Villebasse par Anna de Sandre

La Manufacture de Livres – 224 pages – 19 août 2021 – 9782358877800

Une ville sombre aux habitants sans avenir, contée par une plume poétique aussi lumineuse que cette Lune bleue, fantastique, mystérieuse, accrochée dans le ciel de Villebasse.

Anna de Sandre, nous entraîne avec son premier roman, dans une lecture déroutante, mais captivante. En à peine plus de deux cents pages et trente-sept chapitres, elle nous dépeint une ville et une vingtaine de ses habitants. Cette ville, personnage principal du roman, engoncée dans une vallée dont seule dépasse cette fameuse Lune bleue, ressemble à tant de villes que nous connaissons, dévastée par la fermeture d’usines, oubliée des projets d’envergure au profit d’autres. Ces villes où seuls errent des habitants qui ne font que survivre, parfois rejoints par des personnes qui arrivent là par hasard. Ces communes souvent rurales que l’on connaît tous, du Nord au Sud, de la Bretagne au Grand-Est.

Cette ville, Villebasse, c’est Le Chien qui nous la fera découvrir. Arrivé lui aussi par hasard, il est dénué de maîtres et va de maison en maison, traversant quartiers et rues. Le seul point central où se retrouve régulièrement de nombreux personnages est Le ventre de l’ogresse, un bar. Les personnages multiples sont tous différents, mais ont en commun une absence de joie dans leur vie, tantôt en proie à des névroses familiales, tantôt victime de la crise économique. Anna de Sandre, à travers ce voyage onirique et poétique dépeint celle qui est souvent qualifiée de France périphérique. Cette France oubliée des politiques entre chaque élection et qui ne fait parlait d’elle en général qu’avec des drames intéressants les médias.

Cette lecture est relativement perturbante tant les premiers chapitres nous perdent dans ces rues froides, enneigées où il nous est impossible de trouver un fil conducteur. C’est d’ailleurs à cette occasion que la magie de la prose de l’autrice opère le plus et nous incite à aller plus loin, pour rapidement nous emballer totalement. N’ouvrez pas ce livre si vous n’avez pas un vrai temps de lecture devant vous.

Je remercie La Manufacture de Livre, Marie-Anne Lacoma et Pierre Fourniaud pour m’avoir permis de découvrir ce roman que je relirai certainement, chose rare, tant il possède de mystères à explorer.

Cette formidable équipe de la Manuf’ en parle bien mieux que moi (à partir de 4’11)

Le site de La Manufacture de Livre : https://www.lamanufacturedelivres.com/livres/fiche/207/de-sandre-anna-villebasse

Katja par Marion Brunet

In8 éditions – 80 pages – 21 septembre 2021

Un court roman, une novella sombre, un récit profondément noir, mais tellement bouleversant, car du plus profond, brille une puissante humanité. Certainement mon coup de cœur de cette fin d’année.

En quelques dizaines de pages, Marion Brunet, nous embarque pour un récit qui marque nos vies de lecteurs d’une empreinte indélébile. On ne ressort pas indemne de cette lecture. Une novella qui n’est autre qu’un condensé de ce qu’est le meilleur de la littérature noire.

Berlin. Katja, trentenaire, vient de perdre sa mère. Seule subsistait l’enveloppe charnelle de cette dernière, déjà éteinte à l’intérieur. À vrai dire, Katja ne l’a jamais connu pleine de vie. Ce décès est pour la jeune femme, le déclic qui la fera partir sur les traces de son passé. Direction la Bretagne et une île coupée, à marrée haute, du reste du monde, sur laquelle un homme malade fait face à ses derniers instants de vie, rongée par une saleté de crabe. Elle se fera embaucher par ce dernier, pour l’assister et lui permettre de rester quelque temps de plus dans cette grande maison vide. Mais, avec Katja, s’installe également une tension, un climat très froid qui repose sur des non-dits que l’on découvrira au fur et à mesure.

Marion Brunet, fait preuve ici de tout son talent pour nous raconter une histoire, quasi en huis-clos. Un voyage de l’Allemagne de l’Est à l’extrême ouest de la France, sur les traces d’un passé, recomposé à la sauce Stasi. Ici, plus qu’à travers les dialogues, la puissance du récit s’écrit dans les silences qui rythment les confrontations entre Katja et le vieux journaliste. Les portraits des personnages chacun rongé par un mal, la maladie pour l’un, la colère pour l’autre, sont d’une rare intensité et nous offrent deux versions d’une même histoire. N’en faisons pas de mystères, chez l’un gagnera la maladie…

Un texte poignant, une nouvelle pépite de la collection Polaroid chez les éditions In8. Vous n’êtes pas lecteurs de nouvelles ? Katja, vous fera changer d’avis. Bravo Marion Brunet. Merci In8 de permettre à ce genre de textes, de rencontrer les lecteurs.

Le site de l’éditeur : https://www.editionsin8.com/catalogue/livre/927-katja

Pour seul pardon par Thierry Brun

Editions Jigal – 200 pages – 25 septembre 2021

Un roman noir, assez court, dans le cadre gris et humide des montagnes vosgiennes. Mais, attention à l’image de ses dernières, ce roman sans que l’on s’en rende compte, nous happe totalement.

Senones, village lorrain au pied des Vosges. C’est ici, dans l’un des coins de France où la désindustrialisation a été des plus forte qu’un entrepreneur local, magouilleur, bénéficie d’une certaine impunité grâce à un chantage à l’emploi. De plus, c’est l’un des seuls à accueillir d’anciens détenus en réhabilitation. C’est chez lui, qu’échouera Thomas Asano, ancien mercenaire dans les balkans. Travailleur et bon chasseur, il devient vite homme de confiance pour Léon Chevreux. Tout se passe plutôt bien jusqu’à ce qu’apparaisse une cargaison de drogue destinée à des malfrats nancéiens au moment même où Elise, la fille de Chevreux au même caractère se rapproche de Thomas. Décidément, il devient difficile de se faire oublier et de se construire un avenir différent du passé.

Sans que l’on s’en rende compte, Thierry Brun nous distille à petites doses, aux gouttes à gouttes, les éléments composants ce récit qui devient vite addictif. Il ne fait cependant que nous les livrer, à nous d’assembler le puzzle entre le présent, le passé, Béatrice et Elise, le vrai et le faux, l’imaginaire. Pour seul pardon, une expérience peu ordinaire de lecture. Sommes-nous totalement maîtres de notre destin ?

Un grand merci à Jimmy Gallier de Jigal éditions et à Thierry Brun pour ce sombre, très sombre voyage littéraire vosgien.

Le site de l’éditeur : http://polar.jigal.com/?page=liens&p=270

Noir diamant par Jean-Hugues Oppel

La Manufacture de Livres – 308 pages – 06 mai 2021

Et, de 1, et de 2, et de 3, avec Noir diamant, Jean-Hugues Oppel, signe la troisième apparition de Lucy Chan, plus vivante que jamais.

Rappelez-vous, Oppel, nous avait laissé dans son précédent opus avec notre officier de la CIA préférée, quasi morte. Vous comme moi, n’y croyons qu’à moitié, connaissant son courage et son intelligence. De plus, l’auteur s’amuse tellement avec elle qu’il aurait été surprenant qu’il la sacrifie. Et bien Darby Owens, sa supérieure, ancienne formatrice maintenant sous-directrice de l’Agence, n’y crois pas non plus et à juste titre. Sortie des flammes de l’enfer suite à la frappe du missile envoyé par cette même agence, Lucy survit. Owens, saute donc sur l’occasion pour en faire l’agent secret rêvé, car qui de plus secret qu’un individu officiellement décédé ?

Et, cela tombe bien, car, la sécurité intérieure du pays alors dirigé par le potus peroxydé, apprend à la sous-directrice que des ogives nucléaires se promèneraient actuellement sur l’ancien continent. L’occasion est trop belle pour passer à côté et Owens met de suite, Lucy en contact avec un agent de la DGSE française de sa connaissance. Un périple transfrontalier entre France et Allemagne commence.

Ce Noir diamant, en étant le moins voyageur de la trilogie est certainement le plus explosif des trois. Lucy de simple analyste et aujourd’hui un agent de terrain à part entière qui n’hésite pas à se mettre en danger. Pantin entre des mains bienveillantes de sa supérieure hiérarchique, qui elle, déjoue les manigances depuis les États-Unis, Lucy joue la plus belle partition de sa jeune carrière.

Dans ce roman, au-delà des nombreuses qualités qu’il possède, que l’on retrouve dans les précédents opus (19 500 dollars la tonne et Total Labrador), la relation Chan/Owens, presque maternelle, apporte un vrai plus. Un roman d’action, d’espionnage, un univers très masculin, où brillent deux femmes qui n’ont rien à envier aux hommes.

Noir diamant, n’oublie pas non plus, pour s’inscrire totalement dans la lignée des précédents, de nous offrir en fil rouge, les messages d’un lanceur d’alerte. Sévissant cette fois, sur Twitter, le célèbre réseau dont l’ancien président était un utilisateur acharné.

Le site de La Manuf’ : https://www.lamanufacturedelivres.com/livres/fiche/200/oppel-jean-hugues-noir-diamant

Total Labrador par Jean-Hugues Oppel

La Manufacture de Livres – 288 pages – 07 février 2019

Sans être une suite directe de 19 500 dollars la tonne, Total Labrador, signe le retour de l’incroyable et surdouée Lucy Chan.

Jean-Hugues Oppel et l’un des rares auteurs français capable dans un style très anglo-saxon, de nous offrir un mélange entre thriller, roman noir et roman d’espionnage, le tout, sur fond de géopolitique, nouvelles technologies et manipulation. Dans Total Labrador, il nous entraîne dans le sillage de la jeune analyste de la CIA, à la poursuite de Jonathan Rogue, traître aux yeux de l’agence, de l’Afrique à l’Asie et des USA à l’Europe, une traque internationale.

Même si ce roman qui peut se lire indépendamment de 19 500 dollars la tonne, nous retrouvons les mêmes ingrédients dans les deux opus, pour notre plus grand plaisir. Avec Oppel et son style inimitable, ça envoie du lourd, tant pour le côté spectacle que pour le côté hyper documenté. Tout ce qui n’est pas interdit est permis, nous annonce-t-il page 17 alors, l’auteur ne se prive de rien et profite de ses personnages comme son animateur de Radio Jamaïque pour nous rappeler, les combines malsaines de groupe comme Apple, pour faire encore plus de blé avec la bénédiction des pouvoirs politiques en place.

Les thèmes abordés par l’auteur pourraient nous faire peur de part, leur complexité pour les arpètes en tissage de réseaux internationaux d’influence, que nous sommes. Néanmoins, ce maître du thriller politique, possède le rare talent de tout nous rendre accessibles. Ne fuyez pas par peur de ne pouvoir vous y retrouver.

Ce roman terminé en quelques heures de lecture me laisse avec l’énorme envie de dévorer Noir Diamant.

Le site de La Manufacture de Livres : https://www.lamanufacturedelivres.com/livres/fiche/133/oppel-jean-hugues-total-labrador

La petite gauloise par Jérôme Leroy

La manufacture de livres – 148 pages – 08 mars 2018

Un roman noir assez court, un moment de lecture jubilatoire où derrière un humour noir percutant couve la menace terroriste.

Dans une ville portuaire de l’Ouest de la France, une de ces villes moyennes qui ne font pas, habituellement, la une des journaux télévisés, éclate une violente fusillade. Terreau du radicalisme à la fois religieux auprès des jeunes paumés de la cité des 800 et du nationalisme, la ville est dirigée par le Bloc patriotique, cet évènement mettra en branle les forces de sécurité. En une nuit, la tension est à son comble, car l’inconnue règne en maître, personne ne sait vraiment à quoi s’attendre. Le terrorisme ne se cache pas toujours derrière des visages barbus et il existe plus grande motivation que celles dictées par les religions.

Dans cette novella, Leroy dresse un portrait troublant de vérité de la France périphérique, presque inexistante aux yeux des élites politiques et intellectuelles parisiennes. Celle où naissent et se développent dans des esprits souvent ignorants, par manque de nourritures culturelles et intellectuelles, intégrismes religieux ou patriotiques, ou pire, simplement le dégoût de l’autre.

En même temps, nous ne pouvons reconnaître que nous ne faisons pas grand-chose pour y remédier. Souvent simples spectateurs, de l’évolution de la contamination des esprits par ces idées nauséabondes, nous nous révoltons à travers quelques publications sur les différents réseaux sociaux. Pour d’autres, le problème n’a qu’un visage, celui des musulmans. Comme le dit, à juste titre, Mokrane Méguelati, ce flic de la BAC en réponse à ceux (journalistes ou politiques) qui accusent les musulmans de France de ne pas manifester contre les islamistes : « les musulmans en France, quand ils ne sont pas parmi les victimes, ils n’ont pas forcément le temps de manifester : ils sont parmi les blessés, le personnel soignant qui s’occupe des blessés, ils sont parmi les profs qui essaient d’expliquer le lendemain aux mômes en face d’eux ce qui s’est passé, parmi les femmes de ménage qui épongent le sang du jour d’après ou parmi les maquilleuses qui refont vos sales gueules avant que vous alliez pérorer sur les chaînes d’infos continues. Ils sont même parmi les flics qui traquent les terroristes et, à l’occasion y laissent la peau. »

Cette société, si nous ne l’avons pas nécessairement voulu, nous l’entretenons, sourds à certains appels à changer. Souvent d’ailleurs, ces appels ne sont pas médiatisés, il est tellement plus télécompatible de mettre en lumière des femmes et hommes, caricatures d’eux-mêmes, qui seront très vite moqués ou qualifiés d’islamo-gauchistes.

Il y a tant à dire ce roman de pas tout à fait cent cinquante pages, que ce retour de lecture pourrait devenir interminable. Juste en conclusion, jetez-vous sur La petite gauloise et laissez-vous emporter par le rythme jubilatoire teinté d’un humour noir intelligent que donne Jérôme Leroy à ce récit incroyablement réaliste. Approchant les fêtes de fin d’année, si vous voulez faire une bonne action, offrez ce roman à chacun de vos proches tenté de voter pour la blonde éleveuse de chats ou pour le nouveau produit médiatique haineux.

Le site de l’éditeur : https://www.lamanufacturedelivres.com/livres/fiche/9/leroy-jerome-la-petite-gauloise

L’Enfer par Marin Ledun

In8 éditions – Faction – 96 pages – 07 septembre 2021

Une nouvelle noire, historique, sans concession à lire dès 12 ans.

Dans cette nouvelle, publiée dans la nouvelle collection des éditions In8, Faction, de romans courts, engagés, accessibles aux jeunes lecteurs, Marin Ledun, nous emmène en Guyane, au milieu du XIXᵉ siècle. Il nous conte l’histoire d’Ahmed, condamné aux travaux forcés, pour avoir eu le malheur, à Oran, d’aimer Maryam. Amour qui l’aura poussé à commettre l’horrible crime, de ne pas respecter le couvre-feu. Arraché à sa terre, il sera déporté de l’autre côté de l’Atlantique afin d’y commencer une nouvelle vie pire que la mort, celle de bagnard.

Sur l’archipel des îles du Salut, il y découvrira la promiscuité, le travail sept jours sur sept sous un soleil brûlant, nourri d’une vulgaire bouillie. Sur cette terre volcanique, les journées rythmées au son des pioches qui cassent la roche, ne laisse guère place aux songes d’un avenir meilleur, ici tous sont prisonniers, les détenus, les gardiens et la famille des militaires. La liberté, c’est l’espoir et l’espoir, dans ce trou à rats, c’est un coup à devenir fou. Mais, Ahmed n’a pas encore vingt ans, et malgré, les conseils de celui qui est devenu son ami, le résigné André, il rêve d’un avenir surtout depuis qu’il a aperçu une jeune fille, tel un ange, de blanc vêtue…

Dans ce court récit, le contraste est permanent, la noirceur des pierres face à la robe d’une blancheur immaculée de Louise, la peine face au « crime » commis, la jeunesse d’Ahmed, face à l’âge avancé d’André. Un contraste qui nous rappelle celui de l’hypocrisie de notre nation, pays des Droits de l’Homme face à notre Histoire.

Avec L’Enfer, Marin Ledun, n’infantilise pas son histoire. Il nous rappelle à nous adultes, qu’ils sont capables de se forger leur opinion et surtout, que contrairement à nous, plutôt que de voiler l’Histoire pour rendre notre monde meilleur, ils sont capables comme Ahmed, de construire un futur plus juste.

Ne pas se rappeler l’Histoire, c’est reproduire les horreurs du passé….
Qui ne s’est jamais laissé enchaîner ne saura jamais c’qu’est la liberté

Le site de l’éditeur : https://www.editionsin8.com/catalogue/livre/923-l-enfer

Nos corps étrangers par Carine Joaquim

La Manufacture de Livres – 232 pages – 07 janvier 2021

Avec Nos corps étrangers, Carine Joaquim nous offre un premier roman court, noir, d’une extrême finesse psychologique, un bouleversant récit sur ces vies parfois si banales en apparence et pourtant…

Elisabeth, Stéphane et Maeva 15 ans, forment une famille d’apparence modèle comme il en existe des milliers d’autres. Seulement, derrière d’idylliques apparences, se cachent souvent une réalité moins reluisante et malheureusement tellement banale. Leur réalité, c’est celle d’un couple qu’a fui l’amour, abîmé par la routine, les rêves inaccomplis et brisé par l’adultère de l’époux. Pour se reconstruire, ils décident de fuir cette réalité, de l’abandonner, quittant Paris, pour se donner une nouvelle chance en banlieue, à quelques dizaines de kilomètres. Seulement vingt ans ne s’effacent pas comme cela.

Ils rêvent d’un nouveau départ, s’offrent une jolie maison avec jardin et atelier. C’est là qu’Elisabeth souhaite se mettre à la peinture, une passion enfouie au fond d’elle, de ce corps devenu étranger, traumatisé par la trahison de Stéphane et qui n’accepte plus d’être nourri. Elle espère que la peinture sera une thérapie, une renaissance.

Maeva quant à elle est jeune fille qui devient femme, et doit faire connaissance avec un corps changeant, découvre les sentiments amoureux et cette nouvelle vie, loin de ses amis d’enfance tout en se remettant de la perte de sa grand-mère.

Pour Stéphane seul l’augmentation du temps passé dans les transports sera un changement notoire dans cette nouvelle vie qui ne fera pas illusion longtemps.

Carine Joaquim signe un brillant premier roman qui doucement, nous emporte jusqu’à nous happer complétement, le final est brutal, bouleversant. L’auteur aborde avec finesse de nombreux sujets tels que le handicap, l’immigration, le harcèlement, l’adolescence, l’adultère, la parentalité, le rapport du corps et de l’esprit… Beaucoup de sujets pour un court roman rythmé par une année scolaire de la vie de cette famille. Seulement, comme la vie nous le prouve trop régulièrement, le sort a tendance à s’acharner.

J’ai une nouvelle fois été bluffé par un premier roman dont la lecture dès les premières lignes m’a émotionnellement bouleversé tant ce premier chapitre résonnait en moi pour des raisons très personnelles. Néanmoins, la plume sensible de Carine Joaquim aura su transformer cette lecture en une nouvelle passionnante expérience. Comme lecteur, j’ai souvent l’impression de grandir un peu après chaque roman publié chez La Manufacture de Livre que je lis.

Un grand bravo Carine, hâte de découvrir le prochain et merci à Pierre Fourniaud de faire vivre une si belle maison et de nous permettre de découvrir autant de talents.

Quand l’amour n’est plus, il vaut parfois mieux lui dire au revoir tout simplement…

Le site de l’éditeur : https://www.lamanufacturedelivres.com/livres/fiche/191/joaquim-carine-nos-corps-etrangers

Va manger tes morts par Pascal Martin

Editions Jigal – 232 pages – 25 septembre 2021

Un dernier roman, véritable ode à la vie, pour cet auteur nous ayant récemment quitté et que je découvre avec Va manger tes morts.

Un véritable coup de poing, une lecture qui vous bouscule. Va manger tes morts est une histoire comme on en trouve trop peu. Dans ce roman noir, tout commence par une scène ordinaire, Rio Capo Ortega, comme chaque vendredi soir, déguste un excellent steak dans une brasserie parisienne. La vie de cet enquêteur en assurance est réglée comme une horloge. Mais, en cette soirée ordinaire, à une table voisine, un sale type, cogne violemment la jeune femme avec qui il partage son repas. Pourquoi Rio s’en mêle, nul ne le sait. Il ne fait malgré tout pas le poids et sera à son tour sauvé par la jeune femme, tuant l’agresseur d’une balle dans la tête devant tout le monde.

L’enquêteur à la vie si posée d’habitude, se retrouvera en cavale, accompagné par la tueuse. Seulement nos décisions prises parfois en quelques fractions de secondes peuvent avoir des conséquences énormes sur nos vies…

Véritable ode à la vie, ce récit nous donne envie de nous échapper de nos quotidiens bien rythmés. Il nous fait voyager, nous donne à réfléchir et nous fait découvrir une culture mystérieuse, celle des Gitans. En effet, Romane, la jeune tueuse, est une Gitane au langage bien particulier. Michto, bicrave, chlof, courave, gadjo, tikno… et en leitmotive Va criave tes moulos, ne sont qu’un petit échantillon du vocabulaire de Romane. Un roman quasi bilingue.

Va manger tes morts est une véritable aventure littéraire. Un roman plaisant à lire, mais avec un fond très dur mêlant traite humaine, violence extrême, règlement de compte. Parfois, suivre son instinct, ne pas prendre le temps de réfléchir à ses actes, fait exploser nos petites vies pour le meilleur ou le pire…

Pascal Martin nous aura quittés en laissant en héritage un récit débordant de vie.

Un grand merci à Jimmy Gallier et à Jigal Polar.

Le site de l’éditeur : http://polar.jigal.com/index.php?page=liens&p=269

Bancal de Nick Gardel

Auto-édition – 278 pages – 31 août 2021

Ouvrir un roman de Nick Gardel a pour moi, toujours été un plaisir. Cette suite qui n’en est pas vraiment une de Sans queue ni tête, n’échappe pas à la règle. Un régal de retrouver Jean Davis et Jean Anders accompagnés d’Aïna Fleury et de Trémeur Glascon pour une double enquête.

On commence donc avec deux victimes décédées, un éducateur spécialisé dans un accident de la route et un vieux banquier retrouvé dans une étrange position, tendance SM. Deux corps, une équipe hors du commun de quatre enquêteurs, par deux, ils auront chacun leur affaire.

Une nouvelle fois, Nick Gardel, nous entraîne dans un polar percutant, teinté d’humour et d’esprit avec en toile de fond, des thématiques fortes, telles la prostitution ou les laissés pour compte. Bancal est un plaisir à lire à a première gorgée tout en nous laissant en arrière-goût, un triste constat de notre société.

Je ne peux que vous dire de foncer sur le site de l’auteur (lien-ci dessous) et de commander Bancal au plus vite.

Le site de l’auteur : http://nickgardel.e-monsite.com/boutique/romans/bancal.html

Un site WordPress.com.

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