Asgard – T1 & T2 – par Ralph Meyer et Xavier Dorison

DARGAUD 54 pages 01/03/2012
DARGAUD 56 pages 24/01/2013

Une plongée à l’époque des Vikings, à la rencontre d’Asgard, un Skraëling, un « homme laid », puisque né avec une jambe manquante, épargné d’une mort promise par son père et qui est devenu un Krökkentödter, un chasseur de monstre.

Un monstre marin, harcèle et décime les flottes de pêcheurs d’un village des pays nordiques. Ces derniers n’auront d’autre solution que de faire appel à Asgard Pied-de-fer pour tenter de traquer et tuer cette créature qui menace, l’hiver approchant la survie des villageois. Il partira donc accompagné d’autres courageux, à bord d’un navire spécialement équipé pour la chasse au monstre. Démarre alors une aventure à travers les fjords, dans laquelle, ils apprendront à se connaître, et nous, nous en apprendrons un peu plus sur les mythes nordiques et le passé d’Asgar.

Cette œuvre graphique est composée de deux tomes, le scénario est de Xavier Dorison et les illustrations réalisées par Ralph Meyer. Un vrai plaisir de lecture avec en toile de fond, l’adaptation face au handicap mêlé à la légende nordique du Serpent monde.  

 

Blanc autour par Wilfrid Lupano et Stéphane Fert

DARGAUD 144 pages 27/11/2020

Wilfrid Lupano (scénario) et Stéphane Fert (illustrations) nous invitent à un voyage dans le temps, aux Etats-Unis, dans les années 1830. Pour être plus précis, à Canterbury dans le Connecticut. Et ce, afin de nous conter, l’histoire de la Canterbury Female Boarding School, la première école pour jeunes filles à la peau d’ébène.

L’institutrice, Prudence Crandall (1803-1890) est enseignante dans cette école, qui n’est à la base qu’une école de filles dans laquelle un jour, vient se présenter « Sarah », une jeune fille curieuse en soif d’apprentissage. Mademoiselle Crandall décide de lui offrir une place à l’école. Mais à cette époque et même si dans ces états du nord, l’esclavage n’est plus pratiqué, le racisme est encore monnaie courante et les esprits sont toujours hantés par Nat Turner, un esclave qui savait lire et écrire et qui a mené une révolte sanglante. Les blancs, refusent cette idée et menacent d’enlever leurs enfants. L’institutrice les prendra au mot et de ce fait, elle vient de créer la première école pour jeunes filles noires.

J’ai beaucoup apprécié cette histoire basée sur des faits réels et qui m’étaient totalement inconnus. Le travail de documentation a été remarquablement mené et permet à cet album graphique d’être très instructif. De plus, les biographies de personnalités issues de cette école en post face de l’album m’a appris beaucoup de choses. Elles sont signées par Joanie DiMartino, a conservatrice du musée Prudence Crandall. J’ai été un peu moins sensible aux illustrations et surtout à la police de caractères utilisée qui ne se prête pas à la lecture dématérialisée.

Je remercie en tout cas Netgalley et les éditions Dargaud pour cette histoire de sororité dans cette Amérique où même aujourd’hui, le racisme est malheureusement toujours présent.

S’enfuir – Récit d’un otage par Guy Delisle

DARGAUD 432 pages 16/09/2016

15 années, un peu plus de 400 pages, c’est ce qu’il aura fallu à Guy Delisle pour nous raconter les 111 jours durant lesquels Christophe André a été retenu, otage, la plupart du temps attaché à un radiateur, au Caucase en 1997, où il réalisait sa première mission humanitaire pour Médecins Sans Frontières.

Le résultat est un album où les nuances de bleus et de gris nous montrent comment les quelques mois de la vie de Christophe furent ternes, silencieux, longs… Il ne se passe pas grand-chose dans sa vie, rythmée par les repas que l’on lui apporte, souvent composés de bouillon. On, ses ravisseurs, dont il ne comprend pas la langue et qu’il surnommera Thénardier, le grand, le jeune.

Pas plus surpris d’avoir été kidnappé dans ses régions dangereuses, qui nécessitent justement assistance d’ONG, il pense qu’il sera libéré en quelques jours et s’inquiète plus de risquer de faire perdre une grosse somme d’argent nécessaire à aider les gens pour payer sa rançon.

S’enfuir, c’est l’histoire d’un homme qui se retrouve confronté à la solitude, qui a peur non pas de mourir mais plutôt de causer ennuis et peines à son entourage. L’histoire d’un homme qui garde espoir en l’avenir et qui ne souhaite pas jouer au héros inutilement. L’histoire d’un homme qui garde la tête froide face au danger.

Guy Delisle, se fait la voix de Christophe André, pour nous mettre devant les yeux, ces longues journées, où coupé du monde, rien ne se passer pour Christophe. Et il réussit le tour de force de ne pas en faire un album ennuyeux.

Enfin, en ces temps où nous sommes nous tous, privés de liberté par une crise sanitaire mondiale, la lecture de S’enfuir, permet de relativiser les choses. Nous sommes cloitrés dans des logements en général plutôt confortables, en tout cas plus que d’être menotté sur une paillasse et ce, afin d’éviter de se retrouver ou d’envoyer nos proches sur un lit d’hôpital, entravés par un tas de tuyaux nous reliant à des machines sans lesquelles nous serions morts.

Lucky Luke – Un cow-boy dans le coton par Achdé et Jul

Lucky Comis (Dargaud) 48 pages 23/10/2020

Quel grand plaisir nostalgique que de se plonger à nouveau dans un album de Lucky Luke, cowboy du far west, ayant survécu à son regretté créateur pour nous partager ses aventures toujours très actuelles scénaristiquement.

Cette fois, et après un premier voyage sur le Mississipi, notre héros solitaire revient en pays Cajun suite à un étrange héritage qui en fait l’homme le plus riche de Louisiane. Il se retrouve à la tête d’une exploitation de coton faisant vivre près de 1200 âmes dans ce sud des Etats Unis où l’esclavage est aboli depuis 5 années mais où le racisme est toujours présent et violent avec la présence du KKK. N’étant pas intéressé par l’argent, sa décision ne plaira pas à ses voisins propriétaire d’exploitation d’or blanc.

Un album de Lucky Luke n’en serait pas un sans la présence des quatre frères Dalton traqués cette fois par celui qui fut le premier Marshall noir américain, Bass Reeves qui permet de rendre hommage à l’ensemble des cowboys afro-américains ayant construit la légende de l’Ouest mais trop souvent oubliés des westerns.

Comme bien souvent, le seul reproche que je ferai à ce nouvel album est sa taille, trop courte, sur le modèle des albums d’antan. Un grand bravo à Jul qui signe le scénario aux nombreuses références actuelles et à Achdé aux commandes des illustrations.

La famille Blaireau-Renard – T3 – Vivre ensemble par Brigitte Luciani et Eve Tharlet

DARGAUD 32 pages 11/09/2020

Liberté, Egalité, Fraternité, trois des valeurs de la République que l’on voit gravées sur les frontons de nos bâtiments publics et dont les notions ne sont pas toujours évidentes à expliquer au plus jeunes. Grâce à cet album illustré de Brigitte Luciani (scénario) et Eve Tharlet (dessin), nous pouvons transmettre et expliquer ces principes qui régissent notre société aux enfants. Moment d’échange et de partage, je vous conseille vivement de les accompagner dans cette lecture, surtout en ces temps présents où la menace virale attaque nos libertés. Sans vouloir entrer dans un débat idéologique, la situation actuelle, ouvre justement le débat entre liberté individuelle et protection des plus fragiles.

J’ai découvert la famille Blaireau-Renard, moderne, recomposée, tolérante avec cet album grâce aux éditions Dargaud et à Netgalley et ai découvert que les aventures de cette famille atypique n’en est pas à ses débuts et existe également en version animée. Les dessins à l’aquarelle sont doux et tendres et les couleurs automnales apportent une touche cocooning, une envie de partager cette histoire au coin du feu. Pour moi, et avec tout le respect et la nostalgie que j’ai pour cette collection, la famille Blaireau-Renard dépoussière complètement le père Castor. En tout cas le souvenir que j’en ai.

Un grand bravo au duo de créatrices et aux éditions Dargaud.

Un épisode animé pour faire connaissance avec Monsieur Blaireau et Madame Renard :

L’extrait musical :

Pour commander l’album :

https://www.lalibrairie.com/livres/la-famille-blaireau-renard-presente–volume-3-vivre-ensemble–_0-6763781_9782205085051.html?ctx=dbecdf2b68c61354f6680d57dfbf8de1

 » Malgré tout  » par Jordi Lafebre

DARGAUD 152 pages 25/09/2020

Malgré tout est un roman graphique, un album dont le scénario ainsi que les dessins sont réalisés par Jordi Lafebre aidé pour les couleurs par Clémence Sapin.

Malgré tout est un conte moderne, sur le temps, le temps qui passe, le temps que l’on a, ce que l’on en fait, ce qu l’on aimerait en faire. C’est également un hymne à l’amour, celui que l’on vit, celui à côté duquel on passe, un amour qui reste présent plein de bienveillance et de respect.

Un peu comme dans la nouvelle de F. Scott Fitzgerald, dont a été tiré le film « L’étrange histoire de Benjamin Button », mais sans le côté fantastique, nous allons remonter le temps du chapitre 20 au chapitre premier, pour découvrir les moments de vie d’Ana Dellacasa dévouée maire de sa copine à l’aube d’une retraite bien méritée et de Zeno Simia, libraire, doctorant en physique, incapable de rester au même endroit trop longtemps tant la soif de découverte, d’apprentissage, l’emmène voguer vers l’inconnu. Ana et Zeno, se sont croisés, éloignés, retrouvés mais jamais oubliés.

Les illustrations de ce roman ainsi que les couleurs les mettant en couleur sont d’une douceur poétique à l’image de l’histoire qu’il nous conte. Un peu de magie, de tendresse en ces heures de crise sanitaire mondiale sans précédent nous font un bien fou. Un ouvrage à lire et à partager, pourquoi pas avec celui ou celle dont résonne encore en vous un amour impossible.

Pour le commander :

https://www.lalibrairie.com/livres/malgre-tout_0-6763825_9782505081500.html?ctx=bdfc4e90ede237e528fc7d3f274dd43b

« DON VEGA » de Pierre ALARY

DARGAUD 96 pages 02/10/2020

Tel un homme-orchestre, Pierre Alary, signe pour cet album revisitant le personnage de Zorro, le scénario, les illustrations et les couleurs. Une véritable performance sachant qu’en plus cet ouvrage est composé de 96 pages.

Nous voici donc plongés dans la Californie du milieu XIXème siècle. Une époque où elle n’appartient plus au Mexique mais n’a pas encore intégré les Etats-Unis. Période instable donc, néanmoins véritable aubaine pour les profiteurs en tout genre ayant soif d’argent et de pouvoir. Rien ne semble pouvoir les arrêter et écraser, faire souffrir, tuer les péons, ces fameux travailleurs pauvres condamnés pour survivre à extraire l’or des riches terres californiennes ne leur fait pas peur.

Heureusement, la légende El Zorro, renait d’elle-même pour prendre leur défense face à cette violence inhumaine et injuste. Le voir les défenseurs, héros masqués seront de la partie dans cette version revisitée, modernisée, je dirais même Tarantinesque tant l’action et la profondeur de ses personnages donent un relief particulier à cet album. D’ailleurs la scène du baptême a, je trouve, des airs de celle du mariage dans Kill Bill.

Pierre Alary signe ici un brillant scénario dont le rythme est accentué par les illustrations dignes de story-boards des meilleurs films hollywoodiens. Nous ne nous ennuyons jamais, même quand de nombreuses vignettes se suivent sans texte.

Une très belle réussite dont la fin en cliffhanger, nous laisse je l’espère envisager une suite.

Merci aux éditions Dargaud, à NetGalley et bien entendu Pierre Alary pour cette remarquable bande dessinée qui ravira les amateurs d’action et d’aventures.

Plus d’informations :

https://www.dargaud.com/bd/don-vega-bda5326530

Pour le commander :

https://www.lalibrairie.com/livres/don-vega_0-6881101_9782505084976.html

 » STERN – TOME 4 – TOUT N’EST QU’ILLUSION  » de Frédéric et Julien MAFFRE

DARGAUD 62 pages 18/09/2020

Un nouveau voyage en Louisiane, cette fois pour suivre les aventures et rencontres d’Elijah Stern. Un bande dessinée signée à 4 mains, celles de deux frères Frédéric (scénariste) et Julien (Illustrateur). Ils signent là un quatrième opus qui peut se lire sans avoir connaissance des trois premiers néanmoins, à la lecture de celui-ci, comme moi vous risquez d’inscrire dans votre wishlist les précédents.

Arrivé depuis peu à la Nouvelle-Orléans, Elijah Stern, se trouve rapidement un emploi au cimetière local. Il y rencontrera foison de personnages, découvrira les coutumes locales et sera intrigué par une jolie jeune femme, Valentine Robitaille de qui il cherchera à se rapprocher.

La Louisiane, terre de mystère où la sorcellerie permet de développer des histoires à la limite du fantastique, sert ici de cadre à un scénario rondement mené par Frédéric Maffre, toujours sur le fil entre l’improbable et le plausible. On ne s’ennuie pas un instant et notre curiosité nous pousse sans cesse à tourner la page suivante.

Les dessins aux très nombreux détails sont magnifiquement mis en valeur par les couleurs nombreuses, sombres créant une atmosphère mystique. J’ai particulièrement apprécié les petites vignettes zoomant sur des détails, souvent les visages.

Une agréable lecture pour laquelle je remercie NetGalley, les éditions Dargaud et bien entendu les frères Maffre à qui je renouvelle mes félicitations pour ce chouette travail.

« Gentlemind » d’Antonio Lapone, Juan Diaz Canales et Teresa Valero

Dargaud 88 pages 21/08/2020

Pour cet album, je suis totalement sorti de ma zone de confort. C’est d’ailleurs ce qui m’a donné envie de le découvrir. Avec Gentlemind, nous traversons l’Atlantique direction New York, nous changeons d’époque en partant 80 ans en arrière, une époque où la presse est quasi le seul média, en tout cas le principal.

Brooklyn, 1939, nous faisons connaissance avec Arch Parker, dessinateur sans réel contrat et Navit, sa muse avec qui il partage sa vie. Arch, désireux de partager ses dessins, cherche un journal dans lequel il pourrait être publié. Il fait le tour de l’ensemble des représentant de la presse papier y compris les journaux « de charme » aux pages couvertes de pin-up jusqu’à rencontrer H.W. Powell, milliardaire possédant entre autre l’un de ses journaux. Dévoilant par hasard l’une de ses esquisses de Navit qui tape dans l’œil de Powell, Arch se voit donc proposer un contrat. Seulement l’objectif de Powell n’est que de se rapprocher de Navit, surtout qu’Arch partira bientôt pour le continent européen où démarre ce conflit que nous connaitrons plus tard comme Seconde guerre mondiale.

De là, le destin incroyable de Navit commence. Rien n’arrivera à l’arrêter, elle est prête à tout pour réussir et sait pour cela faire usage de ses charmes nombreux.

Gentlemind, c’est l’American Dream au féminin. Quand tout devient possible.

Pour être tout à fait honnête, et même si je suis conscient de la qualité de cet album, je suis passé à côté. Les dessins taillés à la serpe sont plaisant à regarder mais parfois il est difficile de reconnaître certains personnages. Le scénario est bien ficelé même si parfois d’une case à l’autre nous avons l’impression d’avoir raté un épisode. Et enfin, sur le fond, j’ai un peu de mal avec les stratagèmes utilisés à ses fins par Navit.

Pour conclure, je pense que cet ouvrage est conseillé et sera apprécié par les amateurs de cette période historique.

Je remercie les éditions DARGAUD et Netgalley pour la lecture de cet album.

« Les chroniques de l’univers T1 : La thrombose du cygne » de Richard MARAZANO et Ingo RÖMLING

DARGAUD 56 pages 10/07/2020

Une BD de science-fiction « young adult » à paraître prochainement chez Dargaud. Un premier tome qui pose le décor et nous présente les personnages, de jeunes étudiants d’une académie dans un vaisseau spatial à la dérive. Des décors sombres dans lesquels la couleur verte est très présente comme la première de couverture nous laisse entrevoir.

Soyons clairs tout de suite, si la SF vous rebute, n’achetez pas cette BD. En revanche si vous êtes plutôt fans du genre, vous vous ferez plaisir même si elle est assez loin de rivaliser avec les meilleures de cette catégorie, mais, ce n’est que le premier tome. Et malgré quelques faiblesses, une fois terminée, elle nous laisse un sentiment de frustration, qui donne très envie de lire le tome 2.

« Les chroniques de l’univers » une nouvelle saga space opéra qui pourrait bien nous surprendre.   

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