« Survivre » de Vincent HAUUY

Hugo Thriller 424 pages 19/03/2020

2035, c’est quasiment demain…. Nous venons sans en être encore sortie de traverser une pandémie. Nos mentalités ne changent pas vraiment et malgré ces quelques semaines de répit, la planète continue de souffrir de notre façon de vivre… Alors dans 15 ans qu’en sera-t-il ???

Vincent Hauuy imagine pour nous prévenir, nous faire réfléchir… ce qui pourrait nous attendre. Car dans ce thriller d’anticipation et derrière l’intrigue, il y a un cri d’alerte… La crise climatique…

Dans « survivre », elle a déjà fait des victimes, dont la femme et la fille de Florian Starck qui vit maintenant seul, isolé en autarcie, jusqu’à ce qu’il soit contacté pour participer à un « Koh Lanta » futuriste, un concours de survivaliste. Il y sera coach.

Dans cette histoire un peu longue à pénétrer, une fois le décor mis en place et les différents protagonistes découverts, nous finissons par ne plus arriver à lâcher ce roman.

De la SF, du thriller, un très bon auteur, vous ne pourrez qu’apprécier cette lecture.

« Les refuges » de Jérôme LOUBRY

Editions Calman Lévy 395 pages 04/09/2019

Une belle grosse claque, voilà ce que l’on se prend à la lecture de ce thriller de Jérôme Loubry. Je dirais même une succession de bonnes claques du milieu du récit jusqu’aux dernières pages.

La difficulté d’en faire un retour est de ne pas dévoiler des éléments qui gâcheraient de ce fait votre plaisir de lecture. Car, ce roman, vous devez le lire. L’auteur maîtrise avec brio son intrigue et vous surprend sans cesse. Le plan de l’histoire est digne d’un roman de Franck Thilliez.

Nous ferons connaissance avec Sandrine, une journaliste qui suite au décès de sa grand-mère est contactée par un notaire de province afin de prendre connaissance de son héritage. Elle doit donc se rendre sur l’île privée où résidait sa mamie et sur laquelle elle rencontrera d’étranges personnages.

Attention, si vous voulez garder la magie de vous laisser surprendre ne lisez pas les lignes suivantes.

Ce roman est donc un thriller psychologique, publié chez Calman Lévy noir. Pourtant à la lecture des premiers chapitres, j’ai eu l’impression de m’embarquer dans un livre fantastique qui aurait pu être signé par King. Ce sentiment, je l’ai eu jusqu’à environ la moitié du récit. Il y sera question du Roi des Aulnes, créature maléfique du folklore allemand popularisé par Goethe à travers un célèbre poème.

Puis tout à coup, nous sommes complétement perdus, suite à la découverte de Sandrine errant sur une plage couverte de sang et complètement ailleurs. C’est là qu’apparaîtront les personnages qui nous accompagneront jusqu’à la fin, pour découvrir ce qui est arrivé à Sandrine, un inspecteur et une psychiatre. Car oui, refuge est un terme utilisé en psychiatrie. Cette rupture brutale dans le récit, est le seul moment que j’ai moins apprécié car il laisse pour quelques chapitres, une sensation de flottement, on ne sait plus trop où l’on va et, presque on pourrait décrocher. Mais un conseil, continuez la lecture….

« Il était deux fois » de Franck Thilliez

Fleuve noir 4/06/2020 528 pages

Quand un roman de Franck Thilliez intègre ma PAL vertigineuse, généralement, il n’y reste pas longtemps. « Il était deux fois » ne déroge pas à cette règle. Franck démontre avec ce nouveau thriller qu’il en est incontestablement le maître français.

Pour moi Thilliez est le plus habile dans la construction d’intrigues complexes nous cachant de nombreuses surprises.

Une fois de plus, c’est un roman que l’on dévore à grande vitesse, tant nous voulons connaître la suite.

Pour ce roman, un « one shot » qui est lié au « Manuscrit Inachevé », Franck nous prouve également qu’il sait donner de la profondeur, créer un passé, une histoire à des personnages non récurrents.  

Pour l’histoire, Gabriel Moscato, lieutenant de gendarmerie se réveil dans la chambre d’hôtel où il est entré en cette année de 2008, dans le cadre de l’enquête sur la disparition d’une adolescente, sa propre fille. Sauf qu’à son réveil, nous sommes en 2020, qu’il est habillé en civil et n’a plus la même tête que la dernière fois où il a vu son reflet dans un miroir.

Dans ce roman, il sera beaucoup question de mémoire (et on retrouve le gros travail de documentation fidèle à Franck), d’amour (celui d’un père pour sa fille), d’amitié (de celle que l’on croit éteinte mais qui reste forte) et d’art (surtout les limites que l’on peut lui donner) dont une des formes ne sera pas inconnues aux amateurs de Luc Mandoline.

« Il était deux fois » est la preuve que quand on est le meilleur, on peut encore se surpasser…

« La Vallée » Bernard Minier

XO Editions 20/05/2020 522 pages

« La Vallée », en presque dix années, huitième roman de Bernard Minier, sixième aventure de Martin Servaz et pour fêter cela, Bernard ne trouve pas mieux que de faire exploser une montagne des Pyrénées, dans cette vallée imaginaire où se déroulera le récit, et qui sera coupée du monde car la seule route y menant devient impraticable… Nous sortons du confinement quand les habitants de cette vallée seront piégés pour de nombreux jours…

J’avais adoré les premiers romans dans lesquels nous faisions connaissance de Servaz, bien aimé les suivants, craqué pour « M – Le bord de l’abîme » qui pour moi a confirmé le talent de l’auteur, et « La Vallée » est un véritable coup de cœur. Ce livre fera à la fois plaisir aux lecteurs connaissant Servaz et donnera envie aux nouveaux de lire ses précédentes enquêtes.

Dans cette histoire au rythme dingue, nous serons autant baladés dans l’intrigue que Servaz doutera de lui, de ses certitudes, sentiments et valeurs…   

« Le jour où Kennedy n’est pas mort » R.J. Ellory

Sonatine Editions 432 pages 04/06/2020

En voilà un titre simple, qui dit tout de suite dans quoi nous mettons les pieds et qui donne envie quand il est associé à ce génial romancier qu’est Ellory.

Donc vous l’aurez compris, c’est dans une uchronie que nous nous plongeons en ouvrant les premières pages de ce roman. Et pour moi qui suis très amateur de thrillers, de SF et d’histoire, c’est forcément un cocktail gagnant.

Très vite, nous nous rendons compte que Kennedy n’est pas le personnage central de cette fiction, mais c’est Mitch Newman, un trentenaire photojournaliste n’ayant pas vraiment réussi à percer dans ce métier et dont la vie sur une décision a pris une direction qui aurait pu être tout autre… Et c’est ce regret, qui accompagne sa vie aujourd’hui et qu’il aimerait au fond de lui réparer qui l’emmènera à se jeter corps et âme dans une enquête suite au décès par suicide apparent de son amie Jean Boyd.

Nous sommes alors en 1964 et JFK est toujours Président des États-Unis car ce fameux jour de novembre 1963, Oswald n’était pas au rendez-vous de l’histoire telle que nous la connaissons aujourd’hui et qui comme c’est souvent le cas chez nous, le décès précoce et violent à en quelque sorte canonisé ce personnage politique controversé. Oui, la brillance de son sourire et son allure de gendre idéal cachent une vérité qui est bien différente de ce que l’on aime retenir de lui.

En parallèle donc de l’enquête sur les derniers mois de la vie de Jean menée par Mitch, Kennedy et son clan prépare donc la difficile mission de se faire réélire pour un deuxième mandat dont la première étape qui consiste à être désigné comme candidat des républicains paraît une épreuve infranchissable…

Ce roman nous fait donc voyager à travers les États-Unis et le temps puisque c’est presque soixante années qui nous séparent. R.J. Ellory nous dépeint à merveille cette société d’un monde en pleine mutation et y compris par le rythme plus lent que les thrillers que je lis habituellement, nous replonge dans cet univers sans internet, sans téléphones à cause desquels nous sommes disponibles en permanence, sans cette vitesse dingue à laquelle se propagent les informations (vraies ou fausses) et, ce changement de rythme nous fait du bien.

« Sans Queue Ni Tête » Nick GARDEL

Un livre sauvé de justesse du naufrage d’une maison d’édition que je ne citerai pas. Et c’est par l’autoédition qu’il a pu voir le jour. Et heureusement. Car c’est un vrai plaisir de lecture. Attention, un livre qu ne plaira pas à tout le monde. Il ne faut pas être trop sensible et aimer l’humour noir. Mais si comme moi vous êtes adeptes des jeux comme « Blanc Manger Coco », vous serez conquis.

En effet, ce qui fait la différence dans ce thriller, c’est l’humour et la façon de jouer avec les mots de l’auteur, les dialogues que l’on prend plaisir à lire en plus d’une double enquête bien menée.

Vous comprendrez vite que le titre du livre lui sied comme un gant tant le cadavre découvert révèlera bien des surprises… Et de là, pour les deux officiers de polices, les deux Jean, qui vous le verrez, sont des gens bons à ne pas prendre pour des jambons, se lanceront dans une enquête à surprises.

Derrière l’humour, Nick Gardel s’attaque à des sujets difficiles et sensibles, la quête d’identité, la place de la différence dans la société, dans la police…

C’est le premier Nick Gardel que je lis, et Sans Queue Ni Tête me donne envie de découvrir l’univers de cet auteur.

Autoédité, commandez-le auprès de lui via les réseaux sociaux ou sur son site :       http://nickgardel.e-monsite.com/boutique/romans/sans-queue-ni-tete.html

http://nickgardel.e-monsite.com/boutique/romans/sans-queue-ni-tete.html

« Les Furtifs »Alain DAMASIO

Quel exercice difficile de réaliser un retour de lecture sur une œuvre de cet immense auteur contemporain qu’est Alain Damasio car, ce n’est pas uniquement un roman de SF, c’est tout autant une critique politique de notre société, un roman philosophique à la prose poétique, une œuvre musicale puisqu’est ajoutée à ce roman le lien pour la bande son réalisée avec le guitariste Yan Péchin.

Pour ceux qui ne connaissent pas encore le travail de Damasio, sachez que si pour vous la lecture est un moyen de détente, une parenthèse reposante dans votre vie quotidienne, ouvrir l’un de ses livres vous décevra. En effet, le lire est un exercice difficile tant, il joue avec les mots, il passe d’un personnage à l’autre en changeant complétement sa façon d’écrire et, par la richesse de l’univers qu’il nous soumet. Attention également à ceux qui utilisent une liseuse ou tablette, une police spéciale est utilisée pour désigner certains personnages ainsi que dans certains dialogues. Néanmoins, s’embarquer dans l’Univers de Damasio est une expérience que l’on ne regrette pas.

Alain Damasio nous projette dans ce roman dans un futur proche, une vingtaine d’années seulement. Nous sommes toujours en France, mais une France dans laquelle, les riches industriels ont racheté nos Cités, par exemple, Paris est devenue Paris-LVMH un peu comme aujourd’hui sont rebaptisés nos stades, salles de concerts, championnats sportifs… Dans ce futur nous sommes hyper connectés et de ce fait « sous surveillance » permanente, il y a là un véritable écho avec la situation actuelle, les drones achetés par la Police et la fameuse application Stop Covid. Et, puisque le tout puissant capitalisme est partout, l’accès à certains secteurs des villes, des parcs etc sont réservés aux populations les plus aisées. Vous l’aurez compris, la devise de la République « Liberté, Egalité, Fraternité » est un lointain souvenir. Remarquez, en 2020, nous nous en sommes déjà pas mal éloignés…

« Les Furtifs » n’est pas un essai ou un pamphlet contre notre société, le talent de Damasio, lui permet de jeter ce regard critique sur les dérives qui existent mais en les intégrants parfaitement dans un roman thriller-SF. La base de ce récit est la disparition de Thiska, la fille de Lorca et Sahar Varèse. Est-elle disparue, décédée ? Comment a-t-elle pu se volatilisée ? Et si les témoins de ce drame étaient « les furtifs » légende urbaine parlant d’êtres vivants parmi nous dans les angles morts de nos vies sous surveillance ??

Lorca partira à leur recherche, au sein d’une unité spéciale de l’armée au sein de laquelle il fera de nombreuses rencontres et découvertes.

Comme c’était le cas avec « La Horde du Contrevent » écrit il y a quinze ans, et alors que le récit est formidable, la manière d’écrire de Damasio fait que certains passages sont un peu longs à lire et cassent un peu le rythme. D’autres sont difficiles comme le furent pour moi ceux des dialogues de Toni Tout-fou au langage particulier. Néanmoins, arrivé à la fin de ce voyage, en aucun cas on ne peut regretter les efforts faits pour y arriver.    

« Le Complot Des Philosophes » de Philippe Raxhon

Deuxième roman que je lis de Philippe Raxhon alors que c’est le premier qu’il a écrit, il précède l’excellent « La solution Thalassa » pour lequel j’ai déjà rédigé un retour de lecture (https://imaginoire.fr/2020/02/10/la-solution-thalassa-de-philippe-raxhon/ ). Le Complot des Philosophes est en fait la deuxième vie de « La Source S » autoédité par l’auteur. Cette fois, il est publié chez City Editions qui édite aussi Jean Luc Aubarbier dont j’apprécie également beaucoup le travail. Les deux romans peuvent se lire indépendamment l’un de l’autre.

Nous retrouvons donc ou découvrons au choix François Lapierre, historien, professeur à la prestigieuse Sorbonne et la jolie et non moins brillante Laura Zante, historienne italienne. C’est cette dernière qui contacte Le professeur Lapierre, après avoir fait la découverte dans ses archives familiales d’une lettre qu’aurait écrit Sénèque avant de mourir. De Paris où il se rencontre nous suivront nos deux protagonistes en Italie, en Belgique, en Irlande,… au cœur d’une intrigue de plus en plus complexe et face à un danger de plus en plus grand tant le secret qu’elle cache aurait des conséquences pouvant faire vaciller notre monde « Judéo-chrétien ».

J’aime beaucoup ce mélange d’Histoire et de thriller puisque ce type de roman a l’avantage de lier deux thèmes que j’affectionne particulièrement. Philippe Raxhon état professeur d’université, le travail historique est très bien travaillé et accessible à tous. De plus, sa plume et certainement ses goûts littéraires puisqu’il fait même par exemple un cli d’œil à Franck Thilliez, nous permettent d’avoir sous les yeux un thriller où le rythme et l’intrigue nous tiennent en haleine du débit à la fin. Et pour ne rien gâcher, Philippe nous partage aussi de jolis moments de plaisirs gastronomiques en nous fournissant des adresses à découvrir.

« Sa Majesté Des Ombres »,  » Les Anges De Babylone » Ghislain Gilberti

Ayant avalé les deux premiers tomes de « la trilogie des ombres » en quelques jours malgré le nombres de pages qu’ils représentent, je les groupe dans ce retour de lecture. Depuis longtemps je voulais découvrir l’univers de Ghislain, encore plus depuis que j’ai échangé un moment avec lui à l’occasion du salon du livre de Nemours et mon seul regret aujourd’hui c’est de ne pas avoir commencé plus tôt.

Cette trilogie (le troisième opus devrait être édité en septembre 2020) peut se lire indépendamment du reste de ses précédents romans même si quelques références y sont faites et surtout dans lesquels est déjà apparue Cécile Sanchez, commissaire de police aux multiples compétences et possédant un don de mentaliste.

La très grande partie de cette oserais-je dire de ces intrigues se déroule dans l’est de la France mais nous fera faire des bonds dans le temps démarrant en 2003 pour s’achever provisoirement en 2011.

Tout commence par un réseau de distribution de drogue principalement dans le milieu de la Techno, qui est très lucratif pour un « Caïd » local logé dans la Villa Vénézia où sera prochainement organisée une grosse descente de police… Nous vivons « en direct » l’ensemble de l’enquête et des préparatifs de cette descente grâce au rythme imposé par l’auteur qui m’a fait penser à la série 24h Chrono.

Sauf que Ghislain ne vous embarque pas dans un simple polar, il crée un univers noir, psychologique, cruel, certaines scènes sont d’une extrême cruauté. Attention, à aucun moment de sa part il n’y a de violence gratuite…Toutes les scènes sont justifiées…

Plus nous avançons dans cette histoire de dingue qui nous fait retenir parfois notre souffle, parfois au contraire nous laisse souffler, plus nous nous demandons où l’on met les pieds… Il y a toute une organisation derrière se nommant « Borderline » … Au fur et à mesure, nous faisons la connaissance de ses membres, ses codes nous sont dévoilés avant d’entr’apercevoir son projet « Les Anges de Babylone »

C’est un roman à couper le souffle qui joue avec nos nerfs, nos émotions… Un seul conseil, ne vous attachez pas aux personnages car comme dans Game of Thrones leur vie peut à tout instant leur être arrachée…

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