» Community » de Luna Joice

Hugo Roman 298 pages 03/09/2020

Quelle belle découverte que ce roman que j’ai dévoré avec énormément de plaisir. Il mérite amplement son prix de l’imaginaire de Bernard Werber.

Luna Joice nous offre donc ici un récit qui ne se limite pas à de la science-fiction, c’est aussi un roman initiatique comportant une belle part de philosophie.

Nous sommes donc en 3006, Lyah, la vingtaine, vit avec ses parents dans un monde où la communication se fait entre les âtres humains par la télépathie. Un monde où le travail est partagé, de même que les ressources, un monde de paix où les frontières ont été supprimées mais où majoritairement les humains vivent et travaillent sous terre à cause des dégâts causés nous nous en doutons bien par leurs ancêtres, oui nous.

Lyah donc, fille unique, chaque naissance est programmée, le nombre d’habitants est régulé (3 milliards), arrive en atteignant ses 21 ans à cette événement important qu’est l’Assignation. C’est à cette occasion que chaque nouvel adulte se voit attribuer son métier parmi quatre groupe, les Constructeurs, les Cultivateurs, les Distributeurs et les Chercheurs ainsi que son assigné.e, c’est-à-dire son compagnon pour les années à venir.

Ce monde aux apparences idylliques, est formaté au possible et l’esprit de Lyah, rebelle, rêveuse, curieuse s’y fera-t-il ?

J’ai vraiment pris beaucoup de plaisir à lire ce roman, même si sa résonnance avec les changements que nous vivons m’a angoissé. En effet, dans ce monde imaginé par Luna Joice, les êtres humains ne communiquent plus ni verbalement ni avec le toucher et la crise sanitaire actuelle y ressemble beaucoup, en tout cas pour le toucher. De plus, alors, que grâce à ma télépathie, les gens peuvent communiquer avec énormément plus de personnes, ils sont de plus en plus solitaires. Et enfin ma technologie permettant cela, la sphère, ressemble étrangement à ce que pourrait faire l’intelligence artificielle au développement impressionnant.

Par le biais de Lyah, l’auteure s’adresse directement à nous, à cette part de rébellion que nous possédions tous à l’enfance, cette envie permanente de remise en cause du système, des règles établies, que la sagesse, le confort relatif de l’âge adulte mettent sous cloche. Mais derrière les jolies façades, se cachent souvent de glauques arrières cuisines. Car, derrières les lois, les technologies, se trouvent toujours des êtres aux âmes noircies.

Un grand grand bravo à Luna Joice pour cet ouvrage, aux éditions Hugo pour son édition et à Netgalley.

« La nuit d’avant » de Wendy Walker

Sonatine Éditions 352 pages 18/06/2020

Vous êtes friands de thrillers psychologiques ? Vous prendrez votre pied avec « La nuit d’avant » de Wendy Walker. Mais attention, si vous ne cherchez qu’une lecture récréative pour vous changer les idées, vous serez déçus. Ici, pour l’apprécier, il faut être concentré, car et surtout au début, l’auteure nous embrouille afin que comme Laura, la principale protagoniste de cette histoire, nous soyons perdus dans les limbes de nos esprits.

Laura, justement qui est-elle ? C’est une jeune femme a qui la vie n’a pas fait de cadeau. Et comme notre mémoire parfois sait le faire, elle lui fait défaut sur une partie de sa vie et en particulier un événement traumatisant. Elle a été retrouvée couverte de sang, armée d’une batte de baseball à côté du corps sans vie de son petit copain. A côté de cela, le départ prématuré de son père, Dick, les ayant abandonnés elle, sa mère et sa sœur paraît presque banal. Seulement depuis, Laura n’arrive pas à se construire.

Une nouvelle fois, face à l’échec de son couple, Laura abandonne donc la vie qu’elle essayait de se construire à New-York pour revenir sur les lieux de son enfance et emménager chez sa sœur Rosie. Après plusieurs semaines passées sous leur toit à Rosie, Joe son époux et Mason leur enfant, à revoir des amis d’enfance comme Gabe, le meilleur ami de Joe, elle se décide à rencontrer de nouveaux visages via un site de rencontre. Un premier rendez-vous se profile, après lequel, elle ne réapparaitra pas. Rosie, Joe et Gabe décident de mener leur propre enquête.

Une fois entrés dans ce thriller, il nous devient impossible de le lâcher, qu’est-il arrivé à Laura ? Comment a-t-elle disparue ? Mais surtout comment l’aider à se comprendre elle-même ? Pour cela, ses séances de psychanalyses avec le Dr Brody, insérées entre les chapitres, nous éclaireront.

Wendy Walker a construit son roman sur la mémoire donc et les relations familiales, deux thèmes riches en mystères que nous ne percerons pas seuls et c’est ce qui rend ce thriller addictif.

Je remercie Nadia Di Pasquale de l’excellent blog « livressedunoir » ainsi que les éditions sonatine pour m’avoir permis de découvrir l’univers de cette auteure américaine.

« Landru, l’élégance assassine » de Bruno FULIGNI

Éditions du Rocher 216 pages 09/09/2020

Cette biographie de Landru écrite par un historien spécialisé dans l’histoire de la police possède tous les ingrédients pour plaire à l’amateur de littérature noire que je suis et nous rappelle que même si nos auteurs favoris de thrillers et polars ont une imagination parfois débordante pour inventer des crimes abominables, ils sont parfois égalés voir, dépassés par des personnages réels et machiavéliques.

Bruno Fuligni, use donc ici de talent de conteur pour nous dépeindre l’histoire du surnommé « barbe-bleue de Gambais », s’inspirant des mémoires de feu le commissaire Jules Belin chargé à l’époque de l’enquête. Cette manière de nous raconter cette histoire, rend ce texte très accessible, simple et agréable à lire. Il nous plonge dans cette époque entourant la Grande Guerre, où Henri Désiré Landru passe du statut d’escroc à celui de tueur en série accusé du meurtre de onze femmes, pour lesquels il sera condamné à être guillotiné. Des premières disparitions, jusqu’à l’échafaud, nous suivrons donc avec attention, l’enquête, les interrogatoires, le procès en étant baignés dans l’atmosphère précédent les années folles.

La police scientifique n’existant pas encore, seules les capacités d’analyses, de déductions et de persuasions des enquêteurs peuvent convaincre à la fois le jury et l’opinion populaire (par le biais de la presse écrite raffolant de ces histoires) de la culpabilité de l’accusé. Plus d’ailleurs que la simple biographie de Monsieur Mystère, Bruno Fuligni, nous en apprend beaucoup sur l’histoire des prémices de notre police judiciaire.

Un grand merci aux éditions du rocher et NetGalley pour cette instructive lecture et félicitations à Bruno Fuligni grâce à que cette biographie est plaisante à lire.

« La nanny » de Gilly MacMillan

Éditions Les Escales 432 pages 11/06/2020

Il est parfois intéressant de faire une infidélité à nos talentueux auteurs de thrillers français pour aller explorer d’autres contrées. Ce thriller psychologique familial de Gilly MacMillan en est la preuve.

Franchement, je suis allé vers ce roman en espérant une véritable surprise car une plongée dans l’aristocratie anglaise n’était pas franchement attirante pour moi. Néanmoins, j’ai vu passé pas mal de retours positifs sur ce roman et sa disponibilité sur Netgalley m’a fait dire : ok je me lance. Résultat, une intrigue vraiment bien maîtrisée, un presque huis clos dans une demeure de type manoir dans la campagne anglaise, une touche de modernité avec Jocelyn, la fille qui revient, contrainte, des Etats Unis suite au décès de son mari, ont, malgré un rythme assez lent, su me convaincre.  

L’auteure que je ne connaissais pas jusqu’alors, possède ce talent de créer des personnages profonds, au passé construit, qu’elle nous fait découvrir en distillant ici et là des ingrédients nous permettant de les comprendre, tout en nous manipulant à sa guise pour nous amener là où elle le souhaite.

Si vous êtes friands de page turner, je vous déconseille ce récit, en revanche, si vous aimez découvrir des univers différents, jetez-vous sur cette publication des éditions Les Escales et faites connaissance avec Lady Holt, son défunt mari, Hannah la nanny disparue qui réapparait miraculeusement, Jocelyn et sa fille Ruby et tout un tas de personnages secondaires apportant leur patte à l’intrigue.

« L’homme qui aimait trop les livres » d’Allison HOOVER BARTLETT

Pocket 264 pages 02/01/2020

J’ai craqué pour ce livre en vacances à la très jolie librairie trait d’union à Noirmoutier. La couverture et son titre ont tout de suite attiré mes yeux sur ce petit livre (format poche) au milieu de ces très nombreux polars et thrillers. La lecture de la quatrième de couv’ a fini par me convaincre : une enquête d’un libraire jouant les Sherlock Holmes afin de mettre la main sur un voleur de livres… Seulement voilà, parfois un emballage trop beau peut être trompeur.

Je n’irais pas jusqu’à dire que ce livre est mauvais ou que son auteure soit nulle, mais ce n’est pas comme attendu, un polar au rythme effréné. Ce récit est plus un témoignage, un documentaire journalistique, nous racontant la vie de John Gilkey, voleur de livres connu pour en avoir dérober pour près de 200 000 dollars.

Ce texte donc, d’Allison Hoover Bartlett m’a appris beaucoup de choses sur les livres anciens et les fantasmes qu’ils créent chez certains d’entre nous, lecteurs passionnés, ayant tendance à accumuler les livres.

N’aimant pas par respect pour le travail des auteurs faire des retours négatifs sur leur travail, mais souhaitant être toujours honnête envers les personnes lisant mes chroniques, je ne m’étalerais pas d’avantage mais profite au cas où pour rappeler au John Gilkey qui sommeille en eux, aux personnes m’ayant emprunté à l’occasion des livres de bien vouloir les rapporter 😉.

« Heureux qui comme Alyce, Tome 2 : A fait cent voyages » de Jérémy BOUQUIN

Evidence Editions 598 pages 21/08/2020

Voilà que Jérémy Bouquin clôt déjà les aventures d’Alyce avec ce deuxième tome de sa plongée réussie dans l’univers SF.

Après avoir lu le premier tome, ça y est nous connaissons le décor, les personnages, ce qui fait que nous entrons tout de suite dans ce nouvel opus. Du début à la fin, nous ne lâchons pas ce livre tant ce que vivent Alyce, mais aussi Ego son régulier, sur qui repose l’avenir de leur village et Télémak, leur fils qui devient homme, et aussi certains des personnages les entourant, est puissant, dément et sans répit. Jérémy n’est pas tendre avec ses personnages et ne leur épargne rien.

Ce second tome, clôt donc la saga en nous apportant les réponses aux questions laissées en suspens au premier tome. Nous en connaitrons plus sur le passé d’Alyce, et le devenir d’Ego et Télémak qui ont continué de vivre sans elle pendant son absence.

Pendant toute la lecture de ce roman, j’étais partagé entre ces sentiments de vouloir aller au bout de l’histoire tout en voulant repousser l’instant où je tournerais la dernière page. Les personnages de cette fiction sont attachants avec leurs défauts. Alyce la première cette femme forte, avec ses faiblesses mais que la rage, l’amour font avancer même quand tout semble perdu. J’ai retrouvé chez elle, ce que j’avais beaucoup aimé chez Juliette Nichols dans Silo de Hugh Howey.

Dans cet univers à la mad max, où les bécanes, les flingues, les ressources ont toute leur place, c’est donc avant tout les sentiments qui guident Alyce dans sa quête. Au premier lieu desquels, l’amour pour son fils qui n’a jamais perdu espoir de la retrouver.

Je ne peux que vous encourager à découvrir cette saga Heureux qui comme Alyce chez Evidence Editions. Si en plus, en lisant cette histoire, vous vous rendez compte que ce monde moche, triste, inhospitalier décrit par Jérémy Bouquin est malheureusement celui vers quoi nous courons, peut être et si cela n’est pas déjà le cas, votre sensibilité à notre environnement sera accrue.

« Le climat en 100 questions » de Gilles Ramstein et Sylvestre Huet

Éditions Tallandier 348 pages 28/05/2020

Voilà un livre de vulgarisation qui devrait être lu par le plus grand nombre de nos concitoyens. En effet, les auteurs Gilles Ramstein, directeur de recherche au CEA et Sylvestre Huet, journaliste scientifique, ont réussi le pari difficile de parler du climat et des changements climatiques en cours de manière très accessible et surtout en prenant le recul nécessaire pour ne pas écrire de texte enflammés qui souvent décrédibilisent le message.

Ce recul pris par les auteurs, se répercute sur nous, lecteurs. Tout d’abord, la première partie, divisée en quatre groupes de questions, ne s’intéresse qu’au fonctionnement physique du climat. C’est une démonstration scientifique, qui nous informe sur les mécanismes de fonctionnement et sur les impacts des événements naturels ou artificiels (impacts de l’Homme). Puis dans la seconde partie, les auteurs s’attardent cette fois, sur le réchauffement climatique, ses effets, les énergies et les différentes hypothèses existantes d’évolution du réchauffement d’ici la fin du siècle.

J’ai beaucoup apprécié cette lecture fort instructive et grâce à laquelle j’ai appris énormément de chose. Convaincu d’avance que nous courons à la catastrophe, sensible à la cause écologique, certaines réponses apportées à ces cent questions m’ont parfois rassuré mais définitivement convaincu que nous devons accélérer les efforts à la fois individuels mais aussi collectifs afin de limiter au maximum nos émissions de CO2.

Je ne peux que vous inviter à la lecture de cet ouvrage publié aux éditions Tallandier, que Babelio grâce à une Masse Critique m’a permis de découvrir.

« Putain de chat T6 » de Lapuss’

Éditions Kennes 64 pages 17/06/2020

Amis de la poésie bonsoir !!! Quel plaisir de retrouver les chats de Lapuss’ et leur langage peu châtié.

Dans nos vies parfois un peu folles où nous avons du mal à lever la tête du guidon afin de prendre un peu de temps pour nous et de plaisir, de bonheur, je vous conseille vivement d’ouvrir un « Putain de chat ». Que vous soyez sous le charme ou pas de ses « monstres » à poils, vous ne serez pas déçus.

Au fil de ces maintenant 6 tomes, l’humain, le chauve s’est retrouvé de plus en plus entouré de chats qui ne sont là que pour lui pourrir la vie et ce malgré le peu de courage dont ils font preuve. Oui messieurs dames, les chats sont sournois !!!

Depuis le 3 ou 4ème tome, je me dis à chaque fois, ça y est, Lapuss’ a fait le tour, encore un, ça va devenir moins bon… et bien non, il se surpasse à chaque fois et en donne encore ici la preuve et comme à chaque fois, derrière ces situations comiques où il aime les torturer, les accabler de bêtises, nous ressentons tout l’amour qu’il leur porte. Et sans spoiler la fin, la dernière page nous annonce je pense un 7ème tome.

Vous voulez rire, vous vengez de vos amis à quatre pattes, foncez vers la collection « Putain de chat » publiée chez les éditions Kennes.

« Synopsix » d’Angélina DELCROIX

Nouvelles Plumes 493 pages 03/08/2020

Un manoir abandonné, éloigné de tout, en cette période hivernale où la neige recouvre tout, où le vent créé un environnement sonore flippant, que rêver de mieux comme décor pour une  murder party » où les participants seront amenés à jouer aux experts de la police scientifique. Ils seront six, Mallory, Willy, Lilio, Barbara, Orson et Bertrand, à devoir travailler sur des scènes de crimes reproduisant des crimes non élucidés.

Seulement voilà, les cadavres ne sont pas des mannequins…  

Angélina Delcroix nous offre là un huis clos où l’angoisse est le personnage principal. Chaque personnalité de ces six protagonistes est travaillée en profondeur pour donner vie à un jeu de questionnement entre les personnages et nous faisant douter nous-même. A plusieurs reprises d’ailleurs, on se dit « pff trop facile c’est untel », jusqu’au chapitre suivant où nous nous rendons compte s’être fait bernés.

En parallèle de cette murder party, d’autres personnages, une auteure et son éditrice, des gendarmes, des avocats, un père, un voisin, permettent à ce huis clos des connexions et de le rendre encore plus angoissant.

J’ai vraiment pris plaisir à lire cette histoire qui m’a donné en plus l’envie de m’intéresser de nouveau à France Loisirs (ce roman y est en exclusivité jusque janvier). Mon seul petit bémol est qu’il manque juste une dose de rythme qui aurait pu transformer ce thriller en véritable page turner. Mais attention, ce n’est là que le quatrième roman d’Angélina Delcroix et je suis persuadé qu’elle nous réserve encore plein de surprise et qu’elle ne nous a pas encore dévoilé toute l’étendue de son talent.  

« Urbex Sed Lex » de Christian Guillerme

Editions Taurnada 248 pages 18/06/2020

Quand on vous propose quelque chose de trop beau pour être vrai, il y a souvent du malsain caché derrière…

Fabrice et Théo des amis d’enfance ont rencontré grâce à leur passion, l’exploration urbaine, l’urbex, leurs compagnes respectives Carine et Chloé. Depuis, ils passent leur temps libre et dépense leur budget loisir dans la visite de lieux insolites abandonnés aux quatre coins du pays. Sur leur blog, ils partagent les photos de ces explorations et se sont fait un nom dans ce milieu.

Un inconnu, leur propose un jour par mail de les inviter à découvrir un sanatorium en échange de plus de trente mille euros à se partager. Ils ne mettront pas longtemps à se décider et organiser cette aventure qui vous vous en doutez, ne sera pas une visite peinarde…

Deuxième roman de Christian Guillerme, Urbex Sed Lex a pour seul défaut d’être trop court !!! Publié chez Taurnada dans la catégorie Thriller, j’y vois plus un roman d’aventure à suspense avec presque un côté Young Adult. Mais un peu de légèreté dans le noir nous fait du bien.

Christian nous offre un récit très facile à lire en maîtrisant à merveille la juste dose de description de cette discipline et du sanatorium pour que l’on en découvre suffisamment sans avoir des pages interminables de détails. L’auteur maîtrise également très bien l’angoisse, qui monte crescendo de l’entrée dans le sanatorium jusqu’à la fin du roman.

Christian Guillerme : notez bien ce nom, car s’il continue sur sa lancée, il va nous préparer de grandes surprises.    

Commencez votre blog avec WordPress.com.

Retour en haut ↑