Le Sacre des Impies par Ghislain Gilberti

COSMOPOLIS 651 pages 05/11/2020

Je vous le dis de suite, car je ne garantis pas à 100% une totale objectivité sur cette chronique tant je suis fan et admiratif de celui qui est au roman noir, ce que le King des grandes années était à la littérature fantastique. Ghislain Gilberti, possède ce quelque chose en plus qui transforme un roman écrit avec une plume des plus talentueuse en un récit qui, comme le ferait une puissante drogue, pénètre votre organisme, jusqu’à se répandre dans tous vos organes avant enfin de dévorer votre âme. Et, cette trilogie des Ombres, chef d’œuvre de la littérature noire, que vient conclure ce troisième opus « Le sacre des impies » ne fait que le démontrer.

Nous avions découvert Boderline, puis les Anges de Babylone, ici, nous suivons en parallèle, les premiers instants de la création en 1995 et l’aboutissement du projet des sept membres de l’Hydre en 2011. Dans un final qui vous pète à la gueule, vous laisse coi et vous aura marqué à jamais.

Oui vous ne rêvez pas, malgré les atrocités qu’auront pu commettre ceux qui ont gravé sur leur corps « ecce lex », des psychopathes de la pire espèce, vous ressentez de l’empathie pour eux et ressentez un certain respect pour leur code d’honneur et d’une certaine façon pour leur humanité. Car oui, ils ne sont que des hommes et femmes, victimes d’une société qui ne protège que les riches et puissants.

Et c’est à nous, petits privilégiés, éternels insatisfaits, menant une vie, soyons honnêtes, plutôt confortable, que Ghislain dévoile, cette société que nous ne voulons voir, et à laquelle nous avons échappé, nés dans de bonnes familles, aimantes et protectrices. De nombreux facteurs tels la violence, l’alcool, la dépression, les mauvaises fréquentations, la folie auraient pu détruire ce fragile équilibre et nous faire dévier vers cet underground, cette sombre et marginale société que décrit Ghislain.

Une trilogie à mettre entre les mains de lecteurs avertis, qui sortiront sans doute un peu changés de cette plongée dans les profondeurs d’un système se faisant échos aux dérives de notre si parfaite société.

Merci Ghislain, de donner autant de toi, témoin de ce que nous ne saurions voir. Je ne suis pas sûr que nous serions nombreux à ne pas avoir totalement sombré.    

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Le quatrième rassemblement par Cyril Carrère

Cosmopolis 400 pages 8/10/2020

Avec son style très visuel, cinématographique, Cyril Carrère nous emmène à l’ouest du pays de l’oncle Sam, en Californie, état de naissance de nombreuses start-up, dans une petite ville, Visalia, dans laquelle William, créateur avec deux amis d’Educorp aimerait créer une nouvelle « Silicon Valley ». Seulement William, serial entrepreneur à succès, s’est cette fois complètement planté et Educorp fait faillite. Pour se relever et répondre à son appétit de requin des affaires, il acceptera l’aide d’un fond d’investissement… Mais quand on vend son âme au diable, on en perd son humanité…

Cyril nous offre avec « Le Quatrième rassemblement » un magistral page-turner, à travers lequel nous suivons le destin d’un homme qui perd son âme dans une machination qui n’a pas fini de nous surprendre tant sans cesse, nous nous demandons qui tire véritablement les ficelles. Ce roman est digne des meilleurs scénarios hollywoodiens et nous fait découvrir une Amérique de seconde zone comme nous la connaissons si peu.

Ce thriller est un vrai bon moment de lecture après laquelle vous regarderez d’un autre œil vos collègues et associés.

Résumé :

Visalia, Californie centrale.

William, l’homme d’affaires, rêve de créer un nouveau pôle d’excellence dans la région qui l’a vu naître, loin de la Silicon Valley et de la Baie de San Francisco. Lorsque sa société Educorp fait faillite, étourdi par le désir de revanche, il accepte l’aide d’un fonds privé sans en avertir ses associés.
Quand Carl, l’avocat fiscaliste, met son nez dans les affaires d’Educorp, ce qu’il découvre va l’aspirer au cœur d’un engrenage incontrôlable.

Philip s’active pour offrir une fin de vie décente à sa mère. Pour y parvenir, le lieutenant de police est prêt à tout.

Le destin de ces trois hommes va se télescoper quand William doit revoir ses associés, une semaine plus tard, à l’occasion du Rassemblement, rituel instauré depuis la fin de leur aventure commune. Parfaite symétrie des situations et des hommes : dans ce dédale de faux-semblants, de violences feutrées et de trahisons, le face-à-face s’annonce comme la plus dangereuse réunion à laquelle ils aient jamais participé.

 » La lame  » de Frédéric MARS

Cosmopolis 506 pages 29/05/2019

Une claque, cette lame vous vous la prenez en pleine face. Lire ce roman m’a beaucoup rappelé les sensations ressenties à la lecture d’Entre deux mondes d’Olivier Norek. Cette fois, il ne s’agit pas d’un simple thriller, ce récit est aussi un roman d’anticipation, un livre géopolitique, … Mais attention, à l’image de la scène du prologue, c’est un vrai roman noir que les amateurs du genre ne peuvent qu’apprécier.

Frédéric Mars nous envoie faire un bon dans le futur jusqu’en 2031, après l’ère Macron, la France fut gouvernée par les nationalistes (sans faire de politique, malheureusement nous en prenons le même chemin) avant qu’un candidat, le Obama français emporte l’élection présidentielle. Seulement voilà, le monde change, les difficultés vont croissantes et à l’image de l’ancien président américain, il déçoit. Les élections approchent et Bako Jackson cherche comment se faire réélire. Cette élection n’est qu’une toile de fond à ce récit. Fred ne nous fait pas uniquement voyager dans le temps, il nous balade, de Paris à Marseille en passant par Lyon, mais aussi entre autre à Lagos au Nigeria. Nous faisons également connaissance avec une multitude de personnages attachants ou détestables. A l’image de ces hommes et femmes, nous serons confrontés à des trahisons, des espoirs, de l’amour, de la haine, de la violence, des catastrophes, naturelles ou humanitaires. Jamais nous n’aurons le temps de souffler en dévorant ces quelques 500 pages.

En plus de son style précis, rythmé, l’auteur nous offre presque un documentaire, un roman sociologique. Fruit d’un énorme travail, ce livre mérite d’être lu, partagé tant il nous permet de nous poser des questions, sur l’avenir de notre nation, nos interactions avec l’environnement mais surtout notre considération envers une partie de l’humanité, ces peuples issus de la « Terre de nos ancêtres » qui seront amenés à quitter leur territoire face au réchauffement climatique.

Un grand bravo Frédéric pour ce roman traitant de sujets très délicats mais maîtrisés de façon magistrale sans jamais tomber dans le pathétique, le caricatural. Un livre que je conseille au plus grand nombre.

Le teaser :

Pour le commander :

https://www.lalibrairie.com/livres/la-lame–thriller_0-5704608_9782902324026.html?ctx=ef3108f0320a094e87a01022c296596b

 » Cinq doigts sous la neige » de Jacques SAUSSEY

Cosmopolis 368 pages 27/08/2020

Une vallée, source d’inspiration qui dernièrement aura inspiré Franck Thilliez avec « Il était deux fois », Franck Bouysse avec « Buveurs de vent », Bernard Minier et « La vallée », sert cette fois de décor au nouveau roman de Jacques Saussey « Cinq doigts sous la neige » un one-shot. Jacques place donc son angoissante intrigue au cœur des Vosges. Des lacs, des routes non praticables, des maisons isolées, le passé d’un des personnages, raconté en prologue, des adolescents subissant les effets de leurs hormones, et une galerie de personnage sont les ingrédients que le Jacques Saussey tel un chef étoilé incorpore pile au bon moment et juste dans la quantité qu’il faut pour nous régaler.

Ouvrir ce roman, à l’image ses protagonistes, vous coupera du monde.  Acheté le vendredi aux alentours de 15 heures, je l’ai terminé dans la nuit. Une nuit blanche (en partie) de nouveau causée par un thriller de l’excellente maison d’édition Cosmopolis, chez qui je l’espère de tout cœur, Jacques aura toute la reconnaissance qu’il mérite pour son talent et sa gentillesse, surtout après le triste épisode FP.

L’auteur nous prouve également ici une nouvelle fois qu’il s’éclate en sortant de la très bonne série Magne-Heslin et que sa plume ne le limite pas à être l’un des meilleurs romanciers polars en France. Le thriller à suspense lui va à ravir.

Nous y retrouvons d’ailleurs sa patte dans les relations entre ses personnages, ici, l’amour d’un père pour son fils, qui le pousse à faire des choses irrationnelles, est le moteur principal de cette histoire.

Cette histoire, justement, revenons y. Marc Torres, écrivain à succès vit avec son fils avec lequel la relation est difficile depuis le décès des suites d’une longue maladie de Véronique, leur épouse et mère. Voulant tout faire pour faire plaisir à Alexandre, Marc accepte pour son dix-huitième anniversaire qu’il invite une quinzaine de copains et copines dans leur maison engoncée dans la vallée. Seulement la nuit, la neige et un accident de camion les coupes de tout contact avec l’extérieur. Nous sommes dans les années 70, où il n’y a pas les moyens de communications actuels. Alexandre est fragile, Marc est inquiet. Il devra le protéger des autres, mais surtout de lui-même.

Non pas un, mais plusieurs des personnages seront aspirés dans une tornade dévastatrice.

« Sa Majesté Des Ombres »,  » Les Anges De Babylone » Ghislain Gilberti

Ayant avalé les deux premiers tomes de « la trilogie des ombres » en quelques jours malgré le nombres de pages qu’ils représentent, je les groupe dans ce retour de lecture. Depuis longtemps je voulais découvrir l’univers de Ghislain, encore plus depuis que j’ai échangé un moment avec lui à l’occasion du salon du livre de Nemours et mon seul regret aujourd’hui c’est de ne pas avoir commencé plus tôt.

Cette trilogie (le troisième opus devrait être édité en septembre 2020) peut se lire indépendamment du reste de ses précédents romans même si quelques références y sont faites et surtout dans lesquels est déjà apparue Cécile Sanchez, commissaire de police aux multiples compétences et possédant un don de mentaliste.

La très grande partie de cette oserais-je dire de ces intrigues se déroule dans l’est de la France mais nous fera faire des bonds dans le temps démarrant en 2003 pour s’achever provisoirement en 2011.

Tout commence par un réseau de distribution de drogue principalement dans le milieu de la Techno, qui est très lucratif pour un « Caïd » local logé dans la Villa Vénézia où sera prochainement organisée une grosse descente de police… Nous vivons « en direct » l’ensemble de l’enquête et des préparatifs de cette descente grâce au rythme imposé par l’auteur qui m’a fait penser à la série 24h Chrono.

Sauf que Ghislain ne vous embarque pas dans un simple polar, il crée un univers noir, psychologique, cruel, certaines scènes sont d’une extrême cruauté. Attention, à aucun moment de sa part il n’y a de violence gratuite…Toutes les scènes sont justifiées…

Plus nous avançons dans cette histoire de dingue qui nous fait retenir parfois notre souffle, parfois au contraire nous laisse souffler, plus nous nous demandons où l’on met les pieds… Il y a toute une organisation derrière se nommant « Borderline » … Au fur et à mesure, nous faisons la connaissance de ses membres, ses codes nous sont dévoilés avant d’entr’apercevoir son projet « Les Anges de Babylone »

C’est un roman à couper le souffle qui joue avec nos nerfs, nos émotions… Un seul conseil, ne vous attachez pas aux personnages car comme dans Game of Thrones leur vie peut à tout instant leur être arrachée…

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