Ça n’arrivera pas par Nicolas Beuglet

XO éditions – 33 pages – 25/11/2020

Nicolas Beuglet et les éditions XO, nous propose avec cette nouvelle, une fiction, qui ne le restera malheureusement peut-être pas, un véritable pamphlet, couchant sur papier (ou plutôt nos écrans puisqu’elle est numérique) nos peurs et nos angoisses pour demain dans les suites que donnera le gouvernement à la gestion de la crise sanitaire, prétexte à gommer peu à peu le premier des trois mots composant la devise de la république française.

Nous sommes en 2022, Jean, un écrivain vit avec sa fille Maïa dans leur appartement, n’ayant pas souhaité qu’ils soient vaccinés, ils vivent en marge de la société avec très peu de contacts sociaux. Sortir de chez soi est une véritable épreuve, les rues sont truffées de caméra à reconnaissance faciale et les applications téléphoniques signalent à ceux que vous croisez que vous êtes une menace car non vaccinés….

À quelques jours du démarrage des premiers vaccins en Europe, et après un conseil des ministres où un projet de loi, propose de conditionner certains déplacements à la possession d’un passeport de vaccination, la nouvelle de Nicolas Beuglet s’éloigne de plus en plus de la science-fiction. Ça n’arrivera pas… ou pas.

Article de France TV Info relatant l’évocation de ce passeport santé lors du conseil des ministres du 21 décembre 2020 :

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/vaccin/covid-19-sept-questions-sur-le-projet-de-loi-qui-fait-craindre-a-l-opposition-la-mise-en-place-d-un-passeport-sanitaire_4229511.html
Si la fiction devenait réalité ?

Cette nouvelle est disponible gracieusement sur le site de la maison XO éditions. Voici le lien pour la télécharger :

Ça n’arrivera pas – nouvelle

Le mystère de la Main rouge par Henri Lœvenbruck

XO ÉDITIONS 473 pages 22/10/2020

Qu’est-ce que j’ai attendu ce roman… En temps normal, pour moi, un nouveau livre d’Henri Lœvenbruck créer une impatience rare, et plus encore avec celui-ci, la suite du « Loup des Cordeliers ».

Une suite donc, des aventures de Gabriel Joly en plein Paris de 1989, journaliste enquêteur amoureux d’une muette bibliothécaire rire de mystères et ses quelques amis que sont entre-autres, Anne-Josèphe Terwagne, Récif le pirate, le commissaire Guyot, Louis-Sébastien Mercier, Camille Desmoulins…

Cette suite pourrait être lue indépendamment du précèdent mais je vous conseille pour l’apprécier pleinement de lire « Le loup des Cordeliers » dont la sortie chez Pocket a précédé de peu celle du « Mystère de la Main rouge ».

A la fin du « Loup des Cordeliers », Henri nous avait avec beaucoup de talent laissé sur notre faim tant la révélation du Loup pouvait nous entraîner vers de nombreux questionnements. Dès le début de ce nouvel opus, il nous plonge instantanément dans de nouvelles questions avec une mystérieuse confrérie, « La Main rouge ». Chapitres après chapitres, de nouveaux mystères se succéderont à la révélation d’un précédent, nous donnant sans cesse envie d’attaquer le chapitre suivant…

Vous l’aurez compris, ce nouveau roman d’Henri Lœvenbruck fut pour moi une nouvelle fois une lecture réjouissante et conforte mon idée qu’il est l’un des meilleurs auteurs contemporains de fictions historiques, c’est notre Ken Follett français. Comme lui, dès que vous entamer un de ses romans, vous êtes transportés à la fois dans une intrigue mais aussi dans une autre époque que vous avez l’impression de vivre en direct. Je tiens également à souligner le remarquable travail documentaire réalisé qui enrichi énormément la fiction.

J’attends maintenant avec impatience la suite des aventures révolutionnaires de Gabriel Joly et vous invite à la fois à dévorer ce roman, le précédent et l’ensemble de l’œuvre de cet exceptionnel auteur.   

Et toujours un extrait musical en rapport avec le roman :

 » Le jour où  » par Amélie Antoine

XO EDITIONS 395 pages 03/09/2020

Difficile exercice que de rédiger un retour sur un livre qui vous a ébranlé. En effet et en sachant un peu à ce que l’on s’expose quand on lit un auteur qui n’écrit pas qu’avec son talent mais avec son âme, Amélie Antoine écrit des fictions mais qu’elle parsème d’un peu d’elle, d’expérience, de vécu, d’émotions ressenties, ce roman a fait résonner en moi mais comme j’en suis sûr fera résonner en vous des souvenirs proches ou lointains.

Le jour où, nous en avons tous connus, de ces journées qui marque un trait entre l’avant et l’après, évènements intimes ou collectifs tel ce 11 septembre 2001, un mardi qui restera à jamais dans nos mémoires. Souvent ce « jour où » est synonyme pour nous de remise en question, de perspectives d’avenir différentes. Ce nouvel avenir sera pour certains joyeux quand pour d’autres il les attirera vers les ténèbres. Face à ces « jour où » nous ne sommes pas tous égaux.

Ce récit donc, se fera rencontrer deux âmes égarées, deux écorchés de la vie qui vont apprendre à se connaître, à s’apprivoiser, à voir de la lumière dans l’ombre de leurs destins. Rebecca et Benjamin que rien ne présager à se rencontrer, se retrouveront dans un cimetière, elle entretien des tombes, lui est venu à l’enterrement d’un inconnu. Il se sent coupable de vivre, elle ère tel un spectre enfermé dans le monde des vivants. Deux âmes errantes ont-elles le droit de se rapprocher ? De s’accrocher à un envisageable bonheur ?

La lecture de ce livre m’a amené à réécouter une chanson qui réveille des douleurs en moi. Celles d’avoir vu mon frère explosé de chagrin dans la voiture que nous partagions afin de rejoindre l’hôpital où ma mère vivait ses derniers jours. Idiot, enfermé dans mon propre chagrin, je n’avais pas compris sur l’instant la souffrance qu’il vivait lui de son côté. j’étais malheureux, légitimement, mais lui n’avait pas le droit au bonheur, celui d’être père. Sa compagne était dans son huitième mois de grossesse, Juliette, se fille naîtra le jour où nous avons dispersé dans un dernier au revoir les cendres de notre maman. Dans cette chanson revient sous forme de refrain la vie est belle et cruelle à la fois. Je trouve que cette phrase colle à merveille au roman d’Amélie. Il y a toujours une face opposée sombre ou lumineuse à l’image des Hommes qui cachent tous une part d’ombre. Certains savent la garder au fond d’eux, d’autres non. Parfois comme dans l’histoire de Rebecca, cette part d’ombre se révèle chez l’être à qui vous vous êtes donnés corps et âme.

Merci Amélie d’illuminer les ténèbres, de nous rappeler que même si la vie peut être cruelle, elle est belle et qu’elle vaut d’être vécue.

Pour le commander :

https://www.lalibrairie.com/livres/le-jour-ou_0-6731382_9782374482170.html?ctx=6ee8969a4e7735218a98b48238b9432e

« La Vallée » Bernard Minier

XO Editions 20/05/2020 522 pages

« La Vallée », en presque dix années, huitième roman de Bernard Minier, sixième aventure de Martin Servaz et pour fêter cela, Bernard ne trouve pas mieux que de faire exploser une montagne des Pyrénées, dans cette vallée imaginaire où se déroulera le récit, et qui sera coupée du monde car la seule route y menant devient impraticable… Nous sortons du confinement quand les habitants de cette vallée seront piégés pour de nombreux jours…

J’avais adoré les premiers romans dans lesquels nous faisions connaissance de Servaz, bien aimé les suivants, craqué pour « M – Le bord de l’abîme » qui pour moi a confirmé le talent de l’auteur, et « La Vallée » est un véritable coup de cœur. Ce livre fera à la fois plaisir aux lecteurs connaissant Servaz et donnera envie aux nouveaux de lire ses précédentes enquêtes.

Dans cette histoire au rythme dingue, nous serons autant baladés dans l’intrigue que Servaz doutera de lui, de ses certitudes, sentiments et valeurs…   

« L’affaire Clara Miller » d’Olivier Bal

XO éditions 12/03/2020

J’attendais avec impatience ce nouveau roman d’Olivier Bal que j’ai découvert grâce à « Les limbes » un thriller teinté de fantastique. Avec « L’affaire Clara Miller », il abandonne le fantastique et offre un thriller hyper réaliste, nous emmenant pour un petit voyage dans le temps, du milieu des années 90 (93-95) au milieu des années 2000 (2006) à la rencontre de plusieurs personnages Mike Stilth une immense star, ses enfants Noah et Eva, son entourage Caan, Joan et d’autres, un improbable Duo Paul et Phil, mais surtout Clara, la victime autour de laquelle toute cette histoire est construite.

Ce roman se lit comme un recueil de témoignages, c’est là la patte d’Olivier Bal, chaque chapitre écrit à la première personne, nous fait vivre l’histoire à travers les yeux d’un personnage. Et quelle histoire !!! En effet, la vie rêvée de ces immenses stars adulées par ces nombreux fans n’est pas aussi rose que l’on pourrait s’y attendre. Et malgré le succès, l’argent, qu’en est-il de la liberté ?

Mike s’est isolé avec ses enfants qu’il cherche à tout prix à protéger des fans décrits et classés en fonction de leur degré d’idolâtrie (de folie même je dirais), des paparazzis et des journalistes. Les personnes autorisées à pénétrer le domaine dans lequel ils vivent sont choisies avec soin. Seulement voilà, y entrer peut coûter cher…

J’ai beaucoup apprécié, en plus du style d’Olivier Bal et des références musicales disséminées au fil des chapitres, le fait de mettre la victime en avant dans le titre et non le bourreau, ce que font sans cesse nos médias. Tout le monde connaît Fourniret, Heaulme, Mehra, mais qui se souvient de leurs victimes ?

Et surtout, ce thriller m’a permis de me replonger dans ces années synonymes pour moi d’adolescence, dans ce monde où nous étions connectés entre humains, sans artifices informatiques et sans devoir être en permanence joignable à cause d’un smartphone… Je me suis replongé aussi dans les musiques que j’écoutais à cette époque grâce à la station Rock 90 d’Amazon Music (j’écoute souvent de la musique en lisant) et, pour ces moments nostalgiques, je remercie beaucoup Olivier Bal.

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