« Landru, l’élégance assassine » de Bruno FULIGNI

Éditions du Rocher 216 pages 09/09/2020

Cette biographie de Landru écrite par un historien spécialisé dans l’histoire de la police possède tous les ingrédients pour plaire à l’amateur de littérature noire que je suis et nous rappelle que même si nos auteurs favoris de thrillers et polars ont une imagination parfois débordante pour inventer des crimes abominables, ils sont parfois égalés voir, dépassés par des personnages réels et machiavéliques.

Bruno Fuligni, use donc ici de talent de conteur pour nous dépeindre l’histoire du surnommé « barbe-bleue de Gambais », s’inspirant des mémoires de feu le commissaire Jules Belin chargé à l’époque de l’enquête. Cette manière de nous raconter cette histoire, rend ce texte très accessible, simple et agréable à lire. Il nous plonge dans cette époque entourant la Grande Guerre, où Henri Désiré Landru passe du statut d’escroc à celui de tueur en série accusé du meurtre de onze femmes, pour lesquels il sera condamné à être guillotiné. Des premières disparitions, jusqu’à l’échafaud, nous suivrons donc avec attention, l’enquête, les interrogatoires, le procès en étant baignés dans l’atmosphère précédent les années folles.

La police scientifique n’existant pas encore, seules les capacités d’analyses, de déductions et de persuasions des enquêteurs peuvent convaincre à la fois le jury et l’opinion populaire (par le biais de la presse écrite raffolant de ces histoires) de la culpabilité de l’accusé. Plus d’ailleurs que la simple biographie de Monsieur Mystère, Bruno Fuligni, nous en apprend beaucoup sur l’histoire des prémices de notre police judiciaire.

Un grand merci aux éditions du rocher et NetGalley pour cette instructive lecture et félicitations à Bruno Fuligni grâce à que cette biographie est plaisante à lire.

« L’homme qui aimait trop les livres » d’Allison HOOVER BARTLETT

Pocket 264 pages 02/01/2020

J’ai craqué pour ce livre en vacances à la très jolie librairie trait d’union à Noirmoutier. La couverture et son titre ont tout de suite attiré mes yeux sur ce petit livre (format poche) au milieu de ces très nombreux polars et thrillers. La lecture de la quatrième de couv’ a fini par me convaincre : une enquête d’un libraire jouant les Sherlock Holmes afin de mettre la main sur un voleur de livres… Seulement voilà, parfois un emballage trop beau peut être trompeur.

Je n’irais pas jusqu’à dire que ce livre est mauvais ou que son auteure soit nulle, mais ce n’est pas comme attendu, un polar au rythme effréné. Ce récit est plus un témoignage, un documentaire journalistique, nous racontant la vie de John Gilkey, voleur de livres connu pour en avoir dérober pour près de 200 000 dollars.

Ce texte donc, d’Allison Hoover Bartlett m’a appris beaucoup de choses sur les livres anciens et les fantasmes qu’ils créent chez certains d’entre nous, lecteurs passionnés, ayant tendance à accumuler les livres.

N’aimant pas par respect pour le travail des auteurs faire des retours négatifs sur leur travail, mais souhaitant être toujours honnête envers les personnes lisant mes chroniques, je ne m’étalerais pas d’avantage mais profite au cas où pour rappeler au John Gilkey qui sommeille en eux, aux personnes m’ayant emprunté à l’occasion des livres de bien vouloir les rapporter 😉.

« La lionne rouge » de Marion CABROL

Hugo Poche 489 pages 04/06/2020

Premier roman de Marion Cabrol, ce livre est presque un docu-fiction sur l’univers des parcs zoologiques, la vie des soigneurs, les trafics, les mouvements activistes… L’enquête policière, est plus en retrait et, menée par un flic récemment muté dans cette région d’Amnéville sert de prétexte à la découverte de cet univers.

En effet, chose peu commune, un corps est retrouvé dans le bassin des ours polaires à moitié dévoré. Ce soigneur animalier ayant perdu il y a peu son jeune fils, tout laisse à croire qu’il s’agit là d’un suicide. Mais l’entêtement d’Éric Belt le chargé d’enquête et surtout les secrets qui peu à peu se dévoilent au milieu de ce zoo lorrain.

Je suis assez partagé sur ce roman car si le côté découverte du zoo est bien construit, les personnages attachants et tout en complexité, et surtout le côté psychologique de cette tueuse (la lionne rouge) dont même si nous avons souvent des chapitres dévoilant son état d’esprit, il est très difficile de deviner qui elle est, le rythme du roman est très lent et pas toujours égal. Attention c’est le premier roman de cette auteure et cela mérite de l’indulgence.

 » L’ABBAYE BLANCHE » de Laurent Malot

Bragelonne 336 pages 14/09/2016

Un village de l’Ain dans lequel se passe habituellement peu de choses, voit apparaitre à la suite plusieurs cadavres… Le Lieutenant Mathieu Gange, récemment muté dans la région se voit donc confier une enquête qui le mènera au cœur d’un possible énorme scandale politique et sur les traces d’une abbaye abandonnée. Sa femme ayant volontairement disparue depuis peu, réussira-t-il à mener de front ces deux enquêtes ??

Laurent Malot nous offre un polar très bien construit même si parfois nous arrivons à deviner ce qui attend Gange. L’intrigue est vraiment captivante et les personnages sont vraiment intéressants à suivre. Je pense que Laurent Malot est un futur grand du polar.

« Le royaume de Naguerre – L’Élixir du bourreau » d’Isabelle Fabula

Editions Fleurus 196 pages 05/06/2020

Des meurtres, un royaume, des chevaliers, un capitaine de la garde, un chef de la police… L’ensemble des ingrédients d’un bon thriller historique… Sauf que celui-ci est accessible aux plus jeunes d’entre nous… En effet, il a été écrit pour de jeunes lecteurs dès 10 ans mais à presque 40, j’ai plutôt trouvé cette lecture agréable et bien construite. Une petite récréation de temps à autre nous fait du bien.

Richard 12 ans, suite au décès de son père devient comte et sa mère Clotilde sœur du roi Frédéric décide donc accompagnée de son fils de le rejoindre au château de Crénelais où nous feront connaissance avec les cousins du comte Alaric, Eudéric, Benjamine et Gaudric.

Peu après leur arrivée une servante est retrouvée morte apparemment empoisonnée. Le roi charge donc le capitaine de sa garde personnelle et ami Enguerrand de mener cette enquête. Ce sera sans compter sur le concours de Gaudric et son fidèle ami Sylvain.

Un roman très bien écrit et facile à lire pour petits et grands lecteurs. Et surtout je l’espère un récit qui donnera le goût de la lecture à de nombreux jeunes trop souvent le nez devant un écran.

« Sois belle et t’es toi ! » de Jérémy BOUQUIN

Editions Lajouanie 208 pages 20/05/2016

Sam. Samuel. Samantha.

Jérémy Bouquin nous fait souvent découvrir des personnages forts, profonds. Ici il s’amuse et va plus loin. Trois personnages pour une seule et même enveloppe en pleine mutation. Samuel devient Samantha et Sam est sa chrysalide. Vous l’aurez compris, notre personnage principal est un transgenre.

Assez peu présente en littérature, c’est l’excellentissime « enfermé(e) » de Jacques Saussey, qui m’avait amené à connaître et découvrir la transidentité. La littérature noire, miroir de la société se prête parfaitement à développer des récits autours de ces personnes nées dans le mauvais corps.

Et quand un caméléon de la plume, talentueux comme Jérémy s’empare du sujet, il prend prétexte d’une potentielle escroquerie à l’assurance pour nous confronter à ce sujet et à nos légitimes interrogations car dans ce roman comme dans la vie, les personnes différentes sont souvent rejetées.

Revenons à Sam. Il/elle est un ancien flic, reconverti en expert en assurance, l’un des meilleurs de sa catégorie, mais que son employeur cherche à faire disparaitre de la vue de tous. Sam quitte donc Paname pour la Corrèze le temps d’une enquête.

Une nouvelle fois, Jérémy Bouquin nous offre un roman relativement court mais riche en personnage, à l’intrigue bien ficelée et au rythme effréné, souligné par des phrases courtes.

Et comme souvent chez Lajouanie, le texte est mis en valeur dans un écrin à la couverture magnifique.  

« Ne lisez jamais la dernière page! » de Denis ALBOT

Même pas peur édition 204 pages 15/03/2020

Quand un auteur qui est également éditeur (profitez-en pour découvrir « Même pas peur ») écrit un nouveau roman, c’est un libraire qu’il choisit comme personnage principal. Un jeune homme que l’on imagine bien à la tête d’une maison de la presse et ce, malgré sa timidité maladive ciblée principalement vers les femmes car David souffre de caligynéphobie.

De son comptoir, il voit chaque jour passer pour aller récupérer sa voiture, une jolie jeune femme qu’il n’ose aborder que dans ses rêves. Quand elle cesse se rituel quotidien et que sa voiture ne bouge plus de place, il se décide à enquêter et à en apprendre plus sur elle. Cette quête que nous suivrons attentivement nous fera vivre de nombreuses aventures à la rencontre de plusieurs personnages et nous fera même traverser l’Atlantique.

Ce roman au titre amusant, je vous laisse découvrir pourquoi, se lit très facilement tant le style de l’auteur est sans prise de tête. De plus Denis Albot possède le don de saupoudrer son récit de ce qu’il faut d’énigme, de tension, d’humour et même d’amour afin de nous donner sans cesse l’envie de lire la page suivante et d’atteindre enfin cette dernière page. Tout au long de la lecture, on ressent le plaisir qu’il a eu à écrire ce roman, et le respect et l’amitié qu’il a pour les lecteurs avec lesquels il aime s’amuser. Ce livre sera un formidable compagnon au bord de la piscine où sur la plage, foncez donc chez votre libraire préféré.e que vous ne regarderez plus de la même manière une fois ce livre lu.

Ou acheter le directement sur la boutique en ligne :

https://www.meme-pas-peur-edition.com/product-page/ne-lisez-jamais-la-derni%C3%A8re-page

« Un truand peut en cacher un autre » de Samuel SUTRA

Editions Flamant Noir 240 pages 10/072020

Je découvre en même temps ce personnage de « Tonton » et la plume de Samuel SUTRA avec ce septième opus de la série. Néanmoins comme ce dernier raconte les origines de ce personnage loufoque, nous ne sommes pas perdus.

Ce que je retiendrai surtout de cette lecture, c’est plus la forme que le fond. En effet, même si cette histoire de casse du siècle pourtant avec sa touche d’originalité, est plutôt bien construite, tout l’intérêt se trouve dans le style de SUTRA. Ce romancier est un digne héritier des Dard, Audiard et Lautner. Il joue avec les mots, les dialogues et certaines situations sont désopilants.

Nous nous retrouvons plongés en mai 1981, juste avant l’élection présidentielle. Tonton un truand à fort potentiel tente de monter le casse parfait avec une équipe qui sera principalement composée de bras cassés. C’est un « Ocean Eleven » burlesque.

Même si « Un truand peut en cacher un autre » n’est pas un chef d’œuvre littéraire et je ne pense pas que ce soit sa vocation, il m’a vraiment donné envie de lire d’autres récits de Samuel SUTRA. Et pour un peu de légèreté, la série des « Tonton » me paraît tout à fait adéquate.

« Rester groupés » de Sophie HENAFF

Souvent quand nous entamons un nouvel opus d’une série, nous nous attendons à retrouver l’ADN du précédent. Dans le cas de « Rester groupés » la suite de « Poulets grillés », cet ADN a muté.

J’avais bien aimé le premier tome et, pour retrouver un peu de légèreté, j’ai sorti celui-ci de ma PAL et ce récit m’a vraiment surpris. En effet, même si nous retrouvons la fameuse brigade des Innocents et ces membres déjantés, cette nouvelle histoire se révèle beaucoup plus grave, intime, noire pour la commissaire Capestan et c’est tout le roman qui sera teinté de cette noirceur.

Une série de meurtres dont l’origine remonte à une vingtaine d’année en arrière. Des aller-retours entre Lyon et la capitale. Des non-informations partagées entre nos héros et les services du fameux 36. Des rebondissements à répétition. Beaucoup d’ingrédients viennent composer cette nouvelle aventure qui transforment ce que je qualifiais de série d’humour policier en vrai polar même si des moments drôles subsistent pour notre plus grand plaisir.

En plus de l’enquête en toile de fond, de nouveaux personnages, une scène hallucinante avec des hooligans anglais et un fameux concours auquel participe Torrez créent de la profondeur et rendent encore plus vivante cette équipe.

« Regarde » Hervé COMMERE

Fleuve Editions Collection Fleuvenoir

J’attendais avec impatience le nouveau roman d’Hervé Commère que j’avais découvert avec « Des ronds dans l’eau » suite au salon du livre de Péronne dans la Somme. Depuis je suis son actualité ayant beaucoup apprécié son style. Chacun de ses romans est différents mais nous y retrouvons à chaque fois les mêmes ingrédients : une écriture des plus agréable à lire et jouant avec nos sensibilités, une galerie de personnages auxquels nous nous attachons facilement et une intrigue de fond nous empêchant de reposer le livre une fois ouvert.

Dans « Regarde » certains personnages ne seront pas inconnus aux lecteurs de « Sauf », mais sans avoir lu ce précédent roman, vous pouvez très bien lire celui-ci.

Le thème principal de ce roman noir est l’amour, un amour entre deux personnes que seul le hasard de la vie a fait se rencontrer car complètement différents. Un amour qui survit avec le décès de l’un des deux à travers cette femme forte au destin incroyable, Mylène.

Comment survivre quand l’être aimé n’est plus ? Comment réagir quand peut-être il serait vivant ?

Avec « Regarde », Hervé Commère nous prouve une fois de plus son talent de conteur qui apporte de la poésie dans les profondeurs du noir. Et une fois terminé, j’attends avec encore plus d’impatience son prochain roman…

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