Nota Bene – T3 – La mythologie nordique par Brillaud – Mariolle – Paty

Soleil 56 pages 16/09/2020

Ah là là ce que j’aurai aimé avoir un prof d’histoire comme Benjamin Brillaud (qui n’est pas prof je précise). En effet, et même si j’aime beaucoup l’histoire, je n’ai pas souvenir d’avoir eu un jour un cours passionnant… En revanche, grâce à ses vidéos et l’angle d’approche qu’il utilise, « Nota bene » rend l’Histoire accessible, intéressante et amusante. De plus, les nombreuse références à la pop culture rendent avec Benjamin l’Histoire très « actuelle ».

Pour la troisième fois, il passe du format vidéo à celui de la bande dessinée et ce tome est celui de la « maturité », très réussi aussi bien au niveau scénaristique, il est accompagné dans sa rédaction par Mathieu Mariolle, que visuellement avec les dessins de Christian Paty, mis en couleur par Joël Odone. Nous retrouvons Benjamin croqué en narrateur servant de fil conducteur avec le même esprit que l’on trouve dans ses vidéos, accompagnés des Dieux, Géants, Nains de la mythologie nordique aux improbables mais historiquement « réelles » aventures.

Le tome 3 de Nota Bene, est un très agréable et enrichissant moment de lecture qui plus est, pour un amateur de fantasy comme moi car elle s’inspire très souvent des mythes nordiques. Hâte de voir se poursuivre la série qui remplacera très bien les vieux ouvrages encyclopédiques qui prennent la poussière dans nos bibliothèques.

Si vous ne connaissez pas encore Nota Bene, voici un exemple de ses vidéos :

Pour accompagner ma chronique, un extrait musical de la culture scandinave :

Pour commander cet album :

https://www.lalibrairie.com/livres/nota-bene-la-mythologie-nordique_0-6803218_9782302089594.html?ctx=94b1924acb2e9f6f0bd2db2f90faa7db

Le dernier inventeur par Héloïse Guay de Bellissen

Robert Laffont 234 pages 20/08/2020

Certaines lectures qui paraissent comme cela toutes simples se révèlent parfois de vraies bonnes surprises. Cela a été le cas pour moi avec Le dernier inventeur d’Héloïse Guay de Bellissen.

Ce roman m’a d’abord attiré car il racontait la vie de Simon Coencas, l’un des quatre principaux découvreurs, inventeurs donc de la grotte de Lascaux, dernier survivant, il nous a quitté en février de cette année. Ayant toujours eu un faible pour l’Histoire et même la préhistoire, le sujet était fait pour me plaire. Seulement voilà, il y a le récit dans le récit et cela donne une profondeur à ce roman dans lequel la rencontre entre l’auteure et Simon et son épouse est à elle-même une belle histoire d’amitié pour ne pas dire une histoire d’amour au sens pur du terme.

Héloïse nous narre donc la vie de Simon, nonagénaire, décrit comme un jeune garçon de 91 ans qui a, avec trois de ses amis, Marcel Ravidat, Georges Agniel, Jacques Marsal, découvert ce temple de l’art pariétal qu’est la grotte de Lascaux, l’été 1940. Nous sommes au début de la seconde guerre mondiale et se succédera à cette heureux épisode de découverte de cette grotte mais également de véritables amis pour Simon ainsi que des premières attirances amoureuses quand rentré à Paris, il se retrouve raflé avant d’être envoyé à Drancy. Oui en ces temps de ténèbres nazis, personne n’est en sécurité. Simon après avoir fait l’une des plus grandes découvertes de l’histoire est emporté par l’une des plus sombres histoires qui se joue alors.  Son jeune âge lui permettra de quitter Drancy néanmoins, jamais plus il ne reverra ses parents.

Malgré cela, la joie, la soif de vie de Simon aura été plus forte à l’image de sa découverte qui aura traversé les siècles pour dévoiler les beautés qu’elle enferme en elle. L’âme de Simon est aussi belle que les plus belles peintures de Lascaux.

Pour parler de la forme de ce texte, j’ai découvert une très jolie plume, d’une douceur exceptionnelle. Le récit, teinté de respect et d’admiration est présenté de façon plutôt originale intégrant la grotte comme personnage et pas en simple lieu. Elle nous parle, nous fait part de ses réflexions, témoin de l’Histoire comme le ferait un sage.

Je ne peux que vous inviter, vous inciter à lire ce roman qui donne envie de sourire à la vie, malgré les épreuves difficiles qu’elle nous fait vivre trop souvent.

Lascaux en musique :

La découverte racontée par ce grand personnage qu’est Yves Coppens :

Pour commander le roman :

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« Le secret descendance » de Philippe Raxhon

Librinova 387 pages 04/08/2020

Troisième aventure du couple d’historiens Laura Zante et François Lapierre après la « Source S » (Le complot des philosophes) et « la solution Thalassa), elle sera la plus intime et certainement la plus difficile pour Laura.

Plusieurs années se sont donc déroulées depuis la source S et Laura et François forment toujours un couple à la ville comme dans leur vie professionnelle. Seulement voilà, la routine s’installe et Laura n’a toujours pas le poste pérenne qu’elle attend. D’ailleurs son avenir professionnel va se jouer dans les jours qui suivent. En attendant, elle s’envole pour les Etats-Unis et plus précisément Roswell où son expertise est sollicitée pour étudier un document inédit suite au fameux crash d’une potentielle entité extraterrestre.

Pendant ce temps, François se trouve en Argentine où il est convié en grande pompe par l’Académie nationale d’histoire. Et c’est pendant ce séjour où une incroyable révélation sur le passé de Laura, étroitement liée à l’époque dictatoriale de ce pays d’Amérique du sud lui sera dévoilé.

Quand les démons du passé refont surface, même les plus aventureux des historiens peuvent être tourmentés par leur propre histoire.

C’est avec un plaisir renouvelé que j’ai retrouvé ces deux personnages que sont François et Laura et avec un encore plus grand plaisir la plume de Philippe Raxhon, maître dans l’art de mêler Histoire et histoires. Il sait naviguer dans le temps, nous restituer avec beaucoup de modernité les évènements passés et nous décrire, ici l’Argentine, avec passion et le réalisme d’un documentaire. Pour ne rien gâcher, les aventures gastronomiques de François nous mettent toujours l’eau à la bouche.

Troisième roman donc et une maturité littéraire de plus en plus croissante, les personnages gagnent encore en profondeur, les épreuves les renforcent. Quant à Philippe, on sent qu’il prend son pied, s’amuse et la place de l’action est de plus en plus grande, digne d’un film hollywoodien.

Concernant les deux sujets traités en particulier, la dictature argentine et surtout l’enlèvement d’enfants et, sujet plus prétexte à sourire mais pas que le cas Roswell, ils sont toujours traités avec le professionnalisme d’un professeur d’université.

Je remercie beaucoup Philippe Raxhon qui a eu la gentillesse de m’envoyer son roman. Vivement le prochain !!!  

Chaque roman peut se lire indépendamment, mais pour mieux appréhender les personnages, je vous conseille de les lire tous. Je vous joint le lien de l’excellent book trailer de la trilogie de la mémoire, superbement réalisé par la fille de Philippe.

« Landru, l’élégance assassine » de Bruno FULIGNI

Éditions du Rocher 216 pages 09/09/2020

Cette biographie de Landru écrite par un historien spécialisé dans l’histoire de la police possède tous les ingrédients pour plaire à l’amateur de littérature noire que je suis et nous rappelle que même si nos auteurs favoris de thrillers et polars ont une imagination parfois débordante pour inventer des crimes abominables, ils sont parfois égalés voir, dépassés par des personnages réels et machiavéliques.

Bruno Fuligni, use donc ici de talent de conteur pour nous dépeindre l’histoire du surnommé « barbe-bleue de Gambais », s’inspirant des mémoires de feu le commissaire Jules Belin chargé à l’époque de l’enquête. Cette manière de nous raconter cette histoire, rend ce texte très accessible, simple et agréable à lire. Il nous plonge dans cette époque entourant la Grande Guerre, où Henri Désiré Landru passe du statut d’escroc à celui de tueur en série accusé du meurtre de onze femmes, pour lesquels il sera condamné à être guillotiné. Des premières disparitions, jusqu’à l’échafaud, nous suivrons donc avec attention, l’enquête, les interrogatoires, le procès en étant baignés dans l’atmosphère précédent les années folles.

La police scientifique n’existant pas encore, seules les capacités d’analyses, de déductions et de persuasions des enquêteurs peuvent convaincre à la fois le jury et l’opinion populaire (par le biais de la presse écrite raffolant de ces histoires) de la culpabilité de l’accusé. Plus d’ailleurs que la simple biographie de Monsieur Mystère, Bruno Fuligni, nous en apprend beaucoup sur l’histoire des prémices de notre police judiciaire.

Un grand merci aux éditions du rocher et NetGalley pour cette instructive lecture et félicitations à Bruno Fuligni grâce à que cette biographie est plaisante à lire.

« Le testament de l’Alchimiste » de Jacques VANDROUX

Autoédition 427 pages 20/03/2020

Je découvre avec cette nouvelle enquête de la capitaine de PJ grenobloise Nadia Barka l’univers de Jacques Vandroux. Le testament de l’alchimiste est un thriller ésotérique mêlant donc enquête, suspense, histoire et croyance. En effet, Nadia Barka, en arrêt de travail et encore handicapée physiquement se retrouve héritière d’une lettre révélant l’emplacement d’un tableau encore inconnu car caché de ce grand artiste que fut Botticelli. L’affaire Sandro comme elle l’appellera ne se révélera pas aussi simple car baignée du mystère de l’alchimie.

Sans faire partie à mes yeux des meilleurs du genre, ce récit fait le boulot. Nous y retrouvons tous les éléments composant habituellement ce type de thrillers. Je trouve juste que le récit de Jacques Vandroux manque un peu de rythme, parfois la volonté de l’auteur de nous détailler certaines scènes cassent un peu le rythme. Malgré cela, l’intrigue nous donne envie de continuer la lecture. Ce défaut de rythme serait je pense corrigé si ce roman n’était pas auto-édité.

« Winter is coming, une brève histoire politique de la fantasy » de William Blanc

Editions Libertalia 144 pages 02/05/2019

Un essai très bien fait sur les parallèles entre nos sociétés et l’imaginaire de grands auteurs, poètes tels que Tennyson, J.R.R. Tolkien, G.R.R. Martin, William Morris, Ursula Le Guin, Robert E.Howard, Hayao Miyasaki….

Cette brève histoire, condensée et agréable à lire s’adresse à un plus grand nombre de lecteurs que les ouvrages cités en référence qui seront plus réservés à de très grands passionnés, étudiants…

La fantasy depuis la fin du XIXème siècle a souvent servi aux auteurs pour dénoncer les dérives du monde moderne, des nouvelles technologies, de notre rapport à l’environnement. Cet essai nous permet de nous y retrouver un peu et de parfaire nos connaissances historiques.

Fan de fantasy ? Achetez et dévorez ce livre où il sera aussi question de comics, d’Astérix, des schtroumfs, de Led Zeppelin..

Pour finir, cette citation de G.R.R. Martin que je trouve sublime : « Ils peuvent garder leur paradis. Quand je mourrai, je préfère aller en Terre du Milieu ».  

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