« Sans Queue Ni Tête » Nick GARDEL

Un livre sauvé de justesse du naufrage d’une maison d’édition que je ne citerai pas. Et c’est par l’autoédition qu’il a pu voir le jour. Et heureusement. Car c’est un vrai plaisir de lecture. Attention, un livre qu ne plaira pas à tout le monde. Il ne faut pas être trop sensible et aimer l’humour noir. Mais si comme moi vous êtes adeptes des jeux comme « Blanc Manger Coco », vous serez conquis.

En effet, ce qui fait la différence dans ce thriller, c’est l’humour et la façon de jouer avec les mots de l’auteur, les dialogues que l’on prend plaisir à lire en plus d’une double enquête bien menée.

Vous comprendrez vite que le titre du livre lui sied comme un gant tant le cadavre découvert révèlera bien des surprises… Et de là, pour les deux officiers de polices, les deux Jean, qui vous le verrez, sont des gens bons à ne pas prendre pour des jambons, se lanceront dans une enquête à surprises.

Derrière l’humour, Nick Gardel s’attaque à des sujets difficiles et sensibles, la quête d’identité, la place de la différence dans la société, dans la police…

C’est le premier Nick Gardel que je lis, et Sans Queue Ni Tête me donne envie de découvrir l’univers de cet auteur.

Autoédité, commandez-le auprès de lui via les réseaux sociaux ou sur son site :       http://nickgardel.e-monsite.com/boutique/romans/sans-queue-ni-tete.html

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« Double JE » Odile VILLOIS

Un roman policier très sympa à lire où l’horreur des crimes en série et leur mise en scène sont adoucis par la douceur du texte d’Odile et les doses d’humour comme tous ces noms de villes et surtout les noms des personnages… J’adore par exemple Mme HORTOGRAF, la prof de français ou le Dr HANTRAILLES, le médecin légiste. Mais ne se laissons pas méprendre par cette légèreté apparente, derrière se cache une enquête très bien menée avec son lot de surprises, un sérieux de l’auteure dans les détails comme les comptes rendus d’autopsie, l’arme du crime, …

Odile a su également dans ce roman nous tenir en haleine dans la recherche du tueur et dans ce jeu du chat et de la souris avec l’équipe d’enquêteur…

Si vous cherchez un roman policier agréable à lire, sans prise de tête et bien construit, foncez vers elle pour vous offrir Double « JE ». En plus pour avoir eu la chance de la rencontrer autour d’un repas il y a quelques mois, je peux vous dire que c’est une auteure vraiment sympa avec une grande bonté d’âme, et dans son texte, cela se ressent.

Pour vous offrir ce roman policier, suivez ce lien : https://www.edilivre.com/double-je-odile-villois.html/ ou contacter directement Odile sur les réseaux sociaux.

« Flics »Eric Dupuis

C’est la deuxième fois en très peu de temps qu’à l’occasion d’une réédition dans une version remaniée je découvre la première aventure de personnages rencontrés dans des récits plus récents. Ici, je fais donc connaissance avec le Major Stanek Zibanski que j’ai découvert reconverti en détective privé dans « Des larmes d’or et de sang ».

« Flics » est la réédition du premier volume de la série « Les uniformes bleus ».

Comme le nouveau comme l’ancien titre le laisse assez facilement deviner, il s’agit d’un polar. Et écrit par un flic, le récit, même si l’intrigue peut nous surprendre, car il s’agit quand même de la disparition d’un équipage BAC au complet, soit 3 personnes, en pleine patrouille, est hyper réaliste et, nous sommes plongés au cœur de cette enquête aux multiples rebondissements.

Ce qui différencie ce roman des nombreux polars que je lis, est que l’enquête est confiée à un Major, un flic de terrain et non comme souvent à un Capitaine, Commandant ou Commissaire.

Et quel flic que ce Stanek, un mec bien, professionnel, intègre, humain avec ses qualités et défauts mais surtout ses problèmes. Car oui, un flic est avant tout un homme ou une femme comme les autres et donc traîne aussi des soucis familiaux, financiers… Et le Major Zibanski, les soucis, il les collectionne, jusqu’à parfois être sur le fil, au bord de la rupture à jongler avec ses principes.

En plus de son expérience, véritable source d’inspiration pour ses histoires, Eric Dupuis à un vrai talent de romancier. Ses récits sont agréables à lire et il prend un malin plaisir à nous distraire avec des intrigues parallèles, puis qui se croisent, qui se résolvent puis reviennent sur le tapis et au travers desquelles nous nous rendons compte que le Bien et le Mal sont deux notions que l’on ne peut aisément résumer « gentils / méchants » et « flics / voyous ». A plusieurs reprises, je me suis dit : « et à sa place qu’aurais-je fait ? » car il est facile de basculer du mauvais côté de la loi.

Ce polar rend également un bel hommage à ces hommes et femmes portant l’uniforme, exerçants ce métier les mettant au contact permanent de ce qu’il y a de plus moche dans la société et les faisant basculer parfois dans de graves dépressions allant trop souvent jusqu’au suicide.

« Congés Mortels » Didier FOSSEY

J’ai adoré cette « enquête oubliée du Commandant Le Guenn ». Livre dont j’ai démarré la lecture en pleine nuit pour la finir dans l’après-midi. Didier Fossey sait vous faire oublier le temps qui passe. D’ailleurs, le temps il joue avec puisqu’il vous fait faire des aller-retours entre 2006 et les années 1936-1945, un peu comme dans certains polars historiques quand une histoire passée résonne dans une intrigue présente.

Ce polar reprend tous les codes du genre, mais sa mécanique tellement maîtrisée, la plume de l’auteur ainsi que l’histoire et les personnages font que ce roman se distingue de beaucoup d’autres.

Nous ferons connaissance tout d’abord avec Paul Perrin, « le Bredin », un immonde personnage qui échappera à la justice grâce à la seconde guerre mondiale. Puis, l’intrigue présente démarrera avec la découverte dans la Nièvre, de deux corps décapités dont celui de Mathieu Joris, fils d’un magnat de la presse.  L’adjudant-chef Dumortier sera chargé de l’affaire, bientôt rejoint par le parisien Commandant Le Guenn. C’est alors que ce si tranquille département se transforme en usine à cadavres…

C’était pour moi la première aventure avec Boris Le Guenn, ce flic parisien humain et simple. Une belle découverte qui me donne envie de lire les premiers romans de Didier Fossey.

Mention spécial au très attachant Fernand, l’ancien du village, pour qui, à l’instar de Boris, nous serons vite pris d’affection.

« La Piste Aux Étoiles » de Nicolas Lebel

Ce roman de Nicolas Lebel fait partie de la collection l’Embaumeur, dans laquelle différents auteurs nous narrent les aventures de Luc Mandoline, ancien militaire reconverti en tant que thanatopracteur, formidable métier, car il permet aux proches d’un défunt de commencer leur deuil.

Dans le cas de Mandoline, ses activités l’emmènent surtout à vivre des évènements souvent étranges, toujours mouvementées et ce pour notre plus grand plaisir.

Cette fois et, afin de sortir d’une mauvaise passe son ami le capitaine Franck Sauvage, il va s’envoler pour la Turquie afin de participer à la création d’un cirque. Quel rapport, me direz-vous, entre la thanatopraxie et l’univers du cirque ? Aucun à première vue. Sauf si vous connaissez la plastination ou imprégnation polymérique, une technique qui permet de conserver les corps en leur donnant les positions que l’on veut en remplacer les humeurs par du silicone. Car oui, un artiste a ce projet en tête…

J’aime beaucoup cette collection dont la paternité revient à Sébastien Mousse (Stanislas Petrosky), dont chaque roman est pour moi une petite récréation littéraire. Une récréation, je pense partagée avec les auteurs qui se prêtent au jeu en faisant une petite infidélité à leurs personnages habituels. Mais attention, qui dit récréation n’est pas forcément synonyme de manque de sérieux. C’est une nouvelle fois le cas avec ce roman. Nicolas nous en apprend beaucoup sur cette technique de conservation des corps et j’y est aussi retrouvé son humanité dans la « traite » humaine concernant par exemple les réfugiés.

« Des larmes d’or et de sang » d’Eric Dupuis

Premier roman que je lis d’Éric Dupuis malgré tout le bien que j’entends de son travail. Mais c’est chose faite. J’aurais donc commencé avec son septième polar qui marque un changement radical dans sa vie d’auteur et personnelle puisqu’il change de région dans ce roman et devrait ou a déménagé il y a peu pour le sud. Il publie également chez Cairn Editions maison également du sud.

Éric et un ancien flic car nouvellement retraité et, comme chez d’autres auteurs ayant portés l’uniforme, cette double casquette « policier-romancier » apporte beaucoup de crédibilité à leurs récits. Ce qui m’a également beaucoup marqué, c’est une impression (à vérifier lors d’une prochaine rencontre) que l’auteur met beaucoup de lui-même dans son histoire.

Chez Cairn, la collection se nomme « Du Noir au Sud », et j’ai rarement autant trouvé que le nom d’une collection colle aussi bien à un roman en faisant parti car en plus de trouver ces âmes noires avec pour seule motivation l’argent dans cette belle région des Pyrénées-Orientales, le roman fait le grand écart entre le Nord et le Sud de la France. Du Noir au Sud, du Nord au Sud.

Des larmes d’or et de sang (couleurs représentants plutôt bien ces régions : les P-O et le bassin minier), fait se rencontrer la Gendarmerie et la Police Nationale, 3 ou 4 (?) enquêteurs, en effet l’un d’eux n’est pas seul dans sa tête dont les enquêtes respectives dévoileront des liens entre-elles.

La mécanique du roman est très bien maîtrisée par l’auteur alors que les intrigues et rebondissements sont très nombreux. Ce livre nous permet également de découvrir cette jolie région (où j’ai eu la chance de passer un séjour en juillet 2018) et d’en apprendre un peu plus sur les traditions et la gastronomie locale.

Pour résumer, un polar très bien écrit, agréable à lire nous donnant sans cesse envie d’avaler le chapitre suivant et mêlant noirceur des malfrats avec le comique de cette équipe d’enquêteurs hors normes.

« Sa Majesté Des Ombres »,  » Les Anges De Babylone » Ghislain Gilberti

Ayant avalé les deux premiers tomes de « la trilogie des ombres » en quelques jours malgré le nombres de pages qu’ils représentent, je les groupe dans ce retour de lecture. Depuis longtemps je voulais découvrir l’univers de Ghislain, encore plus depuis que j’ai échangé un moment avec lui à l’occasion du salon du livre de Nemours et mon seul regret aujourd’hui c’est de ne pas avoir commencé plus tôt.

Cette trilogie (le troisième opus devrait être édité en septembre 2020) peut se lire indépendamment du reste de ses précédents romans même si quelques références y sont faites et surtout dans lesquels est déjà apparue Cécile Sanchez, commissaire de police aux multiples compétences et possédant un don de mentaliste.

La très grande partie de cette oserais-je dire de ces intrigues se déroule dans l’est de la France mais nous fera faire des bonds dans le temps démarrant en 2003 pour s’achever provisoirement en 2011.

Tout commence par un réseau de distribution de drogue principalement dans le milieu de la Techno, qui est très lucratif pour un « Caïd » local logé dans la Villa Vénézia où sera prochainement organisée une grosse descente de police… Nous vivons « en direct » l’ensemble de l’enquête et des préparatifs de cette descente grâce au rythme imposé par l’auteur qui m’a fait penser à la série 24h Chrono.

Sauf que Ghislain ne vous embarque pas dans un simple polar, il crée un univers noir, psychologique, cruel, certaines scènes sont d’une extrême cruauté. Attention, à aucun moment de sa part il n’y a de violence gratuite…Toutes les scènes sont justifiées…

Plus nous avançons dans cette histoire de dingue qui nous fait retenir parfois notre souffle, parfois au contraire nous laisse souffler, plus nous nous demandons où l’on met les pieds… Il y a toute une organisation derrière se nommant « Borderline » … Au fur et à mesure, nous faisons la connaissance de ses membres, ses codes nous sont dévoilés avant d’entr’apercevoir son projet « Les Anges de Babylone »

C’est un roman à couper le souffle qui joue avec nos nerfs, nos émotions… Un seul conseil, ne vous attachez pas aux personnages car comme dans Game of Thrones leur vie peut à tout instant leur être arrachée…

« Fantazmë » Niko Tackian

Voilà un vrai, un pur polar hyper bien construit. L’intrigue, le style, le rythme, les personnages… C’est mon premier de Niko Tackian et je fais donc juste connaissance avec le commandant Tomar Khan… Un flic torturé, un de plus vous me direz… mais celui-ci a quand même tué son père…

L’enquête commence avec une victime, un sdf, une enquête qui devrait être vite abandonnée… Mais l’ADN parlera et rattachera se crime à un autre. Il s’agirait d’un tueur insaisissable, un spectre « Fantazmë » en Albanais…

Niko Tackian est en autre un scénariste pour la télévision, cela se ressent dans son écriture très cinématographique. Son roman se lit très vite et est très visuel. Assez court, il se lit en à peine quelques heures pendant lesquelles on plonge très vite dans son histoire.

« Ravages » de Lison Carpentier

Auto-édition 279 pages 13/02/2020

Je remercie Lison Carpentier pour m’avoir proposé de lire et chroniquer son roman « Ravages » dont le titre m’a interpellé me faisant de suite penser à Barjavel un auteur que j’adore. Pour le coup, le genre n’est pas le même puisque Lison Carpentier nous propose un thriller.

Ce roman a été particulier à lire pour moi car une scène au tout début m’a laissé perplexe et j’ai gardé ce goût amer en moi pendant toute ma lecture, ce qui fait que je n’ai-je pense pas apprécier ce récit à sa juste valeur.

En effet, dans ce roman, nous allons vivre à ses côtés, les ravages qui viennent pulvériser la vie de Clémence, une jeune femme divorcée, reporter photographique pour un magazine touristique, dont la passion est les photos de sites abandonnés comme cette prison rennaise où démarre l’intrigue de ce roman. Elle est aussi accessoirement, maman d’un ado Quentin. C’est justement dans cette prison que se déroule cette scène qui m’a vraiment dérangée tant pour moi, elle n’est pas envisageable. Sans spoiler puisque nous en sommes au tout début de l’histoire, je ne comprends pas comment une mère de famille pour échapper à d’éventuelles ennuis judiciaires ou causés par son tordu d’ex-mari commissaire au bastion, peut se résoudre à achever un enfant de 12 ans. D’autant que l’auteure aurait pu, je pense, nous l’épargner. C’est certainement un parti pris de sa part, une prise de risque assumée et il en faut, néanmoins chez moi, ça n’a pas matché.

Cela mis de côté, Lison Carpentier nous offre là un récit bien construit au suspens maîtrisé et nous tenant en haleine, des personnages qui même s’ils sont assez peu nombreux, nous amènent à beaucoup se questionner sur l’intrigue en étant sans cesse dans la recherche du rebondissement suivant. Elle nous fait également voyager entre Paris, la Bretagne et le Hainaut où se retrouvent les différentes victimes.

« Ravages » est un bon thriller à suspens qui me fera encore longtemps réfléchir à cette maman capable de tuer un jeune garçon… Sans oublier que dans la vraie vie certaines mamans sont capables d’ôter la vie à leurs propres enfants…

« Au soleil redouté » de Michel Bussi

Presse de la Cité 432 pages 06/02/2020

Dans ce roman de Michel Bussi, j’ai tout d’abord été séduit par ce qui pour moi est à la fois inconnue et qui pourrait être le personnage principal de ce roman : la culture marquisienne.

Quel voyage, quel dépaysement !! Et quel cadre magnifique pour cette histoire aux allures de « Dix petits nègres ».

Michel Bussi nous invite, dans ce polar, à suivre des lectrices, fans d’un célèbre auteur PYF, ayant gagnées leur participation à un atelier d’écriture se déroulant pour une semaine aux îles Marquises.

Nous ferons donc connaissance d’une petite galerie de personnages principalement féminins, même s’il y a quelques hommes. Se met alors en place un huit clos qui nous est principalement narré par « Clem » et sa « bouteille à la mer ».

Ce récit se lit très vite tant la plume de Michel Bussi est agréable à lire et ce malgré un vocabulaire et des noms marquisiens qui au début nous paraissent tellement étrangers. Pour ne rien gâcher, l’auteur nous abreuve également d’extraits de chanson de Brel, qui donne une teinte musicale à cette histoire qui nous ballade dans ce petit coin de paradis –enfin et vous le découvrirez rapidement, pour les invités, ce ne sera pas le cas…

Alors un seul conseil si vous voulez découvrir la culture Marquisienne et découvrir un polar aux nombreux mystères, empressez-vous de dévorer « Au soleil redouté ».

  Merci à NetgalleyFrance et aux Presses de la Cité pour cette lecture.

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