Le Clan par Eric Dupuis

Editions Cairn – 448 pages – 31 Mai 2021

Un braquage violant dans un dépôt de la Banque de France à Béthune dans le Pas-de-Calais, une série de disparitions dans les Pyrénées-Orientales, un clan, une meute d’anciens militaires d’élites, voire, même d’anciens flics, des têtes connues des lecteurs d’Eric Dupuis, telles, la capitaine Bordas et son adjoint, le major Kaczmarek, le capitaine de gendarmerie Carpalès, Jean Dreux « et cie »… et, d’une certaine manière, une mise en abyme de l’auteur et sa famille, dans son récit avec des personnages au nom de Delpuech, Eric et Yann, son fils sont autant de bons ingrédients qui abondent ce roman policier de près de 450 pages.

L famille, c’est là, toute l’originalité de ce polar mené à la vitesse étourdissante d’un go fast, traversant la France du Nord au Sud, un polar d’action, explosif, très cinématographique à la manière d’une franchise à la Die Hard, cette part d’humanité, cette part d’âme d’un auteur qui prend plaisir à mettre son avatar en situation et qui, derrière nous rappelle, que les hommes et femmes qui s’engagent au service de la nation, au péril de leur vie, sont trop souvent laissés au bord de la route, une fois leur engagement arrivé à terme.

Comme Eric Dupuis, qui rend un touchant hommage aux membres de sa famille, nous le précise, ce n’est pas une biographie familiale, les braquages, cette vie borderline de cette meute, n’est qu’un fantasme. Néanmoins, chacun ayant sa part d’ombre et devant lutter en permanence pour la garder au fond de soi, nous pouvons très bien imaginer ce qui arriverait si notre société était dépourvue de règles. Derrière le côté blockbuster, il y a, dans Le Clan, une vraie place à l’humain, aux personnages.

Avec une dizaine de romans à son actif, l’auteur, a atteint avec ce livre, une certaine forme de maturité littéraire, grâce à laquelle, nous prenons le même plaisir à lire qu’il en a pris à écrire.

Je remercie beaucoup Eric Dupuis ainsi que les éditions Cairn pour ce roman qui est aussi une nouvelle preuve que l’on peut éditer des romans de qualités accessibles au plus grand nombre avec un tarif plus que raisonnable.

Déjà tellement de conflits passés, présents…. et futurs ??

Le site des éditions Cairn : https://www.editions-cairn.fr/livres/1609-le-clan-9782350689678.html

Le site de l’auteur : http://www.romanspoliciersericdupuis.com/bienvenue.ws

« Flics »Eric Dupuis

C’est la deuxième fois en très peu de temps qu’à l’occasion d’une réédition dans une version remaniée je découvre la première aventure de personnages rencontrés dans des récits plus récents. Ici, je fais donc connaissance avec le Major Stanek Zibanski que j’ai découvert reconverti en détective privé dans « Des larmes d’or et de sang ».

« Flics » est la réédition du premier volume de la série « Les uniformes bleus ».

Comme le nouveau comme l’ancien titre le laisse assez facilement deviner, il s’agit d’un polar. Et écrit par un flic, le récit, même si l’intrigue peut nous surprendre, car il s’agit quand même de la disparition d’un équipage BAC au complet, soit 3 personnes, en pleine patrouille, est hyper réaliste et, nous sommes plongés au cœur de cette enquête aux multiples rebondissements.

Ce qui différencie ce roman des nombreux polars que je lis, est que l’enquête est confiée à un Major, un flic de terrain et non comme souvent à un Capitaine, Commandant ou Commissaire.

Et quel flic que ce Stanek, un mec bien, professionnel, intègre, humain avec ses qualités et défauts mais surtout ses problèmes. Car oui, un flic est avant tout un homme ou une femme comme les autres et donc traîne aussi des soucis familiaux, financiers… Et le Major Zibanski, les soucis, il les collectionne, jusqu’à parfois être sur le fil, au bord de la rupture à jongler avec ses principes.

En plus de son expérience, véritable source d’inspiration pour ses histoires, Eric Dupuis à un vrai talent de romancier. Ses récits sont agréables à lire et il prend un malin plaisir à nous distraire avec des intrigues parallèles, puis qui se croisent, qui se résolvent puis reviennent sur le tapis et au travers desquelles nous nous rendons compte que le Bien et le Mal sont deux notions que l’on ne peut aisément résumer « gentils / méchants » et « flics / voyous ». A plusieurs reprises, je me suis dit : « et à sa place qu’aurais-je fait ? » car il est facile de basculer du mauvais côté de la loi.

Ce polar rend également un bel hommage à ces hommes et femmes portant l’uniforme, exerçants ce métier les mettant au contact permanent de ce qu’il y a de plus moche dans la société et les faisant basculer parfois dans de graves dépressions allant trop souvent jusqu’au suicide.

« Des larmes d’or et de sang » d’Eric Dupuis

Premier roman que je lis d’Éric Dupuis malgré tout le bien que j’entends de son travail. Mais c’est chose faite. J’aurais donc commencé avec son septième polar qui marque un changement radical dans sa vie d’auteur et personnelle puisqu’il change de région dans ce roman et devrait ou a déménagé il y a peu pour le sud. Il publie également chez Cairn Editions maison également du sud.

Éric et un ancien flic car nouvellement retraité et, comme chez d’autres auteurs ayant portés l’uniforme, cette double casquette « policier-romancier » apporte beaucoup de crédibilité à leurs récits. Ce qui m’a également beaucoup marqué, c’est une impression (à vérifier lors d’une prochaine rencontre) que l’auteur met beaucoup de lui-même dans son histoire.

Chez Cairn, la collection se nomme « Du Noir au Sud », et j’ai rarement autant trouvé que le nom d’une collection colle aussi bien à un roman en faisant parti car en plus de trouver ces âmes noires avec pour seule motivation l’argent dans cette belle région des Pyrénées-Orientales, le roman fait le grand écart entre le Nord et le Sud de la France. Du Noir au Sud, du Nord au Sud.

Des larmes d’or et de sang (couleurs représentants plutôt bien ces régions : les P-O et le bassin minier), fait se rencontrer la Gendarmerie et la Police Nationale, 3 ou 4 (?) enquêteurs, en effet l’un d’eux n’est pas seul dans sa tête dont les enquêtes respectives dévoileront des liens entre-elles.

La mécanique du roman est très bien maîtrisée par l’auteur alors que les intrigues et rebondissements sont très nombreux. Ce livre nous permet également de découvrir cette jolie région (où j’ai eu la chance de passer un séjour en juillet 2018) et d’en apprendre un peu plus sur les traditions et la gastronomie locale.

Pour résumer, un polar très bien écrit, agréable à lire nous donnant sans cesse envie d’avaler le chapitre suivant et mêlant noirceur des malfrats avec le comique de cette équipe d’enquêteurs hors normes.

Un site WordPress.com.

Retour en haut ↑