Ministre de la nuit par Giorgos Skambardonis

Éditions Monemvassia 311 pages 17/09/2020

Je remercie Babelio grâce à qui à l’occasion d’une masse critique j’ai pu voyager en Grèce à l’occasion de la lecture de « Ministre de la nuit » de Yorgos Skambardonis et ce même si ce roman ne m’a pas entièrement convaincu. Il s’agit pour moi du premier auteur grec « moderne » que je lis et ma curiosité a suffisamment était émoustillée pour que j’en découvre d’autres.

Ce roman noir, se déroule dans la Grèce du Nord, nous sommes assez loin des images touristiques qui nous viennent en tête à chaque évocation de ce pays assez méconnu. Ioannis Bekhtis dit « Primo » est un entrepreneur joueur et flambeur, après des études d’architectures, de nombreuses difficultés financières dues à son addiction au jeu, il se retrouve à la tête de l’entreprise de pompes funèbres de son père disparu. Entreprise qu’il mettra rapidement en difficultés de nouveau à cause des pertes financières dans les casinos.

Seulement, Primo grâce à ses relations, se verra mis en contact avec le « ministre de la nuit », un parrain de la mafia locale qui lui proposera un deal leur permettant à tous les deux d’en tirer nombres bénéfices.

Comme souvent à l’image de la vie, et sans que l’on sache pourquoi, certains se retrouvent dans une spirale de malchance perpétuelle quand d’autres se sortent toujours des pires situations.  La trajectoire que suivra la vie de Primo, en sera la preuve.

Mon ressentiment sur cette lecture est plutôt partagé, j’ai vraiment apprécié la toile de fond de ce roman, alors que sur la forme, je n’ai pas trouvé agréable sa lecture avec des passages très longs qui n’apportent pas forcément quelque chose à l’intrigue. Néanmoins, ce roman m’aura permis de découvrir la Grèce d’aujourd’hui et surtout envie de m’essayer à d’autres auteurs de la république hellénique.

Un extrait musical d’un artiste cité dans le roman :

Pour le commander, soit directement sur le site de l’éditeur, soit votre libraire indépendant, soit :

https://www.lalibrairie.com/livres/ministre-de-la-nuit_0-6968209_9782957297306.html

 » Ce lien entre nous  » de DAVID JOY

SONATINE 304 pages 03/09/2020

Autant le dire tout de suite, « Ce lien entre nous » de DAVID JOY est une pépite. Un roman noir, social, superbement écrit sur ce qui me plaît le plus dans ce genre littéraire, la spirale infernale qui emporte les protagonistes et parfois ceux les entourant, vers une descente aux enfers que rien n’arrête par une suite de décisions malheureuses. J’ai d’ailleurs relevé cette phrase qui résume parfaitement ces dommages collatéraux : les amis peuvent attirer beaucoup d’ennuis. Le titre même du roman que je trouve doux et élégant, nous rappelle que nous sommes liés les uns aux autres et que nos actes peuvent se répercuter autour de nous.

Avec ce roman, je découvre la plume, sublime de David Joy, il possède un rare talent pour créer des personnages à qui il donne de la profondeur et envers lesquels nos sentiments sont très nuancés car à l’image de l’humanité ils sont complexes, les bons ont des failles et les mauvais ne le sont pas complètement. De plus, à la manière d’un peintre, l’auteur nous dresse un tableau de ces lieux extraordinaires sans jamais transformer ces belles descriptions en passages ennuyeux à lire.

Sujet parfois polémique, la chasse est ici au cœur du récit. En effet, c’est par un accident de chasse que tout commence. Une méprise dont les conséquences pourraient être terribles et ce n’est pas que l’aspect judiciaire qui inquiète Darl Moody. Comme souvent dans ce type de roman, la façon de traiter de certains sujets amènent à y réfléchir d’une manière différente et ici, la chasse est un moyen de se nourrir, pas un loisir du dimanche matin…

Merci David de nous offrir un aussi beau roman, qui je n’en doute pas deviendra un classique de cette riche littérature qu’est celle du roman noir.

Très belle interview de David Joy par François Busnel pour La Grande Librairie

Très souvent, j’écoute de la musique en lisant et j’essaie en général de trouver des morceaux en adéquation avec le récit, voici un exemple pour celui-ci :

 » La Maison où je suis mort autrefois  » de Keigo Higashino

ACTES NOIRS / ACTES SUD 253 pages 15/04/2010

Ce roman, cet univers est une totale découverte pour moi. Changement de continent, direction le pays du soleil levant. L’environnement, le rythme, la culture, tout est totalement différent de mes lectures habituelles et cela fait du bien.

Nous voici donc plongés dans le Japon du milieu des années 90, date où est sorti ce roman de Keigo Higashino dans ce pays, il sortira en France en 2010. Et la vie s’y déroule à un autre rythme, à l’image de la quiétude qu’offre la contemplation d’un jardin japonais.

Sayaka Kurahashi est une jeune femme mal dans sa peau, mariée à un époux peu présent, maman d’une enfant de 3 ans envers laquelle elle ne ressent aucun sentiment – qu’elle se retrouve même à maltraiter – elle ne possède pas de souvenirs de son enfance et a déjà attenté à sa vie. Sayaka est en pleine spirale destructrice quand son père décède brusquement lui laissant une enveloppe contenant une clé à tête de lion et un plan situant une habitation au milieu des montagnes. Espérant que ce mystérieux héritage lui apporte les réponses qui peut-être la feront sortir de cette spirale destructrice, elle fait appel à son ancien petit ami, devenu professeur de physique à l’université afin de l’accompagner et de l’aider dans ses recherches. Ils découvriront alors cette bâtisse sans âge, qui dévoilera au fur et à mesure une histoire tragique pleine de secrets.

Keigo Higashino, nous offre un récit qui à l’image de cette demeure est hors du temps. Ce thriller psychologique se présente comme une enquête, non pas de celles que nous connaissons habituellement menées par des professionnels du genre, mais celle de deux êtres liés par un amour éteint qui va les plonger dans un passé où une violence latente tant psychologique que physique couve.

J’ai beaucoup apprécié ce roman d’une culture que je ne maîtrise pas, qui me fait sortir de ma zone de confort. Un style de littérature particulier où l’humain est très présent. Un roman qui me donne envie de découvrir un peu plus la littérature noire japonaise.

Pour passer commande :

https://www.lalibrairie.com/livres/la-maison-ou-je-suis-mort-autrefois_0-1281141_9782330001322.html?ctx=9f87243d50be720869fb1cae094fe9c3

« Regarde » Hervé COMMERE

Fleuve Editions Collection Fleuvenoir

J’attendais avec impatience le nouveau roman d’Hervé Commère que j’avais découvert avec « Des ronds dans l’eau » suite au salon du livre de Péronne dans la Somme. Depuis je suis son actualité ayant beaucoup apprécié son style. Chacun de ses romans est différents mais nous y retrouvons à chaque fois les mêmes ingrédients : une écriture des plus agréable à lire et jouant avec nos sensibilités, une galerie de personnages auxquels nous nous attachons facilement et une intrigue de fond nous empêchant de reposer le livre une fois ouvert.

Dans « Regarde » certains personnages ne seront pas inconnus aux lecteurs de « Sauf », mais sans avoir lu ce précédent roman, vous pouvez très bien lire celui-ci.

Le thème principal de ce roman noir est l’amour, un amour entre deux personnes que seul le hasard de la vie a fait se rencontrer car complètement différents. Un amour qui survit avec le décès de l’un des deux à travers cette femme forte au destin incroyable, Mylène.

Comment survivre quand l’être aimé n’est plus ? Comment réagir quand peut-être il serait vivant ?

Avec « Regarde », Hervé Commère nous prouve une fois de plus son talent de conteur qui apporte de la poésie dans les profondeurs du noir. Et une fois terminé, j’attends avec encore plus d’impatience son prochain roman…

« Les démoniaques » Mattias Köping

Une preuve de plus que les romans noirs sont ceux que j’affectionnent le plus… Chose rare, je vais commencer par la 4ème de couverture qui est en fait, le chapitre 1 :

« Ils reprennent en chœur : « Joyeux anniversaire, salope ! Joyeux anniversaire, salop ! » Ils l’ont encerclée, hilares, à poil. Ils sont tous là, son père, son oncle, Simplet, Waldberg, Delveau, Beloncle. Elle est à quatre pattes au milieu de la meute, fragile et nue, déchirée de sanglots. Son père la maintient par les cheveux. Elle s’appelle Kimy. Ce soir, on fête ses quinze ans. »

Voilà vous savez où vous mettrez les pieds si vous vous lancez dans cette lecture.

La vengeance est un plat qui se mange froid… et pour le coup cette vengeance est une véritable bombe à retardement…

Cette histoire nous emmène dans une petite ville de Normandie où est installé l’Ours alias Jacky Mauchrétien gros entrepreneur local à la fois de façon légale et illégale, drogue, proxénétisme, il touche à tout… y compris sa propre fille…

Ce roman ne laisse pas indemne, pas seulement par la cruauté de certaines scènes, mais aussi quand, dans ce monde ténébreux nait un peu d’espoir grâce à la magie des livres.

J’avais adoré « Le Manufacturier », il en est de même avec « Les Démoniaques »… Quand on referme se livre, nous ne pouvons nous empêcher de nous poser des questions sur l’humanité et ses dérives, car les horreurs décrites par Mattias Köping existent malheureusement…

« Chien de guerre » de Jérémy Bouquin

Editions du Caïman 228 pages 14/01/20

« Connasse ! » Voilà comment commence ce livre. Oui vous entrez dans un roman de Jérémy Bouquin, vous n’avez pas ouvert une « bibliothèque rose » … mais rassurez-vous, il ne s’adresse pas à une nouvelle lectrice, c’est Grand Franck viré de l’armée qui s’adresse à Henriette une octogénaire peu bavarde qu’il est en train de torturer. Le décor est planté.

Jérémy Bouquin à l’habitude de vous raconter une histoire sans en faire des caisses, il a des choses à dire, il les écrit, c’est net, sans bavures et surtout sans blablas. Vous entrez directement dans l’histoire qui défile au fil des mots à un rythme très soutenu. Sa spécialité, les phrases courtes, points et virgules sont au rendez-vous, son texte, des rafales d’armes automatiques dont vous êtes la cible. Résultat, une histoire avalée en peu de temps.

Cette histoire c’est celle de Franck Taupe, Grand Franck un paumé de la vie. Né d’une mère célibataire, résultat d’un coup d’un soir, il grandi sans père. Les hommes ne manquent pas dans son enfance, ils défilent dans la chambre de sa mère. Bref, une enfance pourrie dans un HLM de cité. Ma femme dont le métier et d’aider les enfants à naître me dit souvent qu’en fonction des gens qu’elle a en face d’elle pendant les accouchements souhaite soit la bienvenue, soit bonne chance au nouveau-né qu’elle accueille. C’est certainement bonne chance qu’elle aurait souhaitait à Petit Franck, seulement, elle l’a un peu oublié la chance.

Entrant dans l’âge adulte, l’armée a su lui donné un environnement où il a su évoluer mais alors qu’il est jeune papa, elle vient de le lâcher. Retour aux sources et à la réalité de notre société. Ancien soldat, ce n’est pas un statut, vous n’existez plus pour l’administration. Alors il faut se débrouiller et c’est souvent là que les rencontres auront une bonne ou une mauvaise influence…

Jérémy Bouquin dresse un portrait d’une société que l’on aimerait ne pas être la nôtre. Malheureusement ce n’est pas le cas. Dans ce roman social, les personnages n’auront pas notre affection, mais tout juste empathie, ils sont brisés. Pas tous pour les mêmes raisons, mais le résultat et le même. C’est là que l’on se dit que nous sommes quand même plutôt favorisés d’être nés dans une famille normale.

Encore une réussite pour Jérémy Bouquin qui nous fait réfléchir. Je vous invite vraiment à découvrir ce roman et l’univers riche de cet auteur prolifique qui en plus maîtrise l’utilisation de grossièreté sans jamais être vulgaire.

Chien de guerre est publié aux éditions du caïman dans un format « semi-poche » qui est très confortable à lire avec un papier de grande qualité et qui permet également d’être financièrement abordable. Ce dernier point méritant d’être souligné à l’heure actuelle ou les grands formats approchent de plus en plus les 25 euros…

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