« Dynamique du chaos » de Ghislain Gilberti

Ring 468 pages 19/01/2017

!!! ATTENTION !!! Livre à ne pas mettre entre toutes les mains !!!

Pour démarrer, sachez que je suis un grand fan de Ghislain Gilberti. Je connais peu d’auteurs qui comme lui savent décrire les ténèbres avec une plume d’une grande douceur malgré les passages d’une grande violence et parfois les scènes comportant beaucoup de sexe.

Dans ce roman une fiction en grande partie autobiographique, Ghislain nous fait découvrir, une société, une vie que peu d’entre nous connaissent, le milieu de la nuit, de la drogue, cette vie sur le fil où chaque dérapage est très risqué. La mort, la violence, les trafics font partie du quotidien. Ici il n’est pas question de jeunesse dorée mais plutôt de jeunesse poudrée. On retrouve un peu de l’univers des films comme Trainspotting, Requiem for a dream… Mais dans ce thriller, il y a ce quelque chose en plus qu’apporte Ghislain, cette description du réel.

Nous sommes donc spectateur de cette vie dans l’est de la France où Gys et Manu partage un studio en vivant des allocations chômage auxquelles viennent s’ajouter le profit de quelques trafics. En effet, c’est le chômage provoquant cette misère sociale contre laquelle au final les politiques ne font pas grand-chose qui entrainent de trop nombreuses personnes vers les ténèbres.

Ici, il n’y a pas de jugement et même si on ressent une certaine rage dans l’écriture de Ghislain, il n’y a pas non plus de pitié, de plainte. Ces vies existent, nous n’en avons ici que la triste description.

Ce roman, une fois entamé, ne se referme pas facilement et nous bouleverse. Nous n’en sortons pas indemne, il nous transforme.

« Sa Majesté Des Ombres »,  » Les Anges De Babylone » Ghislain Gilberti

Ayant avalé les deux premiers tomes de « la trilogie des ombres » en quelques jours malgré le nombres de pages qu’ils représentent, je les groupe dans ce retour de lecture. Depuis longtemps je voulais découvrir l’univers de Ghislain, encore plus depuis que j’ai échangé un moment avec lui à l’occasion du salon du livre de Nemours et mon seul regret aujourd’hui c’est de ne pas avoir commencé plus tôt.

Cette trilogie (le troisième opus devrait être édité en septembre 2020) peut se lire indépendamment du reste de ses précédents romans même si quelques références y sont faites et surtout dans lesquels est déjà apparue Cécile Sanchez, commissaire de police aux multiples compétences et possédant un don de mentaliste.

La très grande partie de cette oserais-je dire de ces intrigues se déroule dans l’est de la France mais nous fera faire des bonds dans le temps démarrant en 2003 pour s’achever provisoirement en 2011.

Tout commence par un réseau de distribution de drogue principalement dans le milieu de la Techno, qui est très lucratif pour un « Caïd » local logé dans la Villa Vénézia où sera prochainement organisée une grosse descente de police… Nous vivons « en direct » l’ensemble de l’enquête et des préparatifs de cette descente grâce au rythme imposé par l’auteur qui m’a fait penser à la série 24h Chrono.

Sauf que Ghislain ne vous embarque pas dans un simple polar, il crée un univers noir, psychologique, cruel, certaines scènes sont d’une extrême cruauté. Attention, à aucun moment de sa part il n’y a de violence gratuite…Toutes les scènes sont justifiées…

Plus nous avançons dans cette histoire de dingue qui nous fait retenir parfois notre souffle, parfois au contraire nous laisse souffler, plus nous nous demandons où l’on met les pieds… Il y a toute une organisation derrière se nommant « Borderline » … Au fur et à mesure, nous faisons la connaissance de ses membres, ses codes nous sont dévoilés avant d’entr’apercevoir son projet « Les Anges de Babylone »

C’est un roman à couper le souffle qui joue avec nos nerfs, nos émotions… Un seul conseil, ne vous attachez pas aux personnages car comme dans Game of Thrones leur vie peut à tout instant leur être arrachée…

« Les démoniaques » Mattias Köping

Une preuve de plus que les romans noirs sont ceux que j’affectionnent le plus… Chose rare, je vais commencer par la 4ème de couverture qui est en fait, le chapitre 1 :

« Ils reprennent en chœur : « Joyeux anniversaire, salope ! Joyeux anniversaire, salop ! » Ils l’ont encerclée, hilares, à poil. Ils sont tous là, son père, son oncle, Simplet, Waldberg, Delveau, Beloncle. Elle est à quatre pattes au milieu de la meute, fragile et nue, déchirée de sanglots. Son père la maintient par les cheveux. Elle s’appelle Kimy. Ce soir, on fête ses quinze ans. »

Voilà vous savez où vous mettrez les pieds si vous vous lancez dans cette lecture.

La vengeance est un plat qui se mange froid… et pour le coup cette vengeance est une véritable bombe à retardement…

Cette histoire nous emmène dans une petite ville de Normandie où est installé l’Ours alias Jacky Mauchrétien gros entrepreneur local à la fois de façon légale et illégale, drogue, proxénétisme, il touche à tout… y compris sa propre fille…

Ce roman ne laisse pas indemne, pas seulement par la cruauté de certaines scènes, mais aussi quand, dans ce monde ténébreux nait un peu d’espoir grâce à la magie des livres.

J’avais adoré « Le Manufacturier », il en est de même avec « Les Démoniaques »… Quand on referme se livre, nous ne pouvons nous empêcher de nous poser des questions sur l’humanité et ses dérives, car les horreurs décrites par Mattias Köping existent malheureusement…

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