Traces de la grande guerre par collectif

Éditions de la Gouttière – 152 pages – 05/10/2018

Traces de la grande guerre est un recueil collectif de récits graphiques, de nouvelles illustrées. Au nombre de dix-huit, elles nous plongent dans différents aspects de la première guerre mondiale, avec comme fil conducteur, le travail et le devoir de mémoire. Ainsi, de nombreux auteurs et illustrateurs, à l’aide de formats courts, de quatre à huit planches, nous racontent, la vie dans les tranchées, nous content les destins d’hommes et de femmes, nous rappellent les dégâts, physiques, psychologiques et matériels, causés par ce monstrueux conflit mondial. Comme souvent dans les recueils, l’ensemble des textes et graphismes présents dans cet ouvrage, ne plaisent pas à tout le monde. Néanmoins, cette diversité, permet de toucher un grand nombre de lecteurs.
Le travail réalisé pour réunir dans un même projet autant d’auteurs et d’illustrateurs et remarquable par la qualité de leurs œuvres et leur internationalité. Leurs récits, se déroulant tantôt à notre époque, tantôt il y a un siècle, ont en commun de nous rappeler qu’oublier, c’est risquer de reproduire les horreurs passées. Il est difficile de résumer ou donner son avis sur l’ensemble des dix-huit histoires, parmi lesquelles, « Impénétrables empreintes », « A la mine comme à la mine ! », « Jeux de guerre » ou « Mémorial » dont les graphismes nous rappellent l’univers de Tolkien qui a connu les tranchées samariennes, et « L’Allemagne doit payer » justifient à elles seules, que « Traces de la grande guerre » rejoint votre bibliothèque.

La première des histoires de ce recueil, se situe près de l’Isonzo, dans le nord de l’Italie, que nous connaissons beaucoup moins que les batailles de la Marne ou la Somme, voici donc une vidéo de l’excellent Benjamin de Nota Bene qui en parle :

Lame de corsaire par Nicolas Cluzeau

Éditions du 38 – 254 pages – juillet 2020 (première édition mars 2011)

Quel plaisir, quelle aventure, que cela fait du bien en ce moment, de larguer les amarres et partir à travers la Méditerranée sur une frégate au XVIIIᵉ siècle. Ce moment de lecture qui sent bon l’air salin, nous le devons à Nicolas Cluzeau et son excellent roman, un mélange entre polar historique et récit d’aventure.
Nous sommes donc, précisément en 1774, un navire de guerre, une frégate française, la Scylla s’apprête à partir du principal port d’Athènes avec une cargaison un peu spéciale, de l’or, des armes en quantité et deux mystérieuses passagères qui viennent rejoindre deux centaines de marins.
À peine la Scylla a-t-elle pris la mer, que les ennuis commencent, les premiers d’une longue série. La frégate est prise en chasse par deux navires de guerre anglais et un jeune matelot est retrouvé mort. Le capitaine Van Stabel chargera deux jeunes lieutenants de mener l’enquête à bord, ce qui déliera les langues, nous apprenant par exemple qu’à chaque fois que le navire français quitte un port, une femme est retrouvée morte, atrocement mutilée. Nicolas Cluzeau, avec ce récit au grand large, nous offre un huis clos dans lequel évoluent de nombreux personnages, qui nous font voyager et nous offrent de magnifiques combats navals, dignes du film Master and Commander. Ce mélange des genres entre polar, histoire et aventure fait que ce récit plaira au plus grand nombre. Je remercie les éditions du 38 pour ce service presse et félicite cet auteur que je ne connaissais pas, mais dont la plume me donne envie de découvrir ses autres romans.

Pour commander ce roman, foncez chez votre libraire ou voici le site des éditions du 38 :

https://www.editionsdu38.com/

Pour aller plus loin :

Ce magnifique navire, l’Hermione, reconstitution d’une frégate du XVIIIᵉ
Bataille navale du film de Peter Weir Master and commander : de l’autre côté du monde

Mademoiselle J. – Je ne me marierai jamais par Sente et Verron

Dupuis 64 pages 09/10/2020

Retrouvons l’oncle Paul après nous avoir conté les aventures de Ptirou, lors de la réunion familiale à Noël, revient pour les fêtes de Pâques. Cette fois, il va nous narrer, l’histoire de Juliette de retour à Paris, et ce, pendant les mois qui ont précédé la seconde guerre mondiale.

Juliette vit en quelque sorte, le chagrin d’une histoire d’amour qui n’a vraiment jamais commencé, fauchée par la disparition de Ptirou. Sa décision est prise, elle ne se mariera pas et deviendra grand reporter. En parallèle, son père a quitté ses fonctions à la direction de la Transat pour se lancer dans une nouvelle compagnie avec un associé qui souhaite lui, faire entrer les allemands au capital. Sauf que depuis 1933, Hitler est chancelier. Juliette, qui part l’héritage de sa maman est de fait, coactionnaire, refuse de s’associer avec eux. Pour la faire changer d’avis, le partenaire de son père mettra en place toute une stratégie diabolique…

Cet album signé Verron et Sente, au scénario digne d’un thriller, recréé à merveilles l’ambiance du Paris de la fin des années 30, les tenues, les véhicules, les bâtiments, nous donnent l’impression de visionner un documentaire historique. J’ai également beaucoup aimé retrouver, au cœur de ce récit, la force de caractère de Juliette, véritable féministe.

Un second volume aussi agréable à lire et regarder que le premier. Vivement le prochain.

La bande-annonce du second volume
Vidéo pour découvrir l’exposition universelle de Paris 1937, que l’on retrouve dans l’album.

La Conspiration Vatican par Ernest Dempsey

Cherche Midi 384 pages 12/11/2020

Retour à un genre de littérature que j’aime vraiment beaucoup, le thriller historique, avec ici La conspiration Vatican d’Ernest Dempsey. Je ne connaissais pas du tout ce romancier traduit pour la première fois en France alors qu’aux Etats-Unis, il a déjà publié une vingtaine de romans.

La conspiration Vatican, The Napoleon Affair en version originale, un titre qui lui sied beaucoup mieux est le dix-huitième opus de cet auteur outre Atlantique. Ce qui explique certainement quelques-unes des frustrations à la lecture de cet ouvrage, concernant le passé des personnages. Une équipe d’aventuriers, passionnés d’histoire et de résolutions de mystères. Les personnages, sont les éléments qui ne m’ont que moyennement fait apprécier cette lecture car nous ne ressentons rien pour eux, pas d’attachement ni même de rejet alors que sur le fond, cette intrigue est plutôt bien ficelée, les références historiques sérieuses et surtout, la construction du récit, reprend tous les codes du genre. Un air de déjà vu, une absence d’originalité qui sont tout à fait acceptables dans ce genre de roman tant il en existe mais un manque cruel de profondeur chez les personnages.

Dommage de démarrer de cette manière une série littéraire qui avait l’air prometteuse.

Résumé :

1798 : Alors que ses armées viennent d’envahir l’île de Malte, Bonaparte entre dans la cathédrale de La Valette gardée par l’ordre des Chevaliers hospitaliers de Saint-Jean. Son objectif : mettre la main sur une mystérieuse relique, confiée à l’Ordre lors de sa fondation.

2019 : Après avoir découvert dans les archives secrètes de la bibliothèque du Vatican une lettre signée de la main de Napoléon, un cardinal est assassiné. L’Église soupçonne une branche clandestine des Chevaliers teutoniques, ordre officiellement dissous en 1805. Le Vatican engage alors Sean Wyatt, ex-agent secret, pour remonter la piste du « secret Napoléon ». Celui-ci va devoir reconstituer un puzzle passionnant, à travers les arcanes de l’Histoire de France et de l’Église.

Le fil de l’Histoire – La peste, histoire d’une pandémie par Fabrice Erre et Sylvain Savoia

DUPUIS 43 pages 02/10/2020

Dans la crise sanitaire actuelle, les enfants posent souvent pas mal de questions auxquelles nous ne savons toujours pas forcément bien formuler les réponses adéquates. Fabrice Erre et Sylvain Savoia, à travers leurs personnages de Nino et sa grande sœur Ariane, ont les mots justes pour rendre ce sujet accessible aux plus jeunes (dès 6 ans en lecture accompagnée) dans cet album, hybride entre bande dessinée et documentaire.

Je trouve, pour avoir dernièrement fouiné dans des documentaires enfants plus anciens, que cette série donne un vrai coup de jeune à des ouvrages qui ont encore une vraie utilité pour des jeunes lecteurs curieux et qui n’ont pas encore le réflexe systématique de demander à google et autres des informations sur tout et n’importe quoi. De plus, le ton léger et humoristique employé, rend la lecture agréable.

Dans cette série, très abordable en plus, chaque tome étant au prix de 5,90 euros, vous trouverez des sujets aussi intéressants que variés sur Le Titanic, Le mur de Berlin, Gandhi, Les vikings, Le premier pas sur la Lune, Napoléon,….

Pour les plus grands, une vidéo de Ben de Nota Bene :

Sapiens – T1 – La naissance de l’humanité par Yuval Noah Harari , Daniel Vandermeulen et Daniel Casanave

ALBIN MICHEL 248 pages 07/10/2020

Depuis tout jeune, je suis très intéressé par l’histoire de l’humanité, de l’évolution d’Homo à travers les âges et je voue une énorme admiration à Yves Coppens dont j’ai dévoré tous les ouvrages. Quand j’avais vu en rayon en librairie Sapiens, je m’étais donc jeté dessus, découvert Yuval Noah Harari et sa manière de rendre accessible cette longue transformation des humains primitifs à cet être « évolué » que nous sommes devenus.

La sortie en roman graphique de Sapiens m’a permis de me replonger dans ce best-seller publié il y a maintenant cinq années. Plus qu’une simple adaptation, c’est un essai transformé qui colle complétement au format de ce type d’ouvrage. En effet, Harari s’est associé à David Vandermeulen et Daniel Casanave qui n’en sont pas à leur première collaboration dans ce type d’ouvrage de non-fiction. Sans oublié Claire Champion qui a réalisé la mise en couleur des illustrations.

Quelle bonne idée donc que cet album qui reprend une partie des presques 500 pages de l’essai original allant de la révolution cognitive il y a 70 000 ans, avec quelques bons en arrières, à la révolution agricole il y a 12 000 ans. Cette refonte en images, permet de rendre l’ouvrage accessible aux plus jeunes ainsi qu’aux lecteurs ayant peur de se lancer dans la lecture d’un épais essai.

Plonger dans l’étude de nos origines, nous permet de comprendre notre présent et d’entrevoir un futur ou le risque d’absence de futur attendant notre espèce.

Chacun pourra se faire son avis, le mien étant plutôt pessimiste à moins qu’une nouvelle révolution de notre façon de penser ne change la donne.

Blanc autour par Wilfrid Lupano et Stéphane Fert

DARGAUD 144 pages 27/11/2020

Wilfrid Lupano (scénario) et Stéphane Fert (illustrations) nous invitent à un voyage dans le temps, aux Etats-Unis, dans les années 1830. Pour être plus précis, à Canterbury dans le Connecticut. Et ce, afin de nous conter, l’histoire de la Canterbury Female Boarding School, la première école pour jeunes filles à la peau d’ébène.

L’institutrice, Prudence Crandall (1803-1890) est enseignante dans cette école, qui n’est à la base qu’une école de filles dans laquelle un jour, vient se présenter « Sarah », une jeune fille curieuse en soif d’apprentissage. Mademoiselle Crandall décide de lui offrir une place à l’école. Mais à cette époque et même si dans ces états du nord, l’esclavage n’est plus pratiqué, le racisme est encore monnaie courante et les esprits sont toujours hantés par Nat Turner, un esclave qui savait lire et écrire et qui a mené une révolte sanglante. Les blancs, refusent cette idée et menacent d’enlever leurs enfants. L’institutrice les prendra au mot et de ce fait, elle vient de créer la première école pour jeunes filles noires.

J’ai beaucoup apprécié cette histoire basée sur des faits réels et qui m’étaient totalement inconnus. Le travail de documentation a été remarquablement mené et permet à cet album graphique d’être très instructif. De plus, les biographies de personnalités issues de cette école en post face de l’album m’a appris beaucoup de choses. Elles sont signées par Joanie DiMartino, a conservatrice du musée Prudence Crandall. J’ai été un peu moins sensible aux illustrations et surtout à la police de caractères utilisée qui ne se prête pas à la lecture dématérialisée.

Je remercie en tout cas Netgalley et les éditions Dargaud pour cette histoire de sororité dans cette Amérique où même aujourd’hui, le racisme est malheureusement toujours présent.

Les Espionnes du Salève – T2 – Bletchley Park par Mark Zellweger

Éditions Eaux Troubles 306 pages 26/10/2018

Je ne suis pas vraiment fan d’espionnage mais j’aime beaucoup l’histoire. Le souvenir d’une très bonne lecture du roman de Ken Follett « Le réseau Corneille » m’a fait m’intéresser à la série de Mark Zellweger Les espionnes du Salève.

Après un premier tome, L’envers du miroir qui, foisonnant d’informations, de personnages nous en mettait nécessairement plein la tête et rendait de fait, la lecture un peu fastueuse, Mark nous offre avec ce second tome, Bletchley Park, un roman qui se dévore comme un thriller.

J’ai en plus d’avoir vraiment apprécié cette lecture, retrouvé ce qui m’avait beaucoup plus au premier opus, ce travail documentaire soigné, et ces femmes dont les actions sont malheureusement trop peu connues.

Merci Mark, de nous rendre accessible l’Histoire en nous permettant en plus de passer un agréable moment. Merci d’être le porte-parole de ces femmes.

Merci à Netgalley et aux éditions eaux troubles pour ce roman.

La Bible perdue par Igor Bergler

Fleuve éditions 592 pages 08/10/2020

J’ai été très intrigué par cet ouvrage de type thriller historique/ésotérique, son auteur, le « Dan Brown » roumain, qui m’ont fait penser à mes lectures d’il y a quelques années. Sa traduction française publiée chez Fleuve Noir me rassurait sur le fait d’avoir en main, un roman de qualité et ce fut le cas même si…

Ce roman est un best-seller dans son pays d’origine et effectivement, il possède tous les ingrédients qui font en général le succès de ces récits, un professeur intelligent, charmant, érudit et au tempérament aventureux, l’enquêtrice, femme fatale, pleine de ressources aussi intelligente et aventureuse, une intrigue dans le présent mais qui remonte à des mystères anciens et une mécanique bien huilée mais sans réelles surprises à part une petite touche fantastique qui ne m’a pas déplu.

« La bible perdue » est donc pour moi un roman fait pour les amateurs de thrillers ésotériques et le seul vrai reproche à faire à ce récit est sa longueur, l’auteur, Igor Bergler, ne se prive jamais pour se lancer dans des descriptions interminables qui certes, enrichissent l’histoire mais cassent le rythme en nous faisant parfois un peu décrocher.

J’ai en tout cas bien apprécié le personnage principal Charles Baker dont ce n’est pas la première aventure même si c’est la première en français.

Résumé:

Interrompu par la police roumaine en pleine conférence, le célèbre professeur Charles Baker, de l’université de Princeton, croit d’abord à une méprise. Que peut-il avoir à faire avec les vicissitudes de Sighisoara, petite ville au fin fond de la Transylvanie ? Pourtant, lorsqu’il parvient sur la scène de crime devant trois cadavres auxquels il manque les yeux, les oreilles et la langue, la mise en garde est claire : ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire.
En dépit des menaces, accompagné de Christa, enquêtrice d’Interpol, Charles poursuit ses recherches sur les traces du mystérieux sabre de Vlad l’Empaleur, et de la première Bible de Gutenberg, supposée renfermer un message secret auquel le destin de l’humanité serait lié. Mais il n’est pas le seul à convoiter cette fameuse relique : une étrange organisation agit dans l’ombre et le suit pas à pas pour mettre la main sur le livre sacré avant lui…

Le mystère de la Main rouge par Henri Lœvenbruck

XO ÉDITIONS 473 pages 22/10/2020

Qu’est-ce que j’ai attendu ce roman… En temps normal, pour moi, un nouveau livre d’Henri Lœvenbruck créer une impatience rare, et plus encore avec celui-ci, la suite du « Loup des Cordeliers ».

Une suite donc, des aventures de Gabriel Joly en plein Paris de 1989, journaliste enquêteur amoureux d’une muette bibliothécaire rire de mystères et ses quelques amis que sont entre-autres, Anne-Josèphe Terwagne, Récif le pirate, le commissaire Guyot, Louis-Sébastien Mercier, Camille Desmoulins…

Cette suite pourrait être lue indépendamment du précèdent mais je vous conseille pour l’apprécier pleinement de lire « Le loup des Cordeliers » dont la sortie chez Pocket a précédé de peu celle du « Mystère de la Main rouge ».

A la fin du « Loup des Cordeliers », Henri nous avait avec beaucoup de talent laissé sur notre faim tant la révélation du Loup pouvait nous entraîner vers de nombreux questionnements. Dès le début de ce nouvel opus, il nous plonge instantanément dans de nouvelles questions avec une mystérieuse confrérie, « La Main rouge ». Chapitres après chapitres, de nouveaux mystères se succéderont à la révélation d’un précédent, nous donnant sans cesse envie d’attaquer le chapitre suivant…

Vous l’aurez compris, ce nouveau roman d’Henri Lœvenbruck fut pour moi une nouvelle fois une lecture réjouissante et conforte mon idée qu’il est l’un des meilleurs auteurs contemporains de fictions historiques, c’est notre Ken Follett français. Comme lui, dès que vous entamer un de ses romans, vous êtes transportés à la fois dans une intrigue mais aussi dans une autre époque que vous avez l’impression de vivre en direct. Je tiens également à souligner le remarquable travail documentaire réalisé qui enrichi énormément la fiction.

J’attends maintenant avec impatience la suite des aventures révolutionnaires de Gabriel Joly et vous invite à la fois à dévorer ce roman, le précédent et l’ensemble de l’œuvre de cet exceptionnel auteur.   

Et toujours un extrait musical en rapport avec le roman :

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