Mila de nulle part par Marie Murski

Editions In8 – 304 pages – 22 Juin 2021

Marie Murski nous entraîne dans un envoutant roman sylvicole, à la rencontre de Mila, jeune femme atypique, abîmée, rejetée, vivant isolée au milieu de la forêt, véritable personnage secondaire de ce récit poétique.

Mila, albinos à la main gauche palmée se retrouve un peu par accident sur cette Terre. Rejetée dès sa naissance par sa mère, elle erre, telle une âme en peine de famille d’accueil en famille d’accueil ou foyer. Incomprise par beaucoup, jeune adulte, elle trouvera une certaine forme de paix en emménageant dans une maison isolée en forêt, choisissant comme compagnons les arbres qui l’entourent. Eux seuls semblent connectés avec elle, ils se comprennent. Seulement, Mila n’est pas seule à vivre en ce lieu reculé et la découverte du cadavre d’un chien mutilé le lui rappellera. Elle se mettra alors en tête de découvrir l’auteur de ce crime, en plus de chercher à lever le mystère de la faute qu’aurait commise sa grand-mère, juive polonaise, déportée au camp d’Auschwitz.

Dans ce récit, avec beaucoup de poésie, l’autrice, nous plonge dans le Mal, celui qui se cache au fond de certaines âmes. Néanmoins, elle nous démontre qu’une autre voie est possible. Très vite, grâce à son talent et à une certaine magie, elle nous lie à Mila, cette jeune femme qui fait preuve d’une incroyable envie de vivre alors que tout semble se liguer contre elle. Mila est la lumière, l’étoile qui brille au milieu de l’obscurité.

Le site de l’éditeur : https://www.editionsin8.com/catalogue/livre/921-mila-de-nulle-part

Le site de l’autrice : https://www.marie-murski.fr/

Le nageur d’Aral par Louis Grall

La manufacture de livres – 144 pages – 03 juin 2021

Ce premier roman d’un auteur plus habitué à nous livrer des contes ou des poésies, transforme à merveille l’essai. Même s’il est plutôt court, ce récit nous transporte très vite alors même que la beauté de la prose, nous invite elle, à prendre notre temps. À l’image d’Anton Nazarbaïev, ce nageur de combat russe, qui en pleine guerre froide, déserte lors d’une mission de combat au large de la Bretagne pour trouver refuge dans le monastère de Landévennec, nous avons l’impression en entrant dans ce roman de franchir la porte d’un lieu sacré, de recueillement.

Le soldat d’élite ne pouvait espérer trouver meilleur refuge que ce lieu géré selon la règle de Saint-Benoît afin d’aspirer à une retraite spirituelle qu’il espérait tant et même si ce refuge s’apparente à une prison dorée.

Louis Grall, avec sa poésie, nous livre de magnifiques descriptions de ce lieu où se mêlent puissance de l’océan, calme spirituel et nature sauvage au milieu desquels, l’humain a toute sa place. Car, il s’agit bien d’humanité, de relations humaines, de transmission entre Anton et les frères, comme entre le narrateur et Luc et surtout entre le narrateur à travers qui le nageur russe deviendra éternel.

Un grand merci à La manufacture de livres pour cette très belle lecture et bravo à Louis Grall qui en plus nous fait découvrir des poèmes de Gilles Baudry moine à Saint-Guénolé.

Louis Grall interviewé par France 3 Bretagne

Le site de La manufacture de livre : https://www.lamanufacturedelivres.com/livres/fiche/202/grall-louis-le-nageur-d-aral

L’abbaye de Landévennec : https://www.abbaye-landevennec.fr/

« Les Furtifs »Alain DAMASIO

Quel exercice difficile de réaliser un retour de lecture sur une œuvre de cet immense auteur contemporain qu’est Alain Damasio car, ce n’est pas uniquement un roman de SF, c’est tout autant une critique politique de notre société, un roman philosophique à la prose poétique, une œuvre musicale puisqu’est ajoutée à ce roman le lien pour la bande son réalisée avec le guitariste Yan Péchin.

Pour ceux qui ne connaissent pas encore le travail de Damasio, sachez que si pour vous la lecture est un moyen de détente, une parenthèse reposante dans votre vie quotidienne, ouvrir l’un de ses livres vous décevra. En effet, le lire est un exercice difficile tant, il joue avec les mots, il passe d’un personnage à l’autre en changeant complétement sa façon d’écrire et, par la richesse de l’univers qu’il nous soumet. Attention également à ceux qui utilisent une liseuse ou tablette, une police spéciale est utilisée pour désigner certains personnages ainsi que dans certains dialogues. Néanmoins, s’embarquer dans l’Univers de Damasio est une expérience que l’on ne regrette pas.

Alain Damasio nous projette dans ce roman dans un futur proche, une vingtaine d’années seulement. Nous sommes toujours en France, mais une France dans laquelle, les riches industriels ont racheté nos Cités, par exemple, Paris est devenue Paris-LVMH un peu comme aujourd’hui sont rebaptisés nos stades, salles de concerts, championnats sportifs… Dans ce futur nous sommes hyper connectés et de ce fait « sous surveillance » permanente, il y a là un véritable écho avec la situation actuelle, les drones achetés par la Police et la fameuse application Stop Covid. Et, puisque le tout puissant capitalisme est partout, l’accès à certains secteurs des villes, des parcs etc sont réservés aux populations les plus aisées. Vous l’aurez compris, la devise de la République « Liberté, Egalité, Fraternité » est un lointain souvenir. Remarquez, en 2020, nous nous en sommes déjà pas mal éloignés…

« Les Furtifs » n’est pas un essai ou un pamphlet contre notre société, le talent de Damasio, lui permet de jeter ce regard critique sur les dérives qui existent mais en les intégrants parfaitement dans un roman thriller-SF. La base de ce récit est la disparition de Thiska, la fille de Lorca et Sahar Varèse. Est-elle disparue, décédée ? Comment a-t-elle pu se volatilisée ? Et si les témoins de ce drame étaient « les furtifs » légende urbaine parlant d’êtres vivants parmi nous dans les angles morts de nos vies sous surveillance ??

Lorca partira à leur recherche, au sein d’une unité spéciale de l’armée au sein de laquelle il fera de nombreuses rencontres et découvertes.

Comme c’était le cas avec « La Horde du Contrevent » écrit il y a quinze ans, et alors que le récit est formidable, la manière d’écrire de Damasio fait que certains passages sont un peu longs à lire et cassent un peu le rythme. D’autres sont difficiles comme le furent pour moi ceux des dialogues de Toni Tout-fou au langage particulier. Néanmoins, arrivé à la fin de ce voyage, en aucun cas on ne peut regretter les efforts faits pour y arriver.    

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