Les seize arbres de la Somme par Lars Mytting

Actes Sud – 419 pages – 01 novembre 2017 – Traduit du norvégien par Céline Romand-Monnier

Une ferme isolée, à un peu plus de 150 kilomètres au nord d’Oslo en Norvège. Deux hommes, Edvard et Sverre Hirifjell. Un petit-fils et son grand-père qui vivent en quasi-autarcie, sans réelles interactions sociales, produisant pommes de terre et élevant des ovins. Tel est le décor dans lequel évolue notre protagoniste, ce jeune homme d’une vingtaine d’années Edvard, avec comme seules ombres au tableau, le partage d’un passé mystérieux, quatre jours où il a disparu à la mort de ses parents et alors qu’il était âgé de trois ans et pour son grand-père, un passé de soldat de la seconde guerre mondiale où sur le front soviétique, il portait l’uniforme allemand. Leur vie commune est plutôt bien réglée, millimétrée. Enfin, jusqu’au décès de Sverre et l’apparition d’un étrange cercueil, de toute beauté, réalisé par le travail habile d’un maître ébéniste, Einar Hirifjell, son frère, disparu de leur vie depuis si longtemps.

Désormais seul, Edvard, se posera de nombreuses questions sur son passé, son avenir. En effet, à l’âge où il doit construire sa vie, la perte de son grand-père, véritable tuteur et l’absence de fondations de son existence l’empêchent de trouver la voie, d’avancer. Il décidera donc de partir sur les traces de son passé nous entraînant dans une fresque familiale pleine de surprises, sur plus de soixante-dix ans au cours desquels ont eu lieu les deux plus grands conflits mondiaux.

Les seize arbres de la Somme est à la fois, un roman initiatique, d’aventure avec une chasse au trésor, historique et noir, social, sur les conséquences de ces guerres qui en plus de millions de morts ont laissé sur le bord de la route de trop nombreuses âmes brisées. Un roman touchant, qui nous fait voyager entre les territoires norvégiens, les îles Shetland et le nord de la France et plus particulièrement le nord de la Somme qualifié de plus grand abattoir mondial tant la der des der y fût dévastatrice.

Lars Mytting, nous offre ici un récit intéressant et complexe avec des personnages ambigus et une intrigue finement construite reprenant les codes qui font le succès des romans scandinaves. Une lecture passionnante qui malgré un rythme plutôt lent nous accroche du début à la fin.

Authuile, l’origine de l’intrigue du roman…

Le site de l’éditeur : https://www.actes-sud.fr/node/61377

Dent de dinosaure par Michael Crichton

Éditions de l’Archipel – 303 pages – 3 juin 2021

Treize ans après la disparition du très talentueux auteur, scénariste Michael Crichton, parait un roman inédit en français (publié il y a tout juste quatre ans en VO), Dent de dinosaure. Mais attention, dinosaures et Crichton, ne signifient pas pour autant une version différente de Jurassic Park.

En effet, l’auteur nous emmène cette fois dans la seconde moitié du XIXe siècle au pays de l’oncle Sam, à la chasse aux fossiles en compagnie de Edward Drinker Cope et Othniel Charles Marsh deux célèbres paléontologues, découvreurs de nombreux spécimen, mais surtout connus pour être les protagonistes de la « guerre des os ».

Dans ce roman d’aventure, où se mêlent science et histoire, la fiction n’est pas en reste avec Johnson, ce jeune étudiant qui sur un pari, partira avec Marsh dans l’Ouest américain, dangereux et hostile.

Ce roman est un vrai plaisir de lecture, divertissant et enrichissant. Je remercie les éditions de l’Archipel et NetGalley pour ce service presse.

Pour en apprendre un peu plus sur cette folle compétition aux fossiles

La République des faibles par Gwenaël Bulteau

La Manufacture de livres – 04/02/2021 – 368 pages

Laissez-vous embarquer dans un voyage que vous n’oublierez pas de si tôt !

Le premier janvier, nous souhaitons leur fête aux Clair, les brillants, les glorieux. Seulement, en 1898, dans une France qui, sous la IIIᵉ République, n’arrive pas encore à poser de manière pérenne ses principes fondamentaux que sont la démocratie, les libertés, la laïcité, les droits sociaux, la justice pour tous, c’est l’obscurité qui va s’abattre sur la ville de Lyon avec, l’atroce découverte par un chiffonnier du corps d’un enfant sans tête.

Le commissaire Jules Soubielle sera chargé de l’enquête dans un climat de tension extrême à l’approche d’élections législatives où le socialisme naissant fait face au nationalisme et surtout l’antisémitisme exacerbé par l’affaire Dreyfus.

Le commissaire devra jongler entre ses ennuis personnels, ses équipes déchirées entre problème d’alcool et idéaux politiques, une misère sociale présente à tous les coins de rue, les secrets cachés de familles comme les Génor et les sévices subis par certains enfants.

Gwenaël Bulteau signe avec La République des faibles un magistral premier roman, récompensé par le prix Landerneau. Professeur des écoles, on ressent dans son texte l’affection et l’engagement auprès des enfants et son combat contre l’injustice sociale. Polar, roman noir, roman social, roman historique, un récit multi-facettes et une prose poétique font de ce roman un petit bijou de l’édition contemporaine.

Un grand merci aux éditions La manufacture de livres et à l’auteur pour ce magnifique roman.

Pour découvrir le Lyon de l’époque

D’amour et de guerre par Akli Tadjer

Éditions les Escales

Akli Tadjer, nous entraîne avec « D’amour et de guerre » de la Kabylie au Nord de la France, dans un bouleversant récit, où se mêlent tendresse et dureté, humour et tragique, Histoire et fiction, Amour et guerre.
Octobre 1939, Adam, jeune kabyle, gardien de moutons, vit l’insouciance de ses vingt ans, vouant un amour immense à son amie d’enfance Zina, pour laquelle il bâtit un chez-eux, la clef. Tous deux ne rêvent que de se marier et vivre ensemble, une vie heureuse. Seulement, en Europe la guerre est déclarée. Comme plus de 130 000 Algériens, Adam devra intégrer l’armée française. Il sera envoyé sur le front, face aux Allemands, sur un continent qu’il ne connait pas l’Europe, dans un pays où son père est revenu estropié de la Der des ders, la France. Arraché à sa terre, son foyer, son amour, il écrira à cette dernière des lettres d’amour dans un cahier rouge qu’il gardera sur lui…
D’amour et de guerre, fait partie de ces rares romans qui, une fois refermé, résonne toujours en vous en nous apportant un petit quelque chose qui nous change. En effet, même si nous possédons un certain nombre de connaissances sur cette triste période, que régulièrement les honneurs sont rendus et à juste titre aux résistants, aux alliés, aux soldats qui ont débarqué en Normandie, nous ne savons pas grand-chose sur les bataillons armés d’Afrique et d’ailleurs sans qui, nous n’aurions certainement pas vaincu la tyrannie nazie. Des hommes que nous avons traité avec si peu d’humanité. Avec ses mots justes écrits de sa très belle plume, Akli Tadjer, leur rend un magnifique hommage.

Lame de corsaire par Nicolas Cluzeau

Éditions du 38 – 254 pages – juillet 2020 (première édition mars 2011)

Quel plaisir, quelle aventure, que cela fait du bien en ce moment, de larguer les amarres et partir à travers la Méditerranée sur une frégate au XVIIIᵉ siècle. Ce moment de lecture qui sent bon l’air salin, nous le devons à Nicolas Cluzeau et son excellent roman, un mélange entre polar historique et récit d’aventure.
Nous sommes donc, précisément en 1774, un navire de guerre, une frégate française, la Scylla s’apprête à partir du principal port d’Athènes avec une cargaison un peu spéciale, de l’or, des armes en quantité et deux mystérieuses passagères qui viennent rejoindre deux centaines de marins.
À peine la Scylla a-t-elle pris la mer, que les ennuis commencent, les premiers d’une longue série. La frégate est prise en chasse par deux navires de guerre anglais et un jeune matelot est retrouvé mort. Le capitaine Van Stabel chargera deux jeunes lieutenants de mener l’enquête à bord, ce qui déliera les langues, nous apprenant par exemple qu’à chaque fois que le navire français quitte un port, une femme est retrouvée morte, atrocement mutilée. Nicolas Cluzeau, avec ce récit au grand large, nous offre un huis clos dans lequel évoluent de nombreux personnages, qui nous font voyager et nous offrent de magnifiques combats navals, dignes du film Master and Commander. Ce mélange des genres entre polar, histoire et aventure fait que ce récit plaira au plus grand nombre. Je remercie les éditions du 38 pour ce service presse et félicite cet auteur que je ne connaissais pas, mais dont la plume me donne envie de découvrir ses autres romans.

Pour commander ce roman, foncez chez votre libraire ou voici le site des éditions du 38 :

https://www.editionsdu38.com/

Pour aller plus loin :

Ce magnifique navire, l’Hermione, reconstitution d’une frégate du XVIIIᵉ
Bataille navale du film de Peter Weir Master and commander : de l’autre côté du monde

Le crépuscule et l’aube par Ken Follett

Robert Laffont – 851 pages – 17/09/2020

J’attendais avec envie ce nouveau roman de Ken Follett, dont l’histoire se déroule un peu plus de cent ans avant « Les piliers de la Terre » et à travers lequel nous connaitrions les origines de Kingsbridge. Y trouver en plus des Vikings était la cerise sur le gâteau, tant leur présence peut assurer des scènes d’action bien rythmées et violentes.

Seulement, mes attentes étaient certainement un peu trop fortes et je reste sur ma faim. Non pas que le roman ne soit pas bon, il l’est de par la construction du récit, la plume de Ken Follett toujours aussi agréable mais, un scénario assez lent, des personnages qui paraissent être des caricatures de ceux des piliers de la Terre. Dans l’ensemble aucune surprise.

Ce sentiment passé, le roman reste une très bonne lecture qui nous apprend comment s’est fondée Kingsbridge, et nous donne des informations sur la dure réalité de la vie à cette époque de l’entrée dans le second millénaire avec la menace des Vikings qui étaient des êtres destructeurs.

Le roman présenté par Ken Follett lui-même :

Voici le lien vers la page Wikipédia d’Emma de Normandie, qui a inspiré le personnage de Ragna :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Emma_de_Normandie

 » La chute – Les derniers jours de Robespierre  » par Jacques Ravenne

EDITIONS PERRIN / PLON 226 pages 16/01/2020

Trois jours, il aura fallu trois jours pour briser un homme, une figure de la révolution, Maximilien de Robespierre, l’Incorruptible.

Jacques Ravenne, auteur à succès ayant un goût prononcé pour l’Histoire et doué d’un véritable talent de conteur, nous raconte ici, au jour le jour, ces journées des 8, 9 et 10 thermidor marquant la fin de la « Terreur » avec la décapitation de Robespierre. Ce récit se voulant plus global, nous présente à la fois Robespierre, mais également son frère Bonbon, ainsi qu’une multitude de personnages amis ou ennemis. Jeux politiques, manipulations, trahisons hier comme aujourd’hui sont monnaie courante dans les arcanes du pouvoir. Des hommes se battent pour manger, survivre, d’autres pour posséder plus.

Robespierre, est un personnage controversé, l’Histoire est faite par les hommes qui l’écrivent et parfois à l’avantage de ceux qui y survivent. Et ils seront peu tant les lames de la Guillotine auront tranché de têtes.

A la manière d’un thriller historique, ces derniers jours de l’Incorruptible ne nous laissent pas de répit, et le talent de Jacques instaure un suspense alors que tous, connaissons la tragique fin du principal protagoniste.  

J’aime beaucoup l’Histoire et je trouve que ce type d’ouvrage basé sur des faits réels dont la violence dépasse bien souvent celle présente dans les fictions, la dépoussièrent et la rendent accessible au plus grand nombre. Je ne doute pas néanmoins que certains critiqueront les épisodes fictifs, romancés permettant de combler des passages qui restent et resteront à jamais inconnus.  

Pour réapprendre qui était Robespierre :

Pour le commander :

https://www.lalibrairie.com/livres/la-chute–les-derniers-jours-de-robespierre_0-6316141_9782262082284.html?ctx=06035b6927a9f33144aeca8e973763a9

« Hoplite ou l’épopée des Dix-Mille » de Jean-Luc Marchand

La Compagnie Littéraire 370 pages 24/01/2020

Je sors une nouvelle fois de ma zone de confort avec ce roman historique mais pas que… Même si j’aime beaucoup les romans qui parlent d’histoire, je suis plus habitué aux récits se déroulant au Moyen-Age ou à la Préhistoire. Là c’est un changement d’époque que ma proposé « La compagnie littéraire » puisque cette histoire se déroule quelques siècles avant J-C.

Avant de parler de mon ressenti sur le texte, je tiens à souligner le travail de cette maison d’édition (que je découvre avec ce texte), pour la qualité de ce roman numérique, quel plaisir à lire.

Ensuite, l’auteur Jean-Luc Marchand, à réaliser un roman historique, épique, initiatique, très bien écrit avec de nombreux détail et un texte chapitré de manière à lui donner un certain rythme malgré le peu de dialogues. De plus il a l’art de vous rendre ce texte si vivant que parfois nus oublions les 2500 ans environs qui nous séparent de Sophénète le héros de ce roman qui justement poursuit le but de devenir un Héros…

Mes connaissances sur cette période de l’Histoire et ce peuple des Spartiates étant plus que limitée, je n’ai pas l’œil suffisamment avisé pour savoir si l’auteur est proche de la réalité historique. Néanmoins, la lecture de ce texte nous démontre que l’auteur est soit un passionné de cette période soit il a réalisé un sacré travail documentaire.

En tout cas se livre a le double avantage de soit faire aimer l’histoire à un passionné de littérature, soit donner l’envie de lire à un féru d’Histoire.

J’espère que ce livre rencontrera son public, car une telle réussite mérite le succès.

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