« La nuit d’avant » de Wendy Walker

Sonatine Éditions 352 pages 18/06/2020

Vous êtes friands de thrillers psychologiques ? Vous prendrez votre pied avec « La nuit d’avant » de Wendy Walker. Mais attention, si vous ne cherchez qu’une lecture récréative pour vous changer les idées, vous serez déçus. Ici, pour l’apprécier, il faut être concentré, car et surtout au début, l’auteure nous embrouille afin que comme Laura, la principale protagoniste de cette histoire, nous soyons perdus dans les limbes de nos esprits.

Laura, justement qui est-elle ? C’est une jeune femme a qui la vie n’a pas fait de cadeau. Et comme notre mémoire parfois sait le faire, elle lui fait défaut sur une partie de sa vie et en particulier un événement traumatisant. Elle a été retrouvée couverte de sang, armée d’une batte de baseball à côté du corps sans vie de son petit copain. A côté de cela, le départ prématuré de son père, Dick, les ayant abandonnés elle, sa mère et sa sœur paraît presque banal. Seulement depuis, Laura n’arrive pas à se construire.

Une nouvelle fois, face à l’échec de son couple, Laura abandonne donc la vie qu’elle essayait de se construire à New-York pour revenir sur les lieux de son enfance et emménager chez sa sœur Rosie. Après plusieurs semaines passées sous leur toit à Rosie, Joe son époux et Mason leur enfant, à revoir des amis d’enfance comme Gabe, le meilleur ami de Joe, elle se décide à rencontrer de nouveaux visages via un site de rencontre. Un premier rendez-vous se profile, après lequel, elle ne réapparaitra pas. Rosie, Joe et Gabe décident de mener leur propre enquête.

Une fois entrés dans ce thriller, il nous devient impossible de le lâcher, qu’est-il arrivé à Laura ? Comment a-t-elle disparue ? Mais surtout comment l’aider à se comprendre elle-même ? Pour cela, ses séances de psychanalyses avec le Dr Brody, insérées entre les chapitres, nous éclaireront.

Wendy Walker a construit son roman sur la mémoire donc et les relations familiales, deux thèmes riches en mystères que nous ne percerons pas seuls et c’est ce qui rend ce thriller addictif.

Je remercie Nadia Di Pasquale de l’excellent blog « livressedunoir » ainsi que les éditions sonatine pour m’avoir permis de découvrir l’univers de cette auteure américaine.

« Les refuges » de Jérôme LOUBRY

Editions Calman Lévy 395 pages 04/09/2019

Une belle grosse claque, voilà ce que l’on se prend à la lecture de ce thriller de Jérôme Loubry. Je dirais même une succession de bonnes claques du milieu du récit jusqu’aux dernières pages.

La difficulté d’en faire un retour est de ne pas dévoiler des éléments qui gâcheraient de ce fait votre plaisir de lecture. Car, ce roman, vous devez le lire. L’auteur maîtrise avec brio son intrigue et vous surprend sans cesse. Le plan de l’histoire est digne d’un roman de Franck Thilliez.

Nous ferons connaissance avec Sandrine, une journaliste qui suite au décès de sa grand-mère est contactée par un notaire de province afin de prendre connaissance de son héritage. Elle doit donc se rendre sur l’île privée où résidait sa mamie et sur laquelle elle rencontrera d’étranges personnages.

Attention, si vous voulez garder la magie de vous laisser surprendre ne lisez pas les lignes suivantes.

Ce roman est donc un thriller psychologique, publié chez Calman Lévy noir. Pourtant à la lecture des premiers chapitres, j’ai eu l’impression de m’embarquer dans un livre fantastique qui aurait pu être signé par King. Ce sentiment, je l’ai eu jusqu’à environ la moitié du récit. Il y sera question du Roi des Aulnes, créature maléfique du folklore allemand popularisé par Goethe à travers un célèbre poème.

Puis tout à coup, nous sommes complétement perdus, suite à la découverte de Sandrine errant sur une plage couverte de sang et complètement ailleurs. C’est là qu’apparaîtront les personnages qui nous accompagneront jusqu’à la fin, pour découvrir ce qui est arrivé à Sandrine, un inspecteur et une psychiatre. Car oui, refuge est un terme utilisé en psychiatrie. Cette rupture brutale dans le récit, est le seul moment que j’ai moins apprécié car il laisse pour quelques chapitres, une sensation de flottement, on ne sait plus trop où l’on va et, presque on pourrait décrocher. Mais un conseil, continuez la lecture….

« Il était deux fois » de Franck Thilliez

Fleuve noir 4/06/2020 528 pages

Quand un roman de Franck Thilliez intègre ma PAL vertigineuse, généralement, il n’y reste pas longtemps. « Il était deux fois » ne déroge pas à cette règle. Franck démontre avec ce nouveau thriller qu’il en est incontestablement le maître français.

Pour moi Thilliez est le plus habile dans la construction d’intrigues complexes nous cachant de nombreuses surprises.

Une fois de plus, c’est un roman que l’on dévore à grande vitesse, tant nous voulons connaître la suite.

Pour ce roman, un « one shot » qui est lié au « Manuscrit Inachevé », Franck nous prouve également qu’il sait donner de la profondeur, créer un passé, une histoire à des personnages non récurrents.  

Pour l’histoire, Gabriel Moscato, lieutenant de gendarmerie se réveil dans la chambre d’hôtel où il est entré en cette année de 2008, dans le cadre de l’enquête sur la disparition d’une adolescente, sa propre fille. Sauf qu’à son réveil, nous sommes en 2020, qu’il est habillé en civil et n’a plus la même tête que la dernière fois où il a vu son reflet dans un miroir.

Dans ce roman, il sera beaucoup question de mémoire (et on retrouve le gros travail de documentation fidèle à Franck), d’amour (celui d’un père pour sa fille), d’amitié (de celle que l’on croit éteinte mais qui reste forte) et d’art (surtout les limites que l’on peut lui donner) dont une des formes ne sera pas inconnues aux amateurs de Luc Mandoline.

« Il était deux fois » est la preuve que quand on est le meilleur, on peut encore se surpasser…

« Trouble passager » David Coulon

Un plongeon dans les abysses de ce qu’il y a de plus mauvais chez l’Homme, cette capacité à faire des horreurs à autrui. Seulement dans la vie tout n’est pas noir ou blanc, zéro ou un, bourreau ou victime.

Trouble passager, ce titre m’a beaucoup fait penser au « passager noir » de Dexter Morgan, mais ici, c’est avant tout celui de Rémi Hutchinson, un écrivain à la recherche d’un succès qui ne vient pas et dont la fille a disparu voilà plusieurs années. Comme souvent quand un drame arrive, il entraîne avec lui les personnes qui sont autour et son couple en sera victime collatérale même s’ils restent ensemble.

Rémi est donc un homme comme les autres à première vue et quand une jeune fille viendra lui faire dédicacer son roman, c’est dans le piège de la séduction qu’elle le fera tomber. Oui, la victime est Rémi… Mais attention, chez David Coulon tout n’est pas aussi simple. Il aime jouer avec votre empathie…

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