Une agate rouge sang par Frédérick Maurès

ELP éditeur – 228 pages – 28/11/2019

Je remercie avant tout beaucoup Frédérick Maurès, pour ce service presse. Une lecture qui ne correspond pas à mes lectures habituelles, un peu déroutante au début, le temps de se familiariser avec les différents personnages et les sauts temporels qui nous transportent de manière incessante entre 2017 et la fin des années 30 au début des années 50, mais qui est plutôt une bonne surprise tant l’écriture est fluide. De plus, le récit est bien construit et rend ce puzzle du passé des personnages, agréable à construire.  

Marie-Louise, une vielle dame quasi centenaire décède dans un petit village. Elle laisse en héritage et à sa grande surprise à Mathieu, un appartement parisien inoccupé depuis la seconde guerre mondiale. Cherchant à en reconstruire l’histoire, il en apprendra aussi sur sa propre histoire.

Une agate rouge sang, un roman joliment écrit qui ne vous laissera pas indifférent.

https://www.7switch.com/fr/ebook/9782924550519/une-agate-rouge-sang

Traces de la grande guerre par collectif

Éditions de la Gouttière – 152 pages – 05/10/2018

Traces de la grande guerre est un recueil collectif de récits graphiques, de nouvelles illustrées. Au nombre de dix-huit, elles nous plongent dans différents aspects de la première guerre mondiale, avec comme fil conducteur, le travail et le devoir de mémoire. Ainsi, de nombreux auteurs et illustrateurs, à l’aide de formats courts, de quatre à huit planches, nous racontent, la vie dans les tranchées, nous content les destins d’hommes et de femmes, nous rappellent les dégâts, physiques, psychologiques et matériels, causés par ce monstrueux conflit mondial. Comme souvent dans les recueils, l’ensemble des textes et graphismes présents dans cet ouvrage, ne plaisent pas à tout le monde. Néanmoins, cette diversité, permet de toucher un grand nombre de lecteurs.
Le travail réalisé pour réunir dans un même projet autant d’auteurs et d’illustrateurs et remarquable par la qualité de leurs œuvres et leur internationalité. Leurs récits, se déroulant tantôt à notre époque, tantôt il y a un siècle, ont en commun de nous rappeler qu’oublier, c’est risquer de reproduire les horreurs passées. Il est difficile de résumer ou donner son avis sur l’ensemble des dix-huit histoires, parmi lesquelles, « Impénétrables empreintes », « A la mine comme à la mine ! », « Jeux de guerre » ou « Mémorial » dont les graphismes nous rappellent l’univers de Tolkien qui a connu les tranchées samariennes, et « L’Allemagne doit payer » justifient à elles seules, que « Traces de la grande guerre » rejoint votre bibliothèque.

La première des histoires de ce recueil, se situe près de l’Isonzo, dans le nord de l’Italie, que nous connaissons beaucoup moins que les batailles de la Marne ou la Somme, voici donc une vidéo de l’excellent Benjamin de Nota Bene qui en parle :

Lame de corsaire par Nicolas Cluzeau

Éditions du 38 – 254 pages – juillet 2020 (première édition mars 2011)

Quel plaisir, quelle aventure, que cela fait du bien en ce moment, de larguer les amarres et partir à travers la Méditerranée sur une frégate au XVIIIᵉ siècle. Ce moment de lecture qui sent bon l’air salin, nous le devons à Nicolas Cluzeau et son excellent roman, un mélange entre polar historique et récit d’aventure.
Nous sommes donc, précisément en 1774, un navire de guerre, une frégate française, la Scylla s’apprête à partir du principal port d’Athènes avec une cargaison un peu spéciale, de l’or, des armes en quantité et deux mystérieuses passagères qui viennent rejoindre deux centaines de marins.
À peine la Scylla a-t-elle pris la mer, que les ennuis commencent, les premiers d’une longue série. La frégate est prise en chasse par deux navires de guerre anglais et un jeune matelot est retrouvé mort. Le capitaine Van Stabel chargera deux jeunes lieutenants de mener l’enquête à bord, ce qui déliera les langues, nous apprenant par exemple qu’à chaque fois que le navire français quitte un port, une femme est retrouvée morte, atrocement mutilée. Nicolas Cluzeau, avec ce récit au grand large, nous offre un huis clos dans lequel évoluent de nombreux personnages, qui nous font voyager et nous offrent de magnifiques combats navals, dignes du film Master and Commander. Ce mélange des genres entre polar, histoire et aventure fait que ce récit plaira au plus grand nombre. Je remercie les éditions du 38 pour ce service presse et félicite cet auteur que je ne connaissais pas, mais dont la plume me donne envie de découvrir ses autres romans.

Pour commander ce roman, foncez chez votre libraire ou voici le site des éditions du 38 :

https://www.editionsdu38.com/

Pour aller plus loin :

Ce magnifique navire, l’Hermione, reconstitution d’une frégate du XVIIIᵉ
Bataille navale du film de Peter Weir Master and commander : de l’autre côté du monde

Le crépuscule et l’aube par Ken Follett

Robert Laffont – 851 pages – 17/09/2020

J’attendais avec envie ce nouveau roman de Ken Follett, dont l’histoire se déroule un peu plus de cent ans avant « Les piliers de la Terre » et à travers lequel nous connaitrions les origines de Kingsbridge. Y trouver en plus des Vikings était la cerise sur le gâteau, tant leur présence peut assurer des scènes d’action bien rythmées et violentes.

Seulement, mes attentes étaient certainement un peu trop fortes et je reste sur ma faim. Non pas que le roman ne soit pas bon, il l’est de par la construction du récit, la plume de Ken Follett toujours aussi agréable mais, un scénario assez lent, des personnages qui paraissent être des caricatures de ceux des piliers de la Terre. Dans l’ensemble aucune surprise.

Ce sentiment passé, le roman reste une très bonne lecture qui nous apprend comment s’est fondée Kingsbridge, et nous donne des informations sur la dure réalité de la vie à cette époque de l’entrée dans le second millénaire avec la menace des Vikings qui étaient des êtres destructeurs.

Le roman présenté par Ken Follett lui-même :

Voici le lien vers la page Wikipédia d’Emma de Normandie, qui a inspiré le personnage de Ragna :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Emma_de_Normandie

Le fil de l’Histoire – La peste, histoire d’une pandémie par Fabrice Erre et Sylvain Savoia

DUPUIS 43 pages 02/10/2020

Dans la crise sanitaire actuelle, les enfants posent souvent pas mal de questions auxquelles nous ne savons toujours pas forcément bien formuler les réponses adéquates. Fabrice Erre et Sylvain Savoia, à travers leurs personnages de Nino et sa grande sœur Ariane, ont les mots justes pour rendre ce sujet accessible aux plus jeunes (dès 6 ans en lecture accompagnée) dans cet album, hybride entre bande dessinée et documentaire.

Je trouve, pour avoir dernièrement fouiné dans des documentaires enfants plus anciens, que cette série donne un vrai coup de jeune à des ouvrages qui ont encore une vraie utilité pour des jeunes lecteurs curieux et qui n’ont pas encore le réflexe systématique de demander à google et autres des informations sur tout et n’importe quoi. De plus, le ton léger et humoristique employé, rend la lecture agréable.

Dans cette série, très abordable en plus, chaque tome étant au prix de 5,90 euros, vous trouverez des sujets aussi intéressants que variés sur Le Titanic, Le mur de Berlin, Gandhi, Les vikings, Le premier pas sur la Lune, Napoléon,….

Pour les plus grands, une vidéo de Ben de Nota Bene :

Sapiens – T1 – La naissance de l’humanité par Yuval Noah Harari , Daniel Vandermeulen et Daniel Casanave

ALBIN MICHEL 248 pages 07/10/2020

Depuis tout jeune, je suis très intéressé par l’histoire de l’humanité, de l’évolution d’Homo à travers les âges et je voue une énorme admiration à Yves Coppens dont j’ai dévoré tous les ouvrages. Quand j’avais vu en rayon en librairie Sapiens, je m’étais donc jeté dessus, découvert Yuval Noah Harari et sa manière de rendre accessible cette longue transformation des humains primitifs à cet être « évolué » que nous sommes devenus.

La sortie en roman graphique de Sapiens m’a permis de me replonger dans ce best-seller publié il y a maintenant cinq années. Plus qu’une simple adaptation, c’est un essai transformé qui colle complétement au format de ce type d’ouvrage. En effet, Harari s’est associé à David Vandermeulen et Daniel Casanave qui n’en sont pas à leur première collaboration dans ce type d’ouvrage de non-fiction. Sans oublié Claire Champion qui a réalisé la mise en couleur des illustrations.

Quelle bonne idée donc que cet album qui reprend une partie des presques 500 pages de l’essai original allant de la révolution cognitive il y a 70 000 ans, avec quelques bons en arrières, à la révolution agricole il y a 12 000 ans. Cette refonte en images, permet de rendre l’ouvrage accessible aux plus jeunes ainsi qu’aux lecteurs ayant peur de se lancer dans la lecture d’un épais essai.

Plonger dans l’étude de nos origines, nous permet de comprendre notre présent et d’entrevoir un futur ou le risque d’absence de futur attendant notre espèce.

Chacun pourra se faire son avis, le mien étant plutôt pessimiste à moins qu’une nouvelle révolution de notre façon de penser ne change la donne.

Blanc autour par Wilfrid Lupano et Stéphane Fert

DARGAUD 144 pages 27/11/2020

Wilfrid Lupano (scénario) et Stéphane Fert (illustrations) nous invitent à un voyage dans le temps, aux Etats-Unis, dans les années 1830. Pour être plus précis, à Canterbury dans le Connecticut. Et ce, afin de nous conter, l’histoire de la Canterbury Female Boarding School, la première école pour jeunes filles à la peau d’ébène.

L’institutrice, Prudence Crandall (1803-1890) est enseignante dans cette école, qui n’est à la base qu’une école de filles dans laquelle un jour, vient se présenter « Sarah », une jeune fille curieuse en soif d’apprentissage. Mademoiselle Crandall décide de lui offrir une place à l’école. Mais à cette époque et même si dans ces états du nord, l’esclavage n’est plus pratiqué, le racisme est encore monnaie courante et les esprits sont toujours hantés par Nat Turner, un esclave qui savait lire et écrire et qui a mené une révolte sanglante. Les blancs, refusent cette idée et menacent d’enlever leurs enfants. L’institutrice les prendra au mot et de ce fait, elle vient de créer la première école pour jeunes filles noires.

J’ai beaucoup apprécié cette histoire basée sur des faits réels et qui m’étaient totalement inconnus. Le travail de documentation a été remarquablement mené et permet à cet album graphique d’être très instructif. De plus, les biographies de personnalités issues de cette école en post face de l’album m’a appris beaucoup de choses. Elles sont signées par Joanie DiMartino, a conservatrice du musée Prudence Crandall. J’ai été un peu moins sensible aux illustrations et surtout à la police de caractères utilisée qui ne se prête pas à la lecture dématérialisée.

Je remercie en tout cas Netgalley et les éditions Dargaud pour cette histoire de sororité dans cette Amérique où même aujourd’hui, le racisme est malheureusement toujours présent.

Les Espionnes du Salève – T2 – Bletchley Park par Mark Zellweger

Éditions Eaux Troubles 306 pages 26/10/2018

Je ne suis pas vraiment fan d’espionnage mais j’aime beaucoup l’histoire. Le souvenir d’une très bonne lecture du roman de Ken Follett « Le réseau Corneille » m’a fait m’intéresser à la série de Mark Zellweger Les espionnes du Salève.

Après un premier tome, L’envers du miroir qui, foisonnant d’informations, de personnages nous en mettait nécessairement plein la tête et rendait de fait, la lecture un peu fastueuse, Mark nous offre avec ce second tome, Bletchley Park, un roman qui se dévore comme un thriller.

J’ai en plus d’avoir vraiment apprécié cette lecture, retrouvé ce qui m’avait beaucoup plus au premier opus, ce travail documentaire soigné, et ces femmes dont les actions sont malheureusement trop peu connues.

Merci Mark, de nous rendre accessible l’Histoire en nous permettant en plus de passer un agréable moment. Merci d’être le porte-parole de ces femmes.

Merci à Netgalley et aux éditions eaux troubles pour ce roman.

Nota Bene – T3 – La mythologie nordique par Brillaud – Mariolle – Paty

Soleil 56 pages 16/09/2020

Ah là là ce que j’aurai aimé avoir un prof d’histoire comme Benjamin Brillaud (qui n’est pas prof je précise). En effet, et même si j’aime beaucoup l’histoire, je n’ai pas souvenir d’avoir eu un jour un cours passionnant… En revanche, grâce à ses vidéos et l’angle d’approche qu’il utilise, « Nota bene » rend l’Histoire accessible, intéressante et amusante. De plus, les nombreuse références à la pop culture rendent avec Benjamin l’Histoire très « actuelle ».

Pour la troisième fois, il passe du format vidéo à celui de la bande dessinée et ce tome est celui de la « maturité », très réussi aussi bien au niveau scénaristique, il est accompagné dans sa rédaction par Mathieu Mariolle, que visuellement avec les dessins de Christian Paty, mis en couleur par Joël Odone. Nous retrouvons Benjamin croqué en narrateur servant de fil conducteur avec le même esprit que l’on trouve dans ses vidéos, accompagnés des Dieux, Géants, Nains de la mythologie nordique aux improbables mais historiquement « réelles » aventures.

Le tome 3 de Nota Bene, est un très agréable et enrichissant moment de lecture qui plus est, pour un amateur de fantasy comme moi car elle s’inspire très souvent des mythes nordiques. Hâte de voir se poursuivre la série qui remplacera très bien les vieux ouvrages encyclopédiques qui prennent la poussière dans nos bibliothèques.

Si vous ne connaissez pas encore Nota Bene, voici un exemple de ses vidéos :

Pour accompagner ma chronique, un extrait musical de la culture scandinave :

Pour commander cet album :

https://www.lalibrairie.com/livres/nota-bene-la-mythologie-nordique_0-6803218_9782302089594.html?ctx=94b1924acb2e9f6f0bd2db2f90faa7db

Le dernier inventeur par Héloïse Guay de Bellissen

Robert Laffont 234 pages 20/08/2020

Certaines lectures qui paraissent comme cela toutes simples se révèlent parfois de vraies bonnes surprises. Cela a été le cas pour moi avec Le dernier inventeur d’Héloïse Guay de Bellissen.

Ce roman m’a d’abord attiré car il racontait la vie de Simon Coencas, l’un des quatre principaux découvreurs, inventeurs donc de la grotte de Lascaux, dernier survivant, il nous a quitté en février de cette année. Ayant toujours eu un faible pour l’Histoire et même la préhistoire, le sujet était fait pour me plaire. Seulement voilà, il y a le récit dans le récit et cela donne une profondeur à ce roman dans lequel la rencontre entre l’auteure et Simon et son épouse est à elle-même une belle histoire d’amitié pour ne pas dire une histoire d’amour au sens pur du terme.

Héloïse nous narre donc la vie de Simon, nonagénaire, décrit comme un jeune garçon de 91 ans qui a, avec trois de ses amis, Marcel Ravidat, Georges Agniel, Jacques Marsal, découvert ce temple de l’art pariétal qu’est la grotte de Lascaux, l’été 1940. Nous sommes au début de la seconde guerre mondiale et se succédera à cette heureux épisode de découverte de cette grotte mais également de véritables amis pour Simon ainsi que des premières attirances amoureuses quand rentré à Paris, il se retrouve raflé avant d’être envoyé à Drancy. Oui en ces temps de ténèbres nazis, personne n’est en sécurité. Simon après avoir fait l’une des plus grandes découvertes de l’histoire est emporté par l’une des plus sombres histoires qui se joue alors.  Son jeune âge lui permettra de quitter Drancy néanmoins, jamais plus il ne reverra ses parents.

Malgré cela, la joie, la soif de vie de Simon aura été plus forte à l’image de sa découverte qui aura traversé les siècles pour dévoiler les beautés qu’elle enferme en elle. L’âme de Simon est aussi belle que les plus belles peintures de Lascaux.

Pour parler de la forme de ce texte, j’ai découvert une très jolie plume, d’une douceur exceptionnelle. Le récit, teinté de respect et d’admiration est présenté de façon plutôt originale intégrant la grotte comme personnage et pas en simple lieu. Elle nous parle, nous fait part de ses réflexions, témoin de l’Histoire comme le ferait un sage.

Je ne peux que vous inviter, vous inciter à lire ce roman qui donne envie de sourire à la vie, malgré les épreuves difficiles qu’elle nous fait vivre trop souvent.

Lascaux en musique :

La découverte racontée par ce grand personnage qu’est Yves Coppens :

Pour commander le roman :

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