Des femmes qui dansent sous les bombes par Céline Lapertot

Éditions Viviane Hamy 232 pages 03/03/2016 – Points (poche) 216 pages 15/06/2017

Qu’il est difficile d’écrire quelques mots pour parler d’un roman d’une telle qualité d’écriture. C’est avec une douce plume, poétique et maîtrisée que Céline Lapertot couche sur le papier ce récit terrifiant, violent, racontant l’enfer dans lequel sont emprisonnées les femmes au Congo ici, mais dans n’importe lequel des pays d’Afrique ou d’ailleurs dans lesquels sévissent de terribles conflits armés. Avec la magie de ses mots savamment choisis, l’auteure fait briller les âmes assombries de ces femmes, Séraphine, Blandine, Ina,… les « lionnes impavides » comme elles s’appellent à qui le destin de mères, d’épouses a été ravagé par des miliciens qui les ont violées, ont assassiné leur famille, ont rasé, brûlé leur village.

A l’image de nombreuses autres femmes, Séraphine, dont Céline nous raconte la terrible histoire a été violée devant les yeux de son père agonisant. Plus qu’un viol de son intimité physique et des conséquences psychologiques, c’est son avenir qui est dévasté. Promise à un mariage, vivant heureuse et insouciante, il ne reste aucun espoir à Séraphine.

Emmenée à l’hôpital, c’est Blandine, une « lionne impavide », une guerrière de l’armée régulière arrivée à temps pour éviter encore plus de déchaînement de haine et de violence, qui lui insufflera l’envie de se battre, de vivre, pour se venger d’une part mais pour faire cesser la barbarie et sauver d’autres femmes. La douce jeune femme d’une vingtaine d’année, se transformera en une rugissante lionne, entourée d’une nouvelle famille, celle de ces femmes à qui l’on a enlevé le droit d’aimer et d’être aimé.

Ce roman nous désarçonne, nous met une claque dans la figure, de celle provoquée par l’horreur du monde qui nous entoure mais que l’on préfère souvent ne pas voir. Mais derrière cette noirceur, ce cache un hymne à la vie, à la féminité, une réponse à la domination masculine. Les femmes ne sont pas les souffre-douleurs des hommes et jamais elles ne sont aussi fortes que quand elles font front ensemble contre la tyrannie.

« Hoplite ou l’épopée des Dix-Mille » de Jean-Luc Marchand

La Compagnie Littéraire 370 pages 24/01/2020

Je sors une nouvelle fois de ma zone de confort avec ce roman historique mais pas que… Même si j’aime beaucoup les romans qui parlent d’histoire, je suis plus habitué aux récits se déroulant au Moyen-Age ou à la Préhistoire. Là c’est un changement d’époque que ma proposé « La compagnie littéraire » puisque cette histoire se déroule quelques siècles avant J-C.

Avant de parler de mon ressenti sur le texte, je tiens à souligner le travail de cette maison d’édition (que je découvre avec ce texte), pour la qualité de ce roman numérique, quel plaisir à lire.

Ensuite, l’auteur Jean-Luc Marchand, à réaliser un roman historique, épique, initiatique, très bien écrit avec de nombreux détail et un texte chapitré de manière à lui donner un certain rythme malgré le peu de dialogues. De plus il a l’art de vous rendre ce texte si vivant que parfois nus oublions les 2500 ans environs qui nous séparent de Sophénète le héros de ce roman qui justement poursuit le but de devenir un Héros…

Mes connaissances sur cette période de l’Histoire et ce peuple des Spartiates étant plus que limitée, je n’ai pas l’œil suffisamment avisé pour savoir si l’auteur est proche de la réalité historique. Néanmoins, la lecture de ce texte nous démontre que l’auteur est soit un passionné de cette période soit il a réalisé un sacré travail documentaire.

En tout cas se livre a le double avantage de soit faire aimer l’histoire à un passionné de littérature, soit donner l’envie de lire à un féru d’Histoire.

J’espère que ce livre rencontrera son public, car une telle réussite mérite le succès.

« Chien de guerre » de Jérémy Bouquin

Editions du Caïman 228 pages 14/01/20

« Connasse ! » Voilà comment commence ce livre. Oui vous entrez dans un roman de Jérémy Bouquin, vous n’avez pas ouvert une « bibliothèque rose » … mais rassurez-vous, il ne s’adresse pas à une nouvelle lectrice, c’est Grand Franck viré de l’armée qui s’adresse à Henriette une octogénaire peu bavarde qu’il est en train de torturer. Le décor est planté.

Jérémy Bouquin à l’habitude de vous raconter une histoire sans en faire des caisses, il a des choses à dire, il les écrit, c’est net, sans bavures et surtout sans blablas. Vous entrez directement dans l’histoire qui défile au fil des mots à un rythme très soutenu. Sa spécialité, les phrases courtes, points et virgules sont au rendez-vous, son texte, des rafales d’armes automatiques dont vous êtes la cible. Résultat, une histoire avalée en peu de temps.

Cette histoire c’est celle de Franck Taupe, Grand Franck un paumé de la vie. Né d’une mère célibataire, résultat d’un coup d’un soir, il grandi sans père. Les hommes ne manquent pas dans son enfance, ils défilent dans la chambre de sa mère. Bref, une enfance pourrie dans un HLM de cité. Ma femme dont le métier et d’aider les enfants à naître me dit souvent qu’en fonction des gens qu’elle a en face d’elle pendant les accouchements souhaite soit la bienvenue, soit bonne chance au nouveau-né qu’elle accueille. C’est certainement bonne chance qu’elle aurait souhaitait à Petit Franck, seulement, elle l’a un peu oublié la chance.

Entrant dans l’âge adulte, l’armée a su lui donné un environnement où il a su évoluer mais alors qu’il est jeune papa, elle vient de le lâcher. Retour aux sources et à la réalité de notre société. Ancien soldat, ce n’est pas un statut, vous n’existez plus pour l’administration. Alors il faut se débrouiller et c’est souvent là que les rencontres auront une bonne ou une mauvaise influence…

Jérémy Bouquin dresse un portrait d’une société que l’on aimerait ne pas être la nôtre. Malheureusement ce n’est pas le cas. Dans ce roman social, les personnages n’auront pas notre affection, mais tout juste empathie, ils sont brisés. Pas tous pour les mêmes raisons, mais le résultat et le même. C’est là que l’on se dit que nous sommes quand même plutôt favorisés d’être nés dans une famille normale.

Encore une réussite pour Jérémy Bouquin qui nous fait réfléchir. Je vous invite vraiment à découvrir ce roman et l’univers riche de cet auteur prolifique qui en plus maîtrise l’utilisation de grossièreté sans jamais être vulgaire.

Chien de guerre est publié aux éditions du caïman dans un format « semi-poche » qui est très confortable à lire avec un papier de grande qualité et qui permet également d’être financièrement abordable. Ce dernier point méritant d’être souligné à l’heure actuelle ou les grands formats approchent de plus en plus les 25 euros…

« A l’ombre des collines » Audrey Moulin

Depuis les dernières pages tournées, j’ai juste envie de découvrir la suite de ce roman historique qui nous fait découvrir la Suisse et notamment la ville de Sion dans le canton du Valais au XVème siècle où nous faisons la rencontre de Lucien et Sebastian qui malgré leurs nombreuses différences vont unir leurs forces pour défendre ce territoire. Comme c’est souvent le cas dans les romans historiques, nous suivront les personnages évoluer sur de nombreuses années.

Ce roman dans lequel l’auteure par son talent nous rend les personnages attachants, alterne habilement les récits historiques et les scènes d’action qui apportent un rythme intéressant à ce premier tome et ce alors même que parfois certains passages sont un peu longs.

Audrey Moulin a une très jolie plume agréable à lire, c’est une auteure qui mériterait d’être éditée dans une maison d’édition qui permettrait de faire découvrir son travail à un plus grand nombre de lecteurs. Je la remercie pour l’envoi de ce roman et la félicite grandement pour les quelques heures agréables passées à lire ce récit.   

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