» Nightmare – Livre 1 – Le réveil » de Thibault Colon de Franciosi et Johanna Zaïre

Autoédition 392 pages 05/09/2020

Un ovni littéraire, un bel ouvrage, une fraîcheur, un roman, un comics, un roman graphique, Nightmare est tout cela et même plus. Inclassable, fantasy, post-apocalyptique, young adult à lire de 12 à 99 ans, aventure… J’ai rarement eu entre mes mains une œuvre aussi complète. Johanna Zaïre et Thibault Colon de Franciosi incarnent le courage dont font preuve les personnages de ce roman en s’étant lancés dans cette aventure de création d’un univers. Et à l’image de l’étendu de cet univers, ils ont fait ce travail en s’appropriant tous les rôles, de la création à la diffusion de cet ouvrage en passant par son édition. Sans exagérer, nous ne sommes pas très éloignés du génie d’un Tolkien ou d’un Burton. Vous êtes septiques ? Foncez l’acheter et vous verrez !!!

Pour l’histoire, Eve, 20 ans se réveille près d’une vieille ferme abandonnée, un décor sinistre recouvert de cendre, d’arbres morts. Un lieu qui ne lui est en aucun cas familier. A ce moment précis, c’est Théo, 19 ans qui sort également d’un état d’endormissement dans un lieu inconnu, un lac abandonné où même la faune a déserté les lieux. Leur point commun, ils ne se rappellent de rien et ne savent pas ce qu’ils font là. Chacun partira sans le savoir à la rencontre de l’autre dans ce monde rempli d’étrangetés, de bizarreries et surtout de dangers.

Suite à leur rencontre, le besoin de comprendre, d’appréhender ce nouveau monde, les amènera à se lancer dans son exploration. Ils se rendront vite compte qu’ils ne sont pas seuls. Seulement voilà, que cachent les rencontres ? Où est le bien, le mal ? La confiance s’accorde telle facilement ? Faut-il ne chercher que sa propre survie ou est-il plus important de protéger ces enfants rencontrés sur les chemins, tels Alice 5 ans accompagnée de Diego son ours en peluche, Glenn 7 ans myope comme une taupe, Max 9 ans qui voient des choses que les autres ne voient pas. Et tout cela sans compter Spencer, Cyannelle et beaucoup d’autres.

Pour faire honneur à tout bon roman de fantasy ou aux comics qui ont inspirés les créateurs de Nightmare, nous aurons le droit à une bonne dose de pouvoirs que possèdent et apprennent à maîtriser nos protagonistes.

Sur le fond, vous l’aurez compris j’ai tout simplement adoré me plonger dans l’univers Nightmare. La forme est la cerise sur le gâteau. Le livre est magnifique, la couverture d’abord, sublimée par un verni sélectif, le papier de très bonne qualité aux douces couleurs donnant des illustrations en aquarelles que l’on ne se lasse pas d’admirer. Et ce mélange entre pages de textes, illustrations et planches dessinées nous émerveille à chaque page.

La générosité de Johanna et Thibault étant aussi grande que leur talent, ils nous offrent en plus des 350 pages que comportent l’histoire, des croquis, des illustrations supplémentaires réalisées par des amis artistes, la description des lieux qui leur ont inspiré certains décors. Il ne manque que la bande originale mais si vous vous balader sur le net et que comme moi vous écoutez de la musique en lisant, vous tomberez sur des œuvres musicales de Johanna.

Ce livre mérite sa place dans chacune de vos bibliothèques. Je suis impatient de trouver le tome 2 dans mes mains. Pour patienter, je pense m’attarder un peu sur les œuvres passées de ces créateurs géniaux.  

« Détective LaChance – Les cartes musicales » de S.L. PENNYWORTH

404 ÉDITIONS 135 pages 27/08/2020

C’est tout d’abord la très jolie couverture qui m’a donné envie de lire ce roman. Le résumé et la maison d’édition dont il est issu (404 éditions) ont achevé de me convaincre. Ce roman mélange des styles que j’aime beaucoup la fantasy (ici version Steampunk), le polar puisque nous suivons l’enquête de Gustave Laffairnaire dit LaChance et sa jeune partenaire et ce mélange d’histoire réinventée, puisque nous y retrouvons les codes de l’uchronie.

Un, puis plusieurs corps de femmes sont retrouvés accompagnés d’une carte sur laquelle apparait une partition musicale. Le détective LaChance qui ne demande qu’à partir en retraite dans les Vosges avec ses chats et donc une nouvelle fois mis sur l’affaire par sa commissaire (et un peu plus) Adélaïde. Pour mener à bien son enquête, il sera assisté d’une nouvelle partenaire fraîchement sortie d’école. Seulement, vieux solitaire misogyne, Gustave n’aime pas ça.

Autant j’ai été séduit par l’univers créé par l’auteure autant je n’ai pas aimé ce personnage de LaChance qui traite les femmes comme étant réduites à une paire de fesses et de seins. J’espérais que de devoir passer du temps avec une partenaire féminine le fasse évoluer mais non. La fin pouvant laisser envisager une suite, peut-être changera-t-il plus tard.

Le vrai point positif est donc pour moi l’univers, ce Paris début XXème revu à la sauce steampunk, un univers qui ne m’est pas trop familier mais dans lequel j’ai eu plaisir à retrouver des elfes, fées, orcs, trolls, croisement entre eux… Et cet univers nous happe de suite…

Je remercie beaucoup Netgalley et 404 éditions pour cette lecture. Et j’encourage l’auteure à nous rendre plus appréciable ce bourru de LaChance.

« Harmony T1 Mémento » de Mathieu Reynès

DUPUIS 56 pages 29/01/2016

A l’occasion de la sortie du sixième tome prévue le 25 septembre 2020, grâce à netgalley et aux éditions dupuis, j’ai eu l’occasion de découvrir le premier tome de la série Harmony, scénarisée et dessinée par Mathieu Reynès accompagné dans la mise en couleur par Valérie Vernay.

Cet album m’a tout d’abord déstabilisé car je ne m’attendais pas aux premières planches présentées après avoir lu le résumé et découvert la magnifique couverture. En effet, nous nous retrouvons près de 4000 ans en arrière et j’ai alors eu l’impression d’attaquer un ouvrage de fantasy. Néanmoins très vite, nous nous retrouvons à l’époque contemporaine tout en étant de nouveau vite perdu mais cette fois, cela nous met à pied d’égalité avec Harmony, cette jeune fille dont nous allons suivre les aventures qui se réveille dans une cave sans trop savoir où elle se trouve et qui est son « geôlier ». Très vite nous comprenons que sa mémoire lui fait défaut et là le titre de ce premier opus « Memento » tombe sous le sens.

A défaut de sa mémoire, Harmony se découvre un pouvoir, la télékinésie. Le possédait elle avant ? Les événements ayant conduit à sa perte de mémoire en sont-ils à l’origine ?

Ce premier tome nous laissera avec un goût amer de frustration tant il se dévore vite et se termine en nous laissant plein de questions sans réponses. Mais bonne nouvelle plusieurs tomes nous attendent donc pour y répondre.

La lecture de cet album publié début 2016 à côté duquel, par abandon provisoire de la lecture de BD, j’étais totalement passé est une vraie belle découverte tant par l’histoire qui se profile, la puissance des personnages, peu nombreux car il s’agit quasiment d’un huis clos, la beauté des graphismes et la noirceur, la violence même légère présente qui en fait un ouvrage à réserver à un public plutôt adolescent/ jeune adulte.

Un seul conseil : jetez-vous sur cette série fantastique imaginée par Mathieu Reynès.

« REVE DE FEVRE » de George R.R. Martin

Pygmalion 510 pages 25/09/2019

Embarquer sur le Rêve de Fevre c’est partir pour un voyage sur le Mississippi au 19ème siècle. Mais un voyage pas comme les autres quand il s’agit d’emmener des passagers qui ont soif de sang…

Amber Marsh, vieux loup de rivière possédant une petite compagnie de bateaux à vapeurs, est contacté par un mystérieux inconnu Joshua York, qui lui propose un marché qu’il ne peut refuser, financier la construction d’un superbe vapeur à aubes latérales en échange de la moitié de sa société, et de ne pas poser de questions sur sa façon de vivre nocturne. Le capitaine Marsh rêvant de battre un record de traversée accepte très facilement sans se rendre compte de l’aventure dans laquelle il s’embarque.

Ce roman de George R.R. Martin a eu une première vie sous le nom de Riverdream, écrit au début des années 80, mêle habilement histoire et fantastique. C’est une véritable aventure humaine pour le capitaine Marsh et son équipage et pour York une bataille envers les siens, ses pulsions et son désir de paix entre peuple du jour et de la nuit.

Ce roman à l’histoire et aux personnages très travaillés manque juste parfois d’un peu de rythme. Mais l’auteur a surement voulu nous la faire découvrir au rythme de ces mythiques et majestueux bateaux. Martin est un très talentueux conteur qui a aussi écrit autre chose que cette merveilleuse saga de GoT.

« Brahotès l’Être de la vie » de Romane Fagot

Editions Amalthée 285 pages 11/01/2007

Ce roman de Fantasy-Young Adult et non pas fantastique comme indiqué sur la couverture me laisse un sentiment plus que mitigé et surtout une grande frustration. Je précise tout de même que c’est le premier et seul ouvrage de l’auteur édité en 2007. En effet, je rappelle que pour moi un retour de lecture plus négatif n’a pas vocation à détruire une œuvre ou un auteur mais n’est que l’expression de mon ressenti à l’instant où je le lis. Libre à chacun de lire les ouvrages et de s’en faire une opinion personnelle.

Pour ce récit, je trouve que Romane Fagot a fait preuve de beaucoup d’imagination et a su créer un environnement adapté à l’histoire, et à la portée des lecteurs même peu habitués à ce genre littéraire. De plus, le roman est facile à lire et les presque 300 pages défilent très vite. Malheureusement cette légèreté, nous la retrouvons dans les dialogues et surtout ceux de Brahotès ce jeune Huttin héros de l’histoire, trop modernes et familiers à mon goût ainsi que dans des scènes trop courtes alors qu’intéressantes.

Brahothès donc que tout le monde pensait mort car enfermé depuis six années sans nourriture se retrouve libéré et s’ouvre à lui un destin incroyable car il serait le rempart contre le « jour du chaos ». A travers les aventures qui l’amèneront jusqu’à ce fameux jour, nous verront toute une galerie de créatures, peuples magiques et bien évidemment une princesse….

Voilà, vous l’aurez compris, ce roman ne vous réservera pas de grandes surprises, il a même des côtés un peu trop bisounours pour moi, mais il est plutôt simple à lire et pas désagréable. Et si vous résidez en Picardie, vous lirez local. Pour info ce roman est disponible à la médiathèque de Roisel.

« Blue – Au pays des songes – T1 La forêt envahissante » de Davide TOSELLO

Vents d’Ouest Glénat BD 05/02/2020 72 pages

Un peu de magie, quelques instants d’une parenthèse enchantée, voilà ce que l’on ressent en découvrant l’univers de Davide Tosello. Cette BD est d’abord un bel objet visuel. La couverture qui attire l’œil et donne envie de prendre ce livre dans ces mains. Puis les dessins si bien réalisés aux douces couleurs.

Ensuite cette BD se lit, le scénario n’est pas d’une très grande originalité mais se révèle bien mystérieux. Blue jeune fille dont le père est disparu, vit dans la peur. Un beau jour alors que sa mère est absente, des dizaines d’avions en papier viennent lui apporter une boîte en carton enfermant un curieux animal avec lequel elle devra s’enfuir face à cette menaçante forêt dévorant tout sur son passage. Pour y échapper, Blue devra faire preuve de courage et se surpasser, dépasser ses peurs.

A la fin de ce premier tome d’un conte poétique et musical, une playlist accompagne cette BD dont les morceaux la composant en plus d’être listés à la fin, sont disséminés dans les bulles, sans savoir où nous allons, nous n’avons qu’une envie, suivre Blue …

« Les souterrains de Notre-Dame » de Barbara Frale

Le cherche midi 20/02/2020

Je me remets de plus en plus à relire des romans historiques, néanmoins, cela fait très longtemps que je ne suis pas tombé sur un roman tel que « Les souterrains de Notre-Dame ». Pour être honnête, je ne pense pas qu’il soit fait pour tout le monde. En effet, si vous soulez lire un roman historique pour vous détendre et voyager dans le temps, celui-ci n’est pas fait pour vous. En revanche, si vous êtes férus d’Histoire, de complots, d’énigmes et que vous aimez les livres dont la lecture demande concentration et efforts, foncez sur ce récit de Barbara Frale.

L’auteure nous démontre ici une très grande culture et une immense connaissance de cette époque du moyen-âge qui verra la fin des Templiers. Nous y sommes confrontés comme de véritables témoins à ces complots, d’un pouvoir monarchique très manipulateur. Nous ferons connaissance d’un grand nombre de personnages historiques, la plupart ayant existés mais que nous découvrons différemment, romancés sous la jolie plume de l’auteure.

Il est difficile en quelques lignes de résumer cette histoire, véritable puzzle historique. La quatrième de couverture est suffisamment bien faite pour en avoir un aperçu et avoir envie de se jeter sur ce livre.

Merci à Netgalley et aux éditions du cherche midi pour m’avoir donné la chance de lire ce roman et redécouvrir ainsi cette période de notre histoire.

« Le Maître des Ombres » Jean-Christophe Chaumette

Merci à Evidence Editions et leur Crazy Books Day pour m’avoir permis de remporter ce livre de Jean-Christophe Chaumette. J’aime beaucoup cette maison d’édition et leur éthique. En effet chez eux offrir l’accessibilité de leurs ouvrages aux plus grands nombre est gravé dans leur ADN.

J’ai donc reçu et entamer avec plaisir ce roman qu se déroule dans un futur très proche où le monde est divisé entre deux puissances adverses mais qui n’oublient pas les conflits que nous connaissons aujourd’hui comme malheureusement ceux du Proche-Orient. Au début je me suis un peu demandé où je mettais les pieds tant il était question de guerre et d’armée… Mais très vite, le décor posé, ce fut plutôt une bonne surprise, un récit dans lequel je retrouve tout ce que j’aime de l’anticipation, du thriller, de l’historique, du fantastique… Une impression d’être plongé dans un nouveau 5ème élément…

Jean-Christophe Chaumette possède une très jolie plume grâce à laquelle, la lecture de son livre est un vrai plaisir. De plus, il fait vivre ses personnages d’une telle manière qu’il nous suffit de fermer les yeux pour s’imaginer être un spectateur les voyant évoluer devant ses yeux.

Le maître des ombres vous emmène à la découverte d’une entraide particulière entre le lieutenant Jason Garnett, son prisonnier soldat ennemi, un rabbin et une infirmière française, poursuivis par les combattants de l’Islam alors qu’ils sont à la recherche de la geôle dans laquelle serait enfermé Le Maître des Ombres un ancien démon captif depuis des millénaires…

« La mélodie du malheur » de Michaël Moslonka

128 pages éditions faute de frappe 04/02/2020

« La mélodie du malheur » est un court roman de Michaël Moslonka tirée d’une nouvelle écrite par ce dernier il y a quelques années. L’avantage de ce genre de roman est que l’on peut l’avaler en une soirée, ce que je vous conseille tant l’auteur prend plaisir à nous balader.

C’est un exercice difficile d’écrire une histoire courte car il faut accrocher très rapidement le lecteur et l’emmener dans l’histoire en quelques pages. Michaël Moslonka l’a ici réalisé avec brio.

Mina est une jeune fille surdouée dont les parents pour la protéger des conséquences de cette différence, décident que dorénavant, ils vivraient à la campagne. Les voilà donc arrivant aux Trois Epis, un mystérieux hameau qui nous fera voyager dans un univers où à aucun moment, si ce n’est lors du dénouement, nous comprenons vraiment où nous mettons les pieds.

C’est là, la grande réussite de l’auteur, qui écrit là une fiction dans laquelle je retrouve un peu de Stephen King, il nous entraîne dans une histoire où nous nous perdons, mais dans laquelle, lui ne nous perds pas et nous amène exactement là où il le voulait.

Terminant comme dans un conte par une jolie morale, mais n’en dévoilons pas trop…

Un grand bravo à Michaël Moslonka pour ce travail de qualité, c’est le premier de ses récits que je lis et j’ai vraiment envie d’en découvrir d’autres.

https://www.editionsfautedefrappe.fr/page-d-articles/la-melodie-du-malheur-micha%C3%ABl-moslonka

« Un bon écrivain est un écrivain mort » de Guillaume Chérel

C’est à Nemours, sur un salon que j’ai eu la chance de rencontrer Guillaume Chérel qui m’a vraiment donné envie de découvrir son univers et c’est donc lui qui m’a invité à démarrer par ce roman « Un bon écrivain est un écrivain mort ». Et bien je n’ai pas été déçu.

Guillaume Chérel prend un malin plaisir à gentiment rire des défauts, des égos, d’auteurs populaires au sens de « gros vendeurs de papier ». En effet, il nous emmène à la découverte du monastère de Saorge dans lequel dix auteurs vont sur invitation d’un mystérieux homme, passer un weekend pas comme les autres. C’est dix auteurs sont : Frédéric Belvédère, Michel Ouzbek, Amélie Latombe, Delphine Végane, David Mikonos, Kathy Podcol, Christine Légo, Yann Moite, Tatiana de Rosnay et Jean de Moisson. Nous trouverons aussi quelques autres allusions mais gardons un peu de surprise…

Les sept premiers chapitres à tour de rôle se consacrent chacun à un personnage, le 8ème à plusieurs et dès le 9ème nous découvrons ce magnifique lieu qu’est ce monastère. Pour info et pour profiter de cette merveille, vous pouvez sur le site qui lui est consacré le visiter virtuellement.

Ce thriller avec une touche fantastique et une grosse dose d’humour, doit vraiment son originalité à cette galerie de personnages que l’on aime voir se retrouver dans d’étranges situations. Et quel plaisir !!! Enfin un peu de justice pour les auteurs au talent bien plus grand qui, moins médiatiques, sont moins bons vendeurs.

Guillaume Chérel qui à ce que j’ai pu voir possède une sacrée personnalité nous montre ici qu’il est doué également d’un sacré talent et j’ai vraiment apprécié sa façon de jouer avec les mots. J’ai maintenant hâte de lire d’autres de ses ouvrages qui je l’espère seront également de belles surprises.

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