Et puis mourir par Jean-Luc Bizien

Fayard Noir 342 pages 30/09/2020

Paris, hiver 2018, les samedis les rues se colorent de jaune, une ambiance de guérilla urbaine entre les forces de l’ordre, certains manifestants et surtout ces groupes de casseurs tels les Black Blocs. Au milieu de ce désordre violent, se trouve des hommes et femmes venus crier leur désespoir, leurs souffrances à un gouvernement qui ne les écoute plus.

Parmi eux un homme, qui mène une croisade contre des privilégiés, qui de leurs grands appartements se trouvent au-dessus de tout ça. Quelle cause défend-il ? Mérite-t-telle que des vies soient enlevées ?

Au Bastion, le Commandant Jean-Yves Le Guen et son adjoint, le Capitaine Patriziu Agostini ainsi que leur équipe sont chargés de l’affaire dont les retentissements médiatiques pourraient être terribles et surtout utilisés par certains pour discréditer encore plus la révolte sociale en cours. Entre la recherche de la vérité, la recherche de justice de l’un, la stricte application de la loi pour l’autre, cette enquête sera un véritable combat pour leurs consciences.

Jean-Luc Bizien nous offre avec « Et puis mourir… » un véritable polar à la mécanique très bien huilée. Il arrive à rendre attrayant un récit pourtant basé sur un modèle souvent utilisé : une série de meurtres, une équipe composée de deux fortes personnalités qui plus est un breton et un corse faisant partis du fameux 36, un cadre parisien… les ingrédients de nombreux romans de ce type.

Dans ce roman, j’ai vraiment aimé les personnages y compris Gabriel qui sème en nous en permanence le doute, la finesse de l’auteur qui ne l’oublions pas, prend comme décor le mouvement des « gilets jaunes », sujet à fort potentiel polémique, le traitant sans caricaturer ni les forces de l’ordre ni les manifestants et le côté technique de l’enquête traitée dans ce livre. J’ai parfois, en revanche, eu l’envie d’aller un peu plus vite dans certains chapitres qui me paraissaient traîner un peu en longueur. En reste un excellent moment de lecture, un polar que je vous conseille vivement et vous le verrez, en le refermant un petit peu de Gabriel résonnera encore en vous.  

J’avais initialement prévu d’illustrer mon retour de lecture avec « Concert à deux violes esgales du Sieur de Sainte Colombe que l’on retrouve dans une scène du roman, mais l’actualité me donne envie de rentre hommage à Eddie Van Halen (je ne pense pas que Jean-Luc m’en voudra) :

Pour commander le roman, allez chez votre libraire indépendant ou suivez le lien :

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 » L’Homme Bouc  » par Corbeyran et Morinière

Robinson 192 pages 16/09/2020

Un polar dessiné aux notes fantastiques, l’Homme Bouc scénarisé par Corbeyran et illustré par Aurélien Morinière est une véritable plongée dans un monde cauchemardesque, un monde dans lequel nous vivons où des êtres humains, en tuent d’autres par plaisir ou besoin.

Dans cette forêt limousine automnale, humide, sombre que nous découvrons dans le prologue, Adèle promène son chien Lucky. Ni l’un ni l’autre ne rentrera…

Le chien sera bientôt retrouvé, sans tête, ouvert sur tout l’abdomen et cloué à une porte en bois. C’est alors que Gaëlle Demeter et son collègue gendarme feront appel à Blanche, une chamane, capable de voir au-delà de ce que nos yeux non-initiés ne voient. Dans ce monde rural où se mêlent traditions et superstitions, elle ne sera de trop pour enquêter sur cette disparition, bientôt suivi d’une réapparition.

Plus que le scénario, bien construit et angoissant (seul bémol, nous devinons vite qui est l’inconnue retrouvée), j’ai été fasciné par les illustrations en noir et blanc d’Aurélien Morinière. Je me suis étonné à rester de longues minutes à étudier certains dessins dont les détails sont hyper travaillés.

Fans de polar, de noir, l’Homme bouc est fait pour vous.

Merci Thomas Raymond de m’avoir conseillé ce superbe ouvrage.

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« Landru, l’élégance assassine » de Bruno FULIGNI

Éditions du Rocher 216 pages 09/09/2020

Cette biographie de Landru écrite par un historien spécialisé dans l’histoire de la police possède tous les ingrédients pour plaire à l’amateur de littérature noire que je suis et nous rappelle que même si nos auteurs favoris de thrillers et polars ont une imagination parfois débordante pour inventer des crimes abominables, ils sont parfois égalés voir, dépassés par des personnages réels et machiavéliques.

Bruno Fuligni, use donc ici de talent de conteur pour nous dépeindre l’histoire du surnommé « barbe-bleue de Gambais », s’inspirant des mémoires de feu le commissaire Jules Belin chargé à l’époque de l’enquête. Cette manière de nous raconter cette histoire, rend ce texte très accessible, simple et agréable à lire. Il nous plonge dans cette époque entourant la Grande Guerre, où Henri Désiré Landru passe du statut d’escroc à celui de tueur en série accusé du meurtre de onze femmes, pour lesquels il sera condamné à être guillotiné. Des premières disparitions, jusqu’à l’échafaud, nous suivrons donc avec attention, l’enquête, les interrogatoires, le procès en étant baignés dans l’atmosphère précédent les années folles.

La police scientifique n’existant pas encore, seules les capacités d’analyses, de déductions et de persuasions des enquêteurs peuvent convaincre à la fois le jury et l’opinion populaire (par le biais de la presse écrite raffolant de ces histoires) de la culpabilité de l’accusé. Plus d’ailleurs que la simple biographie de Monsieur Mystère, Bruno Fuligni, nous en apprend beaucoup sur l’histoire des prémices de notre police judiciaire.

Un grand merci aux éditions du rocher et NetGalley pour cette instructive lecture et félicitations à Bruno Fuligni grâce à que cette biographie est plaisante à lire.

 » L’ABBAYE BLANCHE » de Laurent Malot

Bragelonne 336 pages 14/09/2016

Un village de l’Ain dans lequel se passe habituellement peu de choses, voit apparaitre à la suite plusieurs cadavres… Le Lieutenant Mathieu Gange, récemment muté dans la région se voit donc confier une enquête qui le mènera au cœur d’un possible énorme scandale politique et sur les traces d’une abbaye abandonnée. Sa femme ayant volontairement disparue depuis peu, réussira-t-il à mener de front ces deux enquêtes ??

Laurent Malot nous offre un polar très bien construit même si parfois nous arrivons à deviner ce qui attend Gange. L’intrigue est vraiment captivante et les personnages sont vraiment intéressants à suivre. Je pense que Laurent Malot est un futur grand du polar.

« Le royaume de Naguerre – L’Élixir du bourreau » d’Isabelle Fabula

Editions Fleurus 196 pages 05/06/2020

Des meurtres, un royaume, des chevaliers, un capitaine de la garde, un chef de la police… L’ensemble des ingrédients d’un bon thriller historique… Sauf que celui-ci est accessible aux plus jeunes d’entre nous… En effet, il a été écrit pour de jeunes lecteurs dès 10 ans mais à presque 40, j’ai plutôt trouvé cette lecture agréable et bien construite. Une petite récréation de temps à autre nous fait du bien.

Richard 12 ans, suite au décès de son père devient comte et sa mère Clotilde sœur du roi Frédéric décide donc accompagnée de son fils de le rejoindre au château de Crénelais où nous feront connaissance avec les cousins du comte Alaric, Eudéric, Benjamine et Gaudric.

Peu après leur arrivée une servante est retrouvée morte apparemment empoisonnée. Le roi charge donc le capitaine de sa garde personnelle et ami Enguerrand de mener cette enquête. Ce sera sans compter sur le concours de Gaudric et son fidèle ami Sylvain.

Un roman très bien écrit et facile à lire pour petits et grands lecteurs. Et surtout je l’espère un récit qui donnera le goût de la lecture à de nombreux jeunes trop souvent le nez devant un écran.

« Ne lisez jamais la dernière page! » de Denis ALBOT

Même pas peur édition 204 pages 15/03/2020

Quand un auteur qui est également éditeur (profitez-en pour découvrir « Même pas peur ») écrit un nouveau roman, c’est un libraire qu’il choisit comme personnage principal. Un jeune homme que l’on imagine bien à la tête d’une maison de la presse et ce, malgré sa timidité maladive ciblée principalement vers les femmes car David souffre de caligynéphobie.

De son comptoir, il voit chaque jour passer pour aller récupérer sa voiture, une jolie jeune femme qu’il n’ose aborder que dans ses rêves. Quand elle cesse se rituel quotidien et que sa voiture ne bouge plus de place, il se décide à enquêter et à en apprendre plus sur elle. Cette quête que nous suivrons attentivement nous fera vivre de nombreuses aventures à la rencontre de plusieurs personnages et nous fera même traverser l’Atlantique.

Ce roman au titre amusant, je vous laisse découvrir pourquoi, se lit très facilement tant le style de l’auteur est sans prise de tête. De plus Denis Albot possède le don de saupoudrer son récit de ce qu’il faut d’énigme, de tension, d’humour et même d’amour afin de nous donner sans cesse l’envie de lire la page suivante et d’atteindre enfin cette dernière page. Tout au long de la lecture, on ressent le plaisir qu’il a eu à écrire ce roman, et le respect et l’amitié qu’il a pour les lecteurs avec lesquels il aime s’amuser. Ce livre sera un formidable compagnon au bord de la piscine où sur la plage, foncez donc chez votre libraire préféré.e que vous ne regarderez plus de la même manière une fois ce livre lu.

Ou acheter le directement sur la boutique en ligne :

https://www.meme-pas-peur-edition.com/product-page/ne-lisez-jamais-la-derni%C3%A8re-page

« Sans Queue Ni Tête » Nick GARDEL

Un livre sauvé de justesse du naufrage d’une maison d’édition que je ne citerai pas. Et c’est par l’autoédition qu’il a pu voir le jour. Et heureusement. Car c’est un vrai plaisir de lecture. Attention, un livre qu ne plaira pas à tout le monde. Il ne faut pas être trop sensible et aimer l’humour noir. Mais si comme moi vous êtes adeptes des jeux comme « Blanc Manger Coco », vous serez conquis.

En effet, ce qui fait la différence dans ce thriller, c’est l’humour et la façon de jouer avec les mots de l’auteur, les dialogues que l’on prend plaisir à lire en plus d’une double enquête bien menée.

Vous comprendrez vite que le titre du livre lui sied comme un gant tant le cadavre découvert révèlera bien des surprises… Et de là, pour les deux officiers de polices, les deux Jean, qui vous le verrez, sont des gens bons à ne pas prendre pour des jambons, se lanceront dans une enquête à surprises.

Derrière l’humour, Nick Gardel s’attaque à des sujets difficiles et sensibles, la quête d’identité, la place de la différence dans la société, dans la police…

C’est le premier Nick Gardel que je lis, et Sans Queue Ni Tête me donne envie de découvrir l’univers de cet auteur.

Autoédité, commandez-le auprès de lui via les réseaux sociaux ou sur son site :       http://nickgardel.e-monsite.com/boutique/romans/sans-queue-ni-tete.html

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« Double JE » Odile VILLOIS

Un roman policier très sympa à lire où l’horreur des crimes en série et leur mise en scène sont adoucis par la douceur du texte d’Odile et les doses d’humour comme tous ces noms de villes et surtout les noms des personnages… J’adore par exemple Mme HORTOGRAF, la prof de français ou le Dr HANTRAILLES, le médecin légiste. Mais ne se laissons pas méprendre par cette légèreté apparente, derrière se cache une enquête très bien menée avec son lot de surprises, un sérieux de l’auteure dans les détails comme les comptes rendus d’autopsie, l’arme du crime, …

Odile a su également dans ce roman nous tenir en haleine dans la recherche du tueur et dans ce jeu du chat et de la souris avec l’équipe d’enquêteur…

Si vous cherchez un roman policier agréable à lire, sans prise de tête et bien construit, foncez vers elle pour vous offrir Double « JE ». En plus pour avoir eu la chance de la rencontrer autour d’un repas il y a quelques mois, je peux vous dire que c’est une auteure vraiment sympa avec une grande bonté d’âme, et dans son texte, cela se ressent.

Pour vous offrir ce roman policier, suivez ce lien : https://www.edilivre.com/double-je-odile-villois.html/ ou contacter directement Odile sur les réseaux sociaux.

« Flics »Eric Dupuis

C’est la deuxième fois en très peu de temps qu’à l’occasion d’une réédition dans une version remaniée je découvre la première aventure de personnages rencontrés dans des récits plus récents. Ici, je fais donc connaissance avec le Major Stanek Zibanski que j’ai découvert reconverti en détective privé dans « Des larmes d’or et de sang ».

« Flics » est la réédition du premier volume de la série « Les uniformes bleus ».

Comme le nouveau comme l’ancien titre le laisse assez facilement deviner, il s’agit d’un polar. Et écrit par un flic, le récit, même si l’intrigue peut nous surprendre, car il s’agit quand même de la disparition d’un équipage BAC au complet, soit 3 personnes, en pleine patrouille, est hyper réaliste et, nous sommes plongés au cœur de cette enquête aux multiples rebondissements.

Ce qui différencie ce roman des nombreux polars que je lis, est que l’enquête est confiée à un Major, un flic de terrain et non comme souvent à un Capitaine, Commandant ou Commissaire.

Et quel flic que ce Stanek, un mec bien, professionnel, intègre, humain avec ses qualités et défauts mais surtout ses problèmes. Car oui, un flic est avant tout un homme ou une femme comme les autres et donc traîne aussi des soucis familiaux, financiers… Et le Major Zibanski, les soucis, il les collectionne, jusqu’à parfois être sur le fil, au bord de la rupture à jongler avec ses principes.

En plus de son expérience, véritable source d’inspiration pour ses histoires, Eric Dupuis à un vrai talent de romancier. Ses récits sont agréables à lire et il prend un malin plaisir à nous distraire avec des intrigues parallèles, puis qui se croisent, qui se résolvent puis reviennent sur le tapis et au travers desquelles nous nous rendons compte que le Bien et le Mal sont deux notions que l’on ne peut aisément résumer « gentils / méchants » et « flics / voyous ». A plusieurs reprises, je me suis dit : « et à sa place qu’aurais-je fait ? » car il est facile de basculer du mauvais côté de la loi.

Ce polar rend également un bel hommage à ces hommes et femmes portant l’uniforme, exerçants ce métier les mettant au contact permanent de ce qu’il y a de plus moche dans la société et les faisant basculer parfois dans de graves dépressions allant trop souvent jusqu’au suicide.

« Congés Mortels » Didier FOSSEY

J’ai adoré cette « enquête oubliée du Commandant Le Guenn ». Livre dont j’ai démarré la lecture en pleine nuit pour la finir dans l’après-midi. Didier Fossey sait vous faire oublier le temps qui passe. D’ailleurs, le temps il joue avec puisqu’il vous fait faire des aller-retours entre 2006 et les années 1936-1945, un peu comme dans certains polars historiques quand une histoire passée résonne dans une intrigue présente.

Ce polar reprend tous les codes du genre, mais sa mécanique tellement maîtrisée, la plume de l’auteur ainsi que l’histoire et les personnages font que ce roman se distingue de beaucoup d’autres.

Nous ferons connaissance tout d’abord avec Paul Perrin, « le Bredin », un immonde personnage qui échappera à la justice grâce à la seconde guerre mondiale. Puis, l’intrigue présente démarrera avec la découverte dans la Nièvre, de deux corps décapités dont celui de Mathieu Joris, fils d’un magnat de la presse.  L’adjudant-chef Dumortier sera chargé de l’affaire, bientôt rejoint par le parisien Commandant Le Guenn. C’est alors que ce si tranquille département se transforme en usine à cadavres…

C’était pour moi la première aventure avec Boris Le Guenn, ce flic parisien humain et simple. Une belle découverte qui me donne envie de lire les premiers romans de Didier Fossey.

Mention spécial au très attachant Fernand, l’ancien du village, pour qui, à l’instar de Boris, nous serons vite pris d’affection.

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