» Détox – Tome 1- Le déni » de Jim et Antonin Gallo

Collection GRANDANGLE Éditions Bamboo 80 pages 27/03/2020

Ce jour de rentrée scolaire, est le meilleur moment pour vous présenter ce premier tome de Détox : le déni, dont la suite et fin « l’acceptation » paraîtra le 30 septembre en même temps qu’une édition intégrale de la série signée Jim et Antonin Gallo dans la collection GRANDANGLE des éditions Bamboo.

Dans cette fiction inspirée de faits réels (la genèse de cet album est expliquée à la fin), nous faisons connaissance avec Mattias d’Ogremont, le directeur général d’une entreprise spécialisé en acquisition de sociétés proches de la faillite afin de les redresser, et de les revendre générant au passage de gros profits. Cette vie de dingue, il la mène à cent à l’heure épaulé au passage par sa dévouée assistante et maitresse au passage, Victoria. Mattias et marié, papa de deux enfants. Il se voit comme un bon chef de famille, puisqu’il est en mesure d’offrir à ses épouse et enfants tout ce dont ils rêvent. Enfin, ce dont lui pense nécessaire à les rendre heureux.

Même si nous ne sommes pas tous DG d’entreprise, nombre d’entre nous se retrouverons sur certains aspects de la vie de Mattias, noyés sous les obligations professionnelles dont notre conscience nous force un peu à nous donner corps et âmes souvent au détriment de notre vie familiale et de notre santé. Dans ce monde hyper connecté où nous sommes joignables en permanence, le vainqueur est le burnout.

Pour revenir à Mattias, ce n’est pas le burnout qui le guette, mais l’AVC. Et cet AVC, ce n’est pas lui qui le touche, il frappe Victoria qui s’écroule en pleine réunion. Dès la fin de la cérémonie des obsèques, ni une ni deux, Mattias fonce rejoindre un stage de détox « libère l’esclave qui est en toi » dont lui avait parlé une amie du couple, Apolline. Malgré le drame qui vint de se produire, Mattias mettra toute sa mauvaise foi ainsi que son mauvais caractère à nous décrire de façon très drôle ce stage au milieu de rien, déconnecté de tout moyen de communication, où il sera nourri à base de boisson au romarin, devra utiliser des toilettes sèches et prendre du temps en tête à tête avec lui-même.

J’ai vraiment aimé cet album dessiné à quatre mains aux douces couleurs orangées. La caricature du cadre hyper connecté que représente Mattias et la façon dont est dépeint le stage est à prendre au second degrés et nous permettent de nous pencher à notre tour sur notre vie : est-ce utile de se donner autant à un emploi ? et pourquoi ? avoir une plus grosse télévision, une plus grosse voiture, partir plus loin en vacances ? Mais est-ce cela le bonheur ? Ne ferions-nous pas mieux de profiter des bonheurs à porter de mains ? Nos familles, amis et plaisirs simple comme une ballade en nature, prendre le temps de se poser avec un bon livre…

Alors, commençons par une courte pause, allez dans une librairie, une bibliothèque vous procurer « Détox » et pensez un peu à vous.   

 » Community » de Luna Joice

Hugo Roman 298 pages 03/09/2020

Quelle belle découverte que ce roman que j’ai dévoré avec énormément de plaisir. Il mérite amplement son prix de l’imaginaire de Bernard Werber.

Luna Joice nous offre donc ici un récit qui ne se limite pas à de la science-fiction, c’est aussi un roman initiatique comportant une belle part de philosophie.

Nous sommes donc en 3006, Lyah, la vingtaine, vit avec ses parents dans un monde où la communication se fait entre les âtres humains par la télépathie. Un monde où le travail est partagé, de même que les ressources, un monde de paix où les frontières ont été supprimées mais où majoritairement les humains vivent et travaillent sous terre à cause des dégâts causés nous nous en doutons bien par leurs ancêtres, oui nous.

Lyah donc, fille unique, chaque naissance est programmée, le nombre d’habitants est régulé (3 milliards), arrive en atteignant ses 21 ans à cette événement important qu’est l’Assignation. C’est à cette occasion que chaque nouvel adulte se voit attribuer son métier parmi quatre groupe, les Constructeurs, les Cultivateurs, les Distributeurs et les Chercheurs ainsi que son assigné.e, c’est-à-dire son compagnon pour les années à venir.

Ce monde aux apparences idylliques, est formaté au possible et l’esprit de Lyah, rebelle, rêveuse, curieuse s’y fera-t-il ?

J’ai vraiment pris beaucoup de plaisir à lire ce roman, même si sa résonnance avec les changements que nous vivons m’a angoissé. En effet, dans ce monde imaginé par Luna Joice, les êtres humains ne communiquent plus ni verbalement ni avec le toucher et la crise sanitaire actuelle y ressemble beaucoup, en tout cas pour le toucher. De plus, alors, que grâce à ma télépathie, les gens peuvent communiquer avec énormément plus de personnes, ils sont de plus en plus solitaires. Et enfin ma technologie permettant cela, la sphère, ressemble étrangement à ce que pourrait faire l’intelligence artificielle au développement impressionnant.

Par le biais de Lyah, l’auteure s’adresse directement à nous, à cette part de rébellion que nous possédions tous à l’enfance, cette envie permanente de remise en cause du système, des règles établies, que la sagesse, le confort relatif de l’âge adulte mettent sous cloche. Mais derrière les jolies façades, se cachent souvent de glauques arrières cuisines. Car, derrières les lois, les technologies, se trouvent toujours des êtres aux âmes noircies.

Un grand grand bravo à Luna Joice pour cet ouvrage, aux éditions Hugo pour son édition et à Netgalley.

« Les Furtifs »Alain DAMASIO

Quel exercice difficile de réaliser un retour de lecture sur une œuvre de cet immense auteur contemporain qu’est Alain Damasio car, ce n’est pas uniquement un roman de SF, c’est tout autant une critique politique de notre société, un roman philosophique à la prose poétique, une œuvre musicale puisqu’est ajoutée à ce roman le lien pour la bande son réalisée avec le guitariste Yan Péchin.

Pour ceux qui ne connaissent pas encore le travail de Damasio, sachez que si pour vous la lecture est un moyen de détente, une parenthèse reposante dans votre vie quotidienne, ouvrir l’un de ses livres vous décevra. En effet, le lire est un exercice difficile tant, il joue avec les mots, il passe d’un personnage à l’autre en changeant complétement sa façon d’écrire et, par la richesse de l’univers qu’il nous soumet. Attention également à ceux qui utilisent une liseuse ou tablette, une police spéciale est utilisée pour désigner certains personnages ainsi que dans certains dialogues. Néanmoins, s’embarquer dans l’Univers de Damasio est une expérience que l’on ne regrette pas.

Alain Damasio nous projette dans ce roman dans un futur proche, une vingtaine d’années seulement. Nous sommes toujours en France, mais une France dans laquelle, les riches industriels ont racheté nos Cités, par exemple, Paris est devenue Paris-LVMH un peu comme aujourd’hui sont rebaptisés nos stades, salles de concerts, championnats sportifs… Dans ce futur nous sommes hyper connectés et de ce fait « sous surveillance » permanente, il y a là un véritable écho avec la situation actuelle, les drones achetés par la Police et la fameuse application Stop Covid. Et, puisque le tout puissant capitalisme est partout, l’accès à certains secteurs des villes, des parcs etc sont réservés aux populations les plus aisées. Vous l’aurez compris, la devise de la République « Liberté, Egalité, Fraternité » est un lointain souvenir. Remarquez, en 2020, nous nous en sommes déjà pas mal éloignés…

« Les Furtifs » n’est pas un essai ou un pamphlet contre notre société, le talent de Damasio, lui permet de jeter ce regard critique sur les dérives qui existent mais en les intégrants parfaitement dans un roman thriller-SF. La base de ce récit est la disparition de Thiska, la fille de Lorca et Sahar Varèse. Est-elle disparue, décédée ? Comment a-t-elle pu se volatilisée ? Et si les témoins de ce drame étaient « les furtifs » légende urbaine parlant d’êtres vivants parmi nous dans les angles morts de nos vies sous surveillance ??

Lorca partira à leur recherche, au sein d’une unité spéciale de l’armée au sein de laquelle il fera de nombreuses rencontres et découvertes.

Comme c’était le cas avec « La Horde du Contrevent » écrit il y a quinze ans, et alors que le récit est formidable, la manière d’écrire de Damasio fait que certains passages sont un peu longs à lire et cassent un peu le rythme. D’autres sont difficiles comme le furent pour moi ceux des dialogues de Toni Tout-fou au langage particulier. Néanmoins, arrivé à la fin de ce voyage, en aucun cas on ne peut regretter les efforts faits pour y arriver.    

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