Kid Paddle – T16 – par Midam

Editions Dupuis – 48 pages – 06/11/2020

Kid Paddle, ce jeune garçon d’une dizaine d’années, fan de jeux-vidéo, reviens dans un 16ᵉ album Kid N’Roses.

Dès la première planche, nous retrouvons avec plaisir Kid et son meilleur ami Horace, qui essayent de gruger le guichetier du cinéma afin d’aller voir un film d’horreur interdit aux moins de dix-huit ans, « La Nonne ». Pour cela, ils auront la merveilleuse idée de se déguiser en nonne. Sauf, qu’Horace, monté sur les épaules de Kid, et faisant preuve d’une totale inculture religieuse, fera tomber à l’eau à leur plan, se retrouvant fort dépourvu devant un interlocuteur, l’appelant à tour de rôle « ma sœur » ou « ma mère ».

Il aura fallu attendre trois ans pour avoir un nouvel album de Kid Paddle, son créateur se partageant depuis un moment avec son spin-off Game over qui rencontre également un très grand succès. Néanmoins, c’est avec plaisir que nous retrouvons les sketches de Kid, plutôt réussis, même si, à l’image du premier, ils toucheront moins de jeunes lecteurs, qui aujourd’hui ont accès beaucoup plus facilement à un tas de films aussi gores et violents qu’ils le veulent. Les fans de game over seront enchantés de retrouver plusieurs sketchs du petit barbare.

Je remercie les éditions Dupuis et NetGalley pour ce service presse qui, m’a permis de passer un sympathique moment de lecture.

Vous ne connaissez pas Kid Paddle, voici une heure de sa version animée :

Lien vers la page des éditions Dupuis consacrée à Kid Paddle :

https://www.dupuis.com/seriebd/kid-paddle/57

Enquêtes aux jardins – Les pommes de l’apocalypse par Guillaume Le Cornec

Éditions du Rocher 272 pages 02/09/2020

Quelle belle découverte que je dois à la masse critique jeunesse de Babelio que je remercie pour l’envoi de cet ouvrage des éditions du Rocher. J’en profite pour souligner la qualité de ce roman, une très jolie couverture, agréable au toucher et la mise en page qui est très réussie. J’aime également préciser, car c’est important à mes yeux, que ce roman est vendu moins de 13 €, il y a encore des éditeurs qui se soucient de rendre abordable la lecture, surtout quand elles visent les jeunes lecteurs.

Mon seul regret lors de cette lecture a été de me rendre compte qu’il y avait un volume de cette série « enquêtes aux jardins », « les empoisonneurs », avant « Les pommes de l’apocalypse » et même si j’ai parfaitement réussi à lire cet opus, avoir lu le précédent m’aurait permis d’en connaître plus sur les personnages et l’organisation à laquelle ils appartiennent, la guilde des Jardins du Roi.

Ces personnages, justement, Emma et Lucas, deux adolescents hyper mâtures, intelligents, curieux et peut-être même un peu amoureux, sont les principaux protagonistes de ce récit où viennent s’ajouter, entre autre, leurs parents, leur vieil ami et mentor, Jean-Marie James Ecolloyd alias JMJ, son comparse Aristote Théophraste dit Aris’ le Dingue, un major instructeur surnommé le cinglé du Devonshire et un tas de chercheurs étrangers. Emma et Lucas, sont les récentes recrues de cette organisation appelée « La guilde des Jardins du Roi », qu’Emma décrit à merveille : « En clair, notre boulot consiste à mettre des bâtons dans les roues aux pourritures qui portent atteinte gravement à l’environnement, qui tentent de privatiser le vivant au profit d’intérêts douteux, qui déforestent, qui massacrent et anéantissent des écosystèmes fragiles et des espèces menacées pour se faire du fric ». Là forcément, je suis conquis. En effet, notre rapport à l’environnement doit radicalement et urgemment changer, et comme cela a été fait aux siècle des Lumières avec l’Eglise, la littérature est notre meilleure alliée pour nous faire réfléchir.

Mais revenons à nos moutons, plutôt ici pommiers et orchidées, Guillaume Le Cornec, nous propose un écolo-polar jeunesse, jeune adulte, une classification que je n’aime pas trop, je dirai donc accessible à de jeunes lecteurs avec quand même un bon niveau de lecture. Dans cette enquête, aux décors que nous imaginons magnifiques, luxuriants, de cette beauté que seule la nature puisse nous offrir même au cœur de ville comme Rouen ou Nantes, nous sommes sensibilisés à la botanique, cette science du vivant, qui est consacrée à l’étude des végétaux, poumons de la planète. Et je ne doute pas qu’un certain nombre de jeunes lecteurs auront la curiosité suffisamment titillée pour chercher à en savoir plus et je l’espère trouver une vocation à leur avenir professionnel et un nombre encore plus grand, à protéger cette planète, désastreux héritage que nous leurs laisserons. L’enquête en elle-même reprend les ingrédients du polar, avec même une dose d’action qui m’a vraiment surpris et qui en fait un hybride polar-espionnage-aventure qui garde le lecteur en haleine. Sans oublier, une plume agréable à lire et à travers laquelle, nous ressentons, l’engagement et la passion de l’auteur.

Portrait de Guillaume Le Cornec auteur d’enquêtes aux jardins
Découverte du Jardin des Plantes de Nantes
Jardin des plantes de Rouen
Pour le clin d’œil, très belle interprétation de la version française de Paint it black que j’ai eu la chance de découvrir en live au Zénith de Lille

Le fil de l’Histoire – La peste, histoire d’une pandémie par Fabrice Erre et Sylvain Savoia

DUPUIS 43 pages 02/10/2020

Dans la crise sanitaire actuelle, les enfants posent souvent pas mal de questions auxquelles nous ne savons toujours pas forcément bien formuler les réponses adéquates. Fabrice Erre et Sylvain Savoia, à travers leurs personnages de Nino et sa grande sœur Ariane, ont les mots justes pour rendre ce sujet accessible aux plus jeunes (dès 6 ans en lecture accompagnée) dans cet album, hybride entre bande dessinée et documentaire.

Je trouve, pour avoir dernièrement fouiné dans des documentaires enfants plus anciens, que cette série donne un vrai coup de jeune à des ouvrages qui ont encore une vraie utilité pour des jeunes lecteurs curieux et qui n’ont pas encore le réflexe systématique de demander à google et autres des informations sur tout et n’importe quoi. De plus, le ton léger et humoristique employé, rend la lecture agréable.

Dans cette série, très abordable en plus, chaque tome étant au prix de 5,90 euros, vous trouverez des sujets aussi intéressants que variés sur Le Titanic, Le mur de Berlin, Gandhi, Les vikings, Le premier pas sur la Lune, Napoléon,….

Pour les plus grands, une vidéo de Ben de Nota Bene :

La boîte à musique – T4 – par Gijé et Carbone

DUPUIS 56 pages 30/10/2020

Quel plaisir de retrouver cette émouvante série jeunesse avec Nola et ses amis de Pandorient. Les premières planches, nous rappellent avec émotion que Nola a perdu sa maman il y a peu et, se retrouve donc à vivre avec son papa, qui vient de trouver le courage de débarrasser les affaires de sa défunte épouse. Nola, l’aidant, tombe dans un des cartons sur une mystérieuse clef, qui lui rappelle l’un des dessins du carnet de sa maman qu’elle garde précieusement. Devenant de plus en plus téméraire, prenant confiance en elle, ni une, ni deux, elle décide de rejoindre Pandorient, à la recherche de la serrure à laquelle est liée cette clef.

Cette quête, amènera notre jeune héroïne à mener un autre combat, celui pour l’amour qui ne doit être contrôler par des lois idiotes, car même dans une société magique, des principes archaïques subsistent, empêchant deux êtres, sous prétexte d’une origine différente à s’aimer.

Cette série née de la collaboration de Gijé et Carbone est décidément un régal pour les amoureux de fantasy, d’émotion, de courage et amateurs de belles illustrations. A quand le cinquième tome ?   

Je vous invite si ce n’est pas encore le cas à lire mes articles sur les trois tomes précédents

https://imaginoire.fr/2020/10/11/la-boite-a-musique-t1-bienvenue-a-pandorient-par-gije-et-carbone/

https://imaginoire.fr/2020/10/18/la-boite-a-musique-t2-le-secret-de-cyprien-par-gije-et-carbone/

https://imaginoire.fr/2020/10/23/la-boite-a-musique-t3-a-la-recherche-des-origines-par-gije-et-carbone/

Et il n’y a pas que moi qui dit que c’est bien ….

Le club des voleurs de pianos – T1 – Un piano par la fenêtre par Paul Beaupère

Fleurus 287 pages 11/09/2020

Voilà un très sympathique roman destiné aux plus jeunes qui reprend un peu les idées de Robin des Bois, en soustrayant à certains, ce qui manque à d’autres. Ici comme le laisse entendre le titre, il s’agit d’instruments de musique. Et oui, parfois, ils prennent la poussière, transformés en simple objets de décoration, alors que des musiciens en herbe, faute de moyens jouent parfois avec de pitoyables instruments… Heureusement, un groupe de musiciens éclairés, va créer le club qui se chargera de cette injustice…

Dans un café du Paris des années 20, le « quatrième round », met une annonce pour rechercher des musiciens, afin d’égayer de musique les soirées de ses clients. Se présenteront alors, des personnages hauts en couleurs, de différentes origines mais dont la passion commune, sera le terreau à la naissance d’une amitié qui les soudera en vraie famille. Les aventures que vivront ces protagonistes, nous permettront d’agréables moments de lecture. Un roman accessible dès l’âge de 8 ou 9 ans et qui séduira les jeunes musiciens.

L’herboriste de Hoteforais par Nathalie Somers

Didier Jeunesse 192 pages 07/10/2020

La littérature noire, celle qui nous rappelle la noirceur que peut prendre l’âme humaine et la magie de la fantasy se conjuguent aussi version jeunesse. Nathalie Somers nous en apporte une nouvelle preuve avec « L’herboriste de Hoteforais.

Dans ce récit, Ywen un jeune garçon voit sa mère disparaitre emmenée par les soldats du Duc. Il se retrouve seul avec son caléméon, dans cet environnement forestier où sa maman officiait comme herboriste. Voulant la retrouver, il partira en croisade contre les troupes du Duc, quête qui l’amènera à rencontrer des personnages divers et variés, et fera face à des situations que la maîtrise de l’art de sa mère aidera à sortir.

J’ai beaucoup apprécier ce roman de fantasy jeunesse qui met au cœur de l’intrigue le pouvoir des plantes, celles que nous offre la nature envers laquelle nous mettons tant d’énergie à chercher à la détruire. Alors oui dans ce roman, la faune et la flore sont imaginaires, mais le Duc détruit les forêts, difficile de ne pas faire le parallèle.

Ce livre est accessible aux élèves autonomes en lecture dès le CM1-CM2 et plaira également aux adolescents.

Je remercie beaucoup les éditions Didier Jeunesse et Netgalley pour cette agréable lecture.

OBIE KOUL – T1 – Un week-end sur deux chez mon père

Kennes 56 pages 22/05/2019

J’ai découvert cet album primé par les collégiens au festival d’Angoulême 2020 grâce aux 48 H BD et je ne suis pas déçu de sa lecture. Le scénario à la fois très actuel, social et de science-fiction mis en valeur par des illustrations et des couleurs de toute beauté, permettent un véritable moment de plaisir.

L’histoire, c’est celle d’Obie un adolescent d’une douzaine d’années né d’un amour hétéroplanétaire entre Mia sa maman, terrienne et prof de maths et Elzeki, son papa explorateur extra-terrestre de la planète Oxythol. Mia et Elzeki se sont aimé, mais ne poouvant continuer à vivre ensemble, se sont séparé. Mia est mutée dans un nouveau collège et part vivre seule avec Obie que son père continue de visiter, jusqu’à ce qu’il finisse par lui révéler le secret de son origine et l’emmène en week-end spatial.

J’ai vraiment bien aimé cet album qui traite à la fois de sujets très actuels, la différence, le divorce, le harcèlement tout en ajoutant de la SF que de jeunes lecteurs apprendront certainement à aimer.

Je conseille vivement cette bande dessinée aux jeunes lecteurs à partir du collège, sachant que les plus vieux apprécieront aussi sans aucun doute.

Ibrahim et Nelson, les super-héros de la cour de récré!

Auto-édition 33 pages 21/10/2020

Nous n’en parlons toujours pas suffisamment avec nos enfants pensant comme souvent que cela n’arrive qu’aux autres, mais le harcèlement à l’école touche près de 700 000 enfants en France selon l’Unicef. Et la première arme pour lutter contre ce fléau est le dialogue, il faut en parler. Cet album jeunesse, peut par le partage d’un moment de lecture à l’école ou dans l’intimité d’un foyer familial y aider.

Ibrahim et Nelson, deux élèves de primaires ont découvert des magic gum qui leur donnent des pouvoirs et les transforment en super-héros. Ils ont décidé de mettre ces pouvoirs à contribution pour aider leurs camarades d’école. Un casier est mis à disposition pour faire fonction de boîte à lettres et recevoir messages et récompenses sous forme de friandises.

Ils reçoivent donc un message de la triste Yakara, souffre-douleur de ses camarades car avec ses quelques kilos en trop est « différente ». Nos super-héros vont donc mener l’enquête.

Cet album illustré est accessible dès le plus jeune âge en lecture accompagnée et permet de créer dans ce partage une bulle de confiance qui pourrait ouvrir le dialogue. En effet, les enfants peuvent tous être victimes, témoins ou même harceleur…

Cette ouvrage, joliment illustré et coloré, prône la diversité avec nos personnages de différentes origines, sensibilise au handicap avec l’un des super-héros Ibrahim en fauteuil roulant et nous éclaire donc sur le harcèlement avec ce que vit Yakara. Il est à la fois très pédagogue et j’ai apprécié qu’il ne soit pas que dans la dénonciation et enfermé dans la dualité bien/mal mais dans la recherche des causes qui transforment les camarades de Yakara en harceleurs. Ces derniers aussi, pourraient par le dialogue régler leurs problèmes…   

Parfois, malheureusement, comme dans cette chanson, le harcèlement peut avoir des conséquences désastreuses :

La boîte à musique – T3 – A la recherche des origines par Gijé et Carbone

DUPUIS 56 pages 4/10/19

Troisième tome de cette enchanteresse série « La boîte à musique », « A la recherche des origines » est un opus riche en questions, mystères et intrigues sur le passé de la maman de Nola, sur la création de Pandorient, sur Pandoccident et l’Hexomonde…

Cette fois, ce n’est pas Nola qui est propulsée dans l’univers magique de Pandorient mais plutôt et comme le laissait envisagé la fin du précédent album, des habitants de Pandorient qui rejoignent Nola dans l’Hexomonde avec quelques nouvelles têtes pas très aimables au premier abord.

Ce troisième opus nous permet donc non pas d’en savoir vraiment plus sur le pourquoi du comment de ces mondes mais au contraire nous dessine le décor du quatrième tome en librairie la 30 octobre. Et je pense que nous aurons de belles surprises.

Encore une fois, un grand bravo à Gijé et Carbone pour le très beau travail réalisé.

Louca – T1 – Coup d’envoi par Bruno Dequier

DUPUIS 80 pages 10/01/2013

Certains ados sont bons en sport, d’autres plus « intellectuels » excellent en cours, parfois il y en a même qui sont à la fois sportifs et intellectuels et enfin d’autres à l’image de Louca sont médiocres en tout. Mais cela n’empêche pas Louca d’être un ado comme les autres, un grand frère adorable même si pour cela il use de quelques mensonges et un bientôt jeune homme qui s’intéresse à la gente féminine et surtout Julie.

Il va falloir qu’il se bouge un peu le Louca, son professeur, Monsieur Clément lui met gentiment la pression car ses résultats scolaires sont mauvais, il risque le redoublement. Plutôt que de se mettre à bosser, il cherche un subterfuge et se laisse enfermé de nuit dans le lycée avec l’objectif d’améliorer ses évaluations. Seulement, il fera la rencontre d’un jeune homme, Nathan, footeux, beau gosse mais décédé… Entre eux, se tissera un lien qu’eux-mêmes n’expliquent pas. Coup d’envoi, n’est pas que le démarrage d’un match, mais plutôt celui d’une nouvelle vie, une renaissance pour Louca.

J’ai beaucoup aimé cette lecture simple, drôle avec ce personnage mélange d’Olivier (Olive et Tom) et Gaston (Lagaffe) et apprécié les illustrations toutes en rondeur.

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