Le fil de l’Histoire – La peste, histoire d’une pandémie par Fabrice Erre et Sylvain Savoia

DUPUIS 43 pages 02/10/2020

Dans la crise sanitaire actuelle, les enfants posent souvent pas mal de questions auxquelles nous ne savons toujours pas forcément bien formuler les réponses adéquates. Fabrice Erre et Sylvain Savoia, à travers leurs personnages de Nino et sa grande sœur Ariane, ont les mots justes pour rendre ce sujet accessible aux plus jeunes (dès 6 ans en lecture accompagnée) dans cet album, hybride entre bande dessinée et documentaire.

Je trouve, pour avoir dernièrement fouiné dans des documentaires enfants plus anciens, que cette série donne un vrai coup de jeune à des ouvrages qui ont encore une vraie utilité pour des jeunes lecteurs curieux et qui n’ont pas encore le réflexe systématique de demander à google et autres des informations sur tout et n’importe quoi. De plus, le ton léger et humoristique employé, rend la lecture agréable.

Dans cette série, très abordable en plus, chaque tome étant au prix de 5,90 euros, vous trouverez des sujets aussi intéressants que variés sur Le Titanic, Le mur de Berlin, Gandhi, Les vikings, Le premier pas sur la Lune, Napoléon,….

Pour les plus grands, une vidéo de Ben de Nota Bene :

La boîte à musique – T4 – par Gijé et Carbone

DUPUIS 56 pages 30/10/2020

Quel plaisir de retrouver cette émouvante série jeunesse avec Nola et ses amis de Pandorient. Les premières planches, nous rappellent avec émotion que Nola a perdu sa maman il y a peu et, se retrouve donc à vivre avec son papa, qui vient de trouver le courage de débarrasser les affaires de sa défunte épouse. Nola, l’aidant, tombe dans un des cartons sur une mystérieuse clef, qui lui rappelle l’un des dessins du carnet de sa maman qu’elle garde précieusement. Devenant de plus en plus téméraire, prenant confiance en elle, ni une, ni deux, elle décide de rejoindre Pandorient, à la recherche de la serrure à laquelle est liée cette clef.

Cette quête, amènera notre jeune héroïne à mener un autre combat, celui pour l’amour qui ne doit être contrôler par des lois idiotes, car même dans une société magique, des principes archaïques subsistent, empêchant deux êtres, sous prétexte d’une origine différente à s’aimer.

Cette série née de la collaboration de Gijé et Carbone est décidément un régal pour les amoureux de fantasy, d’émotion, de courage et amateurs de belles illustrations. A quand le cinquième tome ?   

Je vous invite si ce n’est pas encore le cas à lire mes articles sur les trois tomes précédents

https://imaginoire.fr/2020/10/11/la-boite-a-musique-t1-bienvenue-a-pandorient-par-gije-et-carbone/

https://imaginoire.fr/2020/10/18/la-boite-a-musique-t2-le-secret-de-cyprien-par-gije-et-carbone/

https://imaginoire.fr/2020/10/23/la-boite-a-musique-t3-a-la-recherche-des-origines-par-gije-et-carbone/

Et il n’y a pas que moi qui dit que c’est bien ….

Inhumain par Bajram – Mangin – Rochebrune

DUPUIS 104 pages 02/10/2020

L’exploration spatiale, la recherche de nouvelles planètes, la création d’arches de Noé futuristes pour préserver une partie de l’espèce humaine, tous ces sujets ont déjà été abordés de différentes manières. Néanmoins, le trio de créateurs -Thibaud de Rochebrune, Valérie Mangin et Denis Bajram- de ce très bel album planet opera, réussissent à nous surprendre.

Le récit, commence fort, un vaisseau d’exploration spatiale, se crash sur une planète inconnue. L’équipage n’a pour seul échappatoire que d’enfiler leurs scaphandres et de quitter l’engin au plus vite, ce dernier étant en train de sombrer dans les abysses. Les voilà donc dans une eau profonde, aux couleurs sanguines et envahie par des pieuvres marines pas du tout rassurantes…

Sauvés par miracle, les voilà sur la terre ferme, celle sableuse d’une plage, coincée entre l’océan et un immense volcan. Une plage sur laquelle ils feront la rencontre d’habitants, qui n’ont rien d’aliens, bien au contraire puisqu’ils nous ressemblent et parlent notre langue…

Notre équipage, aidé d’Ellis, l’humanoïde les accompagnant, partira dans le but de trouver un moyen de communiquer avec l’arche spatiale de laquelle en sont partis ses membres, en expédition, à la recherche de l’origine de ses humains aux coutumes primitives.

Plus qu’un simple ouvrage illustré, de toute beauté et d’un récit de SF, c’est un album qui nous amène à nous poser de nombreuses questions philosophiques qui font écho à la période que nous traversons actuellement. Doit-on pour un confort relatif, sacrifier nos libertés individuelles, notre libre arbitre, devons-nous vivre uniquement pour le bien être d’une communauté, nos journées ne servant qu’à travailler à maintenir cette société debout ?

Ces réflexions que nous amènent un ouvrage de SF, sont pour moi signe d’une grande œuvre réussie, ce qu’est Inhumain.       

La venin – T1 – Déluge de feu par Laurent Astier

Rue de Sevres 64 pages 09/01/2019

C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai dévoré les pages du premier tome de cette série « La Venin » réalisée par Laurent Astier. Un voyage dans le temps et dans la moitié est des Etats-Unis, un Western digne des meilleurs films du genre, avec une héroïne qui ne nous laisse pas indifférent par la force qui émane d’elle. Un scénario à couper le souffle et qui nous laisse avec l’envie d’attaquer au plus vite la suite de la série et mis en valeur par de magnifiques illustrations nous donnant l’envie de nous évader dans ces grandes plaines quasi désertes.

Nous sommes au Colorado en 1900, dans cette petite ville minière de Silver Creek, arrive avec le train Emily, une très belle jeune femme qui vient pour se marier. Seulement son promis est décédé il y a de ça quinze jours. La voilà sans argent, logement, avec pour seul espoir de survie, la proposition de vendre ses charmes dans le saloon local… Mais Emily ne veut prendre la même voie que sa mère…

Et si tout cela n’était qu’illusions ?

Les aventures de Jak et Bil au Gabon – Le secret de l’ivoire par Jacques Ortet

Autoédition 72 pages 12 octobre 2020

Je n’aime vraiment pas faire des retours de lecture négatifs, mais je me suis juré de toujours les faire le plus honnêtement possibles et parfois, nous passons à travers l’œuvre d’un auteur. Et cela a été le cas pour moi avec cet ouvrage de Jacques Ortet. Je pense en plus sans vouloir être méchant avec le créateur de cet album, que 18 euros pour 72 pages est affreusement onéreux comparés aux 22,90 euros d’une merveille comme Carbone et Silicium et ses 272 pages lu et chroniqué il y a peu.

Pour vous résumer, ce deuxième opus des aventures de Jak, photographe international et son fidèle compagnon et ami Bil, un calao bicorne doté de la parole, les voient s’envoler pour le Gabon, pays dans lequel il souhaite réaliser un reportage photo sur la faune et la flore locales. A peine arrivés, Bil disparait, victime d’un enlèvement. Jak le recherchera par tous les moyens, aidé par une chance inimaginable.

Dans cet ouvrage, aux couleurs vives et aux illustrations plutôt réussies, le scénario m’a fait penser à un très mauvais Tintin…. Le seul bénéfice de cette lecture est une découverte du Gabon.

Harry Cover – T2 – Les mangeurs d’Anglais par Pierre Veys et Cristobal Esdras

DELCOURT 48 pages 31/10/2007

Je vais commencer par un aveu, je n’ai jamais lu les Harry Potter de J.K. Rowling, le premier opus est sorti alors que je lisais des choses complètement différentes et ensuite j’ai juste vu les films (il n’y a pas si longtemps). C’est donc sans être un grand fan de la saga que j’ai lu cette parodie.

Cette parodie qui ne m’a pas entièrement convaincu, m’a fait passer une petite demi-heure légère avec parfois un semblant de sourire. Mais en ces périodes pesantes c’est déjà cela de pris.

Pour les fans de la saga, vous reconnaîtrez les personnages qui se cachent derrière les alias de Harry Cover, Pron, Hormone, Dumbledemeur, Monsieur Buzard, Professeur Roguenroll, Hagrip, Boldemorve, qui évoluent autour de l’école de magie et d’espionnage de Poudrozieu, auxquels s’ajoutent, Hitler, Göring et Goebbels. Harry Cover, n’est pas juste une parodie de l’histoire de Harry Potter, elle reprend les personnages dans une intrigue très différente de la saga. Ici ils voyageront dans le passé pour lutter contre Boldemorve qui veut s’emparer du trésor nazi.

Cet album au scénario original et aux illustrations plutôt réussies s’adresse de préférence aux ados car parfois le langage utilisé est un peu vulgaire. Ce n’est clairement pas un ouvrage qui fera partie de ma collection. Néanmoins, si à l’occasion il vous tombe dans les mains, il vous fera passer quelques dizaines de minutes amusantes.

Le magasin des suicides d’après le roman de Jean Teulé par Olivier Ka et Domitille Collardey

DELCOURT 64 pages 05/09/2012

La maison Tuvache, vous connaissez ? Peut-être si vous avez déjà lu l’excellent roman de Jean Teulé. Pour ceux qui ne connaissent pas encore, les Tuvache sont une famille de commerçant, qui génération après génération commercialisent tout ce qu’il faut pour réussir son suicide. Voilà l’ambiance.

Sauf que nait le petit Alan, par accident ses parents ayant testé un préservatif poreux, un enfant souriant, oui oui, un représentant du bonheur dans ce sinistre magasin. Alan, tout en grandissant, amènera, joie et amour au sein de ce noir tableau.

J’ai pas mal apprécié cette adaptation graphique du roman de Jean Teulé, car elle réussit principalement à retranscrire l’ambiance de l’œuvre originale. Nous retrouvons la joie de vivre d’Alan dont le personnage est coloré de teintes vives, en contraste total avec les traits sombres du reste des dessins.

Vous aimez l’humour noir, le second degré ? Vous allez aimer « Le magasin des suicides ».

Une adaptation cinématographique de Patrice Leconte est parue en 2012.  

Carbone et Silicium par Mathieu Bablet

ANKAMA 272 pages 28/08/2020

Le Silicium, Si, dans le tableau périodique des éléments chimiques est, après l’oxygène, l’élément le plus abondant dans la croûte terrestre.

Le Carbone, C, est le quatrième élément le plus abondant dans l’univers. Il est à la base d’une multitude de composés organiques.

Dans le magnifique ouvrage tant sur la forme que le fond, de Mathieu Bablet, ils sont deux entités créées dans la Silicone Valley par la société Tomorrow Foundation sous la direction du Professeur Noriko, deux intelligences artificielles, deux émotions artificielles… Leur rôle sera de créer du lien social, d’apporter assistance et présence auprès d’une population de plus en plus vieillissante, abandonnée par les plus jeunes.

Prévues, selon les lois du capitalisme, à une durée de vie courte, régit par une obsolescence programmée, ils doivent s’éteindre au bout de quinze ans. Seulement ces entités douées d’une remarquable intelligence et capable de traiter des quantité d’informations en quelques nanosecondes, ne le verront pas de cet œil.

Je n’ai pas assez de superlatifs pour vous décrire la qualité du travail de Mathieu Bablet. Cet album est postfacé par Alain Damasio, c’est pour moi la meilleure preuve de sa magnificence. Si un jour, je rédige une chronique ne serait-ce que dix fois moins bonne que cette analyse de l’œuvre par ce génie qu’est Damasio, je serais le plus heureux des blogueurs.

Carbone & Silicium est à la fois, une œuvre futuriste et actuelle, philosophique et initiatique, engagée, sombre et lumineuse. Elle nous marque et mérite sa place au Panthéon des œuvres SF à côté des romans de Barjavel, Azimov, Damasio… C’est le cycle des robots d’aujourd’hui. Mathieu, nous peint un tableau avec des illustrations qui nous paraissent parfois inachevées, qui créent un flou mais qui correspondent à ce futur qui n’est qu’une proposition du futur qui nous attend. Un monde ravagé par la surpopulation, qui se vengera de la manière dont nous traitons la planète et où les technologies que nous développons prendront une place de plus en plus importante, reléguant l’espèce humaine à un second plan. Ça, c’est pour le côté sombre.

Pour le côté lumineux de cette œuvre, qui vient éclairer les ténèbres, vers lesquelles nous fonçons tête baissée, il y a ces histoires d’amours, un amour filial entre Noriko et ses créations, surtout carbone, un amour platonique entre les deux entités qui traversera le temps.

Quelles places souhaitons-nous laisser à l’artificiel ? Quels futurs souhaitons-nous pour nos enfants ? Voilà le genre de questions qui vous trotteront dans la tête après la lecture de ce chef d’œuvre.

Jason Brice -T1, 2 et 3 – par Milan Jovanovic et Alcante

Éditions Dupuis Tome 1 56 pages 20/08/2008
Éditions Dupuis Tome 2 56 pages 29/10/2009
Éditions Dupuis Tome 3 56 pages 26/08/2010

Bienvenue dans le Londres des années 1920, Jason Brice est un détective privé au mystérieux passé que nous découvrirons au fur et à mesure du récit thriller/fantastique dans cette série de trois albums illustrés. Un scénario signé Alcante et des dessins de Milan Jovanovic.

Une série de romans prédisent de tragiques événements à venir. Brice mènera l’enquête sur l’auteur disparu, quête à travers laquelle, les morts abondent, les secrets passés remontent à la surface, le tout dans une ambiance où le rationnel n’apporte pas toutes les réponses.

Cet ensemble de trois album composant l’histoire : Ce qui est écrit, Ce qui se cache et Ce qui est révélé, se dévore avec beaucoup de plaisir même si ce n’est pas le chef d’œuvre du siècle. Le voyage dans le temps fut un bon moment de lecture.

OBIE KOUL – T1 – Un week-end sur deux chez mon père

Kennes 56 pages 22/05/2019

J’ai découvert cet album primé par les collégiens au festival d’Angoulême 2020 grâce aux 48 H BD et je ne suis pas déçu de sa lecture. Le scénario à la fois très actuel, social et de science-fiction mis en valeur par des illustrations et des couleurs de toute beauté, permettent un véritable moment de plaisir.

L’histoire, c’est celle d’Obie un adolescent d’une douzaine d’années né d’un amour hétéroplanétaire entre Mia sa maman, terrienne et prof de maths et Elzeki, son papa explorateur extra-terrestre de la planète Oxythol. Mia et Elzeki se sont aimé, mais ne poouvant continuer à vivre ensemble, se sont séparé. Mia est mutée dans un nouveau collège et part vivre seule avec Obie que son père continue de visiter, jusqu’à ce qu’il finisse par lui révéler le secret de son origine et l’emmène en week-end spatial.

J’ai vraiment bien aimé cet album qui traite à la fois de sujets très actuels, la différence, le divorce, le harcèlement tout en ajoutant de la SF que de jeunes lecteurs apprendront certainement à aimer.

Je conseille vivement cette bande dessinée aux jeunes lecteurs à partir du collège, sachant que les plus vieux apprécieront aussi sans aucun doute.

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