» La lame  » de Frédéric MARS

Cosmopolis 506 pages 29/05/2019

Une claque, cette lame vous vous la prenez en pleine face. Lire ce roman m’a beaucoup rappelé les sensations ressenties à la lecture d’Entre deux mondes d’Olivier Norek. Cette fois, il ne s’agit pas d’un simple thriller, ce récit est aussi un roman d’anticipation, un livre géopolitique, … Mais attention, à l’image de la scène du prologue, c’est un vrai roman noir que les amateurs du genre ne peuvent qu’apprécier.

Frédéric Mars nous envoie faire un bon dans le futur jusqu’en 2031, après l’ère Macron, la France fut gouvernée par les nationalistes (sans faire de politique, malheureusement nous en prenons le même chemin) avant qu’un candidat, le Obama français emporte l’élection présidentielle. Seulement voilà, le monde change, les difficultés vont croissantes et à l’image de l’ancien président américain, il déçoit. Les élections approchent et Bako Jackson cherche comment se faire réélire. Cette élection n’est qu’une toile de fond à ce récit. Fred ne nous fait pas uniquement voyager dans le temps, il nous balade, de Paris à Marseille en passant par Lyon, mais aussi entre autre à Lagos au Nigeria. Nous faisons également connaissance avec une multitude de personnages attachants ou détestables. A l’image de ces hommes et femmes, nous serons confrontés à des trahisons, des espoirs, de l’amour, de la haine, de la violence, des catastrophes, naturelles ou humanitaires. Jamais nous n’aurons le temps de souffler en dévorant ces quelques 500 pages.

En plus de son style précis, rythmé, l’auteur nous offre presque un documentaire, un roman sociologique. Fruit d’un énorme travail, ce livre mérite d’être lu, partagé tant il nous permet de nous poser des questions, sur l’avenir de notre nation, nos interactions avec l’environnement mais surtout notre considération envers une partie de l’humanité, ces peuples issus de la « Terre de nos ancêtres » qui seront amenés à quitter leur territoire face au réchauffement climatique.

Un grand bravo Frédéric pour ce roman traitant de sujets très délicats mais maîtrisés de façon magistrale sans jamais tomber dans le pathétique, le caricatural. Un livre que je conseille au plus grand nombre.

Le teaser :

Pour le commander :

https://www.lalibrairie.com/livres/la-lame–thriller_0-5704608_9782902324026.html?ctx=ef3108f0320a094e87a01022c296596b

« Le secret descendance » de Philippe Raxhon

Librinova 387 pages 04/08/2020

Troisième aventure du couple d’historiens Laura Zante et François Lapierre après la « Source S » (Le complot des philosophes) et « la solution Thalassa), elle sera la plus intime et certainement la plus difficile pour Laura.

Plusieurs années se sont donc déroulées depuis la source S et Laura et François forment toujours un couple à la ville comme dans leur vie professionnelle. Seulement voilà, la routine s’installe et Laura n’a toujours pas le poste pérenne qu’elle attend. D’ailleurs son avenir professionnel va se jouer dans les jours qui suivent. En attendant, elle s’envole pour les Etats-Unis et plus précisément Roswell où son expertise est sollicitée pour étudier un document inédit suite au fameux crash d’une potentielle entité extraterrestre.

Pendant ce temps, François se trouve en Argentine où il est convié en grande pompe par l’Académie nationale d’histoire. Et c’est pendant ce séjour où une incroyable révélation sur le passé de Laura, étroitement liée à l’époque dictatoriale de ce pays d’Amérique du sud lui sera dévoilé.

Quand les démons du passé refont surface, même les plus aventureux des historiens peuvent être tourmentés par leur propre histoire.

C’est avec un plaisir renouvelé que j’ai retrouvé ces deux personnages que sont François et Laura et avec un encore plus grand plaisir la plume de Philippe Raxhon, maître dans l’art de mêler Histoire et histoires. Il sait naviguer dans le temps, nous restituer avec beaucoup de modernité les évènements passés et nous décrire, ici l’Argentine, avec passion et le réalisme d’un documentaire. Pour ne rien gâcher, les aventures gastronomiques de François nous mettent toujours l’eau à la bouche.

Troisième roman donc et une maturité littéraire de plus en plus croissante, les personnages gagnent encore en profondeur, les épreuves les renforcent. Quant à Philippe, on sent qu’il prend son pied, s’amuse et la place de l’action est de plus en plus grande, digne d’un film hollywoodien.

Concernant les deux sujets traités en particulier, la dictature argentine et surtout l’enlèvement d’enfants et, sujet plus prétexte à sourire mais pas que le cas Roswell, ils sont toujours traités avec le professionnalisme d’un professeur d’université.

Je remercie beaucoup Philippe Raxhon qui a eu la gentillesse de m’envoyer son roman. Vivement le prochain !!!  

Chaque roman peut se lire indépendamment, mais pour mieux appréhender les personnages, je vous conseille de les lire tous. Je vous joint le lien de l’excellent book trailer de la trilogie de la mémoire, superbement réalisé par la fille de Philippe.

 » RIP, tome 3 – Ahmed – Au bon endroit, au mauvais moment »

Petit à petit 112 pages 28/08/2020

Retrouvons pour ce tome 3, nos travailleurs post-mortem dans cet univers glauque, magnifié par les illustrations de Julien Monier. C’est cette fois, après Derrick et Maurice, au tour d’Ahmed de se retrouver au cœur de l’histoire, au bon endroit, au mauvais moment.

L’histoire d’Ahmed, contée par le talentueux scénariste Gaëtan Petit, Gaet’s, c’est celle d’un expert en entomologie auprès de la police judicaire, qui voudra jouer au flic infiltré. Seulement quand la grenouille se veut faire aussi grosse que le bœuf, cela ne finit jamais bien.

Gaet’s et Julien Monier, nous offre au son des bourdonnements des mouches, une bande dessinée rivalisant avec les meilleurs polars. Le noir aussi peut être très bon au milieu de ces œuvres colorées.

Un grand bravo pour votre travail publié chez Petit à petit, Julien et Gaëtan. Je n’ai qu’une hâte, avoir le tome 4 : « Albert, prière de rendre l’âme sœur » en main.  

 » Cinq doigts sous la neige » de Jacques SAUSSEY

Cosmopolis 368 pages 27/08/2020

Une vallée, source d’inspiration qui dernièrement aura inspiré Franck Thilliez avec « Il était deux fois », Franck Bouysse avec « Buveurs de vent », Bernard Minier et « La vallée », sert cette fois de décor au nouveau roman de Jacques Saussey « Cinq doigts sous la neige » un one-shot. Jacques place donc son angoissante intrigue au cœur des Vosges. Des lacs, des routes non praticables, des maisons isolées, le passé d’un des personnages, raconté en prologue, des adolescents subissant les effets de leurs hormones, et une galerie de personnage sont les ingrédients que le Jacques Saussey tel un chef étoilé incorpore pile au bon moment et juste dans la quantité qu’il faut pour nous régaler.

Ouvrir ce roman, à l’image ses protagonistes, vous coupera du monde.  Acheté le vendredi aux alentours de 15 heures, je l’ai terminé dans la nuit. Une nuit blanche (en partie) de nouveau causée par un thriller de l’excellente maison d’édition Cosmopolis, chez qui je l’espère de tout cœur, Jacques aura toute la reconnaissance qu’il mérite pour son talent et sa gentillesse, surtout après le triste épisode FP.

L’auteur nous prouve également ici une nouvelle fois qu’il s’éclate en sortant de la très bonne série Magne-Heslin et que sa plume ne le limite pas à être l’un des meilleurs romanciers polars en France. Le thriller à suspense lui va à ravir.

Nous y retrouvons d’ailleurs sa patte dans les relations entre ses personnages, ici, l’amour d’un père pour son fils, qui le pousse à faire des choses irrationnelles, est le moteur principal de cette histoire.

Cette histoire, justement, revenons y. Marc Torres, écrivain à succès vit avec son fils avec lequel la relation est difficile depuis le décès des suites d’une longue maladie de Véronique, leur épouse et mère. Voulant tout faire pour faire plaisir à Alexandre, Marc accepte pour son dix-huitième anniversaire qu’il invite une quinzaine de copains et copines dans leur maison engoncée dans la vallée. Seulement la nuit, la neige et un accident de camion les coupes de tout contact avec l’extérieur. Nous sommes dans les années 70, où il n’y a pas les moyens de communications actuels. Alexandre est fragile, Marc est inquiet. Il devra le protéger des autres, mais surtout de lui-même.

Non pas un, mais plusieurs des personnages seront aspirés dans une tornade dévastatrice.

« Synopsix » d’Angélina DELCROIX

Nouvelles Plumes 493 pages 03/08/2020

Un manoir abandonné, éloigné de tout, en cette période hivernale où la neige recouvre tout, où le vent créé un environnement sonore flippant, que rêver de mieux comme décor pour une  murder party » où les participants seront amenés à jouer aux experts de la police scientifique. Ils seront six, Mallory, Willy, Lilio, Barbara, Orson et Bertrand, à devoir travailler sur des scènes de crimes reproduisant des crimes non élucidés.

Seulement voilà, les cadavres ne sont pas des mannequins…  

Angélina Delcroix nous offre là un huis clos où l’angoisse est le personnage principal. Chaque personnalité de ces six protagonistes est travaillée en profondeur pour donner vie à un jeu de questionnement entre les personnages et nous faisant douter nous-même. A plusieurs reprises d’ailleurs, on se dit « pff trop facile c’est untel », jusqu’au chapitre suivant où nous nous rendons compte s’être fait bernés.

En parallèle de cette murder party, d’autres personnages, une auteure et son éditrice, des gendarmes, des avocats, un père, un voisin, permettent à ce huis clos des connexions et de le rendre encore plus angoissant.

J’ai vraiment pris plaisir à lire cette histoire qui m’a donné en plus l’envie de m’intéresser de nouveau à France Loisirs (ce roman y est en exclusivité jusque janvier). Mon seul petit bémol est qu’il manque juste une dose de rythme qui aurait pu transformer ce thriller en véritable page turner. Mais attention, ce n’est là que le quatrième roman d’Angélina Delcroix et je suis persuadé qu’elle nous réserve encore plein de surprise et qu’elle ne nous a pas encore dévoilé toute l’étendue de son talent.  

« Urbex Sed Lex » de Christian Guillerme

Editions Taurnada 248 pages 18/06/2020

Quand on vous propose quelque chose de trop beau pour être vrai, il y a souvent du malsain caché derrière…

Fabrice et Théo des amis d’enfance ont rencontré grâce à leur passion, l’exploration urbaine, l’urbex, leurs compagnes respectives Carine et Chloé. Depuis, ils passent leur temps libre et dépense leur budget loisir dans la visite de lieux insolites abandonnés aux quatre coins du pays. Sur leur blog, ils partagent les photos de ces explorations et se sont fait un nom dans ce milieu.

Un inconnu, leur propose un jour par mail de les inviter à découvrir un sanatorium en échange de plus de trente mille euros à se partager. Ils ne mettront pas longtemps à se décider et organiser cette aventure qui vous vous en doutez, ne sera pas une visite peinarde…

Deuxième roman de Christian Guillerme, Urbex Sed Lex a pour seul défaut d’être trop court !!! Publié chez Taurnada dans la catégorie Thriller, j’y vois plus un roman d’aventure à suspense avec presque un côté Young Adult. Mais un peu de légèreté dans le noir nous fait du bien.

Christian nous offre un récit très facile à lire en maîtrisant à merveille la juste dose de description de cette discipline et du sanatorium pour que l’on en découvre suffisamment sans avoir des pages interminables de détails. L’auteur maîtrise également très bien l’angoisse, qui monte crescendo de l’entrée dans le sanatorium jusqu’à la fin du roman.

Christian Guillerme : notez bien ce nom, car s’il continue sur sa lancée, il va nous préparer de grandes surprises.    

« Trois secondes avant de mourir » Ouvrage collectif

Evidence Editions 284 pages 15/05/2020

Je tiens en premier lieu à remercier Evidence Editions et leur fameux Crazy Books Day pour l’envoi de ce recueil de nouvelles.

J’apprécie beaucoup le genre des nouvelles pourtant malheureusement un peu délaissé dans nos contrées. Pourtant quel exercice difficile, la nouvelle laisse peu de temps à la mise en place d’un décor, pour faire connaissance avec les personnages, découvrir l’intrigue et amener une fin réussie.

Dans celui-ci, un thème commun, les trois secondes qui précèdent la mort et quatorze auteurs qui vont nous proposer leur vision. Des auteurs plus ou moins expérimentés, de différentes générations et n’écrivant habituellement pas uniquement que du thriller. Parmi ces quatorze nouvelles il n’y aura que du bon et du très bon et ces nouvelles souvent angoissantes, souvent noires nous laissent parfois aussi passer par d’autres émotions.

Nous y découvrons donc les derniers instants d’un condamné à mort (personnage pourtant à vomir mais qui arrive à nous toucher), un musicien un peu oublié qui s’apprête à faire un barbecue (histoire inspirée de faits réels, nous entrerons dans la tête d’un personnage prêt à en finir avec la vie, nous frissonnerons face à un tueur qui ne tue qu’un membre par famille (en laissant à un survivant de faire le choix de celui à abattre), un braquage de banque, et tant d’autres, avec aussi parfois des notes de fantastiques.

Evidence Edition, dont j’apprécie beaucoup les collections Imaginaire et Clair-Obscur nous permet ici de découvrir un panel d’auteurs dont nous avons envie de découvrir les univers.

Bravo à Dumè Antoni, Kwamé Maherpa, Camille David, Emilie Bertron, Ginou Jussel, Alexandre Ratel, William Lucas, Anthony Boucard, Josepha Bassoni, Vincent Herbillon, Yvan Bermond, Christophe Corthouts, Erik Vaucey et Anthony Boulanger.

« La lionne rouge » de Marion CABROL

Hugo Poche 489 pages 04/06/2020

Premier roman de Marion Cabrol, ce livre est presque un docu-fiction sur l’univers des parcs zoologiques, la vie des soigneurs, les trafics, les mouvements activistes… L’enquête policière, est plus en retrait et, menée par un flic récemment muté dans cette région d’Amnéville sert de prétexte à la découverte de cet univers.

En effet, chose peu commune, un corps est retrouvé dans le bassin des ours polaires à moitié dévoré. Ce soigneur animalier ayant perdu il y a peu son jeune fils, tout laisse à croire qu’il s’agit là d’un suicide. Mais l’entêtement d’Éric Belt le chargé d’enquête et surtout les secrets qui peu à peu se dévoilent au milieu de ce zoo lorrain.

Je suis assez partagé sur ce roman car si le côté découverte du zoo est bien construit, les personnages attachants et tout en complexité, et surtout le côté psychologique de cette tueuse (la lionne rouge) dont même si nous avons souvent des chapitres dévoilant son état d’esprit, il est très difficile de deviner qui elle est, le rythme du roman est très lent et pas toujours égal. Attention c’est le premier roman de cette auteure et cela mérite de l’indulgence.

 » L’ABBAYE BLANCHE » de Laurent Malot

Bragelonne 336 pages 14/09/2016

Un village de l’Ain dans lequel se passe habituellement peu de choses, voit apparaitre à la suite plusieurs cadavres… Le Lieutenant Mathieu Gange, récemment muté dans la région se voit donc confier une enquête qui le mènera au cœur d’un possible énorme scandale politique et sur les traces d’une abbaye abandonnée. Sa femme ayant volontairement disparue depuis peu, réussira-t-il à mener de front ces deux enquêtes ??

Laurent Malot nous offre un polar très bien construit même si parfois nous arrivons à deviner ce qui attend Gange. L’intrigue est vraiment captivante et les personnages sont vraiment intéressants à suivre. Je pense que Laurent Malot est un futur grand du polar.

« Dynamique du chaos » de Ghislain Gilberti

Ring 468 pages 19/01/2017

!!! ATTENTION !!! Livre à ne pas mettre entre toutes les mains !!!

Pour démarrer, sachez que je suis un grand fan de Ghislain Gilberti. Je connais peu d’auteurs qui comme lui savent décrire les ténèbres avec une plume d’une grande douceur malgré les passages d’une grande violence et parfois les scènes comportant beaucoup de sexe.

Dans ce roman une fiction en grande partie autobiographique, Ghislain nous fait découvrir, une société, une vie que peu d’entre nous connaissent, le milieu de la nuit, de la drogue, cette vie sur le fil où chaque dérapage est très risqué. La mort, la violence, les trafics font partie du quotidien. Ici il n’est pas question de jeunesse dorée mais plutôt de jeunesse poudrée. On retrouve un peu de l’univers des films comme Trainspotting, Requiem for a dream… Mais dans ce thriller, il y a ce quelque chose en plus qu’apporte Ghislain, cette description du réel.

Nous sommes donc spectateur de cette vie dans l’est de la France où Gys et Manu partage un studio en vivant des allocations chômage auxquelles viennent s’ajouter le profit de quelques trafics. En effet, c’est le chômage provoquant cette misère sociale contre laquelle au final les politiques ne font pas grand-chose qui entrainent de trop nombreuses personnes vers les ténèbres.

Ici, il n’y a pas de jugement et même si on ressent une certaine rage dans l’écriture de Ghislain, il n’y a pas non plus de pitié, de plainte. Ces vies existent, nous n’en avons ici que la triste description.

Ce roman, une fois entamé, ne se referme pas facilement et nous bouleverse. Nous n’en sortons pas indemne, il nous transforme.

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