Le dernier inventeur par Héloïse Guay de Bellissen

Robert Laffont 234 pages 20/08/2020

Certaines lectures qui paraissent comme cela toutes simples se révèlent parfois de vraies bonnes surprises. Cela a été le cas pour moi avec Le dernier inventeur d’Héloïse Guay de Bellissen.

Ce roman m’a d’abord attiré car il racontait la vie de Simon Coencas, l’un des quatre principaux découvreurs, inventeurs donc de la grotte de Lascaux, dernier survivant, il nous a quitté en février de cette année. Ayant toujours eu un faible pour l’Histoire et même la préhistoire, le sujet était fait pour me plaire. Seulement voilà, il y a le récit dans le récit et cela donne une profondeur à ce roman dans lequel la rencontre entre l’auteure et Simon et son épouse est à elle-même une belle histoire d’amitié pour ne pas dire une histoire d’amour au sens pur du terme.

Héloïse nous narre donc la vie de Simon, nonagénaire, décrit comme un jeune garçon de 91 ans qui a, avec trois de ses amis, Marcel Ravidat, Georges Agniel, Jacques Marsal, découvert ce temple de l’art pariétal qu’est la grotte de Lascaux, l’été 1940. Nous sommes au début de la seconde guerre mondiale et se succédera à cette heureux épisode de découverte de cette grotte mais également de véritables amis pour Simon ainsi que des premières attirances amoureuses quand rentré à Paris, il se retrouve raflé avant d’être envoyé à Drancy. Oui en ces temps de ténèbres nazis, personne n’est en sécurité. Simon après avoir fait l’une des plus grandes découvertes de l’histoire est emporté par l’une des plus sombres histoires qui se joue alors.  Son jeune âge lui permettra de quitter Drancy néanmoins, jamais plus il ne reverra ses parents.

Malgré cela, la joie, la soif de vie de Simon aura été plus forte à l’image de sa découverte qui aura traversé les siècles pour dévoiler les beautés qu’elle enferme en elle. L’âme de Simon est aussi belle que les plus belles peintures de Lascaux.

Pour parler de la forme de ce texte, j’ai découvert une très jolie plume, d’une douceur exceptionnelle. Le récit, teinté de respect et d’admiration est présenté de façon plutôt originale intégrant la grotte comme personnage et pas en simple lieu. Elle nous parle, nous fait part de ses réflexions, témoin de l’Histoire comme le ferait un sage.

Je ne peux que vous inviter, vous inciter à lire ce roman qui donne envie de sourire à la vie, malgré les épreuves difficiles qu’elle nous fait vivre trop souvent.

Lascaux en musique :

La découverte racontée par ce grand personnage qu’est Yves Coppens :

Pour commander le roman :

https://www.lalibrairie.com/livres/le-dernier-inventeur_0-6731138_9782221241097.html

 » Le jour où  » par Amélie Antoine

XO EDITIONS 395 pages 03/09/2020

Difficile exercice que de rédiger un retour sur un livre qui vous a ébranlé. En effet et en sachant un peu à ce que l’on s’expose quand on lit un auteur qui n’écrit pas qu’avec son talent mais avec son âme, Amélie Antoine écrit des fictions mais qu’elle parsème d’un peu d’elle, d’expérience, de vécu, d’émotions ressenties, ce roman a fait résonner en moi mais comme j’en suis sûr fera résonner en vous des souvenirs proches ou lointains.

Le jour où, nous en avons tous connus, de ces journées qui marque un trait entre l’avant et l’après, évènements intimes ou collectifs tel ce 11 septembre 2001, un mardi qui restera à jamais dans nos mémoires. Souvent ce « jour où » est synonyme pour nous de remise en question, de perspectives d’avenir différentes. Ce nouvel avenir sera pour certains joyeux quand pour d’autres il les attirera vers les ténèbres. Face à ces « jour où » nous ne sommes pas tous égaux.

Ce récit donc, se fera rencontrer deux âmes égarées, deux écorchés de la vie qui vont apprendre à se connaître, à s’apprivoiser, à voir de la lumière dans l’ombre de leurs destins. Rebecca et Benjamin que rien ne présager à se rencontrer, se retrouveront dans un cimetière, elle entretien des tombes, lui est venu à l’enterrement d’un inconnu. Il se sent coupable de vivre, elle ère tel un spectre enfermé dans le monde des vivants. Deux âmes errantes ont-elles le droit de se rapprocher ? De s’accrocher à un envisageable bonheur ?

La lecture de ce livre m’a amené à réécouter une chanson qui réveille des douleurs en moi. Celles d’avoir vu mon frère explosé de chagrin dans la voiture que nous partagions afin de rejoindre l’hôpital où ma mère vivait ses derniers jours. Idiot, enfermé dans mon propre chagrin, je n’avais pas compris sur l’instant la souffrance qu’il vivait lui de son côté. j’étais malheureux, légitimement, mais lui n’avait pas le droit au bonheur, celui d’être père. Sa compagne était dans son huitième mois de grossesse, Juliette, se fille naîtra le jour où nous avons dispersé dans un dernier au revoir les cendres de notre maman. Dans cette chanson revient sous forme de refrain la vie est belle et cruelle à la fois. Je trouve que cette phrase colle à merveille au roman d’Amélie. Il y a toujours une face opposée sombre ou lumineuse à l’image des Hommes qui cachent tous une part d’ombre. Certains savent la garder au fond d’eux, d’autres non. Parfois comme dans l’histoire de Rebecca, cette part d’ombre se révèle chez l’être à qui vous vous êtes donnés corps et âme.

Merci Amélie d’illuminer les ténèbres, de nous rappeler que même si la vie peut être cruelle, elle est belle et qu’elle vaut d’être vécue.

Pour le commander :

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