Tout droit par Philippe Paternolli

Éditions du Caïman – 220 pages – 07 Avril 2021

Un roman court, un rythme effréné, une sensation de vivre dans un monde où les ficelles sont tirées en coulisses… Ce roman de Philippe Paternolli, le sixième avec Vincent Erno, du Cube, un cabinet noir des services secrets vous aspirera sur les traces d’un tueur pas comme les autres.

Deux accidents sur un Grand Prix de F1, un puissant patron dévoré par des tigres, eux aussi, froidement assassinés, une série de meurtres, un trio d’enquêteurs, l’auteur nous entraîne dans un polar extrêmement ciselé, reprenant les codes du genre. Accompagnée d’un langage cru, de sujets sensibles, cette lecture se dévore avec avidité.

L’ajout de nombreuses notes, une trentaine, nous permet de lire ce récit sans avoir lu les précédents. Seulement, attendez-vous à avoir envie de les lire.

Pour un voyage unique, en immersion dans la tête d’un tueur, filez Tout droit lire le nouveau Paternolli.

Un grand merci à Jean-Louis Nogaro des Éditions du Caïman pour ce roman m’ayant fait découvrir Philippe Paternolli.

Découvrez le premier chapitre lu par « Sab en live »

« Chien de guerre » de Jérémy Bouquin

Editions du Caïman 228 pages 14/01/20

« Connasse ! » Voilà comment commence ce livre. Oui vous entrez dans un roman de Jérémy Bouquin, vous n’avez pas ouvert une « bibliothèque rose » … mais rassurez-vous, il ne s’adresse pas à une nouvelle lectrice, c’est Grand Franck viré de l’armée qui s’adresse à Henriette une octogénaire peu bavarde qu’il est en train de torturer. Le décor est planté.

Jérémy Bouquin à l’habitude de vous raconter une histoire sans en faire des caisses, il a des choses à dire, il les écrit, c’est net, sans bavures et surtout sans blablas. Vous entrez directement dans l’histoire qui défile au fil des mots à un rythme très soutenu. Sa spécialité, les phrases courtes, points et virgules sont au rendez-vous, son texte, des rafales d’armes automatiques dont vous êtes la cible. Résultat, une histoire avalée en peu de temps.

Cette histoire c’est celle de Franck Taupe, Grand Franck un paumé de la vie. Né d’une mère célibataire, résultat d’un coup d’un soir, il grandi sans père. Les hommes ne manquent pas dans son enfance, ils défilent dans la chambre de sa mère. Bref, une enfance pourrie dans un HLM de cité. Ma femme dont le métier et d’aider les enfants à naître me dit souvent qu’en fonction des gens qu’elle a en face d’elle pendant les accouchements souhaite soit la bienvenue, soit bonne chance au nouveau-né qu’elle accueille. C’est certainement bonne chance qu’elle aurait souhaitait à Petit Franck, seulement, elle l’a un peu oublié la chance.

Entrant dans l’âge adulte, l’armée a su lui donné un environnement où il a su évoluer mais alors qu’il est jeune papa, elle vient de le lâcher. Retour aux sources et à la réalité de notre société. Ancien soldat, ce n’est pas un statut, vous n’existez plus pour l’administration. Alors il faut se débrouiller et c’est souvent là que les rencontres auront une bonne ou une mauvaise influence…

Jérémy Bouquin dresse un portrait d’une société que l’on aimerait ne pas être la nôtre. Malheureusement ce n’est pas le cas. Dans ce roman social, les personnages n’auront pas notre affection, mais tout juste empathie, ils sont brisés. Pas tous pour les mêmes raisons, mais le résultat et le même. C’est là que l’on se dit que nous sommes quand même plutôt favorisés d’être nés dans une famille normale.

Encore une réussite pour Jérémy Bouquin qui nous fait réfléchir. Je vous invite vraiment à découvrir ce roman et l’univers riche de cet auteur prolifique qui en plus maîtrise l’utilisation de grossièreté sans jamais être vulgaire.

Chien de guerre est publié aux éditions du caïman dans un format « semi-poche » qui est très confortable à lire avec un papier de grande qualité et qui permet également d’être financièrement abordable. Ce dernier point méritant d’être souligné à l’heure actuelle ou les grands formats approchent de plus en plus les 25 euros…

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