1974 par Arnaud Codeville

Auto-édition – 528 pages – 1 mai 2016

Le polar se mange aussi à la sauce fantastique et sous la plume d’Arnaud Codeville, c’est un menu quatre étoiles.

Une maison qui brûle sous contrôle des pompiers avec autour, une foule réjouie venue en masse pour assister au spectacle, car cette demeure serait hantée… C’est par cette scène que commence ce gros roman qui nous happe et nous plonge avec lui dans un voyage temporel entre 1974 et 1995… Mais, les flammes suffisent-elles à faire disparaître le passé ?

Plus roman fantastique que polar, ce roman n’en est pas moins bien construit et maîtrisé par l’auteur. Une enquête, de la tension, de l’horreur, de l’angoisse, des morts, tout est ici réuni pour nous garder en haleine, nous faire frissonner, nous empêcher de dormir.

J’ai pu opérer avec ce roman d’Arnaud Codeville, un retour aux sources, vers l’un des genre avec lequel mon addiction littéraire est née, le genre fantastique dans lequel j’ai rarement l’occasion de me replonger. Et, j’y ai ici retrouvé le goût et l’envie de me faire peur à travers de diaboliques histoires.

Un grand bravo et mes remerciements à Arnaud Codeville. J’ai hâte de me plonger dans Parasite et Règne.

Le site de l’auteur : https://www.arnaudcodeville.fr/produit/1974/

Bancal de Nick Gardel

Auto-édition – 278 pages – 31 août 2021

Ouvrir un roman de Nick Gardel a pour moi, toujours été un plaisir. Cette suite qui n’en est pas vraiment une de Sans queue ni tête, n’échappe pas à la règle. Un régal de retrouver Jean Davis et Jean Anders accompagnés d’Aïna Fleury et de Trémeur Glascon pour une double enquête.

On commence donc avec deux victimes décédées, un éducateur spécialisé dans un accident de la route et un vieux banquier retrouvé dans une étrange position, tendance SM. Deux corps, une équipe hors du commun de quatre enquêteurs, par deux, ils auront chacun leur affaire.

Une nouvelle fois, Nick Gardel, nous entraîne dans un polar percutant, teinté d’humour et d’esprit avec en toile de fond, des thématiques fortes, telles la prostitution ou les laissés pour compte. Bancal est un plaisir à lire à a première gorgée tout en nous laissant en arrière-goût, un triste constat de notre société.

Je ne peux que vous dire de foncer sur le site de l’auteur (lien-ci dessous) et de commander Bancal au plus vite.

Le site de l’auteur : http://nickgardel.e-monsite.com/boutique/romans/bancal.html

Ceux qui boivent pour oublier sont priés de payer d’avance par Nick Gardel

Friends only (autoédition) – 324 pages – 04 juin 2021

Lire un roman de Nick Gardel est toujours un voyage littéraire à part. Sa plume apporte souvent de l’humour ou de la poésie dans des récits sombres, parfois violents, mais toujours teintés d’humanités. Ceux qui boivent pour oublier sont priés de payer d’avance en est un nouveau témoignage.

Une nouvelle fois, l’intrigue, une enquête policière sur l’horrible assassinat d’une femme bientôt suivi par un second, bien ficelée ne sert que de prétexte à y faire évoluer des personnages hauts en couleur parmi lesquels, un trio d’enquêteurs avec le très bavard Patrice Guerineau, brigadier-chef et procédurier, la bande du Fenris avec ce pharmacien italien et entre autre, Grégoire, photographe culinaire qui comme Thibaud, l’éducateur, viennent s’y assommer d’alcool pour échapper à leur vie quotidienne. Sans oublier, la truculente Gabrielle Bocage, si peu présente, mais tellement mémorable.

Néanmoins, derrière ces artifices, Nick Gardel, nous livre un roman sur deux thématiques sociales beaucoup plus profondes, l’alcoolisme et l’éducation des jeunes en marge du système scolaire. Enseignant auprès de ce type de public, l’auteur nous offre là, une part de lui-même, apportant une touche particulière à cette histoire.

Comme le souligne Nick Gardel, l’oubli n’est pas une rédemption, l’alcool n’est pas une solution. Plutôt que de vouloir échapper à la réalité en s’abreuvant de liquide alcoolisé, entourés de piliers de bar, rencontrons des personnages loufoques issus de l’imagination débordante d’auteurs talentueux. Un voyage littéraire vaut mieux qu’un voyage éthylique.

Nick Gardel, nous prouve également avec Ceux qui boivent pour oublier sont priés de payer d’avance qu’il est possible de produire un roman autoédité de bonne facture, travaillé et bénéficiant d’une mise en page réussie, respectant les lecteurs. Une particularité à souligner, tant les autoédités sont peu nombreux à ne pas bâcler le travail éditorial.

Pour tout savoir sur la veisalgie ….

Le site de l’auteur : http://nickgardel.e-monsite.com/

Nouvelles fantasmagoriques par Isaac de Mont

Auto-édition – 67 pages – 28/03/2020

Quelle belle découverte que ce recueil de sept courts récits d’Isaac de Mont ! Le titre, pour commencer, est très évocateur de ce qui nous attend, un univers fantastique, irréel mais non moins troublant de parallèles avec nos réalités. Nos réalités, car, la force de ces textes, c’est de nous permettre à chacun d’avoir notre vision, de créer notre interprétation unique.

Même si les thèmes abordés sont différents, « revisiter l’Illiade, imaginer un futur chaotique, penser autrement au passé » pour reprendre les mots de l’auteur, pèse sur eux, une atmosphère particulière, que l’on retrouve comme fil conducteur au long du recueil.

Chaque nouvelle est assez courte et nous permet de constater l’habilité de l’auteur à travers chacune d’elles, avec un vocabulaire précis, choisi, formant des phrases rythmées, de nous offrir l’essentiel du récit, tel un poète qui avec quelques vers, nous procure beaucoup d’émotions.

Un grand merci et bravo à Isaac de Mont pour cette lecture plaisante et envoutante.

Le premier animé fantasmagorique

Les aventures de Jak et Bil au Gabon – Le secret de l’ivoire par Jacques Ortet

Autoédition 72 pages 12 octobre 2020

Je n’aime vraiment pas faire des retours de lecture négatifs, mais je me suis juré de toujours les faire le plus honnêtement possible et parfois, nous passons à travers l’œuvre d’un auteur. Cela a été le cas pour moi avec cet ouvrage de Jacques Ortet. Je pense en plus sans vouloir être méchant avec le créateur de cet album, que 18 euros pour 72 pages est affreusement onéreux comparés aux 22,90 euros d’une merveille comme Carbone et Silicium et ses 272 pages lu et chroniqué il y a peu.

Pour vous résumer, ce deuxième opus des aventures de Jak, photographe international et son fidèle compagnon et ami Bil, un calao bicorne doté de la parole, les voit s’envoler pour le Gabon, pays dans lequel il souhaite réaliser un reportage photo sur la faune et la flore locale. À peine arrivés, Bil disparait, victime d’un enlèvement. Jak le recherchera par tous les moyens, aidé par une chance inimaginable.

Dans cet ouvrage, aux couleurs vives et aux illustrations plutôt réussies, le scénario m’a fait penser à un très mauvais Tintin…. Le seul bénéfice de cette lecture est une découverte du Gabon.

Ibrahim et Nelson, les super-héros de la cour de récré!

Auto-édition 33 pages 21/10/2020

Nous n’en parlons toujours pas suffisamment avec nos enfants pensant comme souvent que cela n’arrive qu’aux autres, mais le harcèlement à l’école touche près de 700 000 enfants en France selon l’Unicef. Et la première arme pour lutter contre ce fléau est le dialogue, il faut en parler. Cet album jeunesse, peut par le partage d’un moment de lecture à l’école ou dans l’intimité d’un foyer familial y aider.

Ibrahim et Nelson, deux élèves de primaires ont découvert des magic gum qui leur donnent des pouvoirs et les transforment en super-héros. Ils ont décidé de mettre ces pouvoirs à contribution pour aider leurs camarades d’école. Un casier est mis à disposition pour faire fonction de boîte à lettres et recevoir messages et récompenses sous forme de friandises.

Ils reçoivent donc un message de la triste Yakara, souffre-douleur de ses camarades car avec ses quelques kilos en trop est « différente ». Nos super-héros vont donc mener l’enquête.

Cet album illustré est accessible dès le plus jeune âge en lecture accompagnée et permet de créer dans ce partage une bulle de confiance qui pourrait ouvrir le dialogue. En effet, les enfants peuvent tous être victimes, témoins ou même harceleur…

Cette ouvrage, joliment illustré et coloré, prône la diversité avec nos personnages de différentes origines, sensibilise au handicap avec l’un des super-héros Ibrahim en fauteuil roulant et nous éclaire donc sur le harcèlement avec ce que vit Yakara. Il est à la fois très pédagogue et j’ai apprécié qu’il ne soit pas que dans la dénonciation et enfermé dans la dualité bien/mal mais dans la recherche des causes qui transforment les camarades de Yakara en harceleurs. Ces derniers aussi, pourraient par le dialogue régler leurs problèmes…   

Parfois, malheureusement, comme dans cette chanson, le harcèlement peut avoir des conséquences désastreuses :

Des ailes sous ma peau par Chris Roy

Auto édition 342 pages 28/08/2020

Deuxième roman de cette talentueuse et prometteuse auteure après « Là-haut les anges », « Des ailes sous la peau » est un thriller psychologique qui vous ferra regarder la personne qui partage votre vie d’un autre œil… Car à l’image de Lars, le principal protagoniste de ce récit, connaît-on vraiment sa moitié ? Et ce même si vous avez passé votre adolescence ensemble ?

Un groupe d’amis de l’enfance en Belgique que la vie sépare comme c’est souvent le cas, études, vies professionnelles, mariages, enfants, tous les prétextes sont bons pour s’éloigner. Mais quand votre amour de jeunesse, dont tous les garçons étaient amoureux et les filles jalouses vous appelle, votre vie peut être chamboulée.

Ce sera le cas pour Lars quand Azel se rappellera à son souvenir, séparée, un enfant, en plein doute sur sa vie… Lars verra l’occasion de vivre la vie dont il rêve depuis des années.

Mais Chris Roy n’écrit pas de feel good… C’est donc dans un engrenage infernal que Lars mettra le doigt. Une descente aux enfers où régulièrement quand on se dit qu’il ne pourra pas être plus mal, il s’enfonce un peu plus.

Ce tourbillon qui emporte Lars, est le même que vous allez ressentir à la lecture de ce thriller, votre empathie, vos sentiments à l’égard des personnages seront sans cesse remis en question, les nombreux rebondissements ne cesseront de vous déstabiliser.

J’ai vraiment apprécié la lecture de ce deuxième roman de Chris Roy que je remercie beaucoup pour l’envoi de son thriller et si vous ne connaissez pas cette auteure, je vous invite vivement à la découvrir.

Un titre à écouter dont l’on retrouve la référence dans le roman :

Retrouvez ce roman et le précédent sur amazon (auto-édition) ou sur kindle avec votre abonnement :

 » Abyssjail  » de Pierre-Etienne Bram

AUTO-EDITION 303 pages 17/08/2020

Exercice peu agréable pour moi que de rédiger un retour sur un livre que je n’ai pas apprécié. Néanmoins, une certaine honnêteté intellectuelle et un respect pour les lecteurs de mes chroniques me pousse à dire pourquoi, et alors que j’ai vraiment aimé Deux degrés et demi, ça n’a pas matché avec Abyssjail. Bien entendu, ce n’est que mon avis et je respecte entièrement le travail de l’auteur Pierre-Etienne Bram.

Ce roman d’anticipation, post-apocalyptique s’articule autour de deux histoires parallèles, celles de Dana, une vulcanologue découvrant l’imminence d’une éruption extraordinaire des volcans endormis de Yellowstone et celle de Brian Jones, ami et ancien amant de la scientifique, qui se retrouvera emprisonné dans un établissement pénitentiaire unique puisque sous-marin, étrange coïncidence, son roman traitait de ce même sujet.

Au-delà de l’histoire, plutôt bien construite, c’est surtout les dialogues qui m’ont réellement déçu. En effet, je les trouve en total décalage avec l’histoire narrée où je retrouve plus la patte technique, je dirais même scientifique de l’auteur, précise. Les dialogues sont creux, ne rendent pas service aux personnages et font que l’on décroche totalement de l’histoire.

Je le répète, il ne s’agit que de mon avis. Je vous invite à lire ce roman et faire votre propre opinion et si comme moi celui-ci ne vous plait pas, lisez Deux degrés et demi…   

 » Nightmare – Livre 1 – Le réveil » de Thibault Colon de Franciosi et Johanna Zaïre

Autoédition 392 pages 05/09/2020

Un ovni littéraire, un bel ouvrage, une fraîcheur, un roman, un comics, un roman graphique, Nightmare est tout cela et même plus. Inclassable, fantasy, post-apocalyptique, young adult à lire de 12 à 99 ans, aventure… J’ai rarement eu entre mes mains une œuvre aussi complète. Johanna Zaïre et Thibault Colon de Franciosi incarnent le courage dont font preuve les personnages de ce roman en s’étant lancés dans cette aventure de création d’un univers. Et à l’image de l’étendu de cet univers, ils ont fait ce travail en s’appropriant tous les rôles, de la création à la diffusion de cet ouvrage en passant par son édition. Sans exagérer, nous ne sommes pas très éloignés du génie d’un Tolkien ou d’un Burton. Vous êtes septiques ? Foncez l’acheter et vous verrez !!!

Pour l’histoire, Eve, 20 ans se réveille près d’une vieille ferme abandonnée, un décor sinistre recouvert de cendre, d’arbres morts. Un lieu qui ne lui est en aucun cas familier. A ce moment précis, c’est Théo, 19 ans qui sort également d’un état d’endormissement dans un lieu inconnu, un lac abandonné où même la faune a déserté les lieux. Leur point commun, ils ne se rappellent de rien et ne savent pas ce qu’ils font là. Chacun partira sans le savoir à la rencontre de l’autre dans ce monde rempli d’étrangetés, de bizarreries et surtout de dangers.

Suite à leur rencontre, le besoin de comprendre, d’appréhender ce nouveau monde, les amènera à se lancer dans son exploration. Ils se rendront vite compte qu’ils ne sont pas seuls. Seulement voilà, que cachent les rencontres ? Où est le bien, le mal ? La confiance s’accorde telle facilement ? Faut-il ne chercher que sa propre survie ou est-il plus important de protéger ces enfants rencontrés sur les chemins, tels Alice 5 ans accompagnée de Diego son ours en peluche, Glenn 7 ans myope comme une taupe, Max 9 ans qui voient des choses que les autres ne voient pas. Et tout cela sans compter Spencer, Cyannelle et beaucoup d’autres.

Pour faire honneur à tout bon roman de fantasy ou aux comics qui ont inspirés les créateurs de Nightmare, nous aurons le droit à une bonne dose de pouvoirs que possèdent et apprennent à maîtriser nos protagonistes.

Sur le fond, vous l’aurez compris j’ai tout simplement adoré me plonger dans l’univers Nightmare. La forme est la cerise sur le gâteau. Le livre est magnifique, la couverture d’abord, sublimée par un verni sélectif, le papier de très bonne qualité aux douces couleurs donnant des illustrations en aquarelles que l’on ne se lasse pas d’admirer. Et ce mélange entre pages de textes, illustrations et planches dessinées nous émerveille à chaque page.

La générosité de Johanna et Thibault étant aussi grande que leur talent, ils nous offrent en plus des 350 pages que comportent l’histoire, des croquis, des illustrations supplémentaires réalisées par des amis artistes, la description des lieux qui leur ont inspiré certains décors. Il ne manque que la bande originale mais si vous vous balader sur le net et que comme moi vous écoutez de la musique en lisant, vous tomberez sur des œuvres musicales de Johanna.

Ce livre mérite sa place dans chacune de vos bibliothèques. Je suis impatient de trouver le tome 2 dans mes mains. Pour patienter, je pense m’attarder un peu sur les œuvres passées de ces créateurs géniaux.  

« Le testament de l’Alchimiste » de Jacques VANDROUX

Autoédition 427 pages 20/03/2020

Je découvre avec cette nouvelle enquête de la capitaine de PJ grenobloise Nadia Barka l’univers de Jacques Vandroux. Le testament de l’alchimiste est un thriller ésotérique mêlant donc enquête, suspense, histoire et croyance. En effet, Nadia Barka, en arrêt de travail et encore handicapée physiquement se retrouve héritière d’une lettre révélant l’emplacement d’un tableau encore inconnu car caché de ce grand artiste que fut Botticelli. L’affaire Sandro comme elle l’appellera ne se révélera pas aussi simple car baignée du mystère de l’alchimie.

Sans faire partie à mes yeux des meilleurs du genre, ce récit fait le boulot. Nous y retrouvons tous les éléments composant habituellement ce type de thrillers. Je trouve juste que le récit de Jacques Vandroux manque un peu de rythme, parfois la volonté de l’auteur de nous détailler certaines scènes cassent un peu le rythme. Malgré cela, l’intrigue nous donne envie de continuer la lecture. Ce défaut de rythme serait je pense corrigé si ce roman n’était pas auto-édité.

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