« La lionne rouge » de Marion CABROL

Hugo Poche 489 pages 04/06/2020

Premier roman de Marion Cabrol, ce livre est presque un docu-fiction sur l’univers des parcs zoologiques, la vie des soigneurs, les trafics, les mouvements activistes… L’enquête policière, est plus en retrait et, menée par un flic récemment muté dans cette région d’Amnéville sert de prétexte à la découverte de cet univers.

En effet, chose peu commune, un corps est retrouvé dans le bassin des ours polaires à moitié dévoré. Ce soigneur animalier ayant perdu il y a peu son jeune fils, tout laisse à croire qu’il s’agit là d’un suicide. Mais l’entêtement d’Éric Belt le chargé d’enquête et surtout les secrets qui peu à peu se dévoilent au milieu de ce zoo lorrain.

Je suis assez partagé sur ce roman car si le côté découverte du zoo est bien construit, les personnages attachants et tout en complexité, et surtout le côté psychologique de cette tueuse (la lionne rouge) dont même si nous avons souvent des chapitres dévoilant son état d’esprit, il est très difficile de deviner qui elle est, le rythme du roman est très lent et pas toujours égal. Attention c’est le premier roman de cette auteure et cela mérite de l’indulgence.

« De cauchemar et de feu » de Nicolas Lebel

Reprendre une dose de Mehrlicht en cette longue période précédent des congés bien mérités, cela fait un bien fou au moral.

Dans cette quatrième enquête, nous retrouverons donc des personnages auxquels nous sommes dorénavant attachés, le capitaine batracien, ses lieutenants Latour et Dossantos, le commissaire Matiblout, le légiste Carrel… Et dans une aventure de Mehrlicht n’en serait pas une sans un officier de police stagiaire. Ici en plus nous aurons le droit à un enquêteur anglais.

Dans ce roman, une fois n’est pas coutume, le personnage principal ne sera pas notre ami Mehrlicht mais le conflit qui opposa les anglais et les irlandais, les protestants et les catholiques, les républicains et les loyalistes dans les années 60 – 70.

Quand on lit un Lebel, on s’attend à avoir des moments de rire, des moments de tensions et un ou des sujets de fond sérieux, travaillés et auxquels Nicolas est attaché. Ce cocktail fonctionne ici à merveille et, plus qu’explosif est incendiaire…

Ce déroulant au court de l’année 2015, nous ressentons et revivons l’état dans lequel la France s’est retrouvée suite à la vague d’attentat dont elle a été la cible. Ajoutée à l’histoire très présente des nord-irlandais, elle fait de cet opus le plus noir de la série. Heureusement que la toujours jolie écriture de Nicolas et ses bons mots nous apportent un peu de légèreté…

Ce roman a été pour moi qui suis fan de Mehrlicht et de Nicolas Lebel un pur moment de bonheur littéraire et instructif.  

« Auvers d’Oz » de Roland Sadaune

VAL D’OISE EDITONS 09/2006 219 pages

J’ai rencontré Roland Sadaune lors d’un salon à Auvers-Sur-Oise, commune rendue célèbre par la présence de Vincent Van Gogh. Auvers d’Oz était donc le livre qu’il me fallait pour en connaître un peu plus sur cette petite ville, l’impressionnisme et faire connaissance avec la plume de l’auteur.

Bon clairement, ce n’est pas le meilleur roman policier que j’aurais lu, le style ne m’a pas particulièrement accroché, le livre écrit il y a plusieurs années a sans doute pris un petit « coup de vieux », néanmoins si je me limite à ce que je voulais au début, il a très bien rempli sa mission.

Pour l’histoire, une suite de meurtres ébranle cette commune du Val d’Oise et Gildas Ozulé, capitaine de police breton affecté sur le secteur, peintre à ses heures perdues est donc désigné pour mener cette enquête qui nous fera découvrir cette jolie ville.

« Flics »Eric Dupuis

C’est la deuxième fois en très peu de temps qu’à l’occasion d’une réédition dans une version remaniée je découvre la première aventure de personnages rencontrés dans des récits plus récents. Ici, je fais donc connaissance avec le Major Stanek Zibanski que j’ai découvert reconverti en détective privé dans « Des larmes d’or et de sang ».

« Flics » est la réédition du premier volume de la série « Les uniformes bleus ».

Comme le nouveau comme l’ancien titre le laisse assez facilement deviner, il s’agit d’un polar. Et écrit par un flic, le récit, même si l’intrigue peut nous surprendre, car il s’agit quand même de la disparition d’un équipage BAC au complet, soit 3 personnes, en pleine patrouille, est hyper réaliste et, nous sommes plongés au cœur de cette enquête aux multiples rebondissements.

Ce qui différencie ce roman des nombreux polars que je lis, est que l’enquête est confiée à un Major, un flic de terrain et non comme souvent à un Capitaine, Commandant ou Commissaire.

Et quel flic que ce Stanek, un mec bien, professionnel, intègre, humain avec ses qualités et défauts mais surtout ses problèmes. Car oui, un flic est avant tout un homme ou une femme comme les autres et donc traîne aussi des soucis familiaux, financiers… Et le Major Zibanski, les soucis, il les collectionne, jusqu’à parfois être sur le fil, au bord de la rupture à jongler avec ses principes.

En plus de son expérience, véritable source d’inspiration pour ses histoires, Eric Dupuis à un vrai talent de romancier. Ses récits sont agréables à lire et il prend un malin plaisir à nous distraire avec des intrigues parallèles, puis qui se croisent, qui se résolvent puis reviennent sur le tapis et au travers desquelles nous nous rendons compte que le Bien et le Mal sont deux notions que l’on ne peut aisément résumer « gentils / méchants » et « flics / voyous ». A plusieurs reprises, je me suis dit : « et à sa place qu’aurais-je fait ? » car il est facile de basculer du mauvais côté de la loi.

Ce polar rend également un bel hommage à ces hommes et femmes portant l’uniforme, exerçants ce métier les mettant au contact permanent de ce qu’il y a de plus moche dans la société et les faisant basculer parfois dans de graves dépressions allant trop souvent jusqu’au suicide.

Commencez votre blog avec WordPress.com.

Retour en haut ↑