Pleine balle par James Holin

Editions du Caiman – 276 pages – 23 février 2021

Une chasse à l’homme de nuit menée à un rythme effréné sur les routes du sud de la Picardie.

James Holin nous embarque à la manière d’un 24 H chrono, en compagnie d’une équipe de flics sous le commandement du commissaire Laouz, surnommé Camerone, dans une traque violente, sur les traces du Blond, un manouche connu pour ses éventrations de DAB, les distributeurs automatiques de billets. Le Blond, avec qui il a un vieux passif à régler. Avec une équipe montée à la va-vite, ils partent à bord de deux véhicules le serrer dans un camp où il a été logé. Voulant lui en coller un maximum sur le dos, Camerone décide, faisant fi de toute procédure, de suivre le périple nocturne du manouche et ses deux acolytes sur les routes picardes.

Percutant, ce polar au rythme croissant, crescendo vers un final en apothéose, plutôt en apocalypse même, ne m’a toutefois pas totalement convaincu. Je précise, au passage, que mes retours de lectures ne présentent que mon ressenti et en aucun cas, je ne juge une œuvre (à part pour des cas particuliers où l’auteur pour peu qu’en plus, il se qualifie d’écrivain, nous inflige une daube encore moins bonne qu’une rédaction d’un élève de sixième). Pour ce roman, sur la forme, je n’ai rien à dire, James Holin nous offre un polar explosif, à la mécanique bien rodée. Sur le fond, j’émets des réserves toutes personnelles. L’auteur a ici, pris des risques concernant le contexte dans lequel se déroule le récit.

Le personnage principal, à la psychologie complexe, amputé de sa main droite, porte à la place de celle-ci une prothèse en résine. De ce fait, il est très étonnant de le trouver en service et en plus, dans un service actif. Holin, le justifie très vite d’ailleurs prétextant une autorisation spéciale du fait de ses héroïques états de service. Ce qui ne m’a que moyennement convaincu. Et, si je suis amateur de littérature de l’imaginaire, dans le polar, je recherche un peu plus de réalisme. Je suis donc en partie, passé à côté de Pleine balle.

Ce roman assez court, sanglant, explosif, ravira malgré tout sans problèmes, les amateurs de polars rythmés. Ils auront entre les mains un scénario digne d’un gros film américain made in Picardie.

Lisez-le et échangeons ensemble sur vos impressions qui je l’espère seront bien différentes. Dans mon cas, les qualités de romanciers de James Holin, m’encouragent malgré tout à guetter la sortie d’un prochain roman.

L’une des œuvres musicales « imposées » aux oreilles de ses passagers via l’autoradio de sa puissante 508

Le site des éditions du caïman : https://www.editionsducaiman.fr/boutique/polars-en-france/pleine-balle.html

L’ombre de la nuit par Marco Pianelli

Jigal éditons – 256 pages – 25 septembre 2021

Un polar pur jus, addictif, animé, ça défouraille, ça cogne à tout-va. Et, à un contre tous… Pour notre plus grand plaisir.

Sur une route isolée d’Ardèche, un homme seul, sous une pluie torrentielle, espère croiser une âme charitable qui acceptera de l’emmener jusqu’à un proche abri. Mais, avec son allure de vagabond, déformée en plus par un poncho trempé, ce n’est pas gagné. Aussi fut-il agréablement surpris quand un véhicule s’arrête un peu plus loin sur la route et son étonnement augmente quand il se rend compte que c’est une femme, seule, entre-deux âges, Myriam. Très vite, il apprendra que c’est une infirmière hospitalière, qui depuis 5 ans tout juste, le jour de leur rencontre, elle erre régulièrement sur cette route, où Nicolas, son fils de pas encore 18 ans à l’époque a disparu. La conductrice, presque instantanément, se rendra compte, que l’autostoppeur, n’est pas tout à fait comme tout le monde et bénéficie d’un esprit d’analyse hors du commun. La providence l’aurait-elle sciemment mis sur sa route ?

Le vagabond, Paco Sabian, est un homme tellement mystérieux, que même les autorités n’apprennent pas grand-chose sur lui. Pourtant, cet homme possède des capacités peu communes, issues d’un entrainement intensif, commando, espion, flic d’élite ? Ils seront nombreux à chercher ses origines.

Attendri par Myriam, pas pressé par le temps et guidé par un esprit de justice, Paco s’intéressera bientôt à l’affaire de Myriam, au grand soulagement de cette dernière, mais au grand dam des gendarmes et malfrats locaux. Se mettre Paco à dos est synonyme de douleurs intenses, de problèmes osseux pouvant entraîner la mort…

Ce polar, premier roman de Marco Pianelli, est fait pour les amateurs de genre, les amateurs d’action. L’intrigue bien montée et riche en rebondissements est somme toute assez classique. Les personnages, eux, sont bien campés et ils sont nombreux, dans les deux camps. Le rythme est élevé, les chapitres défilent à toute vitesse. L’ombre de la nuit, récit cinématographique, ne se veut pas film d’auteur, c’est un blockbuster. C’est une fiction qui peut déranger les lecteurs procéduriers cherchant à tout-prix à ce que tout soit réaliste. Inversement, pour ceux qui ne cherchent qu’un bon moment de lecture détente, c’est un bonbon.

Le site de l’éditeur : http://polar.jigal.com/?page=liens&p=271

« DON VEGA » de Pierre ALARY

DARGAUD 96 pages 02/10/2020

Tel un homme-orchestre, Pierre Alary, signe pour cet album revisitant le personnage de Zorro, le scénario, les illustrations et les couleurs. Une véritable performance sachant qu’en plus cet ouvrage est composé de 96 pages.

Nous voici donc plongés dans la Californie du milieu XIXème siècle. Une époque où elle n’appartient plus au Mexique mais n’a pas encore intégré les Etats-Unis. Période instable donc, néanmoins véritable aubaine pour les profiteurs en tout genre ayant soif d’argent et de pouvoir. Rien ne semble pouvoir les arrêter et écraser, faire souffrir, tuer les péons, ces fameux travailleurs pauvres condamnés pour survivre à extraire l’or des riches terres californiennes ne leur fait pas peur.

Heureusement, la légende El Zorro, renait d’elle-même pour prendre leur défense face à cette violence inhumaine et injuste. Le voir les défenseurs, héros masqués seront de la partie dans cette version revisitée, modernisée, je dirais même Tarantinesque tant l’action et la profondeur de ses personnages donent un relief particulier à cet album. D’ailleurs la scène du baptême a, je trouve, des airs de celle du mariage dans Kill Bill.

Pierre Alary signe ici un brillant scénario dont le rythme est accentué par les illustrations dignes de story-boards des meilleurs films hollywoodiens. Nous ne nous ennuyons jamais, même quand de nombreuses vignettes se suivent sans texte.

Une très belle réussite dont la fin en cliffhanger, nous laisse je l’espère envisager une suite.

Merci aux éditions Dargaud, à NetGalley et bien entendu Pierre Alary pour cette remarquable bande dessinée qui ravira les amateurs d’action et d’aventures.

Plus d’informations :

https://www.dargaud.com/bd/don-vega-bda5326530

Pour le commander :

https://www.lalibrairie.com/livres/don-vega_0-6881101_9782505084976.html

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