C’est dans la boîte par Frédéric Ernotte

Avant Propos 256 pages 14/06/2012 et cette très belle édition collector Séma Éditions de septembre 2020

Petit OVNI dans le monde du polar actuel, ce roman est sacrément bien fichu. C’est le premier roman que je lis de Frédéric Ernotte et ce ne sera pas le dernier. C’est dans la boîte est un roman qui pourrait être un recueil de nouvelles, un astucieux concept.

Mais cette boîte, c’est quoi ? Tout d’abord un site internet, un forum où des enquêteurs professionnels échangent entre eux. Imaginez, des conversations entre Merhlicht, Servaz, Bolitar, Sharko, Magne, Marcas et d’autres. Kiffant, pour nous fans de polars. Et cette boîte, sombre internet, où les âmes torturées sont légions, organise un jeu, une ronde des boîtes. Quelques heureux élus, des inspecteurs et inspectrices, se retrouveront dans un chalet isolé où chacun aura amené une boîte avec des objets insolites rappelant une affaire conclue ou non.

Frédéric est le véritable meneur de jeu, de cette partie où chacun aura un rôle à jouer. Il nous tient en haleine dans un huis-clos où à chaque boîte ouverte, nous découvrons une nouvelle preuve des atrocités dont sont capables certains esprits malades composant l’humanité.

C’est dans la boîte, une lecture très agréable d’un talentueux auteur, qui nous conte des horreurs avec ce petit plus du plat pays.  

La Maison par Nicolas Jaillet

Bragelonne 168 pages 23 septembre 2016

Un court roman mais d’une puissance incroyable, un thriller psychologique qui vous attrape et vous enferme dans ce huis-clos à l’ambiance pesante où la souffrance est muette comme toutes ces femmes qui vivent avec des tyrans, des gens qui n’ont pas d’humanité.

La maison, celle où vit Martine avec son époux et son jeune fils. Elle a épousé Jean, sans l’aimer, mais elle est enceinte de lui et à cette époque, c’est ce que l’on fait. Ils auraient pu vivre heureux malgré tout, seulement, Jean est un bourreau qui tyrannise Martine. Comme de nombreuses femmes, elle se tait, fait le dos rond et reste forte pour son fils. Sa seule liberté est un cagibi, la pièce à Martine, celle où l’on n’entre pas, mais dans laquelle, elle construit un avenir.

Nicolas Jaillet avec une plume très douce, nous décrit ce tableau, successions de scènes de vie d’une violence froide. Il nous fait réfléchir à ses femmes qui parfois peuvent être dans notre entourage et qui vivent une fois la porte fermée de leur logement un enfer que l’on n’imagine pas. Ce court roman, accompagné dans cette publication de Bragelonne de deux nouvelles, nous permet de découvrir à travers cette porte, le courage et la patience de Martine. Un roman qui vous marquera.

« Synopsix » d’Angélina DELCROIX

Nouvelles Plumes 493 pages 03/08/2020

Un manoir abandonné, éloigné de tout, en cette période hivernale où la neige recouvre tout, où le vent créé un environnement sonore flippant, que rêver de mieux comme décor pour une  murder party » où les participants seront amenés à jouer aux experts de la police scientifique. Ils seront six, Mallory, Willy, Lilio, Barbara, Orson et Bertrand, à devoir travailler sur des scènes de crimes reproduisant des crimes non élucidés.

Seulement voilà, les cadavres ne sont pas des mannequins…  

Angélina Delcroix nous offre là un huis clos où l’angoisse est le personnage principal. Chaque personnalité de ces six protagonistes est travaillée en profondeur pour donner vie à un jeu de questionnement entre les personnages et nous faisant douter nous-même. A plusieurs reprises d’ailleurs, on se dit « pff trop facile c’est untel », jusqu’au chapitre suivant où nous nous rendons compte s’être fait bernés.

En parallèle de cette murder party, d’autres personnages, une auteure et son éditrice, des gendarmes, des avocats, un père, un voisin, permettent à ce huis clos des connexions et de le rendre encore plus angoissant.

J’ai vraiment pris plaisir à lire cette histoire qui m’a donné en plus l’envie de m’intéresser de nouveau à France Loisirs (ce roman y est en exclusivité jusque janvier). Mon seul petit bémol est qu’il manque juste une dose de rythme qui aurait pu transformer ce thriller en véritable page turner. Mais attention, ce n’est là que le quatrième roman d’Angélina Delcroix et je suis persuadé qu’elle nous réserve encore plein de surprise et qu’elle ne nous a pas encore dévoilé toute l’étendue de son talent.  

« Au soleil redouté » de Michel Bussi

Presse de la Cité 432 pages 06/02/2020

Dans ce roman de Michel Bussi, j’ai tout d’abord été séduit par ce qui pour moi est à la fois inconnue et qui pourrait être le personnage principal de ce roman : la culture marquisienne.

Quel voyage, quel dépaysement !! Et quel cadre magnifique pour cette histoire aux allures de « Dix petits nègres ».

Michel Bussi nous invite, dans ce polar, à suivre des lectrices, fans d’un célèbre auteur PYF, ayant gagnées leur participation à un atelier d’écriture se déroulant pour une semaine aux îles Marquises.

Nous ferons donc connaissance d’une petite galerie de personnages principalement féminins, même s’il y a quelques hommes. Se met alors en place un huit clos qui nous est principalement narré par « Clem » et sa « bouteille à la mer ».

Ce récit se lit très vite tant la plume de Michel Bussi est agréable à lire et ce malgré un vocabulaire et des noms marquisiens qui au début nous paraissent tellement étrangers. Pour ne rien gâcher, l’auteur nous abreuve également d’extraits de chanson de Brel, qui donne une teinte musicale à cette histoire qui nous ballade dans ce petit coin de paradis –enfin et vous le découvrirez rapidement, pour les invités, ce ne sera pas le cas…

Alors un seul conseil si vous voulez découvrir la culture Marquisienne et découvrir un polar aux nombreux mystères, empressez-vous de dévorer « Au soleil redouté ».

  Merci à NetgalleyFrance et aux Presses de la Cité pour cette lecture.

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