ELLE EST LA NUIT par Paul Clément

Post-Apo Éditions 438 pages 16/11/2020

J’attendais de lire de nouveau Paul Clément depuis très longtemps. Cette précision me paraît importante car elle influence très certainement mon ressenti sur la lecture de ce sixième roman de Paul. Il revient ici au thriller fantastique en nous emmenant aux Etats-Unis dans le Montana, à Lewinstown où Laurel, une jeune enseignante est venue s’émanciper et où deux malfaiteurs, des frères, trouver refuge après un braquage ayant mal tourné. Mais à Lewingstown, ELLE, ne leur permettra pas de trouver la quiétude.

J’ai donc plutôt bien aimé ce nouveau roman de Paul, même si ce n’est pas le coup de cœur que j’espérais. En effet, à l’image de la mise en page très chargée, remplissant les pages aux marges étroites, le récit aurait mérité d’être par moment allégé, certains passages étant assez longs, au détriment de l’ambiance angoissante qui s’effrite alors.

J’ai en revanche, bien reconnu la maîtrise dont fait preuve Paul dans la construction d’une histoire, dans laquelle nous nous perdons parfois tant nous ne savons pas où elle va nous amener et ce, pour sans cesse nous surprendre.

« Elle est la nuit » un thriller fantastique d’épouvante, écrit par un grand fan de Stephen King et qui séduira les tout aussi fans du maître du genre, que nous sommes.

https://www.paul-clement.com/boutique/

La Conspiration Vatican par Ernest Dempsey

Cherche Midi 384 pages 12/11/2020

Retour à un genre de littérature que j’aime vraiment beaucoup, le thriller historique, avec ici La conspiration Vatican d’Ernest Dempsey. Je ne connaissais pas du tout ce romancier traduit pour la première fois en France alors qu’aux Etats-Unis, il a déjà publié une vingtaine de romans.

La conspiration Vatican, The Napoleon Affair en version originale, un titre qui lui sied beaucoup mieux est le dix-huitième opus de cet auteur outre Atlantique. Ce qui explique certainement quelques-unes des frustrations à la lecture de cet ouvrage, concernant le passé des personnages. Une équipe d’aventuriers, passionnés d’histoire et de résolutions de mystères. Les personnages, sont les éléments qui ne m’ont que moyennement fait apprécier cette lecture car nous ne ressentons rien pour eux, pas d’attachement ni même de rejet alors que sur le fond, cette intrigue est plutôt bien ficelée, les références historiques sérieuses et surtout, la construction du récit, reprend tous les codes du genre. Un air de déjà vu, une absence d’originalité qui sont tout à fait acceptables dans ce genre de roman tant il en existe mais un manque cruel de profondeur chez les personnages.

Dommage de démarrer de cette manière une série littéraire qui avait l’air prometteuse.

Résumé :

1798 : Alors que ses armées viennent d’envahir l’île de Malte, Bonaparte entre dans la cathédrale de La Valette gardée par l’ordre des Chevaliers hospitaliers de Saint-Jean. Son objectif : mettre la main sur une mystérieuse relique, confiée à l’Ordre lors de sa fondation.

2019 : Après avoir découvert dans les archives secrètes de la bibliothèque du Vatican une lettre signée de la main de Napoléon, un cardinal est assassiné. L’Église soupçonne une branche clandestine des Chevaliers teutoniques, ordre officiellement dissous en 1805. Le Vatican engage alors Sean Wyatt, ex-agent secret, pour remonter la piste du « secret Napoléon ». Celui-ci va devoir reconstituer un puzzle passionnant, à travers les arcanes de l’Histoire de France et de l’Église.

Le Sacre des Impies par Ghislain Gilberti

COSMOPOLIS 651 pages 05/11/2020

Je vous le dis de suite, car je ne garantis pas à 100% une totale objectivité sur cette chronique tant je suis fan et admiratif de celui qui est au roman noir, ce que le King des grandes années était à la littérature fantastique. Ghislain Gilberti, possède ce quelque chose en plus qui transforme un roman écrit avec une plume des plus talentueuse en un récit qui, comme le ferait une puissante drogue, pénètre votre organisme, jusqu’à se répandre dans tous vos organes avant enfin de dévorer votre âme. Et, cette trilogie des Ombres, chef d’œuvre de la littérature noire, que vient conclure ce troisième opus « Le sacre des impies » ne fait que le démontrer.

Nous avions découvert Boderline, puis les Anges de Babylone, ici, nous suivons en parallèle, les premiers instants de la création en 1995 et l’aboutissement du projet des sept membres de l’Hydre en 2011. Dans un final qui vous pète à la gueule, vous laisse coi et vous aura marqué à jamais.

Oui vous ne rêvez pas, malgré les atrocités qu’auront pu commettre ceux qui ont gravé sur leur corps « ecce lex », des psychopathes de la pire espèce, vous ressentez de l’empathie pour eux et ressentez un certain respect pour leur code d’honneur et d’une certaine façon pour leur humanité. Car oui, ils ne sont que des hommes et femmes, victimes d’une société qui ne protège que les riches et puissants.

Et c’est à nous, petits privilégiés, éternels insatisfaits, menant une vie, soyons honnêtes, plutôt confortable, que Ghislain dévoile, cette société que nous ne voulons voir, et à laquelle nous avons échappé, nés dans de bonnes familles, aimantes et protectrices. De nombreux facteurs tels la violence, l’alcool, la dépression, les mauvaises fréquentations, la folie auraient pu détruire ce fragile équilibre et nous faire dévier vers cet underground, cette sombre et marginale société que décrit Ghislain.

Une trilogie à mettre entre les mains de lecteurs avertis, qui sortiront sans doute un peu changés de cette plongée dans les profondeurs d’un système se faisant échos aux dérives de notre si parfaite société.

Merci Ghislain, de donner autant de toi, témoin de ce que nous ne saurions voir. Je ne suis pas sûr que nous serions nombreux à ne pas avoir totalement sombré.    

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C’est dans la boîte par Frédéric Ernotte

Avant Propos 256 pages 14/06/2012 et cette très belle édition collector Séma Éditions de septembre 2020

Petit OVNI dans le monde du polar actuel, ce roman est sacrément bien fichu. C’est le premier roman que je lis de Frédéric Ernotte et ce ne sera pas le dernier. C’est dans la boîte est un roman qui pourrait être un recueil de nouvelles, un astucieux concept.

Mais cette boîte, c’est quoi ? Tout d’abord un site internet, un forum où des enquêteurs professionnels échangent entre eux. Imaginez, des conversations entre Merhlicht, Servaz, Bolitar, Sharko, Magne, Marcas et d’autres. Kiffant, pour nous fans de polars. Et cette boîte, sombre internet, où les âmes torturées sont légions, organise un jeu, une ronde des boîtes. Quelques heureux élus, des inspecteurs et inspectrices, se retrouveront dans un chalet isolé où chacun aura amené une boîte avec des objets insolites rappelant une affaire conclue ou non.

Frédéric est le véritable meneur de jeu, de cette partie où chacun aura un rôle à jouer. Il nous tient en haleine dans un huis-clos où à chaque boîte ouverte, nous découvrons une nouvelle preuve des atrocités dont sont capables certains esprits malades composant l’humanité.

C’est dans la boîte, une lecture très agréable d’un talentueux auteur, qui nous conte des horreurs avec ce petit plus du plat pays.  

Jason Brice -T1, 2 et 3 – par Milan Jovanovic et Alcante

Éditions Dupuis Tome 1 56 pages 20/08/2008
Éditions Dupuis Tome 2 56 pages 29/10/2009
Éditions Dupuis Tome 3 56 pages 26/08/2010

Bienvenue dans le Londres des années 1920, Jason Brice est un détective privé au mystérieux passé que nous découvrirons au fur et à mesure du récit thriller/fantastique dans cette série de trois albums illustrés. Un scénario signé Alcante et des dessins de Milan Jovanovic.

Une série de romans prédisent de tragiques événements à venir. Brice mènera l’enquête sur l’auteur disparu, quête à travers laquelle, les morts abondent, les secrets passés remontent à la surface, le tout dans une ambiance où le rationnel n’apporte pas toutes les réponses.

Cet ensemble de trois album composant l’histoire : Ce qui est écrit, Ce qui se cache et Ce qui est révélé, se dévore avec beaucoup de plaisir même si ce n’est pas le chef d’œuvre du siècle. Le voyage dans le temps fut un bon moment de lecture.

La confidente par Renée Knight

Fleuve éditions 400 pages 27/08/2020

Renée Knight revient avec un thriller psychologique écrit à la première personne, avec lequel, elle confirme son talent. Dans ce type de thriller, les personnages sont les ingrédients les plus importants et l’auteure nous a gâtés à la fois avec les deux principaux mais aussi avec certains secondaires.

Christine est la secrétaire de Mina, PDG d’une chaîne de magasin, qui succède à son père. C’est une femme dévouée, voulant réussir et faire réussir sa patronne qui l’obsède. Seulement Mina exercera sur Christine une influence dévastatrice.

Le seul défaut que je trouve à ce roman est son rythme plutôt lent et surtout au départ. La mise en place de l’intrigue, nécessaire prend beaucoup de temps et je l’avoue, j’ai failli décrocher. Seule, ma volonté de faire des retours sur l’ensemble de mes lectures m’a poussé à continuer et au final, je ne suis pas déçu de cette lecture.

Merci à Netgalley et Fleuve éditions.

La remplaçante par Michelle Frances

Éditions de l’Archipel 368 pages 10/09/2020

Dans ce thriller psychologique, domestique, nous découvrirons un scénario qui sans être très original au premier abord, se révélera riche de rebondissements qui donnent envie comme dans un page turner de sans cesse passer à la suite.

Carrie et Adrian forment un couple à la ville comme au boulot, il est scénariste à succès, elle est sa productrice. Carrie à l’approche de la quarantaine, tombe enceinte par accident et pressée par le temps qui passe, cette horloge biologique qui a un moment fera qu’elle devra renoncer à tous rêves de maternité, elle décide de le garder contre l’avis d’Adrian qui ne se voit pas faire une vie à trois. Comble de l’ironie, alors que Carrie doit se mettre en retrait de son boulot pour sa grossesse, c’est Emma sa remplaçante qui s’immiscera entre eux…

Ce roman, dont la lecture a été un vrai plaisir trouve toute sa puissance dans les personnages très travaillés. Pour certains, nous prenons du plaisir à ne pas les aimer. De plus, le sujet de fond plaira à de nombreuses lectrices qui se retrouveront dans le fait d’avoir à faire cohabiter vie de couple et vie professionnelle, carrière et maternité.

Merci à Netgalley et aux éditions de l’Archipel pour ce roman.  

La Maison par Nicolas Jaillet

Bragelonne 168 pages 23 septembre 2016

Un court roman mais d’une puissance incroyable, un thriller psychologique qui vous attrape et vous enferme dans ce huis-clos à l’ambiance pesante où la souffrance est muette comme toutes ces femmes qui vivent avec des tyrans, des gens qui n’ont pas d’humanité.

La maison, celle où vit Martine avec son époux et son jeune fils. Elle a épousé Jean, sans l’aimer, mais elle est enceinte de lui et à cette époque, c’est ce que l’on fait. Ils auraient pu vivre heureux malgré tout, seulement, Jean est un bourreau qui tyrannise Martine. Comme de nombreuses femmes, elle se tait, fait le dos rond et reste forte pour son fils. Sa seule liberté est un cagibi, la pièce à Martine, celle où l’on n’entre pas, mais dans laquelle, elle construit un avenir.

Nicolas Jaillet avec une plume très douce, nous décrit ce tableau, successions de scènes de vie d’une violence froide. Il nous fait réfléchir à ses femmes qui parfois peuvent être dans notre entourage et qui vivent une fois la porte fermée de leur logement un enfer que l’on n’imagine pas. Ce court roman, accompagné dans cette publication de Bragelonne de deux nouvelles, nous permet de découvrir à travers cette porte, le courage et la patience de Martine. Un roman qui vous marquera.

Moktar par Jérémy Bouquin

Éditions Cairn 344 pages 03/09/2020

C’est toujours un plaisir que de lire un roman de Jérémy Bouquin, j’aime particulièrement son style incisif, ses phrases courtes, sa manière de nous plonger dans une ambiance en a peine quelques lignes et surtout, quand il écrit du noir, sa crédibilité, ses histoires sont réalistes et nous dévoilent les travers de notre société que l’on ne veut pas voir.

Cette fois, il nous emmène au cœur d’une banlieue, celle de Saragosse à Pau, mais qui pourrait être n’importe laquelle de nos banlieues françaises, celles où l’on tasse des familles, pour les oublier. Car nos politiques ne veulent assumer cette jeunesse abandonnée, exclue du système et les laissent végéter dans des zones quasi de non-droit. Alors, pour survivre, ces jeunes se débrouillent, vivent de trafics en tous genres, souvent de drogue.

A Saragosse, c’est Joe qui est à la tête de la cité, ancien légionnaire, il dirige et répartit les quartiers à différents groupes, souvent issues de différentes communautés. Il réussit et mène bien son business, en étant même plutôt apprécié des habitants à qui il apporte un certain calme. Joe est secondé par Moktar, un ancien manouche et camarade légionnaire garant de la prospérité et d’une certaine sécurité au milieu des tours. Seulement un beau jour, des ados, des guetteurs, sont balayés par les balles d’une arme de guerre, une kalachnikov. Pour éviter un embrasement de la cité, Moktar qui a en plus de nombreux problèmes personnels devra jouer au pompier…

Un nouveau roman noir de cet auteur prolifique et à mon goût pas assez connu qu’est Jérémy Bouquin, qui ici comme dans la majorité de ses romans, nous décrit des scènes de vies, pas celles que nous vivons nous, mais celles qui se jouent, parfois pas très loin. Il a ce rare talent de nous parler des gens, souvent en marge de la société, mais qui restent des hommes et femmes envers qui nous gardons de l’empathie, comprenant leur situation. Oui même chez les plus mauvais d’entre nous, il reste du bon.  

Pour en connaître un peu plus sur Jérémy :

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Old Pa Anderson par Hermann et Yves H.

Le Lombard 64 pages 22/01/2016

Mississippi, 1952. La petite-fille d’Anderson a disparu huit ans auparavant. Il sait que les coupables sont des Blancs et que justice ne sera jamais rendue.

Mais hier sa femme est morte de vieillesse et de chagrin.

Aujourd’hui, il n’a plus rien à perdre.

Il est rare que je résume réellement les ouvrages que je lis et encore plus que je copie une quatrième de couverture. Néanmoins celle-ci est totalement à l’image de cet album, courte, rien d’inutile, créant l’ambiance dans laquelle nous serons emportés avec ce récit né d’un duo, celui d’un père, Hermann au dessin et de son fils Yves H. au scénario.

Dans le Mississipi de cette moitié de XXème siècle, le racisme et encore dominant, même s’ils sont égaux, les humains blancs et noirs ne doivent se mélanger et pour les descendants des esclaves, le seul moyen d’éviter les problèmes est de baisser la tête. Seulement, pour les Blancs, ce n’est pas suffisant et à la moindre occasion, ils jouent avec eux, s’en prennent aux plus faibles et font la loi. Parfois ils vont encore plus loin, commettent des crimes impunis, mais quand en face un homme n’a plus rien à perdre, ce n’est pas la loi qui les protégera.

Avec ses graphismes, Hermann nous peint les tableaux de cette sombre et sanglante période honteuse des Etats-Unis et particulièrement des Etats du Sud où sont appliquées les lois Jim Crow détaillées et accompagnées de témoignages dans la postface de l’album. De plus, l’atmosphère lourde et pesant est renforcée par le peu de dialogues, textes et les nombreuses planches muettes. Un pays de taiseux, des personnages qui s’expriment peu, mais une vengeance qui hurlera sa colère et l’exprimera par une rare violence.

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