Les sept châtiments par Jordi Llobregat

Le cherche midi – 464 pages – 07 octobre 2021

Avec ce thriller pyrénéen, Jordi Llobregat démontre qu’un morceau avalé peut garder de la saveur.

Les thrillers à la montagne se font de plus en plus présents sur les rayonnages des libraires et le risque de déjà lu, se fait de plus en plus grand. C’est le cas avec ce roman, se déroulant du côté espagnol des Pyrénées, mais pas que….

Effectivement, la structure globale du roman se trouve être sans grande surprise, un puis plusieurs corps retrouvés sans vie, un certain cérémonial qui (annoncé dès le titre s’inspire des Sept péchés capitaux), une enquêtrice torturée, hantée par son passé, un collègue et deux jeunes assistants d’enquête imposés, un décor montagnard, un retour dans le passé au temps de la Seconde Guerre mondiale en fil rouge à travers un journal personnel, des ingrédients déjà utilisés par d’autres. Pour l’originalité, ce n’est pas ça. Seulement, ce thriller est « techniquement » proche de la perfection. Les personnages sont travaillés, l’intrigue habillement construite et la fin, arrive en partie à nous surprendre.

Dans une station de ski, candidate pour accueillir les Jeux Olympiques, dans les Pyrénées à la frontière entre l’Espagne et la France, un corps est découvert, un homme aux mains attachées, aux paupières cousues et avec une inscription gravée à même la chair sur le front. Álex Serra, inspectrice barcelonaise est envoyée pour diriger conjointement l’enquête avec Jean Cassel, un lieutenant français. Très vite, le lien sera fait avec une famille bien connue localement dans cette vallée, ancienne colonie industrielle construite dans l’après-guerre et sur laquelle plane l’ombre d’un passé mystérieux.

Les Sept Châtiments sans créer de surprise, ravira les lecteurs de thrillers.

Un grand merci à Babelio et aux éditions Le cherche midi pour cette Masse Critique.

Le site de l’éditeur : https://www.lisez.com/livre-grand-format/les-sept-chatiments/9782749165790

 » Cinq doigts sous la neige » de Jacques SAUSSEY

Cosmopolis 368 pages 27/08/2020

Une vallée, source d’inspiration qui dernièrement aura inspiré Franck Thilliez avec « Il était deux fois », Franck Bouysse avec « Buveurs de vent », Bernard Minier et « La vallée », sert cette fois de décor au nouveau roman de Jacques Saussey « Cinq doigts sous la neige » un one-shot. Jacques place donc son angoissante intrigue au cœur des Vosges. Des lacs, des routes non praticables, des maisons isolées, le passé d’un des personnages, raconté en prologue, des adolescents subissant les effets de leurs hormones, et une galerie de personnage sont les ingrédients que le Jacques Saussey tel un chef étoilé incorpore pile au bon moment et juste dans la quantité qu’il faut pour nous régaler.

Ouvrir ce roman, à l’image ses protagonistes, vous coupera du monde.  Acheté le vendredi aux alentours de 15 heures, je l’ai terminé dans la nuit. Une nuit blanche (en partie) de nouveau causée par un thriller de l’excellente maison d’édition Cosmopolis, chez qui je l’espère de tout cœur, Jacques aura toute la reconnaissance qu’il mérite pour son talent et sa gentillesse, surtout après le triste épisode FP.

L’auteur nous prouve également ici une nouvelle fois qu’il s’éclate en sortant de la très bonne série Magne-Heslin et que sa plume ne le limite pas à être l’un des meilleurs romanciers polars en France. Le thriller à suspense lui va à ravir.

Nous y retrouvons d’ailleurs sa patte dans les relations entre ses personnages, ici, l’amour d’un père pour son fils, qui le pousse à faire des choses irrationnelles, est le moteur principal de cette histoire.

Cette histoire, justement, revenons y. Marc Torres, écrivain à succès vit avec son fils avec lequel la relation est difficile depuis le décès des suites d’une longue maladie de Véronique, leur épouse et mère. Voulant tout faire pour faire plaisir à Alexandre, Marc accepte pour son dix-huitième anniversaire qu’il invite une quinzaine de copains et copines dans leur maison engoncée dans la vallée. Seulement la nuit, la neige et un accident de camion les coupes de tout contact avec l’extérieur. Nous sommes dans les années 70, où il n’y a pas les moyens de communications actuels. Alexandre est fragile, Marc est inquiet. Il devra le protéger des autres, mais surtout de lui-même.

Non pas un, mais plusieurs des personnages seront aspirés dans une tornade dévastatrice.

« Il était deux fois » de Franck Thilliez

Fleuve noir 4/06/2020 528 pages

Quand un roman de Franck Thilliez intègre ma PAL vertigineuse, généralement, il n’y reste pas longtemps. « Il était deux fois » ne déroge pas à cette règle. Franck démontre avec ce nouveau thriller qu’il en est incontestablement le maître français.

Pour moi Thilliez est le plus habile dans la construction d’intrigues complexes nous cachant de nombreuses surprises.

Une fois de plus, c’est un roman que l’on dévore à grande vitesse, tant nous voulons connaître la suite.

Pour ce roman, un « one shot » qui est lié au « Manuscrit Inachevé », Franck nous prouve également qu’il sait donner de la profondeur, créer un passé, une histoire à des personnages non récurrents.  

Pour l’histoire, Gabriel Moscato, lieutenant de gendarmerie se réveil dans la chambre d’hôtel où il est entré en cette année de 2008, dans le cadre de l’enquête sur la disparition d’une adolescente, sa propre fille. Sauf qu’à son réveil, nous sommes en 2020, qu’il est habillé en civil et n’a plus la même tête que la dernière fois où il a vu son reflet dans un miroir.

Dans ce roman, il sera beaucoup question de mémoire (et on retrouve le gros travail de documentation fidèle à Franck), d’amour (celui d’un père pour sa fille), d’amitié (de celle que l’on croit éteinte mais qui reste forte) et d’art (surtout les limites que l’on peut lui donner) dont une des formes ne sera pas inconnues aux amateurs de Luc Mandoline.

« Il était deux fois » est la preuve que quand on est le meilleur, on peut encore se surpasser…

« La Vallée » Bernard Minier

XO Editions 20/05/2020 522 pages

« La Vallée », en presque dix années, huitième roman de Bernard Minier, sixième aventure de Martin Servaz et pour fêter cela, Bernard ne trouve pas mieux que de faire exploser une montagne des Pyrénées, dans cette vallée imaginaire où se déroulera le récit, et qui sera coupée du monde car la seule route y menant devient impraticable… Nous sortons du confinement quand les habitants de cette vallée seront piégés pour de nombreux jours…

J’avais adoré les premiers romans dans lesquels nous faisions connaissance de Servaz, bien aimé les suivants, craqué pour « M – Le bord de l’abîme » qui pour moi a confirmé le talent de l’auteur, et « La Vallée » est un véritable coup de cœur. Ce livre fera à la fois plaisir aux lecteurs connaissant Servaz et donnera envie aux nouveaux de lire ses précédentes enquêtes.

Dans cette histoire au rythme dingue, nous serons autant baladés dans l’intrigue que Servaz doutera de lui, de ses certitudes, sentiments et valeurs…   

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