Nouvelles fantasmagoriques par Isaac de Mont

Auto-édition – 67 pages – 28/03/2020

Quelle belle découverte que ce recueil de sept courts récits d’Isaac de Mont ! Le titre, pour commencer, est très évocateur de ce qui nous attend, un univers fantastique, irréel mais non moins troublant de parallèles avec nos réalités. Nos réalités, car, la force de ces textes, c’est de nous permettre à chacun d’avoir notre vision, de créer notre interprétation unique.

Même si les thèmes abordés sont différents, « revisiter l’Illiade, imaginer un futur chaotique, penser autrement au passé » pour reprendre les mots de l’auteur, pèse sur eux, une atmosphère particulière, que l’on retrouve comme fil conducteur au long du recueil.

Chaque nouvelle est assez courte et nous permet de constater l’habilité de l’auteur à travers chacune d’elles, avec un vocabulaire précis, choisi, formant des phrases rythmées, de nous offrir l’essentiel du récit, tel un poète qui avec quelques vers, nous procure beaucoup d’émotions.

Un grand merci et bravo à Isaac de Mont pour cette lecture plaisante et envoutante.

Le premier animé fantasmagorique

Ça n’arrivera pas par Nicolas Beuglet

XO éditions – 33 pages – 25/11/2020

Nicolas Beuglet et les éditions XO, nous propose avec cette nouvelle, une fiction, qui ne le restera malheureusement peut-être pas, un véritable pamphlet, couchant sur papier (ou plutôt nos écrans puisqu’elle est numérique) nos peurs et nos angoisses pour demain dans les suites que donnera le gouvernement à la gestion de la crise sanitaire, prétexte à gommer peu à peu le premier des trois mots composant la devise de la république française.

Nous sommes en 2022, Jean, un écrivain vit avec sa fille Maïa dans leur appartement, n’ayant pas souhaité qu’ils soient vaccinés, ils vivent en marge de la société avec très peu de contacts sociaux. Sortir de chez soi est une véritable épreuve, les rues sont truffées de caméra à reconnaissance faciale et les applications téléphoniques signalent à ceux que vous croisez que vous êtes une menace car non vaccinés….

À quelques jours du démarrage des premiers vaccins en Europe, et après un conseil des ministres où un projet de loi, propose de conditionner certains déplacements à la possession d’un passeport de vaccination, la nouvelle de Nicolas Beuglet s’éloigne de plus en plus de la science-fiction. Ça n’arrivera pas… ou pas.

Article de France TV Info relatant l’évocation de ce passeport santé lors du conseil des ministres du 21 décembre 2020 :

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/vaccin/covid-19-sept-questions-sur-le-projet-de-loi-qui-fait-craindre-a-l-opposition-la-mise-en-place-d-un-passeport-sanitaire_4229511.html
Si la fiction devenait réalité ?

Cette nouvelle est disponible gracieusement sur le site de la maison XO éditions. Voici le lien pour la télécharger :

Ça n’arrivera pas – nouvelle

Voyage au pays de l’envie par Frédéric Marcou

Atramenta – 40 pages – Juin 2014

Dans ce recueil, Frédéric Marcou, auteur isarien, natif de Noyon, cette ville où Charlemagne a été couronné roi des Francs, nous propose cinq nouvelles fantastiques, teintées de science-fiction comme il les définit lui-même. Comme le titre le laisse entendre, il nous emmène en voyage, aux pays des songes, des enfers, en spiritualité ou encore visiter une autre planète.

Les nouvelles sorties de l’imagination de l’auteur, parfois inspiré par ses propres rêves, sont plutôt très courtes, ce qui parfois nous laisse un peu sur notre faim.

Dans la première, « Il ne vous reste plus qu’à signer », le sujet principal est la réincarnation vue par les bouddhistes, dans la suivante, « Damnation », que j’ai beaucoup apprécié, j’y ai vu notre condamnation à une vie de labeur où nous sommes achetés par quelques plaisirs confortables. Ensuite, dans « Rêve impromptu », il nous fait découvrir une planète, « État policier » où la magie est interdite, mais où la douce folie de certain, illumine un peu les âmes. Dans « Homo sapiens sapiens neandertalis », Frédéric Marcou nous offre un texte aux notes scientifiques et enfin dans « Une autre forme de mort », il nous dresse un tableau de la mort avec une scène que l’on pourrait imaginer être vécue par Ray Garraty dans Marche ou Crève de Stephen King.

L’auteur nous raconte également dans son avant-propos, le cheminement de la création de ce recueil de nouvelles, nous rappelant ses inspirations de lectures adolescentes. Je trouve ce texte intéressant car, il permet de se questionner sur notre rapport aux nouvelles, qui pour moi ne sont et ne doivent pas être qu’un genre destiné aux jeunes lecteurs. La nouvelle est comme pour les autres formes de littérature accessible à tous avec des styles et des genres différents. Il suffit d’ailleurs de lire « Voyage au pays de l’envie » pour s’en rendre compte.

Contes des confins – Pulp is not dead – Webzine

Premier Numéro

Je vais vous parler ici, d’un nouveau webzine, Contes des confins, créé par Jean-Michel Martin, auteur et créateur de jeu, accompagné d’une équipe d’auteurs et d’illustrateurs. Ce webzine, est un Pupl magazine du XXIème siècle, réutilisant les codes de ses magazines à trois sous, très populaires dans la première moitié du siècle dernier et ayant permis à de nombreux et talentueux auteurs de ces littératures de genre telles que la science-fiction, le fantastique, les polars de rencontrer leurs premiers lecteurs. Sans oublier les illustrateurs dont les créations accompagnaient les récits et habillaient les couvertures souvent très colorées. Asimov, Herbert, Bradbury, Burroughts, K.Dick, Lovecraft entre autres ont publié des nouvelles ou publié en chapitre des romans dans ces magazines où sont nés Tarzan, Conan le barbare, Zorro…

Les Contes des Confins, tous les quinze jours, nous proposent donc, en version numérique de s’évader, de réfléchir aussi à travers trois nouvelles joliment illustrées pour 1,5 euros.

Amélie Boulay, l’une des auteures participant à ce chouette projet, m’a envoyé les quatre premières parutions afin de découvrir ce webzine, qui en toute honnêteté mérite d’être connu. Bien sûr, il n’est pas parfait et mérite d’évoluer. D’ailleurs, j’aimerais beaucoup y trouver à l’avenir, pour rendre encore plus hommage à la culture pulp, une biographie ou un retour sur quelques œuvres littéraires couchées pour la première fois, sur ces pages à bas coûts.

Dans le premier numéro illustré par Theresem, Alexis Guy-Jacquot et Vibu, Jean-Michel Martin, Sébastien Capelle et Florent Martin nous proposent donc trois nouvelles. « Fausternité », un pacte diabolique entre les Gafas, « Demain, tout ira mieux », un western post-apocalyptique où un shérif et une chasseuse de primes, sont à la recherche de la Pécheresse et, « Victoria », une sanglante nouvelle fantastique.

Numéro 2

Pour le second numéro, « Quand la science s’en balance ! », habillé par Audrey Lopez, Alexis Gye-Jacquot et Dazy Antoine, les nouvelles sont signées Jean-Marc Sire, Serge Goriely et Daniel Miensky. Dans « Samuel 13 », il sera question d’intelligence artificielle et d’exploration martienne, dans « La fée électrique », nous nous retrouverons à l’expo-universelle de Paris de 1937 en compagnie de Nikola Tesla, qui nous présentera une équipe d’assistants originaux et enfin, dans « Brume de Jouvence », un drôle de personnage qui aurait la recette miracle pour rester jeune.

Numéro 3

Dans le troisième, « Les ruelles sombres », Theresem, Yann Vil Cort, Alexis Gye-Jacquot et Antoine Dazy illustrent les nouvelles d’Amélie Boulay, Jojonator et Natalia Vikhalevsky. « Poudre aux yeux » nous fera faire un bon de dix ans dans le temps, dans des cités où rien ne change vraiment et où la drogue reste une activité lucrative, « Ombre », nous fera découvrir Alex, dont nous suivrons le parcours criminel, la descente aux enfers, la violence engendrée par la violence. Et enfin, dans « Une soirée d’enfer », nous retrouvons la thématique du pacte diabolique, avec pour décor une soirée d’Halloween.

Numéro 4

Pour le quatrième numéro, « De sang et d’os », trois nouvelles de Jean-Marc Sire, Natalia Vikhalvsky et Maryse Weisser Macher. « Un bonheur partagé », dans laquelle nous verrons qu’il n’y a pas d’âge pour être cruel. Dans la dystopie « Speranza », il sera question de génétique et de procréation et enfin, dans « Le goût de la vengeance », l’humanité sera condamnée à payer ses dettes envers la nature…  

Je ne peux que vous conseiller, d’aller faire un tour sur le site dont je vous joins le lien ci-dessous. Et de vous laisser tenter par ce webzine qui je l’espère connaîtra un succès bien mérité.

https://jm-martin.eu/

« Trois secondes avant de mourir » Ouvrage collectif

Evidence Editions 284 pages 15/05/2020

Je tiens en premier lieu à remercier Evidence Editions et leur fameux Crazy Books Day pour l’envoi de ce recueil de nouvelles.

J’apprécie beaucoup le genre des nouvelles pourtant malheureusement un peu délaissé dans nos contrées. Pourtant quel exercice difficile, la nouvelle laisse peu de temps à la mise en place d’un décor, pour faire connaissance avec les personnages, découvrir l’intrigue et amener une fin réussie.

Dans celui-ci, un thème commun, les trois secondes qui précèdent la mort et quatorze auteurs qui vont nous proposer leur vision. Des auteurs plus ou moins expérimentés, de différentes générations et n’écrivant habituellement pas uniquement que du thriller. Parmi ces quatorze nouvelles il n’y aura que du bon et du très bon et ces nouvelles souvent angoissantes, souvent noires nous laissent parfois aussi passer par d’autres émotions.

Nous y découvrons donc les derniers instants d’un condamné à mort (personnage pourtant à vomir mais qui arrive à nous toucher), un musicien un peu oublié qui s’apprête à faire un barbecue (histoire inspirée de faits réels, nous entrerons dans la tête d’un personnage prêt à en finir avec la vie, nous frissonnerons face à un tueur qui ne tue qu’un membre par famille (en laissant à un survivant de faire le choix de celui à abattre), un braquage de banque, et tant d’autres, avec aussi parfois des notes de fantastiques.

Evidence Edition, dont j’apprécie beaucoup les collections Imaginaire et Clair-Obscur nous permet ici de découvrir un panel d’auteurs dont nous avons envie de découvrir les univers.

Bravo à Dumè Antoni, Kwamé Maherpa, Camille David, Emilie Bertron, Ginou Jussel, Alexandre Ratel, William Lucas, Anthony Boucard, Josepha Bassoni, Vincent Herbillon, Yvan Bermond, Christophe Corthouts, Erik Vaucey et Anthony Boulanger.

« Regarder le noir » Collectif sous la direction d’Yvan Fauth

Belfond 288 pages 11/06/2020

Barbara Abel, Amélie Antoine, R.J. Ellory, Julie Ewa, Claire Favan, Karine Giebel, Johana Gustawsson, René Manzor, Fred Mars, Olivier Norek, Fabrice Papillon, Gaëlle Perrin-Guillet. Douze auteurs de la noire réunis par Yvan Fauth pour un nouvel exercice après le très réussi recueil de nouvelles « Regarder le noir » cette fois sur ce sens qui nous permet de nous émerveiller des beautés qui nous entourent, la vue.

Admirer, épier, contempler, lorgner, mater, observer, reluquer, … voilà ce que l’on peut faire avec nos yeux, quand malheureusement d’autres en sont privés totalement ou partiellement. Ces douze auteurs précédemment cités eux en tout cas n’ont pas manqué d’inspiration pour nous imaginer des histoires aussi dingues les unes que les autres, parfois même en se lâchant complétement afin de nous régaler avec ce genre littéraire trop peu développé chez nous, alors qu’elles sont les dignes héritières des contes qui ont bercé notre enfance et, pour beaucoup d’entre nous, j’en suis persuadé, donné le goût de la lecture.

Il n’y avait je pense qu’Yvan, pour réussir à convaincre et donner envie à ces talentueux auteurs de sortir de leur zone de confort et se risquer à imaginer ces courts récits dans lesquels il faut très rapidement happer le lecteur. Oui la nouvelle n’est pas un sous genre littéraire, c’est un exercice difficile sur lequel beaucoup se cassent les dents. Ici pour chacun d’entre eux, c’est plutôt une réussite.

Alors, si vous avez envie de partir à la rencontre d’un ado pas comme les autres, d’aller visiter un club obscur aux mœurs étranges, d’embarquer sur un navire dans un monde dévaster, de partir en filature, de découvrir une jeune médium, de jouer avec vos émotions, foncez chez votre libraire acquérir cet ouvrage qui m’a permis en plus de découvrir la touchante écriture de Julie Ewa.

Petit clin d’œil à Fred, as-tu, comme pour ta trilogie groenlandaise été étudier sur le terrain 😉 ?

Bravo et tous ces contributeurs et big up à Yvan.

« Les nouvelles aventures de Carnacki » Frédéric Livyns

Evidence Editions – 224 pages – 22/11/2019

Depuis un certain temps, je voulais acquérir des livres d’Evidence Editions et, c’est après avoir vu et apprécié qu’ils partagent une critique plutôt négative de ce livre que j’ai franchi le pas…

Thomas Carnacki est un personnage créé au début du XXe siècle par William Hope Hodgson et que l’on retrouve dans six histoires à l’époque. Frédéric Livyns reprend le personnage pour cette première saison composée à son tour de six histoires.

Carnacki est un détective de l’étrange spécialisé dans la résolution d’apparitions de spectres et, au-delà du côté fantastique, un vrai psychologue pour les âmes tourmentées qui m’a laissé un peu perplexe à la conclusion de la troisième histoire car traitant un sujet sensible, ce personnage n’a pas eu pour moi la réaction que j’attendais face à ce drame familial.

L’écriture de l’auteur est agréable à lire, les situations tout en restant plutôt classiques dans ce genre littéraire sont biens construites.

Pour apprécier au mieux la lecture de ces histoires, je vous conseillerais de les lire avec une pause entre chaque car pour les avoir enchaînées, quelques répétitions m’ont légèrement enlevé un peu de plaisir.

https://www.evidence-boutique.com/imaginaire/les-nouvelles-aventures-de-carnacki-saison-1?search_query=carnack&results=1

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