19500 dollars la tonne par Jean-Hugues Oppel

La Manufacture de livres – 256 pages – 02 mars 2017

L’étain, ça vous parle ? Oui oui, ce métal gris foncé presque noir que les chimistes appellent Sn, du latin Stannum, utilisé par l’Homme depuis la Préhistoire. Et bien, c’est aussi une matière première dont le cours s’envole régulièrement et sur laquelle, la spéculation va bon train… Que se cache-t-il derrière ces graphiques qui montent vers les sommets (alors que je rédige cette chronique, le cours est de 36 900 $ la tonne). Jean-Hugues Oppel, à travers ce thriller palpitant, sans nous donner les réponses à l’ensemble des questions que l’on se pose, nous donne matière à réfléchir sur l’impact de la finance sur nos propres vies. Il lève un peu le voile sur les arrières boutiques financières, des mines où sont exploitées des populations pauvres aux bourses où s’échangent des milliards de dollars.

Dans ce thriller, se mêlent plusieurs personnages d’apparence si éloignés, mais dont les destins se croiseront. Il y a Falcon, le tueur à gage ou plutôt comme il le préfère, « l’assassin professionnel », au bord de la retraite. Puis Mister K, un mystérieux hacker, qui affole les salles de bourses avec ses annonces à la manière d’un lanceur d’alerte. Et, enfin, Lucy Chan, une jeune et talentueuse recrue de la CIA. Ensemble, ils nous trimbaleront à travers les continents, à une vitesse folle, nous surprenant régulièrement.

19 500 $ la tonne est un mélange entre thriller politique, techno-thriller et roman d’espionnage. Roman engagé, il nous offre matière à réflexion sur le monde qui nous gouverne sans chercher à nous donner de leçon. Avec intelligence et beaucoup d’esprit, l’auteur, dans un style très percutant, nous donne les clés qui nous permettront de nous rendre compte de la folie financière qui nous entoure.

Un grand bravo à Jean-Hugues et merci aux éditions La manufacture de livres pour permettre à des romans noirs de cette qualité d’exister.

Pour comprendre un peu mieux les crises économiques…
Avec un peu de musique, la littérature forme toujours un couple parfait….

Le site de l’éditeur : https://www.lamanufacturedelivres.com/livres/fiche/16/oppel-jean-hugues-19-500-dollars-la-tonne

Ainsi Berlin par Laurent Petitmangin

La Manufacture de Livres – 224 pages – 07 octobre 2021

Plonger dans le second roman édité d’un auteur remarqué par le premier est toujours un exercice délicat tant la déception est souvent au rendez-vous. Parfois, la seconde tentative est moins bonne, parfois, nous avons l’impression d’un copié-collé… Laurent Petitmangin, confirme, lui, son immense talent et qu’il est un auteur à suivre…

Changement radical de décor, Laurent Petitmangin nous emmène cette fois comme l’annonce le titre Ainsi Berlin, dans la capitale germanique actuelle, mais, à une autre époque, celle de l’après-guerre où, ville dévastée, elle était, en plus, coupée en deux. Nous y découvrons Gerd, un jeune allemand, résistant communiste qui avec Käthe, son amie, amante, compagne de lutte, rêvent de construire un monde nouveau en commençant par une nouvelle Allemagne, à l’Est. À l’Ouest, Liz, jeune veuve, architecte américaine, est là pour façonner une nouvelle Allemagne également mais, sur le modèle occidental… La rencontre entre Liz et Gerd, amènera ce dernier à se poser moult questions sur ses convictions, sur les possibles, sur l’amour…

Très différent sur la forme, nous reconnaissons bien heureusement des éléments qui font que l’on ne lit pas un roman de Laurent Petitmangin comme un autre. Parmi eux, des personnages faillibles qui les rendent véritablement humains et de fait, attachants. Puis, des thématiques, telles, la paternité, la fragilité des sentiments, des convictions qui ne sont jamais complètement acquises.

À la fois historique, sentimental, politique, d’espionnage, ce récit est inclassable tant, Laurent Petitmangin dose à merveilles chaque composante de cette fiction qui nous entraîne dans une période trop méconnue de l’Histoire.

Un immense merci aux éditions La manufacture de Livres, à Pierre Fourniaud et à Laurent Petitmangin pour ce voyage littéraire.

Pankow, groupe de Rock, partagé entre deux cultures en RDA…

Le site de l’éditeur : https://www.lamanufacturedelivres.com/livres/fiche/211/petitmangin-laurent-ainsi-berlin

Impact par Olivier Norek

Michel LAFON 348 pages 22/10/2020

« Impact » comme celui que causerait une météorite gigantesque qui après avoir pénétré notre atmosphère s’écraserait sur notre planète en causant d’immenses dégâts apocalyptiques. Une météorite que nous aurions observée longtemps, très longtemps, identifiable au loin par des scientifiques avec de puissants télescopes avant que les astronomes amateurs la voient avec du matériel accessible à tous et enfin que l’ensemble de la population l’observe à l’œil nu…

Reprenons ce scénario en y modifiant quelques détails. En fait, remplaçons seulement la météorite par le changement climatique, oui oui, celui que nous causons enfin que nos modes de vie, de consommation causent… Et ça si nous devions choisir une date où ces dérives sont dénoncées, présentées à la face du monde je choisirais 1972 et la rapport Meadows, il y a donc maintenant près d’un demi-siècle. Et depuis, la menace des dégâts qu’elles causent ne fait que grossir… A l’œil nu, nous voyons disparaître les glaciers, la banquise, la biodiversité (60 % des espèces auraient disparu entre 1970 et 2015), les forêts quand, en parallèle grossissent les continents de plastiques, les usines de production de protéines animales, les cultures de soja, les territoires massacrés par l’exploitation des ressources énergétiques fossiles, les stockages de déchets chimiques et les profits, ceux réalisés par quelques multinationales aux mains de ces hommes et femmes avides de pouvoir et d’argent.

Virgil Solal, à l’image de nombre d’entre nous, a vu les dégâts causés loin, en Afrique par exemple où il était amené à travailler, mais un peu comme nous, ce qui se passe ailleurs nous touche mais de loin, on se met des œillères. Mais un beau jour, alors qu’il va devenir papa, leurs vies à Laura, la maman et lui basculent, la joie d’une naissance se transforme en deuil. Le nourrisson ne survivra pas, elle est née, les poumons collés à cause de la pollution atmosphérique, chez nous, en France, à Paris.

Virgil partira en croisade, de celle que l’on mène avec ses tripes, son âme, sans intérêts propres puisque sa vie s’est arrêtée à la perte de son enfant. Ancien militaire, doué, intelligent, maîtrisant les moyens de communications modernes, il s’attaquera aux plus puissants, en commençant par le patron de Total…

Olivier Norek nous avait déjà prouvé à quatre reprises qu’il était un auteur de polars sur qui il fallait compter, il nous a montré qu’il savait sortir des sentiers battus, de sa zone de confort avec « Entre-deux-mondes » un livre inclassable, d’une profondeur incroyable se déroulant en grande partie dans la « jungle » de Calais. Avec Impact, il nous secoue, il s’engage encore plus, il a le courage de ne pas se cacher derrière une fiction, il y dénonce (références à l’appui) la cruauté de l’égoïsme humain. Il utilise son talent de romancier pour nous passer des messages et dénoncer ces grands groupes capitalistes et les gouvernants qui trop souvent leurs servent de marionnettes.

Bravo et respect Olivier. Félicitations également à Michel Lafon d’éditer un tel roman qui en dérangera plus d’un.

Pour finir, une petite note personnelle, comme Virgil, comme l’ont fait, ou essayé de faire les « gilets jaunes », nous pouvons essayer de nous en prendre aux plus hautes sphères de l’Etat pour crier nos colères et demander un peu plus de justice sociale et écologique. Mais, n’oublions pas que nous avons en nos mains un outil encore plus efficace qu’un bulletin de vote ou une manifestation, notre carte bancaire… Grâce à elle, nous pouvons affaiblir les puissants et préserver notre planète, achetons local, de saison, des produits en circuits courts si possible n’ayant pas reçus de pesticides et entourés du moins d’emballages possibles, n’achetons pas ou peu de produits technologiques que nous remplacerons trop souvent, essayons de nous déplacer de manière la plus raisonnable possible, mettons un pull et baissons de deux degrés la température de notre thermostat… Nos parents ou grands-parents ont entamé cette mode de la surconsommation qui détruit notre environnement, nous continuons allégrement mais, ne pouvons nous cacher derrière un « on ne savait pas »… Je ne dis pas que l’on doit vivre comme à l’âge de pierre, juste que l’on soit raisonnables. Quoi que l’on fasse aujourd’hui, la planète se réchauffera encore et nous en souffrirons il ne faut pas se voiler la face. Ce que nous déciderons aujourd’hui, permettra ou pas à nos enfants d’exister dans un monde viable pour notre espèce…  

Interview d’un autre combattant pour la vie :

L’extrait musical que l’on retrouve dans le roman :

         

Ministre de la nuit par Giorgos Skambardonis

Éditions Monemvassia 311 pages 17/09/2020

Je remercie Babelio grâce à qui à l’occasion d’une masse critique j’ai pu voyager en Grèce à l’occasion de la lecture de « Ministre de la nuit » de Yorgos Skambardonis et ce même si ce roman ne m’a pas entièrement convaincu. Il s’agit pour moi du premier auteur grec « moderne » que je lis et ma curiosité a suffisamment était émoustillée pour que j’en découvre d’autres.

Ce roman noir, se déroule dans la Grèce du Nord, nous sommes assez loin des images touristiques qui nous viennent en tête à chaque évocation de ce pays assez méconnu. Ioannis Bekhtis dit « Primo » est un entrepreneur joueur et flambeur, après des études d’architectures, de nombreuses difficultés financières dues à son addiction au jeu, il se retrouve à la tête de l’entreprise de pompes funèbres de son père disparu. Entreprise qu’il mettra rapidement en difficultés de nouveau à cause des pertes financières dans les casinos.

Seulement, Primo grâce à ses relations, se verra mis en contact avec le « ministre de la nuit », un parrain de la mafia locale qui lui proposera un deal leur permettant à tous les deux d’en tirer nombres bénéfices.

Comme souvent à l’image de la vie, et sans que l’on sache pourquoi, certains se retrouvent dans une spirale de malchance perpétuelle quand d’autres se sortent toujours des pires situations.  La trajectoire que suivra la vie de Primo, en sera la preuve.

Mon ressentiment sur cette lecture est plutôt partagé, j’ai vraiment apprécié la toile de fond de ce roman, alors que sur la forme, je n’ai pas trouvé agréable sa lecture avec des passages très longs qui n’apportent pas forcément quelque chose à l’intrigue. Néanmoins, ce roman m’aura permis de découvrir la Grèce d’aujourd’hui et surtout envie de m’essayer à d’autres auteurs de la république hellénique.

Un extrait musical d’un artiste cité dans le roman :

Pour le commander, soit directement sur le site de l’éditeur, soit votre libraire indépendant, soit :

https://www.lalibrairie.com/livres/ministre-de-la-nuit_0-6968209_9782957297306.html

 » La chute – Les derniers jours de Robespierre  » par Jacques Ravenne

EDITIONS PERRIN / PLON 226 pages 16/01/2020

Trois jours, il aura fallu trois jours pour briser un homme, une figure de la révolution, Maximilien de Robespierre, l’Incorruptible.

Jacques Ravenne, auteur à succès ayant un goût prononcé pour l’Histoire et doué d’un véritable talent de conteur, nous raconte ici, au jour le jour, ces journées des 8, 9 et 10 thermidor marquant la fin de la « Terreur » avec la décapitation de Robespierre. Ce récit se voulant plus global, nous présente à la fois Robespierre, mais également son frère Bonbon, ainsi qu’une multitude de personnages amis ou ennemis. Jeux politiques, manipulations, trahisons hier comme aujourd’hui sont monnaie courante dans les arcanes du pouvoir. Des hommes se battent pour manger, survivre, d’autres pour posséder plus.

Robespierre, est un personnage controversé, l’Histoire est faite par les hommes qui l’écrivent et parfois à l’avantage de ceux qui y survivent. Et ils seront peu tant les lames de la Guillotine auront tranché de têtes.

A la manière d’un thriller historique, ces derniers jours de l’Incorruptible ne nous laissent pas de répit, et le talent de Jacques instaure un suspense alors que tous, connaissons la tragique fin du principal protagoniste.  

J’aime beaucoup l’Histoire et je trouve que ce type d’ouvrage basé sur des faits réels dont la violence dépasse bien souvent celle présente dans les fictions, la dépoussièrent et la rendent accessible au plus grand nombre. Je ne doute pas néanmoins que certains critiqueront les épisodes fictifs, romancés permettant de combler des passages qui restent et resteront à jamais inconnus.  

Pour réapprendre qui était Robespierre :

Pour le commander :

https://www.lalibrairie.com/livres/la-chute–les-derniers-jours-de-robespierre_0-6316141_9782262082284.html?ctx=06035b6927a9f33144aeca8e973763a9

 » La lame  » de Frédéric MARS

Cosmopolis 506 pages 29/05/2019

Une claque, cette lame vous vous la prenez en pleine face. Lire ce roman m’a beaucoup rappelé les sensations ressenties à la lecture d’Entre deux mondes d’Olivier Norek. Cette fois, il ne s’agit pas d’un simple thriller, ce récit est aussi un roman d’anticipation, un livre géopolitique, … Mais attention, à l’image de la scène du prologue, c’est un vrai roman noir que les amateurs du genre ne peuvent qu’apprécier.

Frédéric Mars nous envoie faire un bon dans le futur jusqu’en 2031, après l’ère Macron, la France fut gouvernée par les nationalistes (sans faire de politique, malheureusement nous en prenons le même chemin) avant qu’un candidat, le Obama français emporte l’élection présidentielle. Seulement voilà, le monde change, les difficultés vont croissantes et à l’image de l’ancien président américain, il déçoit. Les élections approchent et Bako Jackson cherche comment se faire réélire. Cette élection n’est qu’une toile de fond à ce récit. Fred ne nous fait pas uniquement voyager dans le temps, il nous balade, de Paris à Marseille en passant par Lyon, mais aussi entre autre à Lagos au Nigeria. Nous faisons également connaissance avec une multitude de personnages attachants ou détestables. A l’image de ces hommes et femmes, nous serons confrontés à des trahisons, des espoirs, de l’amour, de la haine, de la violence, des catastrophes, naturelles ou humanitaires. Jamais nous n’aurons le temps de souffler en dévorant ces quelques 500 pages.

En plus de son style précis, rythmé, l’auteur nous offre presque un documentaire, un roman sociologique. Fruit d’un énorme travail, ce livre mérite d’être lu, partagé tant il nous permet de nous poser des questions, sur l’avenir de notre nation, nos interactions avec l’environnement mais surtout notre considération envers une partie de l’humanité, ces peuples issus de la « Terre de nos ancêtres » qui seront amenés à quitter leur territoire face au réchauffement climatique.

Un grand bravo Frédéric pour ce roman traitant de sujets très délicats mais maîtrisés de façon magistrale sans jamais tomber dans le pathétique, le caricatural. Un livre que je conseille au plus grand nombre.

Le teaser :

Pour le commander :

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« Les licornes aussi renaissent de leurs cendres… » de Ludovic Deblois

Éditions CANDELA 224 pages 05/07/2020

Les licornes, vous connaissez ? Non, pas les animaux légendaires remis aux goûts du jour par la culture geek, mais plutôt, ces sociétés type start-ups valorisées à plus d’un milliard de dollars.   

Et bien, ici, c’est Julie, une trentenaire qui est à la tête d’une société innovante dans l’intelligence artificielle et qui pourrait bientôt faire partie de ce club des licornes… Une femme entrepreneuse, mariée et maman de deux enfants, une superwoman comme le sont de nombreuses femmes mais invisibles aux yeux de nos sociétés hyper masculinisées, ce roman avait déjà de quoi me plaire. Sensibles à la cause écologique, ils formant avec Vincent un couple de provinciaux arrivés à Paris. Vincent justement, lui est un militant de la cause environnementale, sur le point de s’engager politiquement auprès de son ami Olivier candidat à la future élection présidentielle. Quand en plus donc, on ajoute cette sensibilité à l’écologie, je ne pouvais passer à côté de ce livre. Je remercie donc Netgalley, l’auteur Ludovic Deblois et les éditions Candela (créées justement par l’auteur à l’occasion de la publication de son premier roman) pour cette lecture.

Justement, parlons-en de ce récit. « Les licornes aussi renaissent de leurs cendres… » est un roman inclassable, proposé comme un thriller, il n’en effleure que le genre de par le climat incertain de l’avenir de Firo la société de Julie et l’incertitude de l’élection présidentielle. Cet ouvrage est aussi un livre sociétal, sur la place de la technologie dans nos vies, un essai politique et philosophique sur la question sociale, l’environnement, le couple et ses aspirations et sans doute un peu un roman autobiographique.

Les personnages peu nombreux sont très bien travaillés, y compris les personnages secondaires comme Olivier. J’ai été personnellement beaucoup touché par la relation épistolaire malheureusement à sens unique entre Julie et sa maman. Certaines des phrases écrites à l’occasion par Julie ont résonné en moi jusqu’à parfois presque me faire monter les larmes.

Pour un premier roman, c’est une réussite. Celle d’un auteur défendant des causes qui lui tiennent à cœur. Et, j’espère comme à chaque fois que je lis un livre de ce genre, qu’il puisse éveiller quelques consciences face au désastre écologique que nous avons créé.

« Winter is coming, une brève histoire politique de la fantasy » de William Blanc

Editions Libertalia 144 pages 02/05/2019

Un essai très bien fait sur les parallèles entre nos sociétés et l’imaginaire de grands auteurs, poètes tels que Tennyson, J.R.R. Tolkien, G.R.R. Martin, William Morris, Ursula Le Guin, Robert E.Howard, Hayao Miyasaki….

Cette brève histoire, condensée et agréable à lire s’adresse à un plus grand nombre de lecteurs que les ouvrages cités en référence qui seront plus réservés à de très grands passionnés, étudiants…

La fantasy depuis la fin du XIXème siècle a souvent servi aux auteurs pour dénoncer les dérives du monde moderne, des nouvelles technologies, de notre rapport à l’environnement. Cet essai nous permet de nous y retrouver un peu et de parfaire nos connaissances historiques.

Fan de fantasy ? Achetez et dévorez ce livre où il sera aussi question de comics, d’Astérix, des schtroumfs, de Led Zeppelin..

Pour finir, cette citation de G.R.R. Martin que je trouve sublime : « Ils peuvent garder leur paradis. Quand je mourrai, je préfère aller en Terre du Milieu ».  

« Je veux m’envoler » de Malik Grillon-Mixtur

Je tiens d’abord à remercier l’auteur Malik Grillon-Mixtur pour m’avoir sollicité afin de découvrir son ouvrage en version numérique et d’entrer ainsi dans son univers.

C’est avec beaucoup de respect pour son travail que je rédige ce retour de lecture car, sur le fond je trouve l’histoire passionnante alors que sur la forme, ce thriller mériterait beaucoup d’être revu et de nouveau travaillé afin de lui offrir l’écrin qu’il mérite. En effet, en plus de malheureusement trop nombreuses coquilles, c’est la mise en page surtout lors des dialogues qui est parfois déstabilisante. Ce texte très riche de par ses personnages travaillés, le puzzle créé par ces intrigues, les références à la mythologie nordique ainsi que des allers-retours entre trois périodes temporelles demandant déjà des efforts de concentration, je trouve dommage que notre attention soit détournée par cette mise ne page. De plus, l’auteur dont l’érudition ne fait aucun doute se laisse parfois emporté par des envies de détailler avec tellement de précision certaines scènes, qu’elles en deviennent interminables et cassent un peu le rythme pourtant très présent (je pense notamment à une scène de partie de poker, ou aux nombreuses scènes de sexe pas toujours nécessaires).

C’est par honnêteté intellectuelle que je donne cet avis. Exceptionnellement, j’ai avant de rédigé ce retour de lecture été voir ce que d’autres lecteurs ont écrit à ce sujet et je suis vraiment étonné qu’à part de rares exceptions, ils ne soulignent pas ces points.

Malik Grillon-Mixtur nous propose néanmoins une excellente histoire avec des personnages complexes, une intrigue dans laquelle -et il fallait oser- se mêlent politique, franc maçonnerie, mythologie nordique, Françafrique, sans oublier le milieu équestre. Il se montre très habile pour rendre cette histoire réaliste et nous donner envie d’en découvrir le dénouement. Il s’agit apparemment du premier tome d’une saga. J’espère que ce premier opus lui ouvrira les portes d’une maison d’édition qui nous permettra de suivre ces personnages et notamment Jordis envoyée par Interpol, qui a je pense un potentiel à développer.

Je renouvelle mes remerciements à Malik Grillon-Mixtur, si j’ai justement pris le temps d’argumenter ce qui m’a le moins plu dans son roman, c’est justement car j’ai dans l’ensemble, vraiment apprécié son travail, ne me sentant pas moi-même capable d’écrire un roman (ce dont je rêverai).

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