Déviation nord par Thierry Berlanda

Éditions de Borée 324 pages 03/09/2020

Quel livre !! Tout en contraste, celui de la neige d’un blanc immaculé en plein milieu de la nuit noire, mais aussi celui de la vérité face à l’évidence et celui de la lumière qui éclaire les ténèbres.

Ces ténèbres, sont ceux de la disparition d’une famille, Milton, médecin réputé à la retraite depuis peu, sa jeune épouse Agathe anesthésiste reconnue pour ses compétences et sa gentillesse et leur jeune enfant, Lola. La lumière, sera celle produite par ce duo d’enquêteurs, le proche de la retraire, adjudant-chef Lehmann dont la carrière n’a jamais vraiment brillé et une jeune adjointe, la gendarme Casanave.

L’intrigue, suite à la disparition de la famille Walsh est extrêmement bien ficelée et ne sera pas avare de nombreux rebondissements, les paysages du Morvan créent une ambiance glaçante, idéal décor à cette histoire, mais ceux sont vraiment les personnages, principaux ou secondaires qui donnent une profondeur à ce récit. Il n’y a pas de super-héros, juste des femmes et des hommes, comme il y en a des milliards sur Terre, qui vivent leurs vies avec plus ou moins de réussite et qui un jour se retrouvent confrontés à des choix, plus ou moins faciles à faire, qui vous torturent l’esprit et vous transformeront. Il est difficile de parler de l’ensemble des personnages sans dévoiler ce que nous découvrirons au fil des pages, néanmoins, le duo improvisé que forme Lehmann et Casanave résume à lui seul, cette teinte d’humanité qui donne vie à une fiction. L’adjudant-chef et la jeune adjointe ne sont pas de la même brigade, mais l’urgence de la situation et la perspicacité apparente d’Emilie Casanave, font que sur une première bonne impression, Lehmann la choisira pour essayer de retrouver cette famille au milieu de cette forêt enneigée. Chaque seconde compte…

J’ai vraiment été séduit par ce roman qui se dévore sans modération et j’ai particulièrement apprécié Emilie, à la fois par son caractère têtu et son absence totale de second degrés. Jeune femme intelligente, intègre et respectueuse des procédures, nous montre qu’il est possible quand l’objectif est grand, noble, de remettre en question ce qui nous paraît inaltérable. Merci Thierry de nous offrir un si beau roman.     

Dans les yeux de Lya – T1 – En quête de vérité par Carbone et Cunha

DUPUIS 64 pages 02/03/2019

Dans les yeux de Lya, quel joli titre approprié tant dans cette bande dessinée, beaucoup d’émotions passent dans les grands yeux expressifs des personnages. Les yeux, les visages mêmes de l’ensemble des personnages, nous permettent au premier coup d’œil de savoir si l’on aura à faire à un protagoniste sympathique ou antipathique.

J’ai vraiment apprécié dans cet album le contraste entre les illustrations colorées, lumineuses, respirant la gaieté, la joie de vivre, réalisées par Justine Cunha et le scénario sombre, celui d’une très jeune femme aux portes de l’âge adulte, clouée dans un fauteuil roulant à cause d’un chauffard ayant pris la fuite, créé par Bénédicte Carboneill alias Carbone.

Lya est cette jeune femme, paraplégique mais combative, qui ne se met pas dans le rôle d’une pauvre victime mais qui est mue par la soif de vérité, à la recherche du lâche qui, après l’avoir renversée a lâchement pris la fuite.

Officiellement, le lâche n’est pas identifié et ne le sera peut-être jamais seulement, Lya tombe sur un courrier émanant d’un célèbre cabinet d’avocat, stipulant qu’en contrepartie d’une confortable somme d’argent, les parents de Lya abandonnent toutes poursuite contre le chauffard.

Armée de son courage et de sa détermination, Lya s’engage dans des études de droit et s’arrangera, aidée de son meilleur ami Antoine pour intégrer le fameux cabinet d’avocat afin d’enquêter au plus près de l’avocat que l’on soupçonne d’être véreux.

Ce premier tome qui nous laisse à deux doigts de connaître le nom du lâche est une ode à la joie, à la résilience, au courage et à l’amitié ainsi qu’à l’ingéniosité qui permet à Lya de faire face à des situations où elle est physiquement empêchée.

La part sombre de son scénario fait que je conseille cet album aux lecteurs de 13-14 ans, voir un peu plus jeune s’ils sont accompagnés d’un adulte.

« Détective LaChance – Les cartes musicales » de S.L. PENNYWORTH

404 ÉDITIONS 135 pages 27/08/2020

C’est tout d’abord la très jolie couverture qui m’a donné envie de lire ce roman. Le résumé et la maison d’édition dont il est issu (404 éditions) ont achevé de me convaincre. Ce roman mélange des styles que j’aime beaucoup la fantasy (ici version Steampunk), le polar puisque nous suivons l’enquête de Gustave Laffairnaire dit LaChance et sa jeune partenaire et ce mélange d’histoire réinventée, puisque nous y retrouvons les codes de l’uchronie.

Un, puis plusieurs corps de femmes sont retrouvés accompagnés d’une carte sur laquelle apparait une partition musicale. Le détective LaChance qui ne demande qu’à partir en retraite dans les Vosges avec ses chats et donc une nouvelle fois mis sur l’affaire par sa commissaire (et un peu plus) Adélaïde. Pour mener à bien son enquête, il sera assisté d’une nouvelle partenaire fraîchement sortie d’école. Seulement, vieux solitaire misogyne, Gustave n’aime pas ça.

Autant j’ai été séduit par l’univers créé par l’auteure autant je n’ai pas aimé ce personnage de LaChance qui traite les femmes comme étant réduites à une paire de fesses et de seins. J’espérais que de devoir passer du temps avec une partenaire féminine le fasse évoluer mais non. La fin pouvant laisser envisager une suite, peut-être changera-t-il plus tard.

Le vrai point positif est donc pour moi l’univers, ce Paris début XXème revu à la sauce steampunk, un univers qui ne m’est pas trop familier mais dans lequel j’ai eu plaisir à retrouver des elfes, fées, orcs, trolls, croisement entre eux… Et cet univers nous happe de suite…

Je remercie beaucoup Netgalley et 404 éditions pour cette lecture. Et j’encourage l’auteure à nous rendre plus appréciable ce bourru de LaChance.

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