Nouvelles fantasmagoriques par Isaac de Mont

Auto-édition – 67 pages – 28/03/2020

Quelle belle découverte que ce recueil de sept courts récits d’Isaac de Mont ! Le titre, pour commencer, est très évocateur de ce qui nous attend, un univers fantastique, irréel mais non moins troublant de parallèles avec nos réalités. Nos réalités, car, la force de ces textes, c’est de nous permettre à chacun d’avoir notre vision, de créer notre interprétation unique.

Même si les thèmes abordés sont différents, « revisiter l’Illiade, imaginer un futur chaotique, penser autrement au passé » pour reprendre les mots de l’auteur, pèse sur eux, une atmosphère particulière, que l’on retrouve comme fil conducteur au long du recueil.

Chaque nouvelle est assez courte et nous permet de constater l’habilité de l’auteur à travers chacune d’elles, avec un vocabulaire précis, choisi, formant des phrases rythmées, de nous offrir l’essentiel du récit, tel un poète qui avec quelques vers, nous procure beaucoup d’émotions.

Un grand merci et bravo à Isaac de Mont pour cette lecture plaisante et envoutante.

Le premier animé fantasmagorique

Les aventures de Jak et Bil au Gabon – Le secret de l’ivoire par Jacques Ortet

Autoédition 72 pages 12 octobre 2020

Je n’aime vraiment pas faire des retours de lecture négatifs, mais je me suis juré de toujours les faire le plus honnêtement possible et parfois, nous passons à travers l’œuvre d’un auteur. Cela a été le cas pour moi avec cet ouvrage de Jacques Ortet. Je pense en plus sans vouloir être méchant avec le créateur de cet album, que 18 euros pour 72 pages est affreusement onéreux comparés aux 22,90 euros d’une merveille comme Carbone et Silicium et ses 272 pages lu et chroniqué il y a peu.

Pour vous résumer, ce deuxième opus des aventures de Jak, photographe international et son fidèle compagnon et ami Bil, un calao bicorne doté de la parole, les voit s’envoler pour le Gabon, pays dans lequel il souhaite réaliser un reportage photo sur la faune et la flore locale. À peine arrivés, Bil disparait, victime d’un enlèvement. Jak le recherchera par tous les moyens, aidé par une chance inimaginable.

Dans cet ouvrage, aux couleurs vives et aux illustrations plutôt réussies, le scénario m’a fait penser à un très mauvais Tintin…. Le seul bénéfice de cette lecture est une découverte du Gabon.

Ibrahim et Nelson, les super-héros de la cour de récré!

Auto-édition 33 pages 21/10/2020

Nous n’en parlons toujours pas suffisamment avec nos enfants pensant comme souvent que cela n’arrive qu’aux autres, mais le harcèlement à l’école touche près de 700 000 enfants en France selon l’Unicef. Et la première arme pour lutter contre ce fléau est le dialogue, il faut en parler. Cet album jeunesse, peut par le partage d’un moment de lecture à l’école ou dans l’intimité d’un foyer familial y aider.

Ibrahim et Nelson, deux élèves de primaires ont découvert des magic gum qui leur donnent des pouvoirs et les transforment en super-héros. Ils ont décidé de mettre ces pouvoirs à contribution pour aider leurs camarades d’école. Un casier est mis à disposition pour faire fonction de boîte à lettres et recevoir messages et récompenses sous forme de friandises.

Ils reçoivent donc un message de la triste Yakara, souffre-douleur de ses camarades car avec ses quelques kilos en trop est « différente ». Nos super-héros vont donc mener l’enquête.

Cet album illustré est accessible dès le plus jeune âge en lecture accompagnée et permet de créer dans ce partage une bulle de confiance qui pourrait ouvrir le dialogue. En effet, les enfants peuvent tous être victimes, témoins ou même harceleur…

Cette ouvrage, joliment illustré et coloré, prône la diversité avec nos personnages de différentes origines, sensibilise au handicap avec l’un des super-héros Ibrahim en fauteuil roulant et nous éclaire donc sur le harcèlement avec ce que vit Yakara. Il est à la fois très pédagogue et j’ai apprécié qu’il ne soit pas que dans la dénonciation et enfermé dans la dualité bien/mal mais dans la recherche des causes qui transforment les camarades de Yakara en harceleurs. Ces derniers aussi, pourraient par le dialogue régler leurs problèmes…   

Parfois, malheureusement, comme dans cette chanson, le harcèlement peut avoir des conséquences désastreuses :

Des ailes sous ma peau par Chris Roy

Auto édition 342 pages 28/08/2020

Deuxième roman de cette talentueuse et prometteuse auteure après « Là-haut les anges », « Des ailes sous la peau » est un thriller psychologique qui vous ferra regarder la personne qui partage votre vie d’un autre œil… Car à l’image de Lars, le principal protagoniste de ce récit, connaît-on vraiment sa moitié ? Et ce même si vous avez passé votre adolescence ensemble ?

Un groupe d’amis de l’enfance en Belgique que la vie sépare comme c’est souvent le cas, études, vies professionnelles, mariages, enfants, tous les prétextes sont bons pour s’éloigner. Mais quand votre amour de jeunesse, dont tous les garçons étaient amoureux et les filles jalouses vous appelle, votre vie peut être chamboulée.

Ce sera le cas pour Lars quand Azel se rappellera à son souvenir, séparée, un enfant, en plein doute sur sa vie… Lars verra l’occasion de vivre la vie dont il rêve depuis des années.

Mais Chris Roy n’écrit pas de feel good… C’est donc dans un engrenage infernal que Lars mettra le doigt. Une descente aux enfers où régulièrement quand on se dit qu’il ne pourra pas être plus mal, il s’enfonce un peu plus.

Ce tourbillon qui emporte Lars, est le même que vous allez ressentir à la lecture de ce thriller, votre empathie, vos sentiments à l’égard des personnages seront sans cesse remis en question, les nombreux rebondissements ne cesseront de vous déstabiliser.

J’ai vraiment apprécié la lecture de ce deuxième roman de Chris Roy que je remercie beaucoup pour l’envoi de son thriller et si vous ne connaissez pas cette auteure, je vous invite vivement à la découvrir.

Un titre à écouter dont l’on retrouve la référence dans le roman :

Retrouvez ce roman et le précédent sur amazon (auto-édition) ou sur kindle avec votre abonnement :

 » Abyssjail  » de Pierre-Etienne Bram

AUTO-EDITION 303 pages 17/08/2020

Exercice peu agréable pour moi que de rédiger un retour sur un livre que je n’ai pas apprécié. Néanmoins, une certaine honnêteté intellectuelle et un respect pour les lecteurs de mes chroniques me pousse à dire pourquoi, et alors que j’ai vraiment aimé Deux degrés et demi, ça n’a pas matché avec Abyssjail. Bien entendu, ce n’est que mon avis et je respecte entièrement le travail de l’auteur Pierre-Etienne Bram.

Ce roman d’anticipation, post-apocalyptique s’articule autour de deux histoires parallèles, celles de Dana, une vulcanologue découvrant l’imminence d’une éruption extraordinaire des volcans endormis de Yellowstone et celle de Brian Jones, ami et ancien amant de la scientifique, qui se retrouvera emprisonné dans un établissement pénitentiaire unique puisque sous-marin, étrange coïncidence, son roman traitait de ce même sujet.

Au-delà de l’histoire, plutôt bien construite, c’est surtout les dialogues qui m’ont réellement déçu. En effet, je les trouve en total décalage avec l’histoire narrée où je retrouve plus la patte technique, je dirais même scientifique de l’auteur, précise. Les dialogues sont creux, ne rendent pas service aux personnages et font que l’on décroche totalement de l’histoire.

Je le répète, il ne s’agit que de mon avis. Je vous invite à lire ce roman et faire votre propre opinion et si comme moi celui-ci ne vous plait pas, lisez Deux degrés et demi…   

 » Nightmare – Livre 1 – Le réveil » de Thibault Colon de Franciosi et Johanna Zaïre

Autoédition 392 pages 05/09/2020

Un ovni littéraire, un bel ouvrage, une fraîcheur, un roman, un comics, un roman graphique, Nightmare est tout cela et même plus. Inclassable, fantasy, post-apocalyptique, young adult à lire de 12 à 99 ans, aventure… J’ai rarement eu entre mes mains une œuvre aussi complète. Johanna Zaïre et Thibault Colon de Franciosi incarnent le courage dont font preuve les personnages de ce roman en s’étant lancés dans cette aventure de création d’un univers. Et à l’image de l’étendu de cet univers, ils ont fait ce travail en s’appropriant tous les rôles, de la création à la diffusion de cet ouvrage en passant par son édition. Sans exagérer, nous ne sommes pas très éloignés du génie d’un Tolkien ou d’un Burton. Vous êtes septiques ? Foncez l’acheter et vous verrez !!!

Pour l’histoire, Eve, 20 ans se réveille près d’une vieille ferme abandonnée, un décor sinistre recouvert de cendre, d’arbres morts. Un lieu qui ne lui est en aucun cas familier. A ce moment précis, c’est Théo, 19 ans qui sort également d’un état d’endormissement dans un lieu inconnu, un lac abandonné où même la faune a déserté les lieux. Leur point commun, ils ne se rappellent de rien et ne savent pas ce qu’ils font là. Chacun partira sans le savoir à la rencontre de l’autre dans ce monde rempli d’étrangetés, de bizarreries et surtout de dangers.

Suite à leur rencontre, le besoin de comprendre, d’appréhender ce nouveau monde, les amènera à se lancer dans son exploration. Ils se rendront vite compte qu’ils ne sont pas seuls. Seulement voilà, que cachent les rencontres ? Où est le bien, le mal ? La confiance s’accorde telle facilement ? Faut-il ne chercher que sa propre survie ou est-il plus important de protéger ces enfants rencontrés sur les chemins, tels Alice 5 ans accompagnée de Diego son ours en peluche, Glenn 7 ans myope comme une taupe, Max 9 ans qui voient des choses que les autres ne voient pas. Et tout cela sans compter Spencer, Cyannelle et beaucoup d’autres.

Pour faire honneur à tout bon roman de fantasy ou aux comics qui ont inspirés les créateurs de Nightmare, nous aurons le droit à une bonne dose de pouvoirs que possèdent et apprennent à maîtriser nos protagonistes.

Sur le fond, vous l’aurez compris j’ai tout simplement adoré me plonger dans l’univers Nightmare. La forme est la cerise sur le gâteau. Le livre est magnifique, la couverture d’abord, sublimée par un verni sélectif, le papier de très bonne qualité aux douces couleurs donnant des illustrations en aquarelles que l’on ne se lasse pas d’admirer. Et ce mélange entre pages de textes, illustrations et planches dessinées nous émerveille à chaque page.

La générosité de Johanna et Thibault étant aussi grande que leur talent, ils nous offrent en plus des 350 pages que comportent l’histoire, des croquis, des illustrations supplémentaires réalisées par des amis artistes, la description des lieux qui leur ont inspiré certains décors. Il ne manque que la bande originale mais si vous vous balader sur le net et que comme moi vous écoutez de la musique en lisant, vous tomberez sur des œuvres musicales de Johanna.

Ce livre mérite sa place dans chacune de vos bibliothèques. Je suis impatient de trouver le tome 2 dans mes mains. Pour patienter, je pense m’attarder un peu sur les œuvres passées de ces créateurs géniaux.  

« Le testament de l’Alchimiste » de Jacques VANDROUX

Autoédition 427 pages 20/03/2020

Je découvre avec cette nouvelle enquête de la capitaine de PJ grenobloise Nadia Barka l’univers de Jacques Vandroux. Le testament de l’alchimiste est un thriller ésotérique mêlant donc enquête, suspense, histoire et croyance. En effet, Nadia Barka, en arrêt de travail et encore handicapée physiquement se retrouve héritière d’une lettre révélant l’emplacement d’un tableau encore inconnu car caché de ce grand artiste que fut Botticelli. L’affaire Sandro comme elle l’appellera ne se révélera pas aussi simple car baignée du mystère de l’alchimie.

Sans faire partie à mes yeux des meilleurs du genre, ce récit fait le boulot. Nous y retrouvons tous les éléments composant habituellement ce type de thrillers. Je trouve juste que le récit de Jacques Vandroux manque un peu de rythme, parfois la volonté de l’auteur de nous détailler certaines scènes cassent un peu le rythme. Malgré cela, l’intrigue nous donne envie de continuer la lecture. Ce défaut de rythme serait je pense corrigé si ce roman n’était pas auto-édité.

« Sans Queue Ni Tête » Nick GARDEL

Un livre sauvé de justesse du naufrage d’une maison d’édition que je ne citerai pas. Et c’est par l’autoédition qu’il a pu voir le jour. Et heureusement. Car c’est un vrai plaisir de lecture. Attention, un livre qu ne plaira pas à tout le monde. Il ne faut pas être trop sensible et aimer l’humour noir. Mais si comme moi vous êtes adeptes des jeux comme « Blanc Manger Coco », vous serez conquis.

En effet, ce qui fait la différence dans ce thriller, c’est l’humour et la façon de jouer avec les mots de l’auteur, les dialogues que l’on prend plaisir à lire en plus d’une double enquête bien menée.

Vous comprendrez vite que le titre du livre lui sied comme un gant tant le cadavre découvert révèlera bien des surprises… Et de là, pour les deux officiers de polices, les deux Jean, qui vous le verrez, sont des gens bons à ne pas prendre pour des jambons, se lanceront dans une enquête à surprises.

Derrière l’humour, Nick Gardel s’attaque à des sujets difficiles et sensibles, la quête d’identité, la place de la différence dans la société, dans la police…

C’est le premier Nick Gardel que je lis, et Sans Queue Ni Tête me donne envie de découvrir l’univers de cet auteur.

Autoédité, commandez-le auprès de lui via les réseaux sociaux ou sur son site :       http://nickgardel.e-monsite.com/boutique/romans/sans-queue-ni-tete.html

http://nickgardel.e-monsite.com/boutique/romans/sans-queue-ni-tete.html

« Fondamentalement détestable » de Fabrice Causapé

La descente aux enfers d’un personnage presque normal… Ce serait pour moi, le plus court résumé de ce roman dans lequel nous allons rencontrer Vincent Cazaux un « pauvre type » qui suite à une agression lui valant d’être plongé dans le coma, se réveillera en devenant un homme aigri face à une vie de tous les jours qu’il ne supporte plus. Mais ce n’est là que le début, car Vincent ira plus loin, c’est en sérial killer qu’il évoluera. Et cette transformation l’aidera dans sa vie professionnelle car enfin en usant de stratagèmes propres à ce type de personnage, il prendra du galon…

A travers l’histoire de Vincent, Fabrice Causapé nous dépeint une société que nous voyons tous les jours, parfois ses travers sont un peu exagérés, caricaturés mais très proches de la vérité. Et c’est un plaisir, un véritable amusement que de les voir ainsi décrits sous nos yeux.

Je suis plutôt satisfait d’avoir été au bout de cet ouvrage car pour être tout à fait honnête, j’ai au début eu du mal à entrer dans ce récit. Le livre est écrit à la première personne un peu comme un livre de bord nous retraçant la mutation de Vincent. Il utilise un style narratif et un vocabulaire très riche n’en facilitant pas la lecture même si la taille des chapitres assez courts, en plus d’apporter du rythme, fluidifie la lecture et au final, on s’habitue assez vite. Etant donné que c’est le premier roman que je lis de cet auteur, je ne sais dire si c’est son style ou si c’est la façon dont il imagine Vincent nous raconter son histoire.

En tout cas, je remercie beaucoup Fabrice Causapé de m’avoir permis la lecture de son histoire et vous invite accompagner Vincent dans ce changement de vie.

« Je veux m’envoler » de Malik Grillon-Mixtur

Je tiens d’abord à remercier l’auteur Malik Grillon-Mixtur pour m’avoir sollicité afin de découvrir son ouvrage en version numérique et d’entrer ainsi dans son univers.

C’est avec beaucoup de respect pour son travail que je rédige ce retour de lecture car, sur le fond je trouve l’histoire passionnante alors que sur la forme, ce thriller mériterait beaucoup d’être revu et de nouveau travaillé afin de lui offrir l’écrin qu’il mérite. En effet, en plus de malheureusement trop nombreuses coquilles, c’est la mise en page surtout lors des dialogues qui est parfois déstabilisante. Ce texte très riche de par ses personnages travaillés, le puzzle créé par ces intrigues, les références à la mythologie nordique ainsi que des allers-retours entre trois périodes temporelles demandant déjà des efforts de concentration, je trouve dommage que notre attention soit détournée par cette mise ne page. De plus, l’auteur dont l’érudition ne fait aucun doute se laisse parfois emporté par des envies de détailler avec tellement de précision certaines scènes, qu’elles en deviennent interminables et cassent un peu le rythme pourtant très présent (je pense notamment à une scène de partie de poker, ou aux nombreuses scènes de sexe pas toujours nécessaires).

C’est par honnêteté intellectuelle que je donne cet avis. Exceptionnellement, j’ai avant de rédigé ce retour de lecture été voir ce que d’autres lecteurs ont écrit à ce sujet et je suis vraiment étonné qu’à part de rares exceptions, ils ne soulignent pas ces points.

Malik Grillon-Mixtur nous propose néanmoins une excellente histoire avec des personnages complexes, une intrigue dans laquelle -et il fallait oser- se mêlent politique, franc maçonnerie, mythologie nordique, Françafrique, sans oublier le milieu équestre. Il se montre très habile pour rendre cette histoire réaliste et nous donner envie d’en découvrir le dénouement. Il s’agit apparemment du premier tome d’une saga. J’espère que ce premier opus lui ouvrira les portes d’une maison d’édition qui nous permettra de suivre ces personnages et notamment Jordis envoyée par Interpol, qui a je pense un potentiel à développer.

Je renouvelle mes remerciements à Malik Grillon-Mixtur, si j’ai justement pris le temps d’argumenter ce qui m’a le moins plu dans son roman, c’est justement car j’ai dans l’ensemble, vraiment apprécié son travail, ne me sentant pas moi-même capable d’écrire un roman (ce dont je rêverai).

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