Peau d’Homme par Hubert et Zanzim

Glénat – 160 pages – 03 Juin 2020

Roman graphique aux multiples prix mérités, Peau d’Homme navigue entre la fable, le merveilleux, l’historique, la satire, le roman social, le roman initiatique. Le talentueux et regretté Hubert aux commandes du scénario et Zanzim qui signe les dessins et la mise en couleur, nous invite à suivre Bianca à la veille de ses noces.

La Renaissance, période charnière entre Moyen Âge et époque moderne a du mal à laisser derrière elle son lourd héritage religieux pour moderniser ses mœurs. On le voit ici avec Bianca, réduite à sa condition de femme, monnaie d’échange entre deux familles pour un mariage arrangé. Seulement Bianca ne le voit pas de cet œil et, aimerait au moins, à défaut de choisir son époux, faire connaissance avec lui quelques jours avant la noce. C’est sa tante, qui en lui faisant découvrir la peau d’Homme, transmise de mère en fille, qui lui offrira un moyen de découvrir à la fois son promis, mais aussi, les codes masculins, la sexualité, le passage à l’âge adulte, dans cette ville où pèse le fanatisme religieux.

Très clairement, cet ouvrage, très réussi sur le plan graphique avec, entre autres, ces illustrations modernes qui rendent hommages aux enluminures, ne plaira pas sur le fond à tous les lecteurs. En effet, les sujets abordés, sexualité, homo-sexualité, religion, libération de la femme, tabous depuis de nombreux siècles, le sont toujours aujourd’hui et les étroits d’esprit ne sont pas près de changer. Si, en revanche, vous vous intéressez à ces sujets, l’angle choisi par les auteurs avec un parti pris assumé, permet quand même de prendre du recul et se poser les bonnes questions.

Une belle réussite qui souffre juste de quelques longueurs et dont certains contenus ne rendent pas ce roman graphique accessible aux lecteurs en dessous de 15-16 ans.

Leçon de dessin par Zanzim pour Peau d’Homme des éditions Glénat

La page de l’éditeur : https://www.glenat.com/1000-feuilles/peau-dhomme-9782344010648

 » Un putain de conte de putain de chat » de Lapuss’ et Tartuff

Éditions Kennes 32 pages 26/08/2020

Du nouveau, du nouveau !! Lapuss’ renouvelle en profondeur Putain de chat avec ce conte écrit à quatre mains ou quatre pattes où les dessins sont mis en couleur. Du plus sans rien avoir enlever des ingrédients qui nous font apprécier ces « Putain de Chat ».

Ici, pour ce qui j’espère sera le premier opus d’une série, nous nous retrouvons dans la grosse pomme où vit dans l’appartement d’une bourgeoise âgée Hector, un angora turc de toute beauté. Derrière cette apparence de grosse boule de poils, son caractère est bien félin… seulement un félin embourgeoisé vivant de pâtés préparés chez le traiteur et dormant sur de moelleux coussins.

Une petite vie pépère donc pour Hector, jusqu’à sa rencontre sur le balcon de cet appartement newyorkais avec deux pigeons, Polo le Teubé et Jacques le Futé qui se moquant de sa condition, réveillent en lui un besoin de liberté. Mais n’est pas aventurier qui le veut.

De l’humour, un langage peu dans les normes, un Hector que j’imagine parler avec la voix d’Arnaud de Montebourg, une aventure urbaine, l’acceptation de l’autre et le rejet des différences. Voilà tous les éléments qui m’ont fait adoré ce conte de Lapuss’ et Tartuff que je vous conseille de lire sans plus attendre.

« La mélodie du malheur » de Michaël Moslonka

128 pages éditions faute de frappe 04/02/2020

« La mélodie du malheur » est un court roman de Michaël Moslonka tirée d’une nouvelle écrite par ce dernier il y a quelques années. L’avantage de ce genre de roman est que l’on peut l’avaler en une soirée, ce que je vous conseille tant l’auteur prend plaisir à nous balader.

C’est un exercice difficile d’écrire une histoire courte car il faut accrocher très rapidement le lecteur et l’emmener dans l’histoire en quelques pages. Michaël Moslonka l’a ici réalisé avec brio.

Mina est une jeune fille surdouée dont les parents pour la protéger des conséquences de cette différence, décident que dorénavant, ils vivraient à la campagne. Les voilà donc arrivant aux Trois Epis, un mystérieux hameau qui nous fera voyager dans un univers où à aucun moment, si ce n’est lors du dénouement, nous comprenons vraiment où nous mettons les pieds.

C’est là, la grande réussite de l’auteur, qui écrit là une fiction dans laquelle je retrouve un peu de Stephen King, il nous entraîne dans une histoire où nous nous perdons, mais dans laquelle, lui ne nous perds pas et nous amène exactement là où il le voulait.

Terminant comme dans un conte par une jolie morale, mais n’en dévoilons pas trop…

Un grand bravo à Michaël Moslonka pour ce travail de qualité, c’est le premier de ses récits que je lis et j’ai vraiment envie d’en découvrir d’autres.

https://www.editionsfautedefrappe.fr/page-d-articles/la-melodie-du-malheur-micha%C3%ABl-moslonka

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