Le choc de Carnac par Sophie Marvaud

Éditions 10/18 – 312 pages – 07 janvier 2021 – EAN 9782264077660

Sophie Mourvaud nous entraîne en territoire breton, dans la région de Carnac où un crime vient d’être commis mais, il y a près de 7000 ans…

Carnac, station balnéaire connue entre autres pour ses nombreux alignements de menhirs sert de superbe décor à ce roman de Sophie Mourvaud. Seulement cette dernière, plutôt que de nous conter une enquête policière actuelle, décide de remonter le temps et de nous offrir un paléocrime pour le plus grand bonheur des fans de polars et d’Histoire.

4700 avant notre ère, un marchand décède sur une route forestière dans le territoire de Carnac, où vivent principalement trois peuples qui ne s’accordent pas beaucoup. Il y a les Cultivateurs dans les terres, les pêcheurs en bordure de mer et dans la forêt les séparant, les nomades. Si la tension est déjà palpable entre eux, ce crime risque de mettre le feu aux poudres et déclencher un violent conflit. Trois femmes vont s’y opposer, mais trouveront-elles les raisons de la mort de Le Géant ?

Avec un récit très bien documenté sans être trop indigeste, l’autrice nous promène avec bonheur dans cette belle région du Morbihan à une époque de véritable révolution culturelle qui n’est pas sans rappeler les rencontres entre civilisations suite à l’immigration actuelle.

L’enquête est bien construite, intelligente, sans artifices technologiques. Les personnages eux, sont très modernes dans leurs raisonnements, proches de nous psychologiquement. Le rythme et les rebondissements apportent un côté addictif à cette lecture très instructive. L’autrice a su doser parfaitement ces éléments pour nous plonger dans cette période trop peu présente en littérature qui m’a rappelé la saga Les enfants de la Terre de Jean M. Auel.

Un grand merci aux éditions 10/18 et Netgalley et bravo à Sophie Marvaud pour cette balade préhistorique.

Le site de l’éditeur : https://www.lisez.com/livre-de-poche/le-choc-de-carnac/9782264077660

Un petit C’est pas sorcier pour prolonger le plaisir :

Sapiens – T1 – La naissance de l’humanité par Yuval Noah Harari , Daniel Vandermeulen et Daniel Casanave

ALBIN MICHEL 248 pages 07/10/2020

Depuis tout jeune, je suis très intéressé par l’histoire de l’humanité, de l’évolution d’Homo à travers les âges et je voue une énorme admiration à Yves Coppens dont j’ai dévoré tous les ouvrages. Quand j’avais vu en rayon en librairie Sapiens, je m’étais donc jeté dessus, découvert Yuval Noah Harari et sa manière de rendre accessible cette longue transformation des humains primitifs à cet être « évolué » que nous sommes devenus.

La sortie en roman graphique de Sapiens m’a permis de me replonger dans ce best-seller publié il y a maintenant cinq années. Plus qu’une simple adaptation, c’est un essai transformé qui colle complétement au format de ce type d’ouvrage. En effet, Harari s’est associé à David Vandermeulen et Daniel Casanave qui n’en sont pas à leur première collaboration dans ce type d’ouvrage de non-fiction. Sans oublié Claire Champion qui a réalisé la mise en couleur des illustrations.

Quelle bonne idée donc que cet album qui reprend une partie des presques 500 pages de l’essai original allant de la révolution cognitive il y a 70 000 ans, avec quelques bons en arrières, à la révolution agricole il y a 12 000 ans. Cette refonte en images, permet de rendre l’ouvrage accessible aux plus jeunes ainsi qu’aux lecteurs ayant peur de se lancer dans la lecture d’un épais essai.

Plonger dans l’étude de nos origines, nous permet de comprendre notre présent et d’entrevoir un futur ou le risque d’absence de futur attendant notre espèce.

Chacun pourra se faire son avis, le mien étant plutôt pessimiste à moins qu’une nouvelle révolution de notre façon de penser ne change la donne.

Le dernier inventeur par Héloïse Guay de Bellissen

Robert Laffont 234 pages 20/08/2020

Certaines lectures qui paraissent comme cela toutes simples se révèlent parfois de vraies bonnes surprises. Cela a été le cas pour moi avec Le dernier inventeur d’Héloïse Guay de Bellissen.

Ce roman m’a d’abord attiré car il racontait la vie de Simon Coencas, l’un des quatre principaux découvreurs, inventeurs donc de la grotte de Lascaux, dernier survivant, il nous a quitté en février de cette année. Ayant toujours eu un faible pour l’Histoire et même la préhistoire, le sujet était fait pour me plaire. Seulement voilà, il y a le récit dans le récit et cela donne une profondeur à ce roman dans lequel la rencontre entre l’auteure et Simon et son épouse est à elle-même une belle histoire d’amitié pour ne pas dire une histoire d’amour au sens pur du terme.

Héloïse nous narre donc la vie de Simon, nonagénaire, décrit comme un jeune garçon de 91 ans qui a, avec trois de ses amis, Marcel Ravidat, Georges Agniel, Jacques Marsal, découvert ce temple de l’art pariétal qu’est la grotte de Lascaux, l’été 1940. Nous sommes au début de la seconde guerre mondiale et se succédera à cette heureux épisode de découverte de cette grotte mais également de véritables amis pour Simon ainsi que des premières attirances amoureuses quand rentré à Paris, il se retrouve raflé avant d’être envoyé à Drancy. Oui en ces temps de ténèbres nazis, personne n’est en sécurité. Simon après avoir fait l’une des plus grandes découvertes de l’histoire est emporté par l’une des plus sombres histoires qui se joue alors.  Son jeune âge lui permettra de quitter Drancy néanmoins, jamais plus il ne reverra ses parents.

Malgré cela, la joie, la soif de vie de Simon aura été plus forte à l’image de sa découverte qui aura traversé les siècles pour dévoiler les beautés qu’elle enferme en elle. L’âme de Simon est aussi belle que les plus belles peintures de Lascaux.

Pour parler de la forme de ce texte, j’ai découvert une très jolie plume, d’une douceur exceptionnelle. Le récit, teinté de respect et d’admiration est présenté de façon plutôt originale intégrant la grotte comme personnage et pas en simple lieu. Elle nous parle, nous fait part de ses réflexions, témoin de l’Histoire comme le ferait un sage.

Je ne peux que vous inviter, vous inciter à lire ce roman qui donne envie de sourire à la vie, malgré les épreuves difficiles qu’elle nous fait vivre trop souvent.

Lascaux en musique :

La découverte racontée par ce grand personnage qu’est Yves Coppens :

Pour commander le roman :

https://www.lalibrairie.com/livres/le-dernier-inventeur_0-6731138_9782221241097.html

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