» Ce lien entre nous  » de DAVID JOY

SONATINE 304 pages 03/09/2020

Autant le dire tout de suite, « Ce lien entre nous » de DAVID JOY est une pépite. Un roman noir, social, superbement écrit sur ce qui me plaît le plus dans ce genre littéraire, la spirale infernale qui emporte les protagonistes et parfois ceux les entourant, vers une descente aux enfers que rien n’arrête par une suite de décisions malheureuses. J’ai d’ailleurs relevé cette phrase qui résume parfaitement ces dommages collatéraux : les amis peuvent attirer beaucoup d’ennuis. Le titre même du roman que je trouve doux et élégant, nous rappelle que nous sommes liés les uns aux autres et que nos actes peuvent se répercuter autour de nous.

Avec ce roman, je découvre la plume, sublime de David Joy, il possède un rare talent pour créer des personnages à qui il donne de la profondeur et envers lesquels nos sentiments sont très nuancés car à l’image de l’humanité ils sont complexes, les bons ont des failles et les mauvais ne le sont pas complètement. De plus, à la manière d’un peintre, l’auteur nous dresse un tableau de ces lieux extraordinaires sans jamais transformer ces belles descriptions en passages ennuyeux à lire.

Sujet parfois polémique, la chasse est ici au cœur du récit. En effet, c’est par un accident de chasse que tout commence. Une méprise dont les conséquences pourraient être terribles et ce n’est pas que l’aspect judiciaire qui inquiète Darl Moody. Comme souvent dans ce type de roman, la façon de traiter de certains sujets amènent à y réfléchir d’une manière différente et ici, la chasse est un moyen de se nourrir, pas un loisir du dimanche matin…

Merci David de nous offrir un aussi beau roman, qui je n’en doute pas deviendra un classique de cette riche littérature qu’est celle du roman noir.

Très belle interview de David Joy par François Busnel pour La Grande Librairie

Très souvent, j’écoute de la musique en lisant et j’essaie en général de trouver des morceaux en adéquation avec le récit, voici un exemple pour celui-ci :

« La nuit d’avant » de Wendy Walker

Sonatine Éditions 352 pages 18/06/2020

Vous êtes friands de thrillers psychologiques ? Vous prendrez votre pied avec « La nuit d’avant » de Wendy Walker. Mais attention, si vous ne cherchez qu’une lecture récréative pour vous changer les idées, vous serez déçus. Ici, pour l’apprécier, il faut être concentré, car et surtout au début, l’auteure nous embrouille afin que comme Laura, la principale protagoniste de cette histoire, nous soyons perdus dans les limbes de nos esprits.

Laura, justement qui est-elle ? C’est une jeune femme a qui la vie n’a pas fait de cadeau. Et comme notre mémoire parfois sait le faire, elle lui fait défaut sur une partie de sa vie et en particulier un événement traumatisant. Elle a été retrouvée couverte de sang, armée d’une batte de baseball à côté du corps sans vie de son petit copain. A côté de cela, le départ prématuré de son père, Dick, les ayant abandonnés elle, sa mère et sa sœur paraît presque banal. Seulement depuis, Laura n’arrive pas à se construire.

Une nouvelle fois, face à l’échec de son couple, Laura abandonne donc la vie qu’elle essayait de se construire à New-York pour revenir sur les lieux de son enfance et emménager chez sa sœur Rosie. Après plusieurs semaines passées sous leur toit à Rosie, Joe son époux et Mason leur enfant, à revoir des amis d’enfance comme Gabe, le meilleur ami de Joe, elle se décide à rencontrer de nouveaux visages via un site de rencontre. Un premier rendez-vous se profile, après lequel, elle ne réapparaitra pas. Rosie, Joe et Gabe décident de mener leur propre enquête.

Une fois entrés dans ce thriller, il nous devient impossible de le lâcher, qu’est-il arrivé à Laura ? Comment a-t-elle disparue ? Mais surtout comment l’aider à se comprendre elle-même ? Pour cela, ses séances de psychanalyses avec le Dr Brody, insérées entre les chapitres, nous éclaireront.

Wendy Walker a construit son roman sur la mémoire donc et les relations familiales, deux thèmes riches en mystères que nous ne percerons pas seuls et c’est ce qui rend ce thriller addictif.

Je remercie Nadia Di Pasquale de l’excellent blog « livressedunoir » ainsi que les éditions sonatine pour m’avoir permis de découvrir l’univers de cette auteure américaine.

« Le jour où Kennedy n’est pas mort » R.J. Ellory

Sonatine Editions 432 pages 04/06/2020

En voilà un titre simple, qui dit tout de suite dans quoi nous mettons les pieds et qui donne envie quand il est associé à ce génial romancier qu’est Ellory.

Donc vous l’aurez compris, c’est dans une uchronie que nous nous plongeons en ouvrant les premières pages de ce roman. Et pour moi qui suis très amateur de thrillers, de SF et d’histoire, c’est forcément un cocktail gagnant.

Très vite, nous nous rendons compte que Kennedy n’est pas le personnage central de cette fiction, mais c’est Mitch Newman, un trentenaire photojournaliste n’ayant pas vraiment réussi à percer dans ce métier et dont la vie sur une décision a pris une direction qui aurait pu être tout autre… Et c’est ce regret, qui accompagne sa vie aujourd’hui et qu’il aimerait au fond de lui réparer qui l’emmènera à se jeter corps et âme dans une enquête suite au décès par suicide apparent de son amie Jean Boyd.

Nous sommes alors en 1964 et JFK est toujours Président des États-Unis car ce fameux jour de novembre 1963, Oswald n’était pas au rendez-vous de l’histoire telle que nous la connaissons aujourd’hui et qui comme c’est souvent le cas chez nous, le décès précoce et violent à en quelque sorte canonisé ce personnage politique controversé. Oui, la brillance de son sourire et son allure de gendre idéal cachent une vérité qui est bien différente de ce que l’on aime retenir de lui.

En parallèle donc de l’enquête sur les derniers mois de la vie de Jean menée par Mitch, Kennedy et son clan prépare donc la difficile mission de se faire réélire pour un deuxième mandat dont la première étape qui consiste à être désigné comme candidat des républicains paraît une épreuve infranchissable…

Ce roman nous fait donc voyager à travers les États-Unis et le temps puisque c’est presque soixante années qui nous séparent. R.J. Ellory nous dépeint à merveille cette société d’un monde en pleine mutation et y compris par le rythme plus lent que les thrillers que je lis habituellement, nous replonge dans cet univers sans internet, sans téléphones à cause desquels nous sommes disponibles en permanence, sans cette vitesse dingue à laquelle se propagent les informations (vraies ou fausses) et, ce changement de rythme nous fait du bien.

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