Mademoiselle J. – Je ne me marierai jamais par Sente et Verron

Dupuis 64 pages 09/10/2020

Retrouvons l’oncle Paul après nous avoir conté les aventures de Ptirou, lors de la réunion familiale à Noël, revient pour les fêtes de Pâques. Cette fois, il va nous narrer, l’histoire de Juliette de retour à Paris, et ce, pendant les mois qui ont précédé la seconde guerre mondiale.

Juliette vit en quelque sorte, le chagrin d’une histoire d’amour qui n’a vraiment jamais commencé, fauchée par la disparition de Ptirou. Sa décision est prise, elle ne se mariera pas et deviendra grand reporter. En parallèle, son père a quitté ses fonctions à la direction de la Transat pour se lancer dans une nouvelle compagnie avec un associé qui souhaite lui, faire entrer les allemands au capital. Sauf que depuis 1933, Hitler est chancelier. Juliette, qui part l’héritage de sa maman est de fait, coactionnaire, refuse de s’associer avec eux. Pour la faire changer d’avis, le partenaire de son père mettra en place toute une stratégie diabolique…

Cet album signé Verron et Sente, au scénario digne d’un thriller, recréé à merveilles l’ambiance du Paris de la fin des années 30, les tenues, les véhicules, les bâtiments, nous donnent l’impression de visionner un documentaire historique. J’ai également beaucoup aimé retrouver, au cœur de ce récit, la force de caractère de Juliette, véritable féministe.

Un second volume aussi agréable à lire et regarder que le premier. Vivement le prochain.

La bande-annonce du second volume
Vidéo pour découvrir l’exposition universelle de Paris 1937, que l’on retrouve dans l’album.

Et puis mourir par Jean-Luc Bizien

Fayard Noir 342 pages 30/09/2020

Paris, hiver 2018, les samedis les rues se colorent de jaune, une ambiance de guérilla urbaine entre les forces de l’ordre, certains manifestants et surtout ces groupes de casseurs tels les Black Blocs. Au milieu de ce désordre violent, se trouve des hommes et femmes venus crier leur désespoir, leurs souffrances à un gouvernement qui ne les écoute plus.

Parmi eux un homme, qui mène une croisade contre des privilégiés, qui de leurs grands appartements se trouvent au-dessus de tout ça. Quelle cause défend-il ? Mérite-t-telle que des vies soient enlevées ?

Au Bastion, le Commandant Jean-Yves Le Guen et son adjoint, le Capitaine Patriziu Agostini ainsi que leur équipe sont chargés de l’affaire dont les retentissements médiatiques pourraient être terribles et surtout utilisés par certains pour discréditer encore plus la révolte sociale en cours. Entre la recherche de la vérité, la recherche de justice de l’un, la stricte application de la loi pour l’autre, cette enquête sera un véritable combat pour leurs consciences.

Jean-Luc Bizien nous offre avec « Et puis mourir… » un véritable polar à la mécanique très bien huilée. Il arrive à rendre attrayant un récit pourtant basé sur un modèle souvent utilisé : une série de meurtres, une équipe composée de deux fortes personnalités qui plus est un breton et un corse faisant partis du fameux 36, un cadre parisien… les ingrédients de nombreux romans de ce type.

Dans ce roman, j’ai vraiment aimé les personnages y compris Gabriel qui sème en nous en permanence le doute, la finesse de l’auteur qui ne l’oublions pas, prend comme décor le mouvement des « gilets jaunes », sujet à fort potentiel polémique, le traitant sans caricaturer ni les forces de l’ordre ni les manifestants et le côté technique de l’enquête traitée dans ce livre. J’ai parfois, en revanche, eu l’envie d’aller un peu plus vite dans certains chapitres qui me paraissaient traîner un peu en longueur. En reste un excellent moment de lecture, un polar que je vous conseille vivement et vous le verrez, en le refermant un petit peu de Gabriel résonnera encore en vous.  

J’avais initialement prévu d’illustrer mon retour de lecture avec « Concert à deux violes esgales du Sieur de Sainte Colombe que l’on retrouve dans une scène du roman, mais l’actualité me donne envie de rentre hommage à Eddie Van Halen (je ne pense pas que Jean-Luc m’en voudra) :

Pour commander le roman, allez chez votre libraire indépendant ou suivez le lien :

https://www.lalibrairie.com/livres/et-puis-mourir_0-6861158_9782213717272.html?ctx=a7ac4d3e6e4f9111b601b1efffbc7962

« Détective LaChance – Les cartes musicales » de S.L. PENNYWORTH

404 ÉDITIONS 135 pages 27/08/2020

C’est tout d’abord la très jolie couverture qui m’a donné envie de lire ce roman. Le résumé et la maison d’édition dont il est issu (404 éditions) ont achevé de me convaincre. Ce roman mélange des styles que j’aime beaucoup la fantasy (ici version Steampunk), le polar puisque nous suivons l’enquête de Gustave Laffairnaire dit LaChance et sa jeune partenaire et ce mélange d’histoire réinventée, puisque nous y retrouvons les codes de l’uchronie.

Un, puis plusieurs corps de femmes sont retrouvés accompagnés d’une carte sur laquelle apparait une partition musicale. Le détective LaChance qui ne demande qu’à partir en retraite dans les Vosges avec ses chats et donc une nouvelle fois mis sur l’affaire par sa commissaire (et un peu plus) Adélaïde. Pour mener à bien son enquête, il sera assisté d’une nouvelle partenaire fraîchement sortie d’école. Seulement, vieux solitaire misogyne, Gustave n’aime pas ça.

Autant j’ai été séduit par l’univers créé par l’auteure autant je n’ai pas aimé ce personnage de LaChance qui traite les femmes comme étant réduites à une paire de fesses et de seins. J’espérais que de devoir passer du temps avec une partenaire féminine le fasse évoluer mais non. La fin pouvant laisser envisager une suite, peut-être changera-t-il plus tard.

Le vrai point positif est donc pour moi l’univers, ce Paris début XXème revu à la sauce steampunk, un univers qui ne m’est pas trop familier mais dans lequel j’ai eu plaisir à retrouver des elfes, fées, orcs, trolls, croisement entre eux… Et cet univers nous happe de suite…

Je remercie beaucoup Netgalley et 404 éditions pour cette lecture. Et j’encourage l’auteure à nous rendre plus appréciable ce bourru de LaChance.

Un site WordPress.com.

Retour en haut ↑