Mademoiselle J. – Je ne me marierai jamais par Sente et Verron

Dupuis 64 pages 09/10/2020

Retrouvons l’oncle Paul après nous avoir conté les aventures de Ptirou, lors de la réunion familiale à Noël, revient pour les fêtes de Pâques. Cette fois, il va nous narrer, l’histoire de Juliette de retour à Paris, et ce, pendant les mois qui ont précédé la seconde guerre mondiale.

Juliette vit en quelque sorte, le chagrin d’une histoire d’amour qui n’a vraiment jamais commencé, fauchée par la disparition de Ptirou. Sa décision est prise, elle ne se mariera pas et deviendra grand reporter. En parallèle, son père a quitté ses fonctions à la direction de la Transat pour se lancer dans une nouvelle compagnie avec un associé qui souhaite lui, faire entrer les allemands au capital. Sauf que depuis 1933, Hitler est chancelier. Juliette, qui part l’héritage de sa maman est de fait, coactionnaire, refuse de s’associer avec eux. Pour la faire changer d’avis, le partenaire de son père mettra en place toute une stratégie diabolique…

Cet album signé Verron et Sente, au scénario digne d’un thriller, recréé à merveilles l’ambiance du Paris de la fin des années 30, les tenues, les véhicules, les bâtiments, nous donnent l’impression de visionner un documentaire historique. J’ai également beaucoup aimé retrouver, au cœur de ce récit, la force de caractère de Juliette, véritable féministe.

Un second volume aussi agréable à lire et regarder que le premier. Vivement le prochain.

La bande-annonce du second volume
Vidéo pour découvrir l’exposition universelle de Paris 1937, que l’on retrouve dans l’album.

Mademoiselle J. – Il s’appelait Ptirou par Sente et Verron

Éditions DUPUIS 80 pages 09/10/2020 réédition de « Il s’appelait Ptirou » sorti le 17 novembre 2017 dans la collection « Le Spirou de… »

J’ai démarré la lecture de cet album dont le scénario est signé Yves Sente et les illustrations sont réalisées par Laurent Verron avec cette nostalgie de retrouver les émotions d’enfance à la lecture d’album de Spirou. Le lien est forcément fait au premier coup d’œil par la couverture ou le titre. Néanmoins, ce talentueux duo, va beaucoup plus loin, en nous racontant les origines de ce personnage qui aura accompagné de nombreux jeunes amateurs de bandes dessinées.

Ce récit, ils nous le font conter par un vieux monsieur, l’adorable oncle Paul, qui le soir du 24 décembre 1959, s’assoie dans un fauteuil et allume sa pipe afin de raconter à se neveux et nièces une histoire, celle de Mademoiselle J qui nous fera remonter le temps et embarquer sur un magnifique Paquebot, un transatlantique avec Juliette, son papa, son infirmière, un pilote d’avion et de nombreux passagers dont un jeune garçon roux, Ptirou, orphelin depuis le décès de sa maman artiste de cirque.

A l’image de ces enfants buvant les paroles de leur tonton, nous dévorons avec plaisir chaque case, chaque bulle de cet album. Nous voyageons comme nous pouvons le faire dans un roman d’aventures, nous apprenons plein de choses comme dans un roman historique, et enfin, nous nous révoltons face à ce contraste entre l’opulence et la pauvreté comme dans un roman noir, social.

J’ai commencé cet album avec nostalgie, pour le fermer avec beaucoup de tristesse et de tendresse.

La bande annonce de l’album original.
Découvrez d’une autre manière ce magnifique paquebot le SS Ile de France

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Asgard – T1 & T2 – par Ralph Meyer et Xavier Dorison

DARGAUD 54 pages 01/03/2012
DARGAUD 56 pages 24/01/2013

Une plongée à l’époque des Vikings, à la rencontre d’Asgard, un Skraëling, un « homme laid », puisque né avec une jambe manquante, épargné d’une mort promise par son père et qui est devenu un Krökkentödter, un chasseur de monstre.

Un monstre marin, harcèle et décime les flottes de pêcheurs d’un village des pays nordiques. Ces derniers n’auront d’autre solution que de faire appel à Asgard Pied-de-fer pour tenter de traquer et tuer cette créature qui menace, l’hiver approchant la survie des villageois. Il partira donc accompagné d’autres courageux, à bord d’un navire spécialement équipé pour la chasse au monstre. Démarre alors une aventure à travers les fjords, dans laquelle, ils apprendront à se connaître, et nous, nous en apprendrons un peu plus sur les mythes nordiques et le passé d’Asgar.

Cette œuvre graphique est composée de deux tomes, le scénario est de Xavier Dorison et les illustrations réalisées par Ralph Meyer. Un vrai plaisir de lecture avec en toile de fond, l’adaptation face au handicap mêlé à la légende nordique du Serpent monde.  

 

Le fil de l’Histoire – La peste, histoire d’une pandémie par Fabrice Erre et Sylvain Savoia

DUPUIS 43 pages 02/10/2020

Dans la crise sanitaire actuelle, les enfants posent souvent pas mal de questions auxquelles nous ne savons toujours pas forcément bien formuler les réponses adéquates. Fabrice Erre et Sylvain Savoia, à travers leurs personnages de Nino et sa grande sœur Ariane, ont les mots justes pour rendre ce sujet accessible aux plus jeunes (dès 6 ans en lecture accompagnée) dans cet album, hybride entre bande dessinée et documentaire.

Je trouve, pour avoir dernièrement fouiné dans des documentaires enfants plus anciens, que cette série donne un vrai coup de jeune à des ouvrages qui ont encore une vraie utilité pour des jeunes lecteurs curieux et qui n’ont pas encore le réflexe systématique de demander à google et autres des informations sur tout et n’importe quoi. De plus, le ton léger et humoristique employé, rend la lecture agréable.

Dans cette série, très abordable en plus, chaque tome étant au prix de 5,90 euros, vous trouverez des sujets aussi intéressants que variés sur Le Titanic, Le mur de Berlin, Gandhi, Les vikings, Le premier pas sur la Lune, Napoléon,….

Pour les plus grands, une vidéo de Ben de Nota Bene :

La boîte à musique – T4 – par Gijé et Carbone

DUPUIS 56 pages 30/10/2020

Quel plaisir de retrouver cette émouvante série jeunesse avec Nola et ses amis de Pandorient. Les premières planches, nous rappellent avec émotion que Nola a perdu sa maman il y a peu et, se retrouve donc à vivre avec son papa, qui vient de trouver le courage de débarrasser les affaires de sa défunte épouse. Nola, l’aidant, tombe dans un des cartons sur une mystérieuse clef, qui lui rappelle l’un des dessins du carnet de sa maman qu’elle garde précieusement. Devenant de plus en plus téméraire, prenant confiance en elle, ni une, ni deux, elle décide de rejoindre Pandorient, à la recherche de la serrure à laquelle est liée cette clef.

Cette quête, amènera notre jeune héroïne à mener un autre combat, celui pour l’amour qui ne doit être contrôler par des lois idiotes, car même dans une société magique, des principes archaïques subsistent, empêchant deux êtres, sous prétexte d’une origine différente à s’aimer.

Cette série née de la collaboration de Gijé et Carbone est décidément un régal pour les amoureux de fantasy, d’émotion, de courage et amateurs de belles illustrations. A quand le cinquième tome ?   

Je vous invite si ce n’est pas encore le cas à lire mes articles sur les trois tomes précédents

https://imaginoire.fr/2020/10/11/la-boite-a-musique-t1-bienvenue-a-pandorient-par-gije-et-carbone/

https://imaginoire.fr/2020/10/18/la-boite-a-musique-t2-le-secret-de-cyprien-par-gije-et-carbone/

https://imaginoire.fr/2020/10/23/la-boite-a-musique-t3-a-la-recherche-des-origines-par-gije-et-carbone/

Et il n’y a pas que moi qui dit que c’est bien ….

Inhumain par Bajram – Mangin – Rochebrune

DUPUIS 104 pages 02/10/2020

L’exploration spatiale, la recherche de nouvelles planètes, la création d’arches de Noé futuristes pour préserver une partie de l’espèce humaine, tous ces sujets ont déjà été abordés de différentes manières. Néanmoins, le trio de créateurs -Thibaud de Rochebrune, Valérie Mangin et Denis Bajram- de ce très bel album planet opera, réussissent à nous surprendre.

Le récit, commence fort, un vaisseau d’exploration spatiale, se crash sur une planète inconnue. L’équipage n’a pour seul échappatoire que d’enfiler leurs scaphandres et de quitter l’engin au plus vite, ce dernier étant en train de sombrer dans les abysses. Les voilà donc dans une eau profonde, aux couleurs sanguines et envahie par des pieuvres marines pas du tout rassurantes…

Sauvés par miracle, les voilà sur la terre ferme, celle sableuse d’une plage, coincée entre l’océan et un immense volcan. Une plage sur laquelle ils feront la rencontre d’habitants, qui n’ont rien d’aliens, bien au contraire puisqu’ils nous ressemblent et parlent notre langue…

Notre équipage, aidé d’Ellis, l’humanoïde les accompagnant, partira dans le but de trouver un moyen de communiquer avec l’arche spatiale de laquelle en sont partis ses membres, en expédition, à la recherche de l’origine de ses humains aux coutumes primitives.

Plus qu’un simple ouvrage illustré, de toute beauté et d’un récit de SF, c’est un album qui nous amène à nous poser de nombreuses questions philosophiques qui font écho à la période que nous traversons actuellement. Doit-on pour un confort relatif, sacrifier nos libertés individuelles, notre libre arbitre, devons-nous vivre uniquement pour le bien être d’une communauté, nos journées ne servant qu’à travailler à maintenir cette société debout ?

Ces réflexions que nous amènent un ouvrage de SF, sont pour moi signe d’une grande œuvre réussie, ce qu’est Inhumain.       

La venin – T1 – Déluge de feu par Laurent Astier

Rue de Sevres 64 pages 09/01/2019

C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai dévoré les pages du premier tome de cette série « La Venin » réalisée par Laurent Astier. Un voyage dans le temps et dans la moitié est des Etats-Unis, un Western digne des meilleurs films du genre, avec une héroïne qui ne nous laisse pas indifférent par la force qui émane d’elle. Un scénario à couper le souffle et qui nous laisse avec l’envie d’attaquer au plus vite la suite de la série et mis en valeur par de magnifiques illustrations nous donnant l’envie de nous évader dans ces grandes plaines quasi désertes.

Nous sommes au Colorado en 1900, dans cette petite ville minière de Silver Creek, arrive avec le train Emily, une très belle jeune femme qui vient pour se marier. Seulement son promis est décédé il y a de ça quinze jours. La voilà sans argent, logement, avec pour seul espoir de survie, la proposition de vendre ses charmes dans le saloon local… Mais Emily ne veut prendre la même voie que sa mère…

Et si tout cela n’était qu’illusions ?

Les aventures de Jak et Bil au Gabon – Le secret de l’ivoire par Jacques Ortet

Autoédition 72 pages 12 octobre 2020

Je n’aime vraiment pas faire des retours de lecture négatifs, mais je me suis juré de toujours les faire le plus honnêtement possible et parfois, nous passons à travers l’œuvre d’un auteur. Cela a été le cas pour moi avec cet ouvrage de Jacques Ortet. Je pense en plus sans vouloir être méchant avec le créateur de cet album, que 18 euros pour 72 pages est affreusement onéreux comparés aux 22,90 euros d’une merveille comme Carbone et Silicium et ses 272 pages lu et chroniqué il y a peu.

Pour vous résumer, ce deuxième opus des aventures de Jak, photographe international et son fidèle compagnon et ami Bil, un calao bicorne doté de la parole, les voit s’envoler pour le Gabon, pays dans lequel il souhaite réaliser un reportage photo sur la faune et la flore locale. À peine arrivés, Bil disparait, victime d’un enlèvement. Jak le recherchera par tous les moyens, aidé par une chance inimaginable.

Dans cet ouvrage, aux couleurs vives et aux illustrations plutôt réussies, le scénario m’a fait penser à un très mauvais Tintin…. Le seul bénéfice de cette lecture est une découverte du Gabon.

Sapiens – T1 – La naissance de l’humanité par Yuval Noah Harari , Daniel Vandermeulen et Daniel Casanave

ALBIN MICHEL 248 pages 07/10/2020

Depuis tout jeune, je suis très intéressé par l’histoire de l’humanité, de l’évolution d’Homo à travers les âges et je voue une énorme admiration à Yves Coppens dont j’ai dévoré tous les ouvrages. Quand j’avais vu en rayon en librairie Sapiens, je m’étais donc jeté dessus, découvert Yuval Noah Harari et sa manière de rendre accessible cette longue transformation des humains primitifs à cet être « évolué » que nous sommes devenus.

La sortie en roman graphique de Sapiens m’a permis de me replonger dans ce best-seller publié il y a maintenant cinq années. Plus qu’une simple adaptation, c’est un essai transformé qui colle complétement au format de ce type d’ouvrage. En effet, Harari s’est associé à David Vandermeulen et Daniel Casanave qui n’en sont pas à leur première collaboration dans ce type d’ouvrage de non-fiction. Sans oublié Claire Champion qui a réalisé la mise en couleur des illustrations.

Quelle bonne idée donc que cet album qui reprend une partie des presques 500 pages de l’essai original allant de la révolution cognitive il y a 70 000 ans, avec quelques bons en arrières, à la révolution agricole il y a 12 000 ans. Cette refonte en images, permet de rendre l’ouvrage accessible aux plus jeunes ainsi qu’aux lecteurs ayant peur de se lancer dans la lecture d’un épais essai.

Plonger dans l’étude de nos origines, nous permet de comprendre notre présent et d’entrevoir un futur ou le risque d’absence de futur attendant notre espèce.

Chacun pourra se faire son avis, le mien étant plutôt pessimiste à moins qu’une nouvelle révolution de notre façon de penser ne change la donne.

Blanc autour par Wilfrid Lupano et Stéphane Fert

DARGAUD 144 pages 27/11/2020

Wilfrid Lupano (scénario) et Stéphane Fert (illustrations) nous invitent à un voyage dans le temps, aux Etats-Unis, dans les années 1830. Pour être plus précis, à Canterbury dans le Connecticut. Et ce, afin de nous conter, l’histoire de la Canterbury Female Boarding School, la première école pour jeunes filles à la peau d’ébène.

L’institutrice, Prudence Crandall (1803-1890) est enseignante dans cette école, qui n’est à la base qu’une école de filles dans laquelle un jour, vient se présenter « Sarah », une jeune fille curieuse en soif d’apprentissage. Mademoiselle Crandall décide de lui offrir une place à l’école. Mais à cette époque et même si dans ces états du nord, l’esclavage n’est plus pratiqué, le racisme est encore monnaie courante et les esprits sont toujours hantés par Nat Turner, un esclave qui savait lire et écrire et qui a mené une révolte sanglante. Les blancs, refusent cette idée et menacent d’enlever leurs enfants. L’institutrice les prendra au mot et de ce fait, elle vient de créer la première école pour jeunes filles noires.

J’ai beaucoup apprécié cette histoire basée sur des faits réels et qui m’étaient totalement inconnus. Le travail de documentation a été remarquablement mené et permet à cet album graphique d’être très instructif. De plus, les biographies de personnalités issues de cette école en post face de l’album m’a appris beaucoup de choses. Elles sont signées par Joanie DiMartino, a conservatrice du musée Prudence Crandall. J’ai été un peu moins sensible aux illustrations et surtout à la police de caractères utilisée qui ne se prête pas à la lecture dématérialisée.

Je remercie en tout cas Netgalley et les éditions Dargaud pour cette histoire de sororité dans cette Amérique où même aujourd’hui, le racisme est malheureusement toujours présent.

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