Le mystère de la Main rouge par Henri Lœvenbruck

XO ÉDITIONS 473 pages 22/10/2020

Qu’est-ce que j’ai attendu ce roman… En temps normal, pour moi, un nouveau livre d’Henri Lœvenbruck créer une impatience rare, et plus encore avec celui-ci, la suite du « Loup des Cordeliers ».

Une suite donc, des aventures de Gabriel Joly en plein Paris de 1989, journaliste enquêteur amoureux d’une muette bibliothécaire rire de mystères et ses quelques amis que sont entre-autres, Anne-Josèphe Terwagne, Récif le pirate, le commissaire Guyot, Louis-Sébastien Mercier, Camille Desmoulins…

Cette suite pourrait être lue indépendamment du précèdent mais je vous conseille pour l’apprécier pleinement de lire « Le loup des Cordeliers » dont la sortie chez Pocket a précédé de peu celle du « Mystère de la Main rouge ».

A la fin du « Loup des Cordeliers », Henri nous avait avec beaucoup de talent laissé sur notre faim tant la révélation du Loup pouvait nous entraîner vers de nombreux questionnements. Dès le début de ce nouvel opus, il nous plonge instantanément dans de nouvelles questions avec une mystérieuse confrérie, « La Main rouge ». Chapitres après chapitres, de nouveaux mystères se succéderont à la révélation d’un précédent, nous donnant sans cesse envie d’attaquer le chapitre suivant…

Vous l’aurez compris, ce nouveau roman d’Henri Lœvenbruck fut pour moi une nouvelle fois une lecture réjouissante et conforte mon idée qu’il est l’un des meilleurs auteurs contemporains de fictions historiques, c’est notre Ken Follett français. Comme lui, dès que vous entamer un de ses romans, vous êtes transportés à la fois dans une intrigue mais aussi dans une autre époque que vous avez l’impression de vivre en direct. Je tiens également à souligner le remarquable travail documentaire réalisé qui enrichi énormément la fiction.

J’attends maintenant avec impatience la suite des aventures révolutionnaires de Gabriel Joly et vous invite à la fois à dévorer ce roman, le précédent et l’ensemble de l’œuvre de cet exceptionnel auteur.   

Et toujours un extrait musical en rapport avec le roman :

Et puis mourir par Jean-Luc Bizien

Fayard Noir 342 pages 30/09/2020

Paris, hiver 2018, les samedis les rues se colorent de jaune, une ambiance de guérilla urbaine entre les forces de l’ordre, certains manifestants et surtout ces groupes de casseurs tels les Black Blocs. Au milieu de ce désordre violent, se trouve des hommes et femmes venus crier leur désespoir, leurs souffrances à un gouvernement qui ne les écoute plus.

Parmi eux un homme, qui mène une croisade contre des privilégiés, qui de leurs grands appartements se trouvent au-dessus de tout ça. Quelle cause défend-il ? Mérite-t-telle que des vies soient enlevées ?

Au Bastion, le Commandant Jean-Yves Le Guen et son adjoint, le Capitaine Patriziu Agostini ainsi que leur équipe sont chargés de l’affaire dont les retentissements médiatiques pourraient être terribles et surtout utilisés par certains pour discréditer encore plus la révolte sociale en cours. Entre la recherche de la vérité, la recherche de justice de l’un, la stricte application de la loi pour l’autre, cette enquête sera un véritable combat pour leurs consciences.

Jean-Luc Bizien nous offre avec « Et puis mourir… » un véritable polar à la mécanique très bien huilée. Il arrive à rendre attrayant un récit pourtant basé sur un modèle souvent utilisé : une série de meurtres, une équipe composée de deux fortes personnalités qui plus est un breton et un corse faisant partis du fameux 36, un cadre parisien… les ingrédients de nombreux romans de ce type.

Dans ce roman, j’ai vraiment aimé les personnages y compris Gabriel qui sème en nous en permanence le doute, la finesse de l’auteur qui ne l’oublions pas, prend comme décor le mouvement des « gilets jaunes », sujet à fort potentiel polémique, le traitant sans caricaturer ni les forces de l’ordre ni les manifestants et le côté technique de l’enquête traitée dans ce livre. J’ai parfois, en revanche, eu l’envie d’aller un peu plus vite dans certains chapitres qui me paraissaient traîner un peu en longueur. En reste un excellent moment de lecture, un polar que je vous conseille vivement et vous le verrez, en le refermant un petit peu de Gabriel résonnera encore en vous.  

J’avais initialement prévu d’illustrer mon retour de lecture avec « Concert à deux violes esgales du Sieur de Sainte Colombe que l’on retrouve dans une scène du roman, mais l’actualité me donne envie de rentre hommage à Eddie Van Halen (je ne pense pas que Jean-Luc m’en voudra) :

Pour commander le roman, allez chez votre libraire indépendant ou suivez le lien :

https://www.lalibrairie.com/livres/et-puis-mourir_0-6861158_9782213717272.html?ctx=a7ac4d3e6e4f9111b601b1efffbc7962

« L’homme qui aimait trop les livres » d’Allison HOOVER BARTLETT

Pocket 264 pages 02/01/2020

J’ai craqué pour ce livre en vacances à la très jolie librairie trait d’union à Noirmoutier. La couverture et son titre ont tout de suite attiré mes yeux sur ce petit livre (format poche) au milieu de ces très nombreux polars et thrillers. La lecture de la quatrième de couv’ a fini par me convaincre : une enquête d’un libraire jouant les Sherlock Holmes afin de mettre la main sur un voleur de livres… Seulement voilà, parfois un emballage trop beau peut être trompeur.

Je n’irais pas jusqu’à dire que ce livre est mauvais ou que son auteure soit nulle, mais ce n’est pas comme attendu, un polar au rythme effréné. Ce récit est plus un témoignage, un documentaire journalistique, nous racontant la vie de John Gilkey, voleur de livres connu pour en avoir dérober pour près de 200 000 dollars.

Ce texte donc, d’Allison Hoover Bartlett m’a appris beaucoup de choses sur les livres anciens et les fantasmes qu’ils créent chez certains d’entre nous, lecteurs passionnés, ayant tendance à accumuler les livres.

N’aimant pas par respect pour le travail des auteurs faire des retours négatifs sur leur travail, mais souhaitant être toujours honnête envers les personnes lisant mes chroniques, je ne m’étalerais pas d’avantage mais profite au cas où pour rappeler au John Gilkey qui sommeille en eux, aux personnes m’ayant emprunté à l’occasion des livres de bien vouloir les rapporter 😉.

« Sois belle et t’es toi ! » de Jérémy BOUQUIN

Editions Lajouanie 208 pages 20/05/2016

Sam. Samuel. Samantha.

Jérémy Bouquin nous fait souvent découvrir des personnages forts, profonds. Ici il s’amuse et va plus loin. Trois personnages pour une seule et même enveloppe en pleine mutation. Samuel devient Samantha et Sam est sa chrysalide. Vous l’aurez compris, notre personnage principal est un transgenre.

Assez peu présente en littérature, c’est l’excellentissime « enfermé(e) » de Jacques Saussey, qui m’avait amené à connaître et découvrir la transidentité. La littérature noire, miroir de la société se prête parfaitement à développer des récits autours de ces personnes nées dans le mauvais corps.

Et quand un caméléon de la plume, talentueux comme Jérémy s’empare du sujet, il prend prétexte d’une potentielle escroquerie à l’assurance pour nous confronter à ce sujet et à nos légitimes interrogations car dans ce roman comme dans la vie, les personnes différentes sont souvent rejetées.

Revenons à Sam. Il/elle est un ancien flic, reconverti en expert en assurance, l’un des meilleurs de sa catégorie, mais que son employeur cherche à faire disparaitre de la vue de tous. Sam quitte donc Paname pour la Corrèze le temps d’une enquête.

Une nouvelle fois, Jérémy Bouquin nous offre un roman relativement court mais riche en personnage, à l’intrigue bien ficelée et au rythme effréné, souligné par des phrases courtes.

Et comme souvent chez Lajouanie, le texte est mis en valeur dans un écrin à la couverture magnifique.  

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