Widjigo par Estelle Faye

Albin Michel – 256 pages – 29 septembre 2021 – 9782226457431

Estelle Faye, nous promène, avec Widjigo dans un Terre-Neuve historique où se mêlent habillement, aventure, horreur et fantastique.

1793, la terreur en France permet la chasse aux aristocrates, symboles de l’ancien monde, celui de la monarchie. Jean Verdier, jeune officier doit donc arrêter Justinien de Salers, un marquis vieillissant retranché dans une tour. Seulement, c’est gonflé de compassion pour ce vieil homme réputé pour le bien qu’il a fait autour de lui que le lieutenant se voit contraint d’accepter cette mission. C’est pourquoi, quand le vieux noble lui demande en échange de sa reddition d’accepter de l’écouter lui conter une histoire, son histoire, il ne peut refuser.

Dans une ambiance angoissante, comme connaissent les côtes bretonnes, battues par la pluie et le vent, l’aristocrate se lance dans un récit de l’autre côté de l’Atlantique, dans le nouveau monde. En effet, il y a près de 40 ans, alors jeune homme, le marquis se trouvait en Acadie et a vécu une aventure marquante sur l’île de Terre-Neuve sur laquelle lui et ses compagnons se sont échoués. Les survivants feront face, alors qu’ils cherchent à retrouver la civilisation, à de nombreux dangers inexpliqués teintés de surnaturel, de la mythologie des indiens algonquiens.

Dans ce roman, récit dans le récit, l’angoisse ressentie est accentuée par ces deux lieux parallèles, où se déroule l’histoire, le logis du marquis et l’île encore sauvage. Vient se greffer une galerie de personnages portants chacun leur part d’ombre et de mystère.

Estelle Faye fait preuve d’une habilité maîtrisée pour mélanger les genres, casser les codes tout en les respectant, pour inscrire dans un contexte historique plausible, une aventure aux notes fantastiques subtiles afin de rendre ce roman accessible à tous. Amateurs de littérature de l’imaginaire ou non. Passé le prologue un tantinet longuet, il devient difficile de ne pas être absorbé totalement par le récit. Au long de cette lecture, sans cesse dans votre tête résonne cette question : le Widjigo n’est-il pas en chacun d’entre nous ?

J’ai lu ce roman qui traînait dans ma PAL depuis trop longtemps à l’occasion du Prix Imaginales des Bibliothécaires 2022 dont il fait partie de la sélection. Félicitations à Estelle Faye qui a su séduire le jury avec ce roman dont la magnifique couverture est signée Aurélien Police.

Pour découvrir l’exploration des terres canadiennes.

Le site des éditions Albin Michel : https://www.albin-michel-imaginaire.fr/livre/widjigo/

Sapiens – T1 – La naissance de l’humanité par Yuval Noah Harari , Daniel Vandermeulen et Daniel Casanave

ALBIN MICHEL 248 pages 07/10/2020

Depuis tout jeune, je suis très intéressé par l’histoire de l’humanité, de l’évolution d’Homo à travers les âges et je voue une énorme admiration à Yves Coppens dont j’ai dévoré tous les ouvrages. Quand j’avais vu en rayon en librairie Sapiens, je m’étais donc jeté dessus, découvert Yuval Noah Harari et sa manière de rendre accessible cette longue transformation des humains primitifs à cet être « évolué » que nous sommes devenus.

La sortie en roman graphique de Sapiens m’a permis de me replonger dans ce best-seller publié il y a maintenant cinq années. Plus qu’une simple adaptation, c’est un essai transformé qui colle complétement au format de ce type d’ouvrage. En effet, Harari s’est associé à David Vandermeulen et Daniel Casanave qui n’en sont pas à leur première collaboration dans ce type d’ouvrage de non-fiction. Sans oublié Claire Champion qui a réalisé la mise en couleur des illustrations.

Quelle bonne idée donc que cet album qui reprend une partie des presques 500 pages de l’essai original allant de la révolution cognitive il y a 70 000 ans, avec quelques bons en arrières, à la révolution agricole il y a 12 000 ans. Cette refonte en images, permet de rendre l’ouvrage accessible aux plus jeunes ainsi qu’aux lecteurs ayant peur de se lancer dans la lecture d’un épais essai.

Plonger dans l’étude de nos origines, nous permet de comprendre notre présent et d’entrevoir un futur ou le risque d’absence de futur attendant notre espèce.

Chacun pourra se faire son avis, le mien étant plutôt pessimiste à moins qu’une nouvelle révolution de notre façon de penser ne change la donne.

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