Les rêves échoués par Carine Joaquim

La Manufacture de Livres – 240 pages – 2 Juin 2022

Clarisse, 13 ans, collégienne, vit en alternance chez sa mère et son père suite à leur séparation. Seulement, la jeune adolescente ne trouve sa place nulle part et encore moins au collège où, diagnostiquée haut potentiel, elle est différente des autres. Seule échappatoire à cette société qui décide de tout pour elle, les discussions avec Sergio, rencontré sur le net qui lui promet une évasion en scooter. Quand elle décidera de le rejoindre pour vivre le roadmovie promis, c’est à l’encontre d’un bouleversement complet de sa vie qu’elle se rend.
Sa rencontre avec Tony lui permettra de partir au Portugal, loin de chez elle, c’est là qu’elle se sentira le mieux. Mais, à 13 ans, on ne disparaît pas comme cela…
Quel plaisir de retrouver la plume de Carine Joaquim qui voile d’une tendre sensibilité des mots durs, crus. L’autrice, comme dans son précédent ouvrage, renoue avec un récit dans lequel elle sème progressivement les éléments qui nous confrontent à une sombre réalité. À travers Clarisse, nous pouvons aisément imaginer ces tas d’adolescents torturés que nous fréquentons parfois sans imaginer ce que cachent leurs fêlures.
Merci à La Manufacture de Livres, particulièrement Pierre Fourniaud et à Carine Joaquim pour ce bouleversant voyage.

Nos corps étrangers par Carine Joaquim

La Manufacture de Livres – 232 pages – 07 janvier 2021

Avec Nos corps étrangers, Carine Joaquim nous offre un premier roman court, noir, d’une extrême finesse psychologique, un bouleversant récit sur ces vies parfois si banales en apparence et pourtant…

Elisabeth, Stéphane et Maeva 15 ans, forment une famille d’apparence modèle comme il en existe des milliers d’autres. Seulement, derrière d’idylliques apparences, se cachent souvent une réalité moins reluisante et malheureusement tellement banale. Leur réalité, c’est celle d’un couple qu’a fui l’amour, abîmé par la routine, les rêves inaccomplis et brisé par l’adultère de l’époux. Pour se reconstruire, ils décident de fuir cette réalité, de l’abandonner, quittant Paris, pour se donner une nouvelle chance en banlieue, à quelques dizaines de kilomètres. Seulement vingt ans ne s’effacent pas comme cela.

Ils rêvent d’un nouveau départ, s’offrent une jolie maison avec jardin et atelier. C’est là qu’Elisabeth souhaite se mettre à la peinture, une passion enfouie au fond d’elle, de ce corps devenu étranger, traumatisé par la trahison de Stéphane et qui n’accepte plus d’être nourri. Elle espère que la peinture sera une thérapie, une renaissance.

Maeva quant à elle est jeune fille qui devient femme, et doit faire connaissance avec un corps changeant, découvre les sentiments amoureux et cette nouvelle vie, loin de ses amis d’enfance tout en se remettant de la perte de sa grand-mère.

Pour Stéphane seul l’augmentation du temps passé dans les transports sera un changement notoire dans cette nouvelle vie qui ne fera pas illusion longtemps.

Carine Joaquim signe un brillant premier roman qui doucement, nous emporte jusqu’à nous happer complétement, le final est brutal, bouleversant. L’auteur aborde avec finesse de nombreux sujets tels que le handicap, l’immigration, le harcèlement, l’adolescence, l’adultère, la parentalité, le rapport du corps et de l’esprit… Beaucoup de sujets pour un court roman rythmé par une année scolaire de la vie de cette famille. Seulement, comme la vie nous le prouve trop régulièrement, le sort a tendance à s’acharner.

J’ai une nouvelle fois été bluffé par un premier roman dont la lecture dès les premières lignes m’a émotionnellement bouleversé tant ce premier chapitre résonnait en moi pour des raisons très personnelles. Néanmoins, la plume sensible de Carine Joaquim aura su transformer cette lecture en une nouvelle passionnante expérience. Comme lecteur, j’ai souvent l’impression de grandir un peu après chaque roman publié chez La Manufacture de Livre que je lis.

Un grand bravo Carine, hâte de découvrir le prochain et merci à Pierre Fourniaud de faire vivre une si belle maison et de nous permettre de découvrir autant de talents.

Quand l’amour n’est plus, il vaut parfois mieux lui dire au revoir tout simplement…

Le site de l’éditeur : https://www.lamanufacturedelivres.com/livres/fiche/191/joaquim-carine-nos-corps-etrangers

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