Néanmoins cela n’enlève en rien le sérieux des propos de l’auteur.

L’humanité va mal, la destruction de la planète nous hébergeant en est le signe le plus révélateur. Notre consommation excessive poussée par la volonté de croître sans cesse, gangrène notre monde. Combien de Paccalet, Barrau, Rabhi, Dion… faudra-t-il pour que nous en prenions conscience ?

https://www.jedonneenligne.org/colibris/DONS/

« Blue – Au pays des songes – T1 La forêt envahissante » de Davide TOSELLO

Vents d’Ouest Glénat BD 05/02/2020 72 pages

Un peu de magie, quelques instants d’une parenthèse enchantée, voilà ce que l’on ressent en découvrant l’univers de Davide Tosello. Cette BD est d’abord un bel objet visuel. La couverture qui attire l’œil et donne envie de prendre ce livre dans ces mains. Puis les dessins si bien réalisés aux douces couleurs.

Ensuite cette BD se lit, le scénario n’est pas d’une très grande originalité mais se révèle bien mystérieux. Blue jeune fille dont le père est disparu, vit dans la peur. Un beau jour alors que sa mère est absente, des dizaines d’avions en papier viennent lui apporter une boîte en carton enfermant un curieux animal avec lequel elle devra s’enfuir face à cette menaçante forêt dévorant tout sur son passage. Pour y échapper, Blue devra faire preuve de courage et se surpasser, dépasser ses peurs.

A la fin de ce premier tome d’un conte poétique et musical, une playlist accompagne cette BD dont les morceaux la composant en plus d’être listés à la fin, sont disséminés dans les bulles, sans savoir où nous allons, nous n’avons qu’une envie, suivre Blue …

« De cauchemar et de feu » de Nicolas Lebel

Reprendre une dose de Mehrlicht en cette longue période précédent des congés bien mérités, cela fait un bien fou au moral.

Dans cette quatrième enquête, nous retrouverons donc des personnages auxquels nous sommes dorénavant attachés, le capitaine batracien, ses lieutenants Latour et Dossantos, le commissaire Matiblout, le légiste Carrel… Et dans une aventure de Mehrlicht n’en serait pas une sans un officier de police stagiaire. Ici en plus nous aurons le droit à un enquêteur anglais.

Dans ce roman, une fois n’est pas coutume, le personnage principal ne sera pas notre ami Mehrlicht mais le conflit qui opposa les anglais et les irlandais, les protestants et les catholiques, les républicains et les loyalistes dans les années 60 – 70.

Quand on lit un Lebel, on s’attend à avoir des moments de rire, des moments de tensions et un ou des sujets de fond sérieux, travaillés et auxquels Nicolas est attaché. Ce cocktail fonctionne ici à merveille et, plus qu’explosif est incendiaire…

Ce déroulant au court de l’année 2015, nous ressentons et revivons l’état dans lequel la France s’est retrouvée suite à la vague d’attentat dont elle a été la cible. Ajoutée à l’histoire très présente des nord-irlandais, elle fait de cet opus le plus noir de la série. Heureusement que la toujours jolie écriture de Nicolas et ses bons mots nous apportent un peu de légèreté…

Ce roman a été pour moi qui suis fan de Mehrlicht et de Nicolas Lebel un pur moment de bonheur littéraire et instructif.  

« Les yeux de Méduse » de Hélène Kérillis et Grégoire Vallancien

Hatier Jeunesse 10/06/2020 48 pages

Amusant exercice que de chroniquer un livre pour enfant. Et c’est une masse critique de Babélio qui m’aura permis ce petit instant d’évasion et de légèreté.

Malgré cela, la mythologie n’est pas si éloignée de cela de l’univers imaginaire de nombreux romans Fantasy que je peux lire.

Sur la forme, ce livre d’une cinquantaine de pages, destiné aux enfants de 6-7 ans bénéficie d’une très belle qualité d’impression et le rendu des couleurs mettent en valeur les très belles illustrations. De plus, vous aurez en supplément de l’histoire, un mini-dico instructif, un quiz permettant de valider la compréhension de l’histoire, une double page d’infos complémentaires et un joli marque-pages que vous pourrez découper.

Concernant l’histoire de Persée ayant promis la tête de Méduse au Roi de Sériphos, elle est très bien adaptée au jeune lectorat à la fois sur la forme mais également sur le fond puisque par exemple le viol de Danaé est remplacé par un mariage forcé.

Cette série de chez Hatier jeunesse est une belle réussite qui séduira vos enfants.

« Il était deux fois » de Franck Thilliez

Fleuve noir 4/06/2020 528 pages

Quand un roman de Franck Thilliez intègre ma PAL vertigineuse, généralement, il n’y reste pas longtemps. « Il était deux fois » ne déroge pas à cette règle. Franck démontre avec ce nouveau thriller qu’il en est incontestablement le maître français.

Pour moi Thilliez est le plus habile dans la construction d’intrigues complexes nous cachant de nombreuses surprises.

Une fois de plus, c’est un roman que l’on dévore à grande vitesse, tant nous voulons connaître la suite.

Pour ce roman, un « one shot » qui est lié au « Manuscrit Inachevé », Franck nous prouve également qu’il sait donner de la profondeur, créer un passé, une histoire à des personnages non récurrents.  

Pour l’histoire, Gabriel Moscato, lieutenant de gendarmerie se réveil dans la chambre d’hôtel où il est entré en cette année de 2008, dans le cadre de l’enquête sur la disparition d’une adolescente, sa propre fille. Sauf qu’à son réveil, nous sommes en 2020, qu’il est habillé en civil et n’a plus la même tête que la dernière fois où il a vu son reflet dans un miroir.

Dans ce roman, il sera beaucoup question de mémoire (et on retrouve le gros travail de documentation fidèle à Franck), d’amour (celui d’un père pour sa fille), d’amitié (de celle que l’on croit éteinte mais qui reste forte) et d’art (surtout les limites que l’on peut lui donner) dont une des formes ne sera pas inconnues aux amateurs de Luc Mandoline.

« Il était deux fois » est la preuve que quand on est le meilleur, on peut encore se surpasser…

« La Vallée » Bernard Minier

XO Editions 20/05/2020 522 pages

« La Vallée », en presque dix années, huitième roman de Bernard Minier, sixième aventure de Martin Servaz et pour fêter cela, Bernard ne trouve pas mieux que de faire exploser une montagne des Pyrénées, dans cette vallée imaginaire où se déroulera le récit, et qui sera coupée du monde car la seule route y menant devient impraticable… Nous sortons du confinement quand les habitants de cette vallée seront piégés pour de nombreux jours…

J’avais adoré les premiers romans dans lesquels nous faisions connaissance de Servaz, bien aimé les suivants, craqué pour « M – Le bord de l’abîme » qui pour moi a confirmé le talent de l’auteur, et « La Vallée » est un véritable coup de cœur. Ce livre fera à la fois plaisir aux lecteurs connaissant Servaz et donnera envie aux nouveaux de lire ses précédentes enquêtes.

Dans cette histoire au rythme dingue, nous serons autant baladés dans l’intrigue que Servaz doutera de lui, de ses certitudes, sentiments et valeurs…   

« Auvers d’Oz » de Roland Sadaune

VAL D’OISE EDITONS 09/2006 219 pages

J’ai rencontré Roland Sadaune lors d’un salon à Auvers-Sur-Oise, commune rendue célèbre par la présence de Vincent Van Gogh. Auvers d’Oz était donc le livre qu’il me fallait pour en connaître un peu plus sur cette petite ville, l’impressionnisme et faire connaissance avec la plume de l’auteur.

Bon clairement, ce n’est pas le meilleur roman policier que j’aurais lu, le style ne m’a pas particulièrement accroché, le livre écrit il y a plusieurs années a sans doute pris un petit « coup de vieux », néanmoins si je me limite à ce que je voulais au début, il a très bien rempli sa mission.

Pour l’histoire, une suite de meurtres ébranle cette commune du Val d’Oise et Gildas Ozulé, capitaine de police breton affecté sur le secteur, peintre à ses heures perdues est donc désigné pour mener cette enquête qui nous fera découvrir cette jolie ville.

« Le jour où Kennedy n’est pas mort » R.J. Ellory

Sonatine Editions 432 pages 04/06/2020

En voilà un titre simple, qui dit tout de suite dans quoi nous mettons les pieds et qui donne envie quand il est associé à ce génial romancier qu’est Ellory.

Donc vous l’aurez compris, c’est dans une uchronie que nous nous plongeons en ouvrant les premières pages de ce roman. Et pour moi qui suis très amateur de thrillers, de SF et d’histoire, c’est forcément un cocktail gagnant.

Très vite, nous nous rendons compte que Kennedy n’est pas le personnage central de cette fiction, mais c’est Mitch Newman, un trentenaire photojournaliste n’ayant pas vraiment réussi à percer dans ce métier et dont la vie sur une décision a pris une direction qui aurait pu être tout autre… Et c’est ce regret, qui accompagne sa vie aujourd’hui et qu’il aimerait au fond de lui réparer qui l’emmènera à se jeter corps et âme dans une enquête suite au décès par suicide apparent de son amie Jean Boyd.

Nous sommes alors en 1964 et JFK est toujours Président des États-Unis car ce fameux jour de novembre 1963, Oswald n’était pas au rendez-vous de l’histoire telle que nous la connaissons aujourd’hui et qui comme c’est souvent le cas chez nous, le décès précoce et violent à en quelque sorte canonisé ce personnage politique controversé. Oui, la brillance de son sourire et son allure de gendre idéal cachent une vérité qui est bien différente de ce que l’on aime retenir de lui.

En parallèle donc de l’enquête sur les derniers mois de la vie de Jean menée par Mitch, Kennedy et son clan prépare donc la difficile mission de se faire réélire pour un deuxième mandat dont la première étape qui consiste à être désigné comme candidat des républicains paraît une épreuve infranchissable…

Ce roman nous fait donc voyager à travers les États-Unis et le temps puisque c’est presque soixante années qui nous séparent. R.J. Ellory nous dépeint à merveille cette société d’un monde en pleine mutation et y compris par le rythme plus lent que les thrillers que je lis habituellement, nous replonge dans cet univers sans internet, sans téléphones à cause desquels nous sommes disponibles en permanence, sans cette vitesse dingue à laquelle se propagent les informations (vraies ou fausses) et, ce changement de rythme nous fait du bien.

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