» Dans mon village, on mangeait des chats » de Philippe PELAEZ et Francis PORCEL

GRANDANGLE 56 pages 10/06/2020

Ce qui attire au premier coup d’œil quand on se retrouve devant cette bande dessinée, c’est tout d’abord sa couverture, sombre et pesante à souhait qui contraste avec le titre qui nous fait sourire « Dans mon village, on mangeait des chats ». Résultat, direction la quatrième de couv’ pour découvrir qu’il s’agit de l’histoire d’un parcours initiatique d’un jeune garçon dans le crime organisé.  Cet album avait donc toute sa place dans ma bibliothèque.

Nous ferons donc connaissance avec Jacques Pujol, un ado issu d’une famille pas tout à fait comme les autres, même si les faits divers nous en présentent régulièrement des du même acabit. Son père, routier ne rentre que pour boire et tantôt violenter sa femme, tantôt ses enfants. Sa mère ne possède nullement la fibre maternelle et préfère donner de l’affection à différents hommes en l’absence de son mari plutôt que vers ses enfants. Seule Lily, sa petite sœur apporte un peu d’humanité dans ce foyer.

Un soir où ils font le mur, Jacques et Lily, tombe sur le père Charon, boucher et maire de leur village du sud-ouest, réputé pour ses pâtés pour lesquels les clients n’hésitent pas à faire des kilomètres et dépenser des fortunes en train de chasser des chats. Jacques fera vite le rapprochement et voit là une opportunité pour essayer d’améliorer sa condition.

De ce moment, Jacques trace sa voie vers un destin qui lui fera franchir les étapes de sa transformation de caïd en chef de gang bientôt à la tête d’une petite entreprise criminelle d’envergure. Son histoire nous rend attachant ce personnage pourtant détestable.

Philippe PELAEZ, nous déroule un récit aux petits oignons, très visuel, on pourrait se croire dans un film de Belmondo. Chaque évènement marquant dans la vie de Jacques est décrit telle une évidence. Il subit, n’a jamais vraiment le choix, quand à chaque fois à quelques minutes à dire ou quelques centimètres près, on se dit que l’histoire aurait pu être tout autre.

Pour donner encore plus de profondeur et de noirceur à ce scénario génial, Francis PORCEL, joue avec les dessins et surtout les couleurs qui créent une ambiance pesante.

Si comme moi, vous aimez le noir, vous allez adorer « Dans mon village, on mangeait des chats ».

 » Détox – Tome 1- Le déni » de Jim et Antonin Gallo

Collection GRANDANGLE Éditions Bamboo 80 pages 27/03/2020

Ce jour de rentrée scolaire, est le meilleur moment pour vous présenter ce premier tome de Détox : le déni, dont la suite et fin « l’acceptation » paraîtra le 30 septembre en même temps qu’une édition intégrale de la série signée Jim et Antonin Gallo dans la collection GRANDANGLE des éditions Bamboo.

Dans cette fiction inspirée de faits réels (la genèse de cet album est expliquée à la fin), nous faisons connaissance avec Mattias d’Ogremont, le directeur général d’une entreprise spécialisé en acquisition de sociétés proches de la faillite afin de les redresser, et de les revendre générant au passage de gros profits. Cette vie de dingue, il la mène à cent à l’heure épaulé au passage par sa dévouée assistante et maitresse au passage, Victoria. Mattias et marié, papa de deux enfants. Il se voit comme un bon chef de famille, puisqu’il est en mesure d’offrir à ses épouse et enfants tout ce dont ils rêvent. Enfin, ce dont lui pense nécessaire à les rendre heureux.

Même si nous ne sommes pas tous DG d’entreprise, nombre d’entre nous se retrouverons sur certains aspects de la vie de Mattias, noyés sous les obligations professionnelles dont notre conscience nous force un peu à nous donner corps et âmes souvent au détriment de notre vie familiale et de notre santé. Dans ce monde hyper connecté où nous sommes joignables en permanence, le vainqueur est le burnout.

Pour revenir à Mattias, ce n’est pas le burnout qui le guette, mais l’AVC. Et cet AVC, ce n’est pas lui qui le touche, il frappe Victoria qui s’écroule en pleine réunion. Dès la fin de la cérémonie des obsèques, ni une ni deux, Mattias fonce rejoindre un stage de détox « libère l’esclave qui est en toi » dont lui avait parlé une amie du couple, Apolline. Malgré le drame qui vint de se produire, Mattias mettra toute sa mauvaise foi ainsi que son mauvais caractère à nous décrire de façon très drôle ce stage au milieu de rien, déconnecté de tout moyen de communication, où il sera nourri à base de boisson au romarin, devra utiliser des toilettes sèches et prendre du temps en tête à tête avec lui-même.

J’ai vraiment aimé cet album dessiné à quatre mains aux douces couleurs orangées. La caricature du cadre hyper connecté que représente Mattias et la façon dont est dépeint le stage est à prendre au second degrés et nous permettent de nous pencher à notre tour sur notre vie : est-ce utile de se donner autant à un emploi ? et pourquoi ? avoir une plus grosse télévision, une plus grosse voiture, partir plus loin en vacances ? Mais est-ce cela le bonheur ? Ne ferions-nous pas mieux de profiter des bonheurs à porter de mains ? Nos familles, amis et plaisirs simple comme une ballade en nature, prendre le temps de se poser avec un bon livre…

Alors, commençons par une courte pause, allez dans une librairie, une bibliothèque vous procurer « Détox » et pensez un peu à vous.   

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