Noir diamant par Jean-Hugues Oppel

La Manufacture de Livres – 308 pages – 06 mai 2021

Et, de 1, et de 2, et de 3, avec Noir diamant, Jean-Hugues Oppel, signe la troisième apparition de Lucy Chan, plus vivante que jamais.

Rappelez-vous, Oppel, nous avait laissé dans son précédent opus avec notre officier de la CIA préférée, quasi morte. Vous comme moi, n’y croyons qu’à moitié, connaissant son courage et son intelligence. De plus, l’auteur s’amuse tellement avec elle qu’il aurait été surprenant qu’il la sacrifie. Et bien Darby Owens, sa supérieure, ancienne formatrice maintenant sous-directrice de l’Agence, n’y crois pas non plus et à juste titre. Sortie des flammes de l’enfer suite à la frappe du missile envoyé par cette même agence, Lucy survit. Owens, saute donc sur l’occasion pour en faire l’agent secret rêvé, car qui de plus secret qu’un individu officiellement décédé ?

Et, cela tombe bien, car, la sécurité intérieure du pays alors dirigé par le potus peroxydé, apprend à la sous-directrice que des ogives nucléaires se promèneraient actuellement sur l’ancien continent. L’occasion est trop belle pour passer à côté et Owens met de suite, Lucy en contact avec un agent de la DGSE française de sa connaissance. Un périple transfrontalier entre France et Allemagne commence.

Ce Noir diamant, en étant le moins voyageur de la trilogie est certainement le plus explosif des trois. Lucy de simple analyste et aujourd’hui un agent de terrain à part entière qui n’hésite pas à se mettre en danger. Pantin entre des mains bienveillantes de sa supérieure hiérarchique, qui elle, déjoue les manigances depuis les États-Unis, Lucy joue la plus belle partition de sa jeune carrière.

Dans ce roman, au-delà des nombreuses qualités qu’il possède, que l’on retrouve dans les précédents opus (19 500 dollars la tonne et Total Labrador), la relation Chan/Owens, presque maternelle, apporte un vrai plus. Un roman d’action, d’espionnage, un univers très masculin, où brillent deux femmes qui n’ont rien à envier aux hommes.

Noir diamant, n’oublie pas non plus, pour s’inscrire totalement dans la lignée des précédents, de nous offrir en fil rouge, les messages d’un lanceur d’alerte. Sévissant cette fois, sur Twitter, le célèbre réseau dont l’ancien président était un utilisateur acharné.

Le site de La Manuf’ : https://www.lamanufacturedelivres.com/livres/fiche/200/oppel-jean-hugues-noir-diamant

Total Labrador par Jean-Hugues Oppel

La Manufacture de Livres – 288 pages – 07 février 2019

Sans être une suite directe de 19 500 dollars la tonne, Total Labrador, signe le retour de l’incroyable et surdouée Lucy Chan.

Jean-Hugues Oppel et l’un des rares auteurs français capable dans un style très anglo-saxon, de nous offrir un mélange entre thriller, roman noir et roman d’espionnage, le tout, sur fond de géopolitique, nouvelles technologies et manipulation. Dans Total Labrador, il nous entraîne dans le sillage de la jeune analyste de la CIA, à la poursuite de Jonathan Rogue, traître aux yeux de l’agence, de l’Afrique à l’Asie et des USA à l’Europe, une traque internationale.

Même si ce roman qui peut se lire indépendamment de 19 500 dollars la tonne, nous retrouvons les mêmes ingrédients dans les deux opus, pour notre plus grand plaisir. Avec Oppel et son style inimitable, ça envoie du lourd, tant pour le côté spectacle que pour le côté hyper documenté. Tout ce qui n’est pas interdit est permis, nous annonce-t-il page 17 alors, l’auteur ne se prive de rien et profite de ses personnages comme son animateur de Radio Jamaïque pour nous rappeler, les combines malsaines de groupe comme Apple, pour faire encore plus de blé avec la bénédiction des pouvoirs politiques en place.

Les thèmes abordés par l’auteur pourraient nous faire peur de part, leur complexité pour les arpètes en tissage de réseaux internationaux d’influence, que nous sommes. Néanmoins, ce maître du thriller politique, possède le rare talent de tout nous rendre accessibles. Ne fuyez pas par peur de ne pouvoir vous y retrouver.

Ce roman terminé en quelques heures de lecture me laisse avec l’énorme envie de dévorer Noir Diamant.

Le site de La Manufacture de Livres : https://www.lamanufacturedelivres.com/livres/fiche/133/oppel-jean-hugues-total-labrador

La petite gauloise par Jérôme Leroy

La manufacture de livres – 148 pages – 08 mars 2018

Un roman noir assez court, un moment de lecture jubilatoire où derrière un humour noir percutant couve la menace terroriste.

Dans une ville portuaire de l’Ouest de la France, une de ces villes moyennes qui ne font pas, habituellement, la une des journaux télévisés, éclate une violente fusillade. Terreau du radicalisme à la fois religieux auprès des jeunes paumés de la cité des 800 et du nationalisme, la ville est dirigée par le Bloc patriotique, cet évènement mettra en branle les forces de sécurité. En une nuit, la tension est à son comble, car l’inconnue règne en maître, personne ne sait vraiment à quoi s’attendre. Le terrorisme ne se cache pas toujours derrière des visages barbus et il existe plus grande motivation que celles dictées par les religions.

Dans cette novella, Leroy dresse un portrait troublant de vérité de la France périphérique, presque inexistante aux yeux des élites politiques et intellectuelles parisiennes. Celle où naissent et se développent dans des esprits souvent ignorants, par manque de nourritures culturelles et intellectuelles, intégrismes religieux ou patriotiques, ou pire, simplement le dégoût de l’autre.

En même temps, nous ne pouvons reconnaître que nous ne faisons pas grand-chose pour y remédier. Souvent simples spectateurs, de l’évolution de la contamination des esprits par ces idées nauséabondes, nous nous révoltons à travers quelques publications sur les différents réseaux sociaux. Pour d’autres, le problème n’a qu’un visage, celui des musulmans. Comme le dit, à juste titre, Mokrane Méguelati, ce flic de la BAC en réponse à ceux (journalistes ou politiques) qui accusent les musulmans de France de ne pas manifester contre les islamistes : « les musulmans en France, quand ils ne sont pas parmi les victimes, ils n’ont pas forcément le temps de manifester : ils sont parmi les blessés, le personnel soignant qui s’occupe des blessés, ils sont parmi les profs qui essaient d’expliquer le lendemain aux mômes en face d’eux ce qui s’est passé, parmi les femmes de ménage qui épongent le sang du jour d’après ou parmi les maquilleuses qui refont vos sales gueules avant que vous alliez pérorer sur les chaînes d’infos continues. Ils sont même parmi les flics qui traquent les terroristes et, à l’occasion y laissent la peau. »

Cette société, si nous ne l’avons pas nécessairement voulu, nous l’entretenons, sourds à certains appels à changer. Souvent d’ailleurs, ces appels ne sont pas médiatisés, il est tellement plus télécompatible de mettre en lumière des femmes et hommes, caricatures d’eux-mêmes, qui seront très vite moqués ou qualifiés d’islamo-gauchistes.

Il y a tant à dire ce roman de pas tout à fait cent cinquante pages, que ce retour de lecture pourrait devenir interminable. Juste en conclusion, jetez-vous sur La petite gauloise et laissez-vous emporter par le rythme jubilatoire teinté d’un humour noir intelligent que donne Jérôme Leroy à ce récit incroyablement réaliste. Approchant les fêtes de fin d’année, si vous voulez faire une bonne action, offrez ce roman à chacun de vos proches tenté de voter pour la blonde éleveuse de chats ou pour le nouveau produit médiatique haineux.

Le site de l’éditeur : https://www.lamanufacturedelivres.com/livres/fiche/9/leroy-jerome-la-petite-gauloise

Nos corps étrangers par Carine Joaquim

La Manufacture de Livres – 232 pages – 07 janvier 2021

Avec Nos corps étrangers, Carine Joaquim nous offre un premier roman court, noir, d’une extrême finesse psychologique, un bouleversant récit sur ces vies parfois si banales en apparence et pourtant…

Elisabeth, Stéphane et Maeva 15 ans, forment une famille d’apparence modèle comme il en existe des milliers d’autres. Seulement, derrière d’idylliques apparences, se cachent souvent une réalité moins reluisante et malheureusement tellement banale. Leur réalité, c’est celle d’un couple qu’a fui l’amour, abîmé par la routine, les rêves inaccomplis et brisé par l’adultère de l’époux. Pour se reconstruire, ils décident de fuir cette réalité, de l’abandonner, quittant Paris, pour se donner une nouvelle chance en banlieue, à quelques dizaines de kilomètres. Seulement vingt ans ne s’effacent pas comme cela.

Ils rêvent d’un nouveau départ, s’offrent une jolie maison avec jardin et atelier. C’est là qu’Elisabeth souhaite se mettre à la peinture, une passion enfouie au fond d’elle, de ce corps devenu étranger, traumatisé par la trahison de Stéphane et qui n’accepte plus d’être nourri. Elle espère que la peinture sera une thérapie, une renaissance.

Maeva quant à elle est jeune fille qui devient femme, et doit faire connaissance avec un corps changeant, découvre les sentiments amoureux et cette nouvelle vie, loin de ses amis d’enfance tout en se remettant de la perte de sa grand-mère.

Pour Stéphane seul l’augmentation du temps passé dans les transports sera un changement notoire dans cette nouvelle vie qui ne fera pas illusion longtemps.

Carine Joaquim signe un brillant premier roman qui doucement, nous emporte jusqu’à nous happer complétement, le final est brutal, bouleversant. L’auteur aborde avec finesse de nombreux sujets tels que le handicap, l’immigration, le harcèlement, l’adolescence, l’adultère, la parentalité, le rapport du corps et de l’esprit… Beaucoup de sujets pour un court roman rythmé par une année scolaire de la vie de cette famille. Seulement, comme la vie nous le prouve trop régulièrement, le sort a tendance à s’acharner.

J’ai une nouvelle fois été bluffé par un premier roman dont la lecture dès les premières lignes m’a émotionnellement bouleversé tant ce premier chapitre résonnait en moi pour des raisons très personnelles. Néanmoins, la plume sensible de Carine Joaquim aura su transformer cette lecture en une nouvelle passionnante expérience. Comme lecteur, j’ai souvent l’impression de grandir un peu après chaque roman publié chez La Manufacture de Livre que je lis.

Un grand bravo Carine, hâte de découvrir le prochain et merci à Pierre Fourniaud de faire vivre une si belle maison et de nous permettre de découvrir autant de talents.

Quand l’amour n’est plus, il vaut parfois mieux lui dire au revoir tout simplement…

Le site de l’éditeur : https://www.lamanufacturedelivres.com/livres/fiche/191/joaquim-carine-nos-corps-etrangers

19500 dollars la tonne par Jean-Hugues Oppel

La Manufacture de livres – 256 pages – 02 mars 2017

L’étain, ça vous parle ? Oui oui, ce métal gris foncé presque noir que les chimistes appellent Sn, du latin Stannum, utilisé par l’Homme depuis la Préhistoire. Et bien, c’est aussi une matière première dont le cours s’envole régulièrement et sur laquelle, la spéculation va bon train… Que se cache-t-il derrière ces graphiques qui montent vers les sommets (alors que je rédige cette chronique, le cours est de 36 900 $ la tonne). Jean-Hugues Oppel, à travers ce thriller palpitant, sans nous donner les réponses à l’ensemble des questions que l’on se pose, nous donne matière à réfléchir sur l’impact de la finance sur nos propres vies. Il lève un peu le voile sur les arrières boutiques financières, des mines où sont exploitées des populations pauvres aux bourses où s’échangent des milliards de dollars.

Dans ce thriller, se mêlent plusieurs personnages d’apparence si éloignés, mais dont les destins se croiseront. Il y a Falcon, le tueur à gage ou plutôt comme il le préfère, « l’assassin professionnel », au bord de la retraite. Puis Mister K, un mystérieux hacker, qui affole les salles de bourses avec ses annonces à la manière d’un lanceur d’alerte. Et, enfin, Lucy Chan, une jeune et talentueuse recrue de la CIA. Ensemble, ils nous trimbaleront à travers les continents, à une vitesse folle, nous surprenant régulièrement.

19 500 $ la tonne est un mélange entre thriller politique, techno-thriller et roman d’espionnage. Roman engagé, il nous offre matière à réflexion sur le monde qui nous gouverne sans chercher à nous donner de leçon. Avec intelligence et beaucoup d’esprit, l’auteur, dans un style très percutant, nous donne les clés qui nous permettront de nous rendre compte de la folie financière qui nous entoure.

Un grand bravo à Jean-Hugues et merci aux éditions La manufacture de livres pour permettre à des romans noirs de cette qualité d’exister.

Pour comprendre un peu mieux les crises économiques…
Avec un peu de musique, la littérature forme toujours un couple parfait….

Le site de l’éditeur : https://www.lamanufacturedelivres.com/livres/fiche/16/oppel-jean-hugues-19-500-dollars-la-tonne

Ainsi Berlin par Laurent Petitmangin

La Manufacture de Livres – 224 pages – 07 octobre 2021

Plonger dans le second roman édité d’un auteur remarqué par le premier est toujours un exercice délicat tant la déception est souvent au rendez-vous. Parfois, la seconde tentative est moins bonne, parfois, nous avons l’impression d’un copié-collé… Laurent Petitmangin, confirme, lui, son immense talent et qu’il est un auteur à suivre…

Changement radical de décor, Laurent Petitmangin nous emmène cette fois comme l’annonce le titre Ainsi Berlin, dans la capitale germanique actuelle, mais, à une autre époque, celle de l’après-guerre où, ville dévastée, elle était, en plus, coupée en deux. Nous y découvrons Gerd, un jeune allemand, résistant communiste qui avec Käthe, son amie, amante, compagne de lutte, rêvent de construire un monde nouveau en commençant par une nouvelle Allemagne, à l’Est. À l’Ouest, Liz, jeune veuve, architecte américaine, est là pour façonner une nouvelle Allemagne également mais, sur le modèle occidental… La rencontre entre Liz et Gerd, amènera ce dernier à se poser moult questions sur ses convictions, sur les possibles, sur l’amour…

Très différent sur la forme, nous reconnaissons bien heureusement des éléments qui font que l’on ne lit pas un roman de Laurent Petitmangin comme un autre. Parmi eux, des personnages faillibles qui les rendent véritablement humains et de fait, attachants. Puis, des thématiques, telles, la paternité, la fragilité des sentiments, des convictions qui ne sont jamais complètement acquises.

À la fois historique, sentimental, politique, d’espionnage, ce récit est inclassable tant, Laurent Petitmangin dose à merveilles chaque composante de cette fiction qui nous entraîne dans une période trop méconnue de l’Histoire.

Un immense merci aux éditions La manufacture de Livres, à Pierre Fourniaud et à Laurent Petitmangin pour ce voyage littéraire.

Pankow, groupe de Rock, partagé entre deux cultures en RDA…

Le site de l’éditeur : https://www.lamanufacturedelivres.com/livres/fiche/211/petitmangin-laurent-ainsi-berlin

Le nageur d’Aral par Louis Grall

La manufacture de livres – 144 pages – 03 juin 2021

Ce premier roman d’un auteur plus habitué à nous livrer des contes ou des poésies, transforme à merveille l’essai. Même s’il est plutôt court, ce récit nous transporte très vite alors même que la beauté de la prose, nous invite elle, à prendre notre temps. À l’image d’Anton Nazarbaïev, ce nageur de combat russe, qui en pleine guerre froide, déserte lors d’une mission de combat au large de la Bretagne pour trouver refuge dans le monastère de Landévennec, nous avons l’impression en entrant dans ce roman de franchir la porte d’un lieu sacré, de recueillement.

Le soldat d’élite ne pouvait espérer trouver meilleur refuge que ce lieu géré selon la règle de Saint-Benoît afin d’aspirer à une retraite spirituelle qu’il espérait tant et même si ce refuge s’apparente à une prison dorée.

Louis Grall, avec sa poésie, nous livre de magnifiques descriptions de ce lieu où se mêlent puissance de l’océan, calme spirituel et nature sauvage au milieu desquels, l’humain a toute sa place. Car, il s’agit bien d’humanité, de relations humaines, de transmission entre Anton et les frères, comme entre le narrateur et Luc et surtout entre le narrateur à travers qui le nageur russe deviendra éternel.

Un grand merci à La manufacture de livres pour cette très belle lecture et bravo à Louis Grall qui en plus nous fait découvrir des poèmes de Gilles Baudry moine à Saint-Guénolé.

Louis Grall interviewé par France 3 Bretagne

Le site de La manufacture de livre : https://www.lamanufacturedelivres.com/livres/fiche/202/grall-louis-le-nageur-d-aral

L’abbaye de Landévennec : https://www.abbaye-landevennec.fr/

Le fils du professeur par Luc Chomarat

La manufacture de livres – 285 pages – 19 août 2021

Avec beaucoup de talent, de magie, aidé d’une sublime plume, Luc Chomarat, nous raconte l’enfance, de la maternelle au passage à l’âge adulte à travers les années 60 et 70.

Roman autobiographique ? Fiction ? Certainement un peu des deux, une autofiction comme l’aurait qualifié Serge Dubrovsky. Luc Chomarat écrit à la première personne, le personnage principal est né comme l’auteur en Algérie française, à Tizi-Ouzou, seulement, dans ce roman, jamais l’écrivain, ne dévoile un nom ou un prénom qui lèverait le voile sur ce mystère. Néanmoins, ce roman, par son authenticité ne triche pas et chaque lecteur, se retrouve plus ou moins dans Le Fils du professeur, qu’il soit né dans ce début de seconde moitié du XXe siècle ou pas.

La lecture de ce récit nous offre une pause, une parenthèse magique et inattendue qui fait un bien fou. Ce retour en arrière, dans un monde où le téléphone n’est pas un prolongement de notre anatomie et où internet n’existe pas, nous permet de nous déconnecter. De plus, la sensation permanente d’être sur le fil très fin qui sépare la réalité de l’imaginaire nous engloutit, on lâche prise avec le réel et retombons en enfance, cette nostalgique période d’insouciance.

Ce roman, écrit avec une grande justesse, nous évite de tomber dans le piège du « c’était mieux avant ». Il ne véhicule pas de jugements sur un monde différent de celui dans lequel nous vivons et élevons nos enfants aujourd’hui, contrairement aux procès médiatiques d’une bienpensance actuelle permanente jetant l’opprobre sur les travers de notre Histoire.

Le Fils du professeur est un merveilleux cocktail de tendresse, de nostalgie, d’humour et d’amour face auquel, nous sommes spectateurs de la transformation d’un jeune enfant en adulte, nous renvoyant en écho, toutes les questions que nous nous posions également et auxquelles, même aujourd’hui, nous n’avons pas forcément trouvé les réponses.

« Je crois que tout le monde joue au flipper parce que c’est une assez jolie métaphore de l’existence : on ne récupère jamais sa mise de départ, et aussi habile qu’on soit, on est toujours perdant. Et pourtant, quand toutes les lumières s’allument, quand les compteurs tournent et que les parties claquent, il y a toujours quelqu’un pour tourner la tête et vous regarder comme si c’était incroyable, et à ce moment-là nous sommes persuadés d’être immortels. »

Un grand bravo à Luc Chomarat pour avoir réveillé chez moi des souvenirs enfouis et un grand merci à Pierre Fourniaud et à La manufacture de livres pour ce roman.

Pour plonger à l’époque du Fils du professeur… Pour eux l’an 2000 était l’avenir… Pour nous le passé…

Le site de l’éditeur : https://www.lamanufacturedelivres.com/livres/fiche/206/chomarat-luc-le-fils-du-professeur

Le site de l’auteur : http://www.luc-chomarat.com/

Fatal baby par Nicolas Jaillet

La manufacture de livres – 304 pages – 03 Juin 2021

Un thriller plus lumineux que noir, une suite qui n’en est pas vraiment une, un roman inclassable comme l’était Mauvaise graine, dans lequel nous avions découvert Julie, mais sans lui ressembler. Nicolas Jaillet arrive de nouveau à nous surprendre.

Après avoir vécu une expérience de grossesse unique en son genre, Julie, cette institutrice trentenaire, ne pouvait pas avoir un enfant « normal ». Léa est donc née, dotée à son tour de super-pouvoirs. Seulement, à l’image de tout ce que doit apprendre à maîtriser un nouveau-né, ces particularités seront difficiles à contrôler et Julie, courageuse maman pleine de ressources devra faire preuve de son super-pouvoir de maman pour l’aider au mieux et la protéger de poursuivants de cette organisation militaro-pharmaceutique qui après en avoir après Julie en veulent maintenant au Fatal baby.

Nicolas Jaillet nous emmène dans une cavale sur les traces de Julie et sa fille à travers le globe, dans un thriller haletant, léger sur la forme, mais avec une grosse dose d’émotions, saupoudrée d’une touche de fantastique. Mais, la magie de la vie, le lien indescriptible qui unit une mère et son enfant, la magie de la maternité ne sont-ils pas eux aussi fantastiques ?

Même si ce roman, Fatal baby peut se lire sans, au préalable, avoir lu Mauvaise graine, après sa lecture, vous vous jetterez sur ce dernier.

Dans la société hyper patriarcale, dans laquelle nous vivons aujourd’hui et qui est malheureusement traversée par de nombreux scandales dénoncés comme MeToo, Balance ton porc, etc, Nicolas Jaillet à travers ce personnage de Julie, nous démontre qu’heureusement, il y a aussi des « hommes blancs de cinquante ans », comme aime les désigner les médias, qui, sans avoir besoin de se revendiquer féministes, nous prouvent leur profond respect et l’admiration qu’ils ont pour les femmes.

Merci aux éditions La manufacture de livre pour ce service presse.

Vidéo relative à Mauvaise graine néanmoins, Nicolas Jaillet parle de Julie

Pour le site de l’éditeur, c’est par là : https://www.lamanufacturedelivres.com/livres/fiche/204/jaillet-nicolas-fatal-baby

Manaus par Dominique Forma

La manufacture de livres – 154 pages — 05/11/2020

Dominique Forma nous propose avec Manaus, un roman court ou novella comme on les appelle, du nom de cette grande ville nord-brésilienne où va se dérouler une partie du récit. Dans ce voyage qui remonte le temps, quelques dizaines d’années en arrière, nous ferons la connaissance avec un barbouze, ancien militaire d’Algérie, qui profitera de la tournée sud-américaine du général De Gaulle, pour accomplir une mission secrète, tuer un homme. Dans l’atmosphère moite de la forêt tropicale, dans ces pays où se cachent nombre d’anciens nazis ou de membres de l’OAS, parfois les passés ignominieux viennent foutre un sacré bordel.

Ce livre est arrivé complétement par hasard dans mes mains et pour être honnête, c’est la volonté de connaître l’offre que nous proposons aux usagers de la médiathèque qui a été la raison de sa lecture, n’étant ni très connaisseur de l’Amérique du Sud, ni amateur des histoires de barbouzes, j’ai malgré tout trouvé ce récit intéressant et agréable à lire. En très peu de pages, Dominique Forma nous donne l’essentiel, sans passages inutiles, dans un style direct, des phrases courtes ne laissant pas la place à l’ennui.

Pour vous faire une idée du décor du roman :

Images filmées de la visite du Général De Gaulle au Mexique lors de la fameuse tournée en Amérique du Sud :

Lien vers le site de l’éditeur :

https://www.lamanufacturedelivres.com/

Un site WordPress.com.

Retour en haut ↑